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Brucellose

La brucellose est une maladie provoquée par une bactérie qui se trouve essentiellement chez les animaux d’élevages : bovins (vaches), ovins (moutons) caprin (chèvres) et les porcins. Elle provoque chez l’animale une atteinte essentiellement placentaire (avortement) et peut être transmise accidentellement à l’homme par contacte avec un animale atteint. Des transmissions indirectes via le lait et produits dérivés sont également possible. La brucellose se manifeste essentiellement par une fièvre trainante (d’où son surnom de « fièvre de Malte ». Une atteinte ostéoarticulaire est possible lorsque la maladie évolue depuis plusieurs semaines sans traitement. La prise en charge consiste en un traitement antibiotique prolongé.

Compte tenu de son mode de transmission, il s’agit d’une maladie professionnelle touchant essentiellement les éleveurs, vétérinaires, bouchers… Les contrôles vétérinaires et la pasteurisation ont rendu la contamination par les produits laitiers exceptionnelle en France.

Choléra

La maladie résulte de la consommation d'eau ou d'aliments contaminés. Contrairement à une idée reçue, la bactérie responsable du choléra (le vibrion cholérique) est peu transmissible lorsque les règles d’hygiène de base sont respectées et peu susceptible d'entraîner la maladie chez une personne en bonne santé ; en effet, le vibrion cholérique est dans ce cas rapidement détruit par l'acidité gastrique. La durée d'incubation est courte, de quelques heures à cinq jours. La plupart des sujets contaminés présentent peu ou pas de symptômes. Les personnes malades ont une diarrhée abondante mais indolore et des vomissements pouvant aboutir rapidement à une déshydratation sévère et à la mort du sujet en l’absence de traitement. Celui-ci consiste pour l'essentiel en une réhydratation par voie orale ou parentérale, selon le degré de sévérité.

Il existe un vaccin anti-cholérique administré par voie orale (avalé par la bouche). Sa prescription n’est pas justifiée habituellement pour les voyageurs chez lesquels le respect des mesures d’hygiène reste la meilleure des préventions. Seuls les personnels de santé partant travailler auprès de malades atteints du choléra ou dans des camps de réfugiés en période d’épidémie pourraient en bénéficier Aujourd’hui, les mesures d’assainissement et d’hygiène collective et individuelle ont fait disparaître le choléra en France (hormis en Guyane et à Mayotte, où des cas sporadiques sont survenus au cours des dix dernières années).

Coqueluche

1. La maladie

La coqueluche est une maladie respiratoire très contagieuse qui se transmet par les gouttelettes émises lors de la toux. Chez les nourrissons, elle peut entraîner de graves complications comme des pneumonies, des convulsions et des encéphalites. Elle peut être mortelle. Elle atteint aussi les adultes sous une forme moins grave mais très contagieuse pour les bébés.

2. Les recommandations vaccinales

Pour mieux comprendre les recommandations vaccinales contre la coqueluche, il faut savoir que les vaccins contre la coqueluche actuellement disponibles sont tous des vaccins combinés, c'est-à-dire contenant plusieurs antigènes. Par exemple, DTCaPolio et dTcaPolio désignent des vaccins combinés contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la poliomyélite. La lettre "D" désigne l'antigène diphtérique à pleine dose, qui est utilisé chez les enfants ; la lettre "d" désigne un antigène diphtérique sous-dosé, utilisé chez l'adulte pour diminuer le risque de manifestations allergiques après la vaccination. Les vaccins contre la coqueluche désignés par le terme de "Ca" ou ca"sont des vaccins dits acellulaires car ne contenant pas de cellules bactériennes entières mais uniquement des antigènes purifiés (contrairement aux vaccins dits "entiers inactivés"). Comme pour l'antigène diphtérique "D", le "C" correspond à un antigène à dose normale et le "c" à un antigène à dose réduite.

2.1. Recommandations générales

La vaccination contre la coqueluche est pratiquée avec le vaccin acellulaire. La primovaccination des nourrissons comporte 3 injections à un mois d’intervalle suivies d’un rappel à 16-18 mois. Compte tenu de la persistance d’une incidence élevée des cas de coqueluche observés chez de très jeunes nourrissons contaminés par des adolescents ou de jeunes adultes, un rappel est recommandé, depuis 1998, entre les âges de 11 et 13 ans et doit être pratiqué en même temps que le 3ème rappel diphtérie, tétanos et poliomyélite à concentration normale (DTCaPolio). Pour les enfants qui ont échappé à ce rappel à 11-13 ans, un rattrapage sera pratiqué par l’administration d’un vaccin quadrivalent dTcaPolio, c'est-à-dire contenant des doses réduites d’anatoxine diphtérique (d) et des doses réduites d’antigènes coquelucheux (ca), à l’âge de 16-18 ans. Pour les enfants qui ont reçu, hors recommandation, un rappel coquelucheux à l’âge de 5-6 ans, le rappel coquelucheux de 11-13 ans sera différé et un vaccin quadrivalent dTcaPolio sera proposé à l’âge de 16-18 ans. En complément de la stratégie dite du cocooning (cf. infra), un rattrapage coquelucheux avec le vaccin quadrivalent dTcaPolio sera proposé chez l’adulte n’ayant pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des dix dernières années, notamment à l’occasion du rappel décennal diphtérie-tétanos-poliomyélite de 26-28 ans. En l’état actuel des connaissances, notamment sur la durée de protection et la tolérance de doses répétées, il n’y a pas lieu d’administrer plus d’une dose de vaccin quadrivalent dTcaPolio chez l’adulte.

2.2. Recommandations particulières

La vaccination contre la coqueluche est également recommandée chez les adultes susceptibles de devenir parents dans les mois ou années à venir (stratégie du cocooning) ainsi que, à l’occasion d’une grossesse, la mise à jour des vaccinations pour les membres de l’entourage familial (enfant qui n’est pas à jour pour cette vaccination, adulte qui n’a pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des dix dernières années), selon les modalités suivantes :

  • durant la grossesse pour le père, la fratrie et, le cas échéant, les adultes en charge de la garde du nourrisson pendant ses 6 premiers mois de vie (incluant les grands-parents qui gardent occasionnellement leurs petits-enfants) ;
  • pour la mère, en post-partum immédiat (l’allaitement ne constitue pas une contre-indication à la vaccination anticoquelucheuse). 
Chez l’adulte, le délai minimal séparant une vaccination dTPolio de l’administration du vaccin quadrivalent dTcaPolio peut être ramené à 2 ans.

2.3. Risques professionnels

La vaccination contre la coqueluche est recommandée pour les personnels soignants dans leur ensemble, y compris dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) : vaccination par un vaccin quadrivalent dTcaPolio à l’occasion d’un rappel décennal dTPolio. Cette mesure s’applique aussi aux étudiants des filières médicales et paramédicales. Est également recommandé le rattrapage des professionnels en contact avec des nourrissons trop jeunes pour avoir reçu 3 doses de vaccin coquelucheux : 

  • personnel médical et paramédical des maternités, des services de néonatologie, de tout service de pédiatrie prenant en charge des nourrissons de moins de 6 mois ; 
  • personnel de la petite enfance. Pour l’ensemble de ces personnels, le délai minimal séparant une vaccination dTPolio de l’administration du vaccin quadrivalent dTcaPolio peut être ramené à 2 ans. En cas de survenue de cas groupés en collectivité, ce délai peut être ramené à un mois (cf. rapport daté du 5 septembre 2008).

2.4. Le schéma vaccinal

  • Primovaccination avec un vaccin combiné : 1 dose à 2, 3 et 4 mois et 1 dose de rappel à 16-18 mois.
  • Rappel ultérieur à 11-13 ans (1 dose avec un vaccin DTCaPolio). 
  • Rappel chez les adultes (1 dose avec un vaccin dTcaPolio) si projet d’être parent, lors d’une grossesse pour l’entourage familial, lors du rappel décennal de 26-28 ans ou en l’absence de vaccination contre la coqueluche depuis 10 ans. 

Remarque : en l’état actuel des connaissances, il n’y a pas lieu d’administrer plus d’une dose de vaccin quadrivalent dTcaPolio chez l’adulte (voir le rapport daté du 5 septembre 2008).

Dengue

La dengue est une maladie infectieuse transmise par les moustiques. Elle est à l’origine d’un syndrome de type grippal sévère et parfois de complications potentiellement mortelles que l’on appelle dengue hémorragique. Au niveau mondial, l’incidence de la dengue progresse de façon spectaculaire depuis quelques décennies. La dengue sévit dans les régions tropicales et subtropicales de la planète, avec une prédilection pour les zones urbaines et semi-urbaines. La dengue hémorragique est une grande cause de maladie grave et de décès chez les enfants dans certains pays d’Asie. Il n’existe pas de traitement spécifique, mais une prise en charge médicale adaptée permet fréquemment de sauver la vie des malades atteint de la forme hémorragique. Le seul moyen pour prévenir la transmission du virus de la dengue consiste à lutter contre les moustiques vecteurs.

Diphtérie

1. La maladie

La diphtérie se transmet par la toux et les éternuements. Elle prend la forme d'une angine grave, qui peut entraîner des complications cardiaques, rénales et neurologiques (paralysies), et provoquer la mort.

2. Les recommandations vaccinales

2.1 Recommandations générales

Primovaccination. Elle comprend 3 injections espacées d’un mois à 2, 3 et 4 mois suivies d’un rappel à l’âge de 16-18 mois, est obligatoire.

Rappels chez l'enfant et l'adolescent. Ils sont effectués avec des vaccins contenant les composantes tétanique et diphtérique à concentration normale :

  • à l'âge de 6 ans (DTPolio, donc sans la valence coqueluche acellulaire),
  • puis à 11-13 ans avec un vaccin contenant de plus la valence coqueluche acellulaire (DTCaPolio).

Le vaccin contenant une dose réduite d’anatoxine diphtérique (dTP) peut être utilisé en cas de pénurie du vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, à partir de l’âge de 6 ans (à ce jour, cette indication a une AMM provisoire).

Rappels à partir de 16-18 ans et chez l’adulte. Ils sont recommandés tous les 10 ans, en utilisant un vaccin combiné tétanique, poliomyélitique et diphtérique (ce dernier à concentration réduite, dTPolio). 

2.2. Recommandations pour les professionnels

Les personnels de santé sont soumis à l’article L. 3111-4 du code de la santé publique. Ils doivent recevoir un rappel tous les 10 ans avec un vaccin contenant une dose réduite d’anatoxine diphtérique (dTP).

2.3. Recommandations pour les voyageurs

La vaccination est conseillée à tous les voyageurs en zones d’endémicité.

Encéphalite à tiques

Les méningo-encéphalites à tiques sont des maladies saisonnières transmissibles à l’homme par morsure de tiques, d’où leur nom. Cette maladie existe en Europe et en Asie septentrionale. Elle peut être la cause de décès ou laisser des séquelles neurologiques.

Encéphalite japonaise

L'encéphalite japonaise est une maladie due à un virus qui cause des lésions inflammatoires des membranes qui enveloppent le cerveau (méninges). La plupart des infections par le virus de l'encéphalite japonaise sont bénignes (fièvre et céphalées) ou sans symptômes apparents, mais environ 1 infection sur 200 entraîne une maladie grave caractérisée par l'apparition brusque d'une forte fièvre, de maux de tête, une raideur de la nuque, une désorientation, un coma, des crises convulsives, une paralysie pouvant entraîner le décès. Jusqu'à 60 % des personnes présentant les symptômes de la maladie peuvent décéder. Dans les zones où le virus de l'encéphalite japonaise est répandu, l'encéphalite survient principalement chez les jeunes enfants. La maladie est peu fréquente chez le voyageur.

Le virus qui cause l'encéphalite japonaise est transmis par des moustiques du genre Culex qui se reproduisent plus particulièrement dans les rizières inondées. Le virus circule chez les oiseaux et les porcs. L'encéphalite japonaise est une cause majeure d'encéphalite virale en Asie avec 30.000 à 50.000 cas cliniques signalés chaque année.

Transmission à l'Homme. Le moustique vecteur a son pic d’activité au crépuscule et à l'aube et reste actif toute la nuit.

Distribution géographique. La maladie, initialement limitée à l’Asie de l’est, du sud-est et au sous-continent indien, s’étend maintenant jusqu’à la Papouasie-Nouvelle Guinée et à l’extrême nord de l’Australie. L'encéphalite japonaise est présente surtout dans les régions rurales agricoles. Selon les régions, la transmission est pérenne ou limitée à la saison des pluies qui s’étend d’avril-mai à septembre-octobre. C'est une maladie à foyers dispersés et des flambées importantes sont survenues dans un certain nombre de régions au cours des 15 dernières années, y compris le Sud de l'Inde et au Sri Lanka.

Lutte contre l'encéphalite japonaise. Un vaccin entier inactivé efficace, administré en deux doses espacées de 28 jours, est disponible pour les voyageurs âgés de 18 ans et plus. L'utilité de ce vaccin en santé publique est limitée dans les zones à bas niveau de ressources. Un vaccin vivant atténué bon marché est utilisé en Chine mais il n'est pas disponible ailleurs. La lutte chimique contre les vecteurs n'est pas une solution car les lieux de reproduction (rizières irriguées) sont étendus. La protection personnelle (utilisation de produits répulsifs ou de moustiquaires) peut être efficace dans certaines conditions.

Fièvre jaune

Infection virale transmise par les moustiques, cette maladie est très grave. La mortalité peut atteindre 50 %.

Elle existe à l’état endémique dans certains pays d’Amérique du Sud et dans certaines zones d’Afrique.

Le vaccin consiste en une injection, à effectuer obligatoirement au moins 10 jours avant le départ.

La protection est efficace pendant 10 ans. Cette vaccination ne peut être faite que dans des centres agréés.

Grippe A(H1N1) 2009

Parfois appelée grippe mexicaine ou grippe porcine, elle est due à un nouveau virus, le virus influenza A(H1N1) 2009, qui n’avait jamais circulé auparavant chez l’Homme. Ce virus est très différent des virus influenza A(H1N1) de la grippe saisonnière qui ont circulé ces dernières années. Le virus A (H1N1) 2009 se transmet d’homme à homme aussi facilement que celui de la grippe saisonnière normale, lorsque des personnes infectées toussent ou éternuent et que les gouttelettes infectées sont inhalées ou contaminent les mains ou des surfaces. Pour prévenir la propagation de la maladie, les personnes malades doivent se couvrir le nez et la bouche lorsqu’elles toussent ou éternuent, se laver les mains régulièrement et se tenir autant que possible à l’écart des personnes bien portantes. On n’a connaissance d’aucun cas d’infection humaine consécutive à une exposition à des porcs ou à d’autres animaux. Les premiers signes de la grippe A(H1N1) 2009 ne sont pas spécifiques et sont ceux de toute grippe : fièvre, toux, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, maux de gorge et écoulements de nez, parfois accompagnés de vomissements ou de diarrhée.

Grippe saisonnière

1. La maladie

1.1. Rappel clinique et diagnostique

Après une incubation de 24 à 48 heures, le début de la maladie est le plus souvent brutal et se caractérise par une fièvre élevée, des frissons, une asthénie intense, des courbatures, des céphalées, des douleurs diverses. On observe souvent des signes d’irritation laryngo-trachéale, bronchitique ou conjonctivale. Fièvre et douleurs durent trois ou quatre jours et la courbe thermique peut revêtir un aspect diphasique. Une guérison rapide est habituelle, mais la convalescence peut être longue, avec une asthénie persistante. La létalité peut être élevée aux âges extrêmes de la vie et chez les sujets atteints de certaines maladies : affections respiratoires, cardiovasculaires ou rénales chroniques, diabète… La gravité peut être due au virus lui-même (formes « toxiques »), plus souvent aux surinfections bactériennes. Un syndrome de Reye surviendrait plus souvent chez les enfants et au cours d’une infection grippale due au virus influenza de type B.

Le poids de la grippe est majeur chez l’enfant. Le risque d’infection concerne en particulier les enfants d’âge scolaire et ceux vivant en collectivité. Le risque d’hospitalisation est maximal dans la première année de la vie et est alors équivalent à celui des adultes à risque. Le risque de décès est dix fois plus élevé dans la tranche d’âge des 1-12 mois, avec un risque maximal pour les moins de 6 mois, par rapport à la tranche d’âge des 5-9 ans. Les nourrissons de moins de 6 mois représentent une population à protéger en priorité du fait de risques de formes graves, d’hospitalisation et de décès et de l’absence de thérapeutique spécifique dans cette tranche d’âge.

Un tableau d’aspect grippal peut être provoqué par de nombreux agents infectieux, viraux ou non, et peut lui-même être très variable, de sorte que l’on ne peut identifier la grippe « vraie » qu’au laboratoire, surtout au début d’un épisode épidémique. L’aspect épidémique lui-même, si typique de la grippe, n’est pas rigoureusement constant et peut être provoqué par d’autres virus : Paramyxovirus parainfluenzae, adénovirus, virus respiratoire syncytial…

En période épidémique, il est indispensable d’isoler des souches virales pour déterminer la souche circulante, apprécier l’efficacité des vaccins, adapter les mesures de contrôle et mettre à jour la composition des vaccins pour la saison suivante.

En période inter-épidémique, le diagnostic repose sur les examens biologiques. Les prélèvements doivent être faits dans les trois premiers jours qui suivent l’apparition des signes cliniques : on effectue soit un écouvillonnage rhinopharyngé, soit un prélèvement de sécrétion bronchique. Les antigènes du virus grippal peuvent être détectés directement par immuno-fluorescence ou par immuno-chromatographie. Le virus peut être isolé sur oeufs de poule embryonnés ou sur cultures cellulaires et identifié par inhibition de l’hémagglutination, de préférence avec du sérum de furet ayant été infecté par le virus grippal, beaucoup plus spécifique. La culture permet de préciser les caractéristiques de la souche A ou B, les hémagglutinines et les neuraminidases portées par le virus ainsi que le variant en cause. La RT-PCR est une technique sensible, rapide, permettant d’apporter des précisions quant au typage ; elle a représenté la technique de référence pour la détection des virus influenza A (H1N1) 2009 au cours de la pandémie de grippe survenue en 2009-2010. Les anticorps peuvent être titrés sur deux prélèvements de sang, pratiqués l’un à la phase aiguë de la maladie, le plus précocement possible, le second dix à quinze jours plus tard. La sérologie est peu utilisée en routine et elle n’a qu’un intérêt rétrospectif.

Critères cliniques d'un syndrome grippal :

  • Fièvre d’apparition brutale, dépassant 39 °C ;
  • Myalgies ;
  • Signes respiratoires.

1.2. Données épidémiologiques concernant  la grippe pandémique A (H1N1) 2009 en France en 2009-2010

Ces données proviennent de l'InVS (voir le rapport du groupe de travail du Comité technique des vaccinations). L’analyse de la distribution des événements de santé liés à la grippe A(H1N1)2009 selon l'âge (consultations, hospitalisations, hospitalisations en réanimation, décès), a permis d’estimer l’existence ou non d’un sur-risque en fonction de l’âge :

  • sur-risque de formes graves et de décès chez les nourrissons âgés de moins de 1 an qui représentent 1 % de la population, mais respectivement 4 % et 3 % des cas graves et des décès ; 
  • sur-risque de grippe ayant conduit à une consultation en ville pour les enfants et adolescents âgés de 1 à 15 ans, qui représentent 17 % de la population, mais 46 % des consultations ; 
  • pas de sur-risque de décès chez les sujets âgés de 15 à 64 ans, qui représentent 65 % de la population et 66 % des décès. Par contre, ce pourcentage de 66 % est très différent de ce qui est observé pour les épidémies de grippe saisonnière : d’après les données du Cepi-DC pour les années 2003-2007, seuls 7 % des décès attribués à la grippe saisonnière sont survenus dans cette tranche d’âge. 
  • Seulement 2 % des cas surviennent chez des sujets âgés de 65 ans et plus, mais 25 % des décès surviennent dans cette tranche d'âge. 

A la date du 16 mars 2010, le bilan de la surveillance des cas graves montrait que 1.329 cas graves hospitalisés avaient été signalés depuis le début de la surveillance parmi lesquels 309 (20 %) sont décédés. Parmi ces cas graves, 20 % n’avaient aucun facteur de risque connu. Les facteurs de risque les plus souvent rencontrés étaient les pathologies chroniques respiratoires (31 %), le diabète (10 %), le déficit immunitaire ou l’insuffisance cardiaque (7 % chacun). Le risque de présenter une forme grave a été estimé à la mi-janvier, en fonction de l’âge et de la présence ou de l’absence de facteurs de risque de complications. 

L’InVS a réalisé une analyse multivariée à partir de la base des cas graves portant uniquement sur les sujets de 15 ans ou plus. Cette étude montre, après ajustement sur l’âge et les autres comorbidités, que l’obésité (indice de masse corporelle IMC ≥ 30) est significativement associée à l’admission en réanimation (Odd Ratio >  3).

Au total, les données disponibles confirment le risque de formes graves de grippe A(H1N1) :  

  • pour les nourrissons âgés de moins de 1 an, y compris ceux sans terrain particulier, mais surtout avec facteurs de risque ; 
  • les femmes enceintes, y compris celles sans terrain particulier ; 
  • les sujets ayant un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 30 ; 
  • les sujets de tous âges présentant une pathologie les exposant à un sur-risque de complications pour la grippe saisonnière. 

2. Les recommandations vaccinales

2. 1. Rappel des recommandations de vaccination contre la grippe saisonnière émises pour la saison précédente 2009-2010 

2.1.1. Recommandations générales

  • Personnes âgées de 65 ans et plus.

2.1.2. Recommandations particulières

2.1.2.1. Personnes, y compris les enfants à partir de l’âge de 6 mois et les femmes enceintes, atteintes d’une des pathologies suivantes :
  • affections broncho-pulmonaires chroniques, dont asthme, dysplasie broncho-pulmonaire et mucoviscidose ; sont également inclues les pathologies bronchopulmonaires chroniques liées aux malformations des voies aériennes supérieures ou inférieures, aux malformations pulmonaires ou aux malformations de la cage thoracique.
  • cardiopathies congénitales mal tolérées, insuffisances cardiaques graves et valvulopathies graves ; 
  • néphropathies chroniques graves, syndromes néphrotiques purs et primitifs ; drépanocytoses, homozygotes et doubles hétérozygotes S/C, thalasso-drépanocytose ; 
  • diabète insulinodépendant ou non-insulinodépendant ne pouvant être équilibré par le seul régime ; 
  • déficits immunitaires cellulaires (incluant les personnes infectées par le VIH) ;

2.1.2.2. Personnes séjournant dans un établissement de santé de moyen ou long séjour, quel que soit leur âge ; 
2.1.2.3. Enfants et adolescents (de 6 mois à 18 ans) dont l’état de santé nécessite un traitement prolongé par l’acide acétylsalicylique ; 
2.1.2.4. Entourage familial des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave ainsi définis : prématurés, notamment ceux porteurs de séquelles à type de bronchodysplasie, et enfants atteints de cardiopathie congénitale, de déficit immunitaire congénital, de pathologie pulmonaire, neurologique ou neuromusculaire ou d’une affection longue durée. La notion d’entourage comprend le milieu familial (personnes résidant sous le même toit), la nourrice et tous les contacts réguliers du nourrisson.

2.1.3. Risques professionnels

  • Professionnels de santé et tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des sujets à risque de grippe sévère.
  • Personnel navigant des bateaux de croisière et des avions et personnel de l’industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs (guides).

2. 2. Éléments pris en compte pour l'élaboration des recommandations vaccinales pour la saison 2010-2011

Ces recommandations sont fondées sur un avis relatif à la stratégie vaccinale grippe pour la saison 2010-2011 du 23 avril 2010. En plus des données épidémiologiques concernant la grippe pandémique en France depuis son émergence en 2009, rappelées ci-dessus, les éléments pris en considération ont été les suivants :

2.2.1. Les vaccins grippaux disponibles 

Pour la saison grippale 2010-2011, deux catégories de vaccins contre la grippe seront disponibles en France : 

2.2.1.1. Des vaccins trivalents contre la grippe saisonnière 

Pour la saison 2010-2011, l’OMS a recommandé que la souche H1N1 2009 pandémique soit incluse dans la composition des vaccins contre la grippe de l’hémisphère Nord et de l’hémisphère Sud qui comporteront les souches :

  • A/California/7/2009 (H1N1) like virus : souche différente de celle du vaccin grippe saisonnière 2009-2010 et proche de la souche des vaccins grippe pandémique A(H1N1)2009 ; 
  • A/Perth/16/2009 (H3N2) : nouvelle souche par rapport au vaccin de grippe saisonnière 2009-2010 ; 
  • B/Brisbane/60/2008 : souche inchangée par rapport au vaccin de grippe saisonnière 2009-2010. 

2.2.1.2. Des vaccins monovalents contre la grippe A(H1N1)2009, principalement avec adjuvants

2.2.2. Les données nationales et internationales de pharmacovigilance des vaccins pandémiques 

2.2.2.1. Données nationales

Le bilan national de pharmacovigilance porte sur plus de 5,7 millions de personnes vaccinées entre le 21 octobre 2009 et le 28 mars 2010, plus de 4,1 millions par Pandemrix® et plus de 1,6 million par Panenza®. Seuls quelques milliers de doses de Celvapan® et Focetria® ont été utilisées. 

Au total, 4 428 notifications spontanées d’effets indésirables ont été recueillies dont 3 855 avec Pandemrix® et 549 avec Panenza®, d’où un taux de notifications de l’ordre, respectivement, de 9,4/10 000 vaccinés et 3,4/10 000. Le taux de notifications ne peut être estimé pour Focetria® et Celvapan® en raison du faible nombre de cas et de l’absence de données précises d’exposition. 

Quel que soit le vaccin considéré, les effets indésirables attendus de caractère bénin et transitoire prédominent : réactions au site d’injection les plus fréquemment observées avec Pandemrix®, réactions fébriles prédominantes avec Panenza®. 

La proportion des cas médicalement significatifs (effets indésirables souvent attendus dont l’intensité a entraîné une gêne fonctionnelle et/ou une incapacité temporaire) observés après administration de Pandemrix® et Panenza® est de l’ordre de respectivement 8,0 % et 10,2 % de la totalité des cas rapportés. 

La proportion des notifications graves concernant Pandemrix® et Panenza® est respectivement, de l’ordre de 4,6 % et de 15,8 %. Au vu des données cliniques et biologiques disponibles pour la majorité de ces observations, une association causale entre l’effet indésirable grave observé et la vaccination ne peut être établie. 

Parmi les manifestations graves, le nombre de cas de syndromes de Guillain Barré notifié (n=9) a été inférieur au nombre attendu compte tenu de l’incidence annuelle de la maladie en France. Il en est de même pour les convulsions, paralysies faciales, encéphalites ainsi que pour toute affection inflammatoire démyélinisante du système nerveux central, réactions anaphylactiques et vascularites. 

Chez l’enfant âgé de moins de 2 ans, 6 cas graves d’évolution favorable jugés imputables à la vaccination ont été rapportés. 

Plusieurs dizaines de milliers de femmes enceintes ont été vaccinées, essentiellement avec Panenza®, selon les recommandations du HCSP. La nature des cas graves rapportés dans cette population concerne principalement des morts fœtales in utero (13 cas dont 1 seul avec Pandemrix®) et des fausses couches (12 cas dont 2 avec Pandemrix®, 1 avec Focetria® et 1 avec un vaccin inconnu). A ce jour, aucune donnée ne permet de relier ces évènements à la vaccination. En dehors de toute vaccination, la fréquence de ce type d’évènements est de l’ordre de 4 pour 1 000 naissances vivantes pour les morts intra-utérines, de 20 % de fausses couches spontanées dans la population générale au premier trimestre de la grossesse, et 1,4 % de fausses couches tardives survenant au début du deuxième trimestre. Les ratios cas attendus/cas observés ne peuvent à ce jour être calculés en l’absence de connaissance du nombre de femmes enceintes exposées aux vaccins. 

2.2.2.2. Bilan européen de pharmacovigilance

Ce bilan peut être consulté ici.

En Europe, plus de 36 millions de personnes ont été vaccinés au 28 mars 2010, dont 28,9 millions par Pandemrix®, 6,5 millions par Focetria® et 659 400 par Celvapan®. Le nombre de femmes enceintes exposées à la vaccination est de l’ordre de 488 600, vaccinées pour la plupart avec des vaccins adjuvés. 

La majorité des réactions rapportées sont non graves et de natures identiques à celles colligées durant le suivi national de pharmacovigilance. 

Entre le 12 octobre 2009 et le 28 mars 2010, un total de 3629 effets indésirables a été rapporté chez les enfants âgés de moins de 2 ans vaccinés par Pandemrix®, alors que près de 143 millions de doses de ce vaccin ont été vendues dans le monde. Les réactions les plus fréquemment observées sont attendues, transitoires et bénignes. 

Entre le 5 octobre 2009 et le 22 février 2010, un total de 209 effets indésirables a été rapporté chez les enfants âgés de moins de 2 ans vaccinés par Focetria®, alors que prés de 91 millions de doses de ce vaccin ont été vendues dans le monde. Les réactions les plus fréquemment observées sont attendues, transitoires et bénignes. 

Ainsi, à l’heure actuelle, l’analyse des données de pharmacovigilance disponibles montre que les vaccins les plus utilisés en France, Pandemrix® et Panenza®, sont bien tolérés. Suite à l’administration du Pandemrix®, vaccin majoritairement utilisé en Europe, des réactions attendues transitoires telles que douleur au site d’injection, arthro- myalgie et paresthésies prédominent. Une approche «cas observés/cas attendus» ne plaide pas en faveur d’une augmentation de risque postvaccinal de survenue d’effets indésirables graves ayant un intérêt particulier (la liste des effets indésirables graves d’intérêt particulier peut être consultée dans le rapport du HCSP « stratégie vaccinale contre la grippe pour la saison 2010-2011 » ). Enfin, aucun signal particulier n’a été enregistré suite à l’utilisation dans les pays européens des vaccins adjuvés dans les populations particulières comme les nourrissons et les femmes enceintes. 

2.2.3. L’historique des pandémies antérieures

Cet historique montre que les virus grippaux A ont gardé le même profil prépondérant au cours de plusieurs saisons successives, par rapport aux autres virus circulants. L’hypothèse est donc que le virus A(H1N1)v 2009 présentera pour la saison 2010-2011, des caractéristiques épidémiologiques et de pathogénicité similaires ou proches de celles de la saison 2009. 

2.2.4. La probabilité de co-circulation d’autres virus grippaux

Depuis le début de la saison grippale 2009-2010 et jusqu’à ce jour, seul le virus grippal A(H1N1)v a circulé de façon significative bien que des virus grippaux A(H3N2) aient circulé, en particulier en Chine. Il n’y a toutefois pas d’argument pour penser que les virus grippaux A(H3N2) et B ne circuleront pas en France au cours de la saison 2010- 2011.

2.2.5. L’immunité de la population générale, estimée entre 19 et 30 %

Voir l'avis du HCSP du 29 janvier 2010.

2.2.6. Les données d’immunogénicité des vaccins pandémiques

Se conférer aux autorisations de mises sur le marché des vaccins pandémques.

2.2.7. L’absence de données actuelles concernant la durée de l’immunité post vaccinale ou post infection

2.2.8. Le nombre de personnes à vacciner pour éviter une forme grave selon les catégories de population

Ce nombre a été estimé par l’InVS pour les nourrissons âgés de moins de 6 mois, âgés de 6 mois à 1 an et les femmes enceintes (cf. rapport). Il a été comparé avec le nombre de personnes à vacciner dans la population des personnes âgées de 15 ans et plus, avec et sans facteur de risque. Sous l’hypothèse d’une circulation du virus A(H1N1)v identique durant la saison prochaine à celle de la saison 2009/2010 et en prenant en compte la protection conférée par la vaccination en 2009 ainsi que par l’infection naturelle lors de la première vague, le nombre de personnes à vacciner pour éviter un cas grave serait :

  • d’environ 15 000 chez les femmes enceintes et les sujets avec un facteur de risque âgés de 15 ans et plus,
  • d’environ 50 à 80 000 chez les nourrissons âgés de 0 à 1 an, comprenant la vaccination des nourrissons âgés de 6 mois à 1 an et celle de l’entourage des nourrissons âgés de moins de 6 mois,
  • et d’environ 400 000 chez les sujets âgés de 15 ans et plus sans facteur de risque.

Ces résultats sont vraisemblablement sous-estimés dans la mesure où l’hypothèse d’une incidence de la maladie similaire lors de la prochaine saison grippale à ce qui a été observé lors de la première vague de grippe A(H1N1) 2009 paraît peu vraisemblable en l’absence d’un glissement (ou drift) antigénique. Dans cette éventualité l’efficacité clinique du vaccin serait diminuée.

Le HCSP avait proposé un ordre de priorité pour la vaccination pandémique, dans l’avis du 7 septembre 2009. Les ordres de priorité identifiés pour la campagne de vaccination 2009 n’ont aucune pertinence pour la saison 2010-2011 dans la mesure où les vaccins contre la grippe seront disponibles dans les délais habituels et que les données épidémiologiques de la saison précédente permettent d’identifier les populations à risque.

2. 3. Recommandations d'utilisation du vaccin grippal contenant la souche pandémique A(H1N1) 2009 pour la saison 2010-2011

Ces recommandations sont publiées dans deux avis du HCSP, datés respectivement du 23 avril 2010 et du 25 juin 2010. Selon les cas, il sera recommandé d'utiliser un vaccin trivalent ou un vaccin monovalent.

2.3.1. En métropole

2.3.1.1. Pour les personnes éligibles à la vaccination grippe saisonnière

  • Personnes âgées de 65 ans et plus : 1 dose de vaccin trivalent
  • Enfants à partir de l’âge de 6 mois et adultes présentant des facteurs de risques de complication pour la grippe saisonnière, y compris les femmes enceintes et les personnes présentant dysfonctionnement du système immunitaire, utiliser le vaccin trivalent :
    - enfant de 6 à 35 mois : 2 demi-doses ;
    - enfant de 3 à 8 ans non vacciné antérieurement : 2 doses ;
    - 9 ans et plus : 1 dose ;
  • Personnes âgées de 6 mois et plus infectées par le VIH, quel que soit leur âge et leur statut immuno-virologique, utiliser le vaccin trivalent :
    - enfant de 6 à 35 mois : 2 demi-doses ;
    - enfant de 3 à 8 ans non vacciné antérieurement : 2 doses ;
    - 9 ans et plus : 1 dose ;
  • Entourage familial des nourrissons âgés de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave : 1 dose de vaccin trivalent
  • Professionnels de santé et autres professionnels : 1 dose de vaccin trivalent

2.3.1.2. Pour les personnes non éligibles à la vaccination grippe saisonnière

  • Femmes enceintes sans facteurs de risque pour la grippe saisonnière, dès le 2ème trimestre de grossesse ;
  • Personnes atteintes de maladies endocriniennes et métabolique susceptibles d’être décompensées par une infection aiguë ; il s'agit de maladies héréditaires du métabolisme pouvant faire l’objet de décompensation aiguë (notamment : acidémies organiques, leucinoses, troubles de la béta oxydation des acides gras, déficit en OCT et phénylcétonurie), des insuffisances surrénaliennes centrales et périphériques et des hyperplasies congénitales des surrénales.
  • Personnes ayant une obésité avec indice de masse corporelle supérieur ou égal à 30 ;

Schéma vaccinal :

  • Enfants âgés de 6 mois à 9 ans : une demi-dose de Pandemrix® ou une dose de Focetria® ;
  • Personnes âgées de 10 à 59 ans : une dose de Pandemrix® ou de Focetria® ;
  • Personnes âgées de 60 ans et plus : 1 dose de Pandemrix® ou 2 doses de Focetria®.

 Le HCSP considère que la vaccination pour la campagne 2010- 2011 n’est pas un rappel de la vaccination pandémique 2009. Ainsi, les personnes ayant été vaccinées avec un des vaccins monovalents pandémiques et qui présentent un facteur de risque de complication de la grippe saisonnière justifiant une vaccination annuelle, doivent être vaccinées avec un vaccin trivalent quel que soit le type de vaccin pandémique utilisé lors de la saison 2009-2010.

Les nourrissons âgés de moins de 12 mois posent un problème difficile : ils ont présenté un sur risque de développer des formes graves ou mortelles de grippe A(H1N1)2009 qui a surtout affecté ceux ayant des facteurs de risque, et, d’après les données actuellement disponibles les nourrissons âgés de moins de 6 mois. Cependant, la vaccination de l’entourage des nourrissons âgés de moins de 6 mois est difficile à délimiter et à réaliser, l’efficacité de la vaccination contre la grippe chez les jeunes nourrissons n’est pas formellement démontrée et le nombre de sujets à vacciner pour éviter un cas grave, est élevé.

Le HCSP arrêtera les recommandations concernant la vaccination des nourrissons âgés de moins de 12 mois sans facteur de risque de complication pour la grippe saisonnière, après examen des études en cours sur les formes graves de grippe observées chez les enfants en France et au vu de l’évolution des données épidémiologiques internationales au cours des prochains mois.

Le HCSP avait fait des recommandations d’utilisation de vaccins pandémiques A(H1N1)v, avec ou sans adjuvant selon les cas, pour les personnes présentant un dysfonctionnement inné ou acquis du système immunitaire, ainsi que pour celles présentant des maladies de système. Ces sujets relèvent d’une vaccination contre la grippe saisonnière par le vaccin trivalent qui les protègera également contre les virus A(H3N2) et B. Les études, actuellement en cours d’analyse, devraient permettre de préciser ultérieurement si certaines catégories de ces personnes devraient bénéficier d’une seconde dose de vaccin.

2.3.2. Dans l’hémisphère sud

2.3.2.1. Collectivités d’outre-mer

Les recommandations vaccinales énoncées plus haut leur sont applicables.

Jusqu’à ce jour, sur l’île de la Réunion, la vaccination contre la grippe a été effectuée avec le même vaccin et à la même période que dans la métropole.

Cependant, les données épidémiologiques et virologiques concernant cette île montrent que la formule « hémisphère nord » et la période de vaccination sont inadaptées à ce département. Une vaccination en début d’automne austral avec le vaccin de formule « hémisphère sud » qui, actuellement, ne dispose pas d’autorisation de mise sur le marché en France, serait plus logique.

Ainsi, le HCSP souhaite qu’une solution réglementaire soit trouvée pour que la vaccination antigrippale des personnes devant recevoir le vaccin trivalent soit débutée le plus rapidement possible et avant la circulation active des virus grippaux dans les collectivités d’outre-mer de l’hémisphère sud et notamment à la Réunion. 

2.3.2.2. Voyageurs dans l’hémisphère sud

Le HCSP recommande aux personnes à risque pour la grippe pandémique A(H1N1)2009 non vaccinées à ce jour contre le virus A(H1N1)v pandémique, et se rendant dans l’hémisphère sud pendant l’automne et l’hiver australs, de se faire vacciner avec le vaccin monovalent pandémique A(H1N1)v 2009. Cette vaccination vise à conférer une protection individuelle et n’a pas de but collectif, notamment empêcher le démarrage d’une circulation épidémique très peu probable de virus issus d’un cas importé. Ces recommandations pourront être révisées en fonction de l’épidémiologie et des caractéristiques de la grippe qui surviendra dans ces régions.

Haemophilus influenzae b

Les infections à Haemophilus influenzae de type b (espèce bactérienne souvent désignée par le sigle "Hib") sont fréquentes et graves chez les nourrissons et les jeunes enfants avant 5 ans. La bactérie responsable des infections invasives à Hib se transmet par voie aérienne. Les principales complications sont les méningites, les épiglottites, les septicémies et les pneumonies. La vaccination est recommandée dès l'âge de 2 mois.

Hépatite A

1. La maladie

L’hépatite A est une maladie du foie due à un virus cosmopolite, c’est-à-dire présent dans le monde entier. Elle se manifeste le plus souvent par un ictère (communément appelé "jaunisse"), de la fièvre et un état de fatigue parfois prolongé. Les symptômes occasionnés sont en général plus fréquents et plus intenses lorsque la maladie survient chez l’adulte (le risque d'hépatite fulminante augmente avec l'âge) que lorsqu’elle touche l’enfant. Dans les formes les plus sévères, seule la réalisation d’une transplantation du foie peut sauver le patient. Il n’existe pas de traitement curatif de l’hépatite A. Les mesures d’hygiène de l'eau et des aliments permettent de réduire le risque de contamination. Le meilleur moyen de prévention contre l'hépatite A est aujourd'hui la vaccination, à la fois d'une remarquable efficacité et très bien tolérée. 

2. Les recommandations vaccinales 

2.1. Recommandations particulières 

La vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour les : 

  • jeunes accueillis dans les établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapées ; 
  • patients atteints de mucoviscidose et/ou de pathologie hépatobiliaire chronique susceptible par un vaccin monovalent ou combiné d’évoluer vers une hépatopathie chronique (notamment dues au virus de l’hépatite B, de l’hépatite C ou à une consommation excessive d’alcool) ; 
  • enfants, à partir de l’âge de un an, nés de familles dont l’un des membres (au moins) est originaire d’un pays de haute endémicité et qui sont susceptibles d’y séjourner ; 
  • homosexuels masculins

2.2. En présence d’un (ou de plusieurs) cas d’hépatite A confirmé

En complément des mesures d’hygiène et de l’information des sujets contacts, la vaccination est recommandée dans : 

a) L’entourage familial d’un patient atteint d’hépatite A (ou de toute personne vivant sous le même toit que le cas), afin d’éviter une dissémination intrafamiliale. Il est recommandé de vacciner le plus tôt possible, sans examen sérologique préalable et dans un délai maximum de 14 jours suivant l’apparition des signes cliniques du cas, les personnes n’ayant jamais été vaccinées contre l’hépatite A, réunissant toutes les conditions suivantes : 

  • nées après 1945,
  • sans antécédent connu d’ictère et 
  • n’ayant pas séjourné plus d’un an dans un pays de forte endémicité

Si l’une au moins des conditions précédentes n’est pas remplie, une sérologie préalable est fortement recom- mandée, à la recherche d’anticorps totaux témoins d’une immunité ancienne, à condition que sa réalisation soit compatible avec le délai de 14 jours suivant l’apparition des signes cliniques du cas. 

b) Des communautés de vie en situation d’hygiène précaire. La population exposée, définie par l’investigation épidémiologique, sera vaccinée dès l’apparition du premier cas et dans un délai maximum de 14 jours suivant l’apparition des signes cliniques de ce cas, afin d’éviter une extension épidémique au sein de la communauté et une diffusion hors de la communauté.

2.3. Risques professionnels

La vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour les personnels exposés professionnellement à un risque de contamination : 

  • s’occupant d’enfants n’ayant pas atteint l’âge de la propreté (par exemple personnels des crèches, assistantes maternelles...) ; 
  • des structures collectives d’accueil pour personnes handicapées ; 
  • en charge de traitement des eaux usées ; 
  • impliqués dans la préparation alimentaire en restauration collective. 

2.4. Risques chez les voyageurs

La vaccination est recommandée pour tous les voyageurs devant séjourner dans un pays à hygiène précaire, quelles que soient les conditions du séjour (Avis du HCSP du 13 février 2009). Les personnes souffrant d’une maladie chronique du foie doivent particulièrement être protégées par la vaccination. Un examen sérologique préalable (recherche d’IgG) a un intérêt pour les personnes ayant des antécédents d’ictère, ayant passé leur enfance en zone d’endémie ou nées avant 1945.

Hépatite B

1. La maladie

L’hépatite B est une maladie du foie. Due à un virus présent dans les liquides biologiques (sang, sperme, sécrétions vaginales, etc.) elle peut se transmettre par relations sexuelles, contact avec le sang, transmission de la mère à l’enfant au moment de l’accouchement. On observe également des transmissions au sein de familles ou collectivités par la salive, de petites blessures ou le partage d’objets personnels (rasoir, brosse à dents...). Dans neuf cas sur dix, les adultes contaminés ne ressentent aucun symptôme. Quand la maladie se manifeste, les symptômes sont une jaunisse, une décoloration des selles, de la fatigue et un malaise qui peut persister plusieurs mois. Dans un cas pour 1.000, l’infection évolue en hépatite fulminante, mortelle dans 80 % des cas. Alors que 5 à 10 % des adultes contaminés, avec ou sans symptômes, deviennent des « porteurs chroniques » susceptibles de transmettre le virus, 90 % des nouveau-nés contaminés deviennent « porteurs chroniques ». L’hépatite B chronique peut évoluer vers la cirrhose ou le cancer du foie.

2. Les recommandations vaccinales

La politique de vaccination contre l’hépatite B en France repose sur deux stratégies : 

  • l’identification et la vaccination des personnes à risque élevé d’exposition ; 
  • et, dans la perspective de contrôle à plus long terme de l’hépatite B, la vaccination des nourrissons et le rattrapage des enfants et adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus. 

2.1. Recommandations générales

Les autorités sanitaires recommandent que la vaccination contre l’hépatite B continue de s’appliquer en priorité à tous les nourrissons et que le rattrapage de la vaccination contre l’hépatite B soit poursuivi chez les enfants et les adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus.

Tout enfant ou adolescent âgé de moins de 16 ans, non antérieurement vacciné, devrait se voir proposer la vaccination contre l’hépatite B à l’occasion d’une consultation médicale ou de prévention.

Dans ce contexte, pour les adolescents de 11 à 15 ans révolus, un schéma simplifié à 2 injections séparées de 6 mois peut être utilisé.

Pour les nourrissons dont les parents préfèrent que la vaccination contre l’hépatite B soit faite en même temps que les autres vaccins, le vaccin combiné hexavalent contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche (vaccin acellulaire), la poliomyélite (vaccin inactivé), les infections à Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B peut être utilisé. 

2.2. Recommandations particulières

Bien que déjà ciblées par les recommandations générales, les catégories d’enfants et adolescents suivantes sont exposées à un risque particulier qu’il convient de souligner : 

2.2.1. Enfants et adolescents accueillis dans les services et institutions pour l’enfance et la jeunesse handicapées ; 

2.2.2. Enfants d’âge préscolaire accueillis en collectivité.

Sont en outre concernés les : 

2.2.3. Nouveau-nés de mère porteuse de l’antigène HBs : la vaccination doit être pratiquée impéra- tivement à la naissance, selon un schéma en 3 injections et avec un vaccin autre que HBVAX- PRO® 5 μg, associée à l’administration d’immunoglobulines anti-HBs en un autre site. Un schéma à 4 doses est recommandé pour les prématurés de moins de 32 semaines ou de poids inférieur à 2 kg ; L’efficacité de ces mesures de prévention doit être évaluée par la recherche de l’antigène HBs et le titrage des anticorps anti-HBs, à partir de l’âge de 9 mois, et si possible 1 à 4 mois après la dernière dose vaccinale.

2.2.4. Enfants et adultes accueillis dans les institutions psychiatriques ; 

2.2.5. Personnes ayant des relations sexuelles avec des partenaires multiples ; 

2.2.6. Toxicomanes utilisant des drogues parentérales ; 

2.2.7. Voyageurs dans les pays de moyenne ou de forte endémie ; 

2.2.8. Personnes amenées à résider en zones de moyenne ou de forte endémie ; 

2.2.9. Personnes qui, dans le cadre d’activités professionnelles ou bénévoles, sont susceptibles d’être en contact direct avec des patients et/ou d’être exposées au sang et autres produits biologiques, soit directement (contact direct, projections), soit indirectement (manipulation et transport de dispositifs médicaux, de prélèvements biologiques, de linge, de déchets). A titre indicatif et non limitatif sont concernés : les professionnels de santé libéraux, les secou- ristes, les gardiens de prison, les éboueurs, les égoutiers, les policiers, les tatoueurs...] ; 

2.2.10. Personnes susceptibles de recevoir des transfusions massives et/ou itératives (hémophiles, dialysés, insuffisants rénaux, candidats à une greffe d’organe...) ; 

2.2.11. Entourage d’un sujet infecté par le virus de l’hépatite B ou porteur chronique de l’antigène HBs (personnes vivant sous le même toit) ; 

2.2.12. Partenaires sexuels d’un sujet infecté par le virus de l’hépatite B ou porteur chronique de l’antigène HBs ; 

2.2.13. Personnes détenues qui peuvent cumuler un certain nombre de facteurs d’exposition au virus de l’hépatite B.

La pertinence d’un contrôle de l’immunité pour les personnes vaccinées après l’âge de 25 ans, en dehors des catégories 2.2.9. et 2.2.10., est à examiner au cas par cas en fonction de l’intensité de l’exposition et de la présence de facteurs de non-réponse à la vaccination. La pratique de rappels systématiques n’est pas recommandée. Mais ceci ne s’applique pas aux insuffisants rénaux chroniques dialysés et aux personnes immunodéprimées exposées au risque (après avis d’experts) chez lesquelles une sérologie annuelle est recommandée avec rappel dès que le taux d’anticorps descend au-dessous du seuil protecteur, quel que soit l’âge.

2.3. Recommandations pour les professionnels 

L’article L.3111-4 du code de la santé publique (CSP) rend obligatoire la vaccination contre l’hépatite B pour les personnes exerçant une activité professionnelle les exposant à des risques de contamination dans un établissement ou organisme de soins ou de prévention, public ou privé dont la liste est précisée par l’arrêté du 15 mars 1991. 

Les deux arrêtés du 6 mars 2007 visent à protéger ces personnels mais également à protéger les patients vis-à-vis de la transmission de ce virus par un soignant qui en serait porteur chronique. 

2.3.1. Premier arrêté du 6 mars 2007

Relatif à la liste des élèves et étudiants des professions médicales et pharmaceutiques et des autres professions de santé, il dresse la liste des études qui imposent une obligation vaccinale pour les étudiants. Cette liste est la suivante : 

  • professions médicales et pharmaceutiques : médecin ; chirurgien-dentiste ; pharmacien ; sage-femme ; 
  • autres professions de santé : infirmier ; infirmier spécialisé ; masseur-kinésithérapeute ; pédicure- podologue ; manipulateur d’électroradiologie médicale ; aide-soignant ; ambulancier ; auxiliaire de puériculture ; technicien en analyses biomédicales.

Il n’y a plus d’obligation vaccinale contre l’hépatite B, la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite à l’entrée dans les filières de formation pour les audioprothésistes, ergothérapeutes, orthophonistes, orthoptistes, psychomotriciens. Il n’en demeure pas moins que les personnes exerçant ces professions peuvent être soumises à l’obligation vaccinale lorsqu’elles les exercent dans l’un des établissements dans lequel le personnel exposé doit être vacciné si le médecin du travail évalue que l’exposition de cette personne au risque le justifie.

2.3.2. Second arrêté du 6 mars 2007

Relatif aux conditions d’immunisation des personnes visées à l’article L.3111-4 du CSP et abrogeant l’arrêté du 26 avril 1999, il indique que : 

2.3.2.1. Les personnes visées à l’article L.3111-4 sont considérées comme immunisées contre l’hépatite B si au moins l’une des conditions suivantes est remplie : 

  • présentation d’une attestation médicale ou d’un carnet de vaccination prouvant que la vaccination contre l’hépatite B a été menée à son terme selon le schéma recommandé :
    - vaccination avant l’âge de 13 ans, pour les médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, pharmaciens, techniciens en analyses biomédicales ;
    - vaccination avant l’âge de 25 ans, pour les aides-soignants, ambulanciers, auxiliaires de puériculture, manipulateurs d’électroradiologie médicale, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues ; 
  • présentation d’une attestation médicale prouvant que la vaccination contre l’hépatite B a été menée à son terme et d’un résultat, même ancien, indiquant que les anticorps anti-HBs étaient présents à un titre supérieur à 100 mUI/ml ;
  • présentation d’une attestation médicale prouvant que la vaccination contre l’hépatite B a été menée à son terme et de résultats prouvant que, si des anticorps anti-HBs29 sont présents à une concentration comprise entre 10 mUI/ml et 100 mUI/ml, l’antigène HBs est simultanément indétectable par des méthodes de sensibilité actuellement acceptées.

2.3.2.2. Si aucune des conditions ci-dessus n’est remplie et si le titre des anticorps anti-HBs dans le sérum est inférieur à 10 mUI/ml, les mesures à mettre en œuvre sont subordonnées au résultat de la recherche de l’antigène HBs : 

  • lorsque l’antigène HBs n’est pas détectable dans le sérum, la vaccination doit être faite, ou reprise, jusqu’à détection d’anticorps anti-HBs dans le sérum, sans dépasser 6 injections (soit 3 doses additionnelles à la primo-vaccination). L’absence de réponse à la vaccination n’est définie que par un dosage du taux d’anticorps 1 à 2 mois après la 6ème injection. Dans le cas où la personne aurait déjà reçu 6 doses ou plus sans dosage d’anticorps (schéma ancien avec primo-vaccination et plusieurs rappels à 5 ans d’intervalle), l’indication d’une dose de rappel supplémentaire, suivie 1 à 2 mois après d’une nouvelle recherche d’anticorps, peut être posée par le médecin. En l’absence de réponse à la vaccination, les postulants ou les professionnels peuvent être admis ou maintenus en poste, sans limitation d’activité, mais ils doivent être soumis à une surveillance annuelle des marqueurs sériques du virus de l’hépatite B (antigène HBs et anticorps anti-HBs) ; 
  • si l’antigène HBs est détecté dans le sérum, il n’y a pas lieu de procéder à la vaccination.

2.4. Recommandations pour les voyageurs

Vaccination recommandée pour des séjours fréquents ou prolongés dans les pays à forte ou moyenne prévalence du portage chronique du virus. Il existe une présentation pédiatrique du vaccin de l’hépatite B, qui peut être administré dès la naissance en cas de séjour prévu dans un pays de forte ou de moyenne endémie.

Infections à rotavirus

En France, l’infection à rotavirus serait responsable chaque année de 182 000 épisodes de diarrhée aiguë chez les enfants de moins de 3 ans, dont 97 000 diarrhées sévères.

La transmission du rotavirus est facilitée dans les crèches et les collectivités de petits enfants : le rotavirus est retrouvé au niveau des couches, des jouets, des paillasses et dans les zones de préparation des repas des enfants. Ce virus peut en effet survivre de plusieurs jours à plusieurs semaines sur les surfaces et reste viable sur les mains pendant au moins quatre heures.

Deux vaccins vivants à rotavirus sont actuellement disponibles en France (AMM en 2006) : Rotarix® (GSK) et Rotateq® (Sanofi Pasteur MSD) pour la prévention de gastro-entérites dues à une infection à rotavirus.

Infections invasives à méningocoque

Le méningocoque est une bactérie présente dans la gorge de certaines personnes appelées "porteurs du méningocoque". Le méningocoque se transmet directement par voie aérienne par l'intermédiaire de gouttelettes de salive, d'un porteur à une autre personne. Dans les jours qui suivent son installation dans la gorge, le méningocoque peut traverser la muqueuse et atteindre la circulation sanguine, pouvant alors entraîner une méningite ou une septicémie dont l'évolution peut conduire au décès du malade. Le purpura fulminans est une complication redoutable de l'infection par le méningocoque,  qui se traduit par des plaques hémorragiques cutanées et un choc septique foudroyant mortel une fois sur trois.

Il existe plusieurs sérogroupes, parmi lesquels les cinq suivants ont une importance particulière : A, B, C, Y, W135.  Les sérogroupes en cause peuvent être très différents d'une région du monde à l'autre.

En Afrique, des épidémies de grande ampleur surviennent régulièrement dans une zone géographique sahélienne appelée pour cette raison "ceinture de la méningite" ou "ceinture de Lapeyssonnie', du nom du médecin militaire qui a lutté contre la maladie dans cette région. Le sérogroupe A est le plus fréquemment en cause.

Le sérogroupe W135 a été en cause dans des épidémies lors du pèlerinage à la Mecque en 2000 mais aussi en Afrique (Burkina Faso en 2003). Il est maintenant implanté dans plusieurs pays africains, avec une importance variable selon la zone géographique.

Dans les pays du Nord, la maladie est moins fréquente mais certaines souches sont très virulentes ; les médias se font souvent l'écho de cas d'autant plus dramatiques qu'ils concernent des sujets jeunes auparavant en parfaite santé. En 2007, en France, le sérogroupe B était en cause deux fois sur trois, le sérogroupe C une fois sur quatre, les sérogroupe W135 et Y dans 4 % des cas pour chacun d'eux. Cependant les infections dues au sérogroupe C sont souvent graves et justifient la recommandation récente de vaccination dès l'âge d'un an contre ce sérogroupe, avec un rattrapage jusqu'à l'âge de 24 ans. Depuis 2003, il existe une situation hyperendémique (fréquence élevée de la maladie) dans le département de Seine-Maritime, impliquant une souche B.

Leptospirose

1. La maladie

La leptospirose est une maladie due à des bactéries du genre Leptospira. Il s'agit d'une zoonose, c'est-à-dire une maladie animale transmissible à l'Homme. Les rongeurs, notamment les rats, peuvent en éliminer de grandes quantités dans leurs urines. Mais les animaux d’élevage (bovins, chevaux ou porcs) ou de compagnie (chiens) peuvent aussi être infectés. La transmission à l'Homme s'effectue le plus souvent de manière indirecte, par contact avec une eau douce stagnante, ombragée et souillée par les urines contaminées de rongeurs : eaux de mares, rivières à débit lent, étangs, boues, eaux d’égouts... Les bactéries (leptospires) pénètrent à travers les muqueuses, mêmes saines, de la bouche, de l'œil, du nez, mais aussi du tube digestif ou des organes génitaux. La peau lésée est une autre voie de pénétration de la bactérie ; une micro-coupure suffit à laisser pénétrer ce microbe très fin et long. La macération de la peau favorise la pénétration. Les circonstances de la contamination sont variées. Elles peuvent être professionnelles (agriculteurs ou militaires lors de leurs activités en milieu naturel, plongeurs en eau douce, égoutiers...) ou liées aux loisirs (contacts avec des animaux domestiques, planche à voile, canyoning, rafting, pêche et d'une manière générale toutes lez activités qui produisent des éclaboussures). La maladie est plus fréquente en zone tropicale. Des cas sont régulièrement déclarés dans les COM-ROM.

La durée d’incubation moyenne est de dix jours (cinq à vingt jours). Les signes de la maladie sont très variables. La leptospirose peut prendre l'aspect d'une grippe bénigne (fièvre élevée avec frissons, maux de tête, douleurs musculaires et douleurs articulaires diffuses) mais elle peut aussi entraîner des atteintes graves des reins, du foie, des méninges ou des poumons. Une fois sur cinq, des signes d'hémorragie compliquent la maladie. La forme grave dite "ictéro-hémorragique" associe une insuffisance rénale aiguë, une atteinte neurologique (convulsions, coma) et des hémorragies. Aucun signe n’est vraiment spécifique, mais l’existence d’un ictère conjonctival (coloration jaune de la muqueuse de l'oeil) et de douleurs musculaires doit faire penser à la maladie. La convalescence est longue, mais généralement sans séquelles. Des complications oculaires peuvent survenir longtemps après le début de la maladie. Le diagnostic est aujourd'hui réalisé par détection du génome de la bactérie dans les urines du patient, à l'aide d'une technique appelée amplification génique. Deux à 10 % des malades atteints de leptospirose en meurent. Ce chiffre peut atteindre 30 % chez les patients atteints de leptospirose ictéro-hémorragique.

2. Les recommandations vaccinales

Elles concernent les risques professionnels. La vaccination est proposée par le médecin du travail, au cas par cas, après évaluation individualisée du risque. La vaccination sera proposée, après s’être assuré de la mise en œuvre des mesures de protection générales et individuelles et après information sur la maladie, les comportements à risque et sur l’efficacité relative du vaccin, aux personnes exerçant une activité professionnelle exposant spécifiquement au risque de contact fréquent avec des lieux infestés par les rongeurs, telle qu’elle peut se présenter dans les cadres suivants : 

  • curage et/ou entretien de canaux, étangs, lacs, rivières, voies navigables, berges ; 
  • activités liées à la pisciculture en eaux douces ; 
  • travail dans les égouts,dans certains postes exposés des stations d’épuration ; 
  • certaines activités spécifiques en eaux douces pratiquées par les pêcheurs professionnels, plon- geurs professionnels, gardes-pêche ; 
  • certaines activités spécifiques aux COM-ROM (nouvelle terminologie pour désigner les DOM-TOM).

Méningocoque C

Le méningocoque est une bactérie présente dans la gorge de certaines personnes appelées "porteurs du méningocoque". Le méningocoque se transmet directement par voie aérienne par l'intermédiaire de gouttelettes de salive, d'un porteur à une autre personne. Dans les jours qui suivent son installation dans la gorge, le méningocoque peut traverser la muqueuse et atteindre la circulation sanguine, pouvant alors entraîner une méningite ou une septicémie dont l'évolution peut conduire au décès du malade. Le purpura fulminans est une complication redoutable de l'infection par le méningocoque,  qui se traduit par des plaques hémorragiques cutanées et un choc septique foudroyant mortel une fois sur trois.

Il existe plusieurs sérogroupes, parmi lesquels les cinq suivants ont une importance particulière : A, B, C, Y, W135.  Les sérogroupes en cause peuvent être très différents d'une région du monde à l'autre.

Dans les pays du Nord, la maladie est moins fréquente mais certaines souches sont très virulentes ; les médias se font souvent l'écho de cas d'autant plus dramatiques qu'ils concernent des sujets jeunes auparavant en parfaite santé. En 2007, en France, le sérogroupe B était en cause deux fois sur trois, le sérogroupe C une fois sur quatre, les sérogroupe W135 et Y dans 4 % des cas pour chacun d'eux. Cependant les infections dues au sérogroupe C sont souvent graves et justifient la recommandation récente de vaccination dès l'âge d'un an contre ce sérogroupe, avec un rattrapage jusqu'à l'âge de 24 ans. Depuis 2003, il existe une situation hyperendémique (fréquence élevée de la maladie) dans le département de Seine-Maritime, impliquant une souche B.

Oreillons

Cette maladie infectieuse virale est contagieuse 3 à 6 jours avant et 6 à 9 jours après l'atteinte des glandes parotides (glandes salivaires situées sous l'oreille). La transmission est directe par voie aérienne. L'inflammation de la glande parotide avec des douleurs locales et la fièvre sont les manifestations les plus communes. En cas de complication, les testicules, les ovaires, le pancréas, les méninges ou le cerveau peuvent être touchés. Les fréquentes complications neurologiques liées aux oreillons, même si elles sont exceptionnellement graves, et la combinaison du vaccin avec les vaccins rougeoleux et rubéoleux justifient la vaccination systématique mise en oeuvre dans l’ensemble des pays industrialisés.

Source: exposition "Planète vaccination" INPES.

Papillomavirus

1. La maladie

Les infections à papillomavirus (en abrégé, HPV pour human papillomavirus) sont très fréquentes et se transmettent lors des premiers contacts sexuels. Elles passent toujours inaperçues et disparaîssent le plus souvent spontanément. Quand elles persistent, elles peuvent être responsables de verrues génitales (condylomes) et chez les femmes d’anomalies ou lésions précancéreuses du col de l’utérus (dysplasies). Ces lésions peuvent se transformer en cancer du col de l’utérus en l’absence de dépistage régulier par frottis et de traitement. 

2. Les recommandations vaccinales 

Deux vaccins sont actuellement disponibles sur le marché. Le vaccin bivalent (types 16, 18) est ciblé contre les deux principaux HPV oncogènes (c'est-à-dire pouvant entraîner la survenue d'un cancer). Le vaccin quadrivalent (types 6, 11, 16, 18) présente de plus une efficacité contre les condylomes dus aux HPV à faible risque oncogène des types 6 et 11.

2.1. Recommandations générales

La vaccination contre les infections à papillomavirus humains est recommandée pour toutes les jeunes filles âgées de 14 ans, afin de les immuniser avant qu’elles soient exposées au risque d’infection à HPV. Le HCSP/CTV, dans l’avis du 14 décembre 2007, recommande, dans l’état actuel des connaissances, préférentiellement le vaccin quadrivalent (6, 11, 16, 18) par rapport au vaccin bivalent (16, 18). Une mesure de rattrapage est prévue et le vaccin est également proposé aux jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 23 ans qui n’auraient pas eu de rapports sexuels ou au plus tard, dans l’année suivant le début de leur vie sexuelle.

2.2. Recommandations particulières

Chez les jeunes filles devant bénéficier d’une greffe, la vaccination contre les HPV peut être proposée avant l’âge de 14 ans en restant dans la tranche d’âge définie par l’AMM des vaccins disponibles. Le HCSP/CTV recommande que ces sujets puissent bénéficier d’un suivi annuel des taux d’anticorps vaccinaux.

2.3. Remarque importante

La vaccination protège contre 70 % des papillomavirus responsables du cancer du col de l’utérus. C’est pourquoi, même après la vaccination, il est nécessaire d’effectuer régulièrement des frottis de dépistage. La vaccination contre les infections à papillomavirus ne se substitue pas au dépistage des lésions pré-cancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus par le frottis cervico-utérin, y compris chez les femmes vaccinées, mais vient renforcer les mesures de prévention. À partir de 25 ans, toutes les jeunes femmes vaccinées ou non vaccinées doivent continuer à bénéficier du dépistage selon les recommandations en vigueur (Anaes 2002 : « Un frottis cervico-utérin tous les trois ans après deux frottis initiaux normaux à un an d'intervalle »).

Pneumocoque

1. L'agent pathogène

Le pneumocoque est une bactérie qui possède une capsule, structure composée de sucres complexes (appelés polyosides ou polysaccharides) enveloppant la bactérie et expliquant pour partie sa virulence. Selon la nature de ces polyosides, plusieurs sortes de pneumocoques sont définies, appelés sérotypes (environ une centaine), d'importance variable en médecine humaine. Ces sérotypes sont désignés par des chiffres parfois suivis de lettres (exemple : pneumocoque de sérotype 1 ou de sérotype 19F). Le polyoside capsulaire est utilisé comme antigène vaccinal : un vaccin contre un sérotype donné n'est donc le plus souvent pas efficace contre un autre sérotype.

2. Les infections à pneumocoque

Le pneumocoque est une bactérie fréquemment responsable d’infections variées.  Chez les enfants, les infections liées au pneumocoque sont les plus fréquentes, à l’origine d’otites, de sinusites, d’infections pulmonaires voir méningées (méningite). Aujourd’hui, en France, le pneumocoque est la première cause de méningite chez le nourrisson et l’enfant de moins de 2 ans. Chez l’adulte, le pneumocoque est responsable essentiellement de pneumonies, de sinusites voire de méningites. La septicémie est une complication redoutable. La contamination se fait par voie aérienne. Le traitement repose sur les antibiotiques. 

En France, depuis l'utilisation du vaccin pneumococcique heptavalent (voir ci-dessous), la fréquence des infections dues aux sérotypes vaccinaux, qui sont aussi les plus résistants aux antibiotiques, a fortement diminué chez les enfants de moins de deux ans. Par contre, une augmentation de la fréquence des infections dues à certains sérotypes non vaccinaux (notamment les sérotypes 1, 7F et 19A) est en augmentation. Ces sérotypes sont couverts par un nouveau vaccin 13-valent.

3. Les recommandations vaccinales 

3.1. Types de vaccins disponibles

Les vaccins utilisés contre les pneumocoques sont fabriqués à partir des sucres qui composent la capsule. Il existe des vaccins non conjugués et des vaccins conjugués. Le premier vaccin contre le pneumocoque commercialisé (Pneumo 23®) n'est pas conjugué et contient 23 sérotypes de pneumocoque (1, 2, 3, 4, 5, 6B, 7F, 8, 9N, 9V, 10A, 11A, 12F, 14, 15B, 17F, 18C, 19A, 19F, 20, 22F, 23F et 33F). Le principal avantage de ce vaccin est sa couverture sérotypique large, permettant de conférer une protection contre la plupart des infections à pneumocoque. Mais ce vaccin possède aussi plusieurs inconvénients : comme tous les vaccins utilisant des antigènes polyosidiques, et à l'inverse des vaccins protéiques (dans lesquels l'antigène est une protéine), il n'est pas efficace avant l'âge de deux ans, il n'est pas capable de supprimer le portage du pneumocoque dans la gorge (à l'origine de la transmission de personne à personne), la protection conférée est de courte durée (3 ans environ) et il n'y a pas d'effet rappel en cas de nouvelle injection vaccinale (la quantité d'anticorps n'augmente pas comme avec les vaccins protéiques).

La solution à tous ces inconvénients est le vaccin conjugué à une protéine. C'est ainsi que le vaccin Prevenar®, contenant les polyosides conjugués de 7 sérotypes (4, 6B, 9V, 14, 18C, 19F et 23F), confère une protection contre les infections à pneumocoque et le portage de cette bactérie dès l'âge de deux mois. L'action contre le portage confère au vaccin un effet altruiste : les enfants non vaccinés ont moins de chances d'être infectés par le pneumocoque car celui-ci ne peut plus se transmettre quant il rencontre un enfant vacciné. Cependant, il est beaucoup plus difficile de fabriquer un vaccin conjugué qu'un vaccin non conjugué. De nouveaux progrès ont été faits avec la commercialisation en juin 2010, en France, du vaccin Prevenar 13®. En plus des sept valences du Prevenar, celui-ci contient les six valences complémentaires suivantes : 1, 3, 5, 6A, 7F et 19A.

3.2. Recommandations générales

La vaccination par le vaccin pneumococcique conjugué 13-valent est recommandée, dès que possible, à l’ensemble des enfants de moins de 2 ans, en remplacement du vaccin pneumococcique conjugué 7-valent et selon le même schéma vaccinal comportant 2 injections à 2 mois d’intervalle (la 1ère injection dès l’âge de 2 mois) et un rappel à l’âge de 12 mois. Ce rappel peut notamment être réalisé le même jour qu’une dose du vaccin trivalent rougeole-rubéole-oreillons ou du vaccin méningococcique C conjugué, en deux sites d’injection différents. 

Durant la période de transition du vaccin pneumococcique conjugué 7-valent vers le 13-valent, pour les enfants âgés de moins de 2 ans : 

  • ayant débuté leur vaccination avec un vaccin conjugué 7-valent, le remplacement des doses restant à administrer par le vaccin conjugué 13-valent est recommandé ; 
  • ayant reçu un schéma de vaccination complet (primo-vaccination et rappel) avec le vaccin conjugué 7-valent, 1 dose de rattrapage avec le vaccin conjugué 13-valent est recommandée au moins 2 mois après l’injection de rappel et avant l’âge de 24 mois.

3.3. Recommandations particulières

3.3.1. Pour les prématurés et les nourrissons à risque élevé de contracter une infection invasive à pneumocoque (IIP)

Voir ci-dessous (paragraphe 3.3.2.) la liste des risques pour les enfants de 2 ans à moins de 5 ans. 

Le maintien d’un schéma vaccinal comprenant 3 injections du vaccin pneumococcique conjugué 13-valent à 1 mois d’intervalle (la 1ère injection étant faite à l’âge de 2 mois), suivies d’un rappel entre 12 et 15 mois, est recommandé.

Durant la période de transition du vaccin pneumococcique conjugué 7-valent vers le 13-valent : 

Pour les prématurés :

  • ayant débuté leur vaccination avec un vaccin conjugué 7-valent, le remplacement des doses restant à administrer par le vaccin 13-valent est recommandé ;
  • ayant reçu un schéma vaccinal complet (primo- vaccination et rappel) avec le vaccin 7-valent, 1 dose de rattrapage par le vaccin conjugué 13-valent est recommandée au moins 2 mois après l’injection de rappel et avant l’âge de 24 mois ;

Pour les nourrissons à risque élevé d’IIP : 

  • ayant débuté leur vaccination avec le vaccin conjugué 7-valent, le remplacement des doses restant à administrer par le vaccin conjugué 13-valent est recommandé, auquel s’ajoute 1 dose supplémentaire du vaccin pneumococcique conjugué 13-valent réalisée au moins 2 mois après la dernière dose de vaccin conjugué 7-valent et avant l’âge de 24 mois ; 
  • ayant reçu un schéma vaccinal complet (primo-vaccination et rappel) réalisé en totalité avec le vaccin conjugué 7-valent, 2 doses supplémentaires du vaccin pneumococcique conjugué 13-valent sont recommandées, effectuées au moins 2 mois après la dernière dose de vaccin 7-valent et avant l’âge de 24 mois. 

3.3.2. Pour les enfants âgés de 2 ans à moins de 5 ans (soit 59 mois au plus), non préalablement vaccinés avant 24 mois et appartenant aux groupes à risque élevé d’IIP suivants

  • asplénie fonctionnelle ou splénectomie ; 
  • drépanocytose homozygote ; 
  • infection à VIH ; 
  • déficits immunitaires congénitaux ou secondaires à : 
    - une insuffisance rénale chronique ou un syndrome néphrotique ; 
    - un traitement immunosuppresseur ou une radio-thérapie pour néoplasie, lymphome ou maladie de Hodgkin, leucémie, transplantation d’organe ; 
  • cardiopathie congénitale cyanogène, insuffisance cardiaque ;
  • pneumopathie chronique (à l’exception de l’asthme, sauf les asthmes sous corticothérapie pro- longée) ; 
  • brèche ostéoméningée ;
  • diabète; 
  • candidats à l’implantation ou porteurs d’implants cochléaires. Le rattrapage vaccinal avec le vaccin pneumococcique conjugué 13-valent est recommandé en remplacement du vaccin pneumococcique conjugué 7-valent et selon le même schéma comportant 2 doses de vaccin pneumococcique conjugué 13-valent à 2 mois d’intervalle suivies d’une dose de vaccin polyosidique 23-valent au moins 2 mois après la 2ème dose de vaccin conjugué 13-valent. 

Durant la période de transition du vaccin pneumococcique conjugué 7-valent vers le conjugué 13-valent, les enfants âgés de 2 ans à moins de 5 ans (soit 59 mois au plus) à risque élevé d’IIP et non préalablement vaccinés avant l’âge de 24 mois : 

  • ayant reçu une vaccination partiellement réalisée avec :
    - 1 seule dose de vaccin pneumococcique conjugué 7-valent : la vaccination sera poursuivie avec 1 dose de vaccin pneumococcique conjugué 13-valent sui- vie du vaccin polyosidique 23-valent,
    - 2 doses de vaccin pneumococcique conjugué 7-valent : la vaccination sera poursuivie par 1 dose de vaccin pneumococcique conjugué 13-valent au moins 2 mois après la dernière dose de vaccin 7-valent et suivie d’une dose de vaccin polyosidique 23-valent au moins 2 mois après ; 
  • ayant eu une vaccination réalisée en totalité (2 doses de vaccin 7-valent et 1 dose de vaccin 23-valent) : la vaccination sera suivie par 1 dose de vaccin pneumococcique conjugué 13 valent au moins 2 mois plus tard. 

3.3.3. Pour les adultes et enfants de 5 ans et plus présentant une pathologie les exposant à un risque élevé d’IIP

  • asplénie fonctionnelle ou splénectomie ; 
  • drépanocytose homozygote ; 
  • infection à VIH, quel que soit leur statut immunovirologique ; 
  • syndrome néphrotique ; 
  • insuffisance respiratoire ; 
  • insuffisance cardiaque ; 
  • patients alcooliques avec hépatopathie chronique; 
  • personnes ayant des antécédents d’infection pulmonaire ou invasive à pneumocoque.

La vaccination est recommandée avec le vaccin polyosidique 23-valent. Cette vaccination doit être proposée lors de leur admission dans des structures de soins ou d’hébergement aux personnes ci-dessus qui n’en auraient pas encore bénéficié.

Poliomyélite

Grâce à la vaccination, la poliomyélite pourrait être une des prochaines maladies éradiquées dans le monde. La poliomyélite est une infection virale provoquant des paralysies. La contamination se fait par les selles et les objets contaminés par elles : l’eau (de boisson), les aliments souillés (crudités, par exemple), les mains sales.

Source: Exposition "Planète vaccination" INPES.

Rage

1. La maladie

La rage est une maladie virale transmise à l’homme par la morsure d’un animal enragé. Son incidence a nettement diminué dans les pays d’Europe pour disparaitre de France depuis 1998. Elle reste présente dans les pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, où elle est à l’origine de la grande majorité des cas recensés dans le monde chaque année.

Plusieurs animaux peuvent potentiellement transmettre le virus : c’est le cas des chiens en milieu urbain (rage canine), des animaux forestiers (renards, fouines, furet…) et beaucoup plus rarement des chauve-souris (rage des chiroptères). La très grande majorité des cas de rage humaine sont cependant d'origine canine.

La rage humaine, lorsqu’elle est déclarée (c'est-à-dire symptomatique) est constamment mortelle. Le virus atteint le cerveau et crée une inflammation responsable d’une encéphalite. Cette attente cérébrale provoque contractures et paralysie à l’origine de la gravité de cette maladie.

Le temps d’incubation est relativement variable mais compris généralement entre 20 et 90 jours. Cette longue incubation permet la mise en place d'un traitement, permettant d’éviter l’arrivée des premiers symptômes et donc la guérison. Les traitements doivent donc être entrepris de manière précoce après une exposition considérée à risque et reposent sur la vaccination post-exposition (vaccin antirabique) et l’utilisation d’anticorps dirigés contre le virus (sérum antirabique).

En 2010, le risque d’exposition en France est quasi nul. Cependant, la réapparition récente de la rage en Italie incite à la prudence. Les personnes a risque sont les professionnels au contact d’animaux importés (vétérinaires, animaliers) et les personnes se rendant dans un pays de forte endémie où sévit la rage canine. 

2. Les recommandations vaccinales

2.1. Recommandations particulières

La vaccination contre la rage est recommandée pour les personnes régulièrement exposées au virus de la rage des chauves-souris en France métropoli- taine41 (chiroptérologues) 

2.2. Risques professionnels

La vaccination contre la rage est recommandée pour les personnels des services vétérinaires, personnels des laboratoires manipulant du matériel contaminé ou susceptible de l’être, équarrisseurs, personnels des fourrières, naturalistes, taxidermistes, gardes-chasse, gardes forestiers, personnels des abattoirs, maîtres chiens militaires incorporateurs de chiens.

2.3. Recommandations pour les voyageurs

La vaccination contre la rage est recommandée pour les voyageurs dont le séjour est prolongé ou aventureux et en situation d’isolement dans des zones à haut risque (Asie, Afrique dont Afrique du Nord, Amérique du Sud). Elle est recommandée en particulier chez les jeunes enfants dès l’âge de la marche. En effet, ceux-ci ont un risque plus élevé d’exposition par morsure ou par contact mineur passé inaperçu (léchage sur peau excoriée, griffure...). 

La vaccination préventive ne dispense pas d’un traitement curatif (deux injections de rappel), qui doit être mis en œuvre le plus tôt possible en cas d’exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines, qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement.

Il est en outre recommandé aux voyageurs se rendant en zone d’endémie d’éviter tout contact avec des animaux errants ou au comportement suspect.

2.4. Remarque importante

La vaccination préventive contre la rage est donc recommandée pour les personnes à risque d’exposition à cette maladie. Mais attention : elle ne dispense pas du traitement vaccinal rabique (en cas de morsure par exemple). Elle permet de réduire les doses du traitement et de rendre acceptable une prise en charge différée de quelques heures. 

2.5. Schéma vaccinal

  • En pré-exposition : 3 injections aux jours 0, 7 et 21 ou 28.
  • Rappel 1 an plus tard, puis tous les 5 ans.
  • L’évaluation de la nécessité du traitement en post-exposition et la réalisation de ce traitement ne sont pratiquées que dans les centres de vaccination antirabique.

Rougeole

La rougeole est une infection strictement humaine et très contagieuse, due à un virus transmis de personne à personne par voie aérienne et entrainant une éruption cutanée. 

Le virus de la rougeole est transmis le plus souvent directement à partir d’un malade qui projette des particules de salive contaminées en parlant, ou des aérosols respiratoires en toussant ou en éternuant. Il est parfois transmis indirectement en raison de sa persistance dans l’air, au sein des aérosols émis par une personne malade. Les mains peuvent aussi être à l'origine d'une transmission indirecte, en transportant sur les muqueuses de l'oeil ou de la bouche les virus présents à la surface d'un objet contaminé par les sécrétions respiratoires d'un malade. 

Une personne atteinte de rougeole est contagieuse dès la veille de l’apparition des premiers symptômes et le reste durant les cinq jours qui suivent le début de l’éruption.

La période d’incubation, c'est-à-dire le temps qui s'écoule entre le contact avec le virus et l'apparition des premiers signes de la maladie, dure 10 à 12 jours.

Le début de la maladie est appelée "phase d'invasion". Durant cette phase, le virus se propage dans l'organisme via la circulation sanguine ("virémie", c'est-à-dire passage du virus dans le sang). La phase d’invasion dure 2 à 4 jours et se manifeste par une fièvre supérieure à 38,5 °C, suivie d’une toux intense, d’un écoulement nasal et d’une conjonctivite. Le malade ressent un malaise général et une fatigue. L'éruption peut commencer sur la muqueuse de la joue vers la 36ème heure : c'est le signe de Köplick, caractéristique de la rougeole. Ce signe est inconstant et disparait avec le début de l'éruption. 

Après exposition, le délai d’apparition de l’éruption est de 14 jours en moyenne (de 7 à 18 jours). Il s'agit d'une éruption dite maculo-papuleuse, qui dure 5 à 6 jours. Elle débute au niveau de la tête et s'étend progressivement de haut en bas et vers les extrémités, en 3 jours. En cas de complication, les poumons et le cerveau peuvent être atteints. Les formes compliquées sont plus fréquentes chez les enfants de moins de 1 an et chez les adultes de plus de 20 ans. La première cause de décès est la pneumonie chez l’enfant et l’encéphalite aiguë chez l’adulte. Les complications de la rougeole sont très fréquentes chez les enfants dans les pays en développement.

Le diagnostic repose sur la détection d'anticorps contre le virus de la rougeole dans le sang ou la salive. Le génome du virus peut aussi être détecté dans le sang ou la salive par une technique de biologie moléculaire appelée PCR (cette technique est également utilisée pour le diagnostic de la grippe).

Depuis le 24 juin 2005, la rougeole est à nouveau une maladie à déclaration obligatoire en France*, où une augmentation du nombre de cas est constatée depuis 2008. Cette augmentation est due à une couverture vaccinale insuffisante. La rougeole est fréquente dans certains pays d'Afrique et d'Asie, alors qu'elle a été éliminée du continent américain grâce à la vaccination. 

*Entre 1945 et 1985, la rougeole a été une maladie à déclaration obligatoire. De 1986 à juin 2005, la maladie a été exclusivement surveillée par un réseau de médecins volontaires.

Rubéole

Toute la gravité de la rubéole tient à la possibilité d’une contamination fœtale par le virus chez une femme non immune, infectée durant la grossesse. La transmission de la rubéole se fait par voie aérienne, et dans le cas de rubéole congénitale, par le passage du virus à travers le placenta. La rubéole congénitale entraîne de multiples malformations pour le fœtus (cardiaques, oculaires, auditives, retards mentaux). La sévérité de la rubéole congénitale, ainsi que les handicaps qu’elle engendre, justifient la vaccination généralisée contre la rubéole.

Source: Exposition "Planète vaccination" INPES.

Tétanos

Le tétanos est une maladie d'origine infectieuse, due à une bactérie de l'environnement localisée essentiellement dans la terre, la poussière, sur les plantes…Cette maladie se manifeste de façon aiguë par des contractures généralisées entrainant une véritable tétanisation de l'ensemble des muscles du corps (d'où son nom). Il s'agit d'une affection grave qui peut parfois être mortelle. La contamination se fait lors d'une plaie cutanée ou toute autre effraction permettant à la bactérie de pénétrer dans l'organisme pour s'y multiplier. Cette bactérie secrète alors des toxines qui vont diffuser dans l'organisme et provoquer des contractures généralisées. Les personnes a risques sont les personnes âgées ou celles atteintes de plaies chroniques (type ulcère variqueux). Lorsque les contractures sont présentes, une prise en en charge hospitalière s'impose. En effet, le risque principal est le blocage des muscles respiratoires à l' origine de la gravité de cette maladie.

Le traitement préventif repose sur des mesures simples, à savoir :

  • bien nettoyer et désinfecter toute plaie récente
  • être à jour de ses vaccinations avec un rappel tout les 10 ans
  • en fonction de la gravité de la plaie, faire une injection de sérum antitétanique

Tuberculose

En France, entre 6 000 et 7 000 cas de tuberculose sont encore déclarés chaque année, avec de grandes variations régionales. La tuberculose est une maladie infectieuse due à des bactéries appelées bacilles de Koch. La contamination est interhumaine et se fait par voie aérienne. Il existe plusieurs formes de tuberculose : pulmonaire, ganglionnaire, méningée, osseuse, etc. La tuberculose pulmonaire est contagieuse. Les symptômes les plus fréquents en sont : la toux, la fièvre, la fatigue, l’amaigrissement et le manque d'appétit. Quand un cas est diagnostiqué, une recherche d'autres cas dans l'entourage est mise en oeuvre. Le traitement repose sur une association d’antibiotiques antituberculeux pendant plusieurs mois. Les complications les plus graves chez le nourrisson sont la méningite tuberculeuse et la tuberculose miliaire. On estime qu'un tiers de l'humanité a été infectée par le bacille tuberculeux. Chaque année dans le monde, on estime à 8 millions le nombre de nouveaux malades et à 2 millions le nombre de morts.

Typhoïde

La fièvre typhoïde sévit dans la plupart des pays du monde et reste un problème majeur dans les pays en développement. C’est une septicémie à point de départ digestif liée à des salmonelles dites majeures : Salmonella Typhi, Salmonella Paratyphi A et B. Les bactéries essaiment par voie lymphatique. Après une incubation d’une quinzaine de jours, surviennent des signes digestifs (diarrhée avec douleurs abdominales, mais aussi constipation chez l'enfant, vomissements et ballonnements), des signes de septicémie (fièvre augmentant progressivement d'intensité avec altération de l’état général et souvent une grosse rate) et des signes dits « toxiques » (car liés à la production d'une endotoxine libérée lors de la destruction des bactéries ; il s'agit de signes neurologiques, dominés par un état de prostration ou "tuphos", et de signes cardiovasculaires avec chute de la tension artérielle et troubles du rythme cardiaque). Le diagnostic est confirmé par la mise en évidence de la salmonelle par culture bactériologique du sang ou des selles. Une sérologie positive n’a qu’une valeur d’orientation. La fièvre typhoïde est une maladie à déclaration obligatoire.

Source: Guide des vaccinations 2008. INPES.

Varicelle

La varicelle est une maladie infantile éruptive fréquente, et très contagieuse. Elle est du à l’infection par le virus de la varicelle, appelé VZV pour Varicelle-Zona Virus. Elle touche essentiellement l’enfant dans plus de 90% des cas, et est le plus souvent bénigne. Les formes adultes sont plus rares mais plus graves. Elle est néanmoins dangereuse chez les femmes enceintes, les immunodéprimés et les nouveaux nés. Le virus VZV s’attrape par voie respiratoire, au contact d’un patient contagieux ayant la varicelle. Apres une incubation de 2 semaines environ, il se produit une fièvre peu élevée suivit d’une éruption cutanée faite de macules et de vésicules claires puis troubles. Ces lésions apparaissent sur tout le corps (face, thorax, abdomen…) et se transforment en croutes avant de disparaitre. Les lésons cutanées s’accompagnent d’une envie importante de se gratter, au risque de provoquer cicatrices et surinfections cutanées. Chez l’enfant, les complications graves sont exceptionnelles et la guérison se fait spontanément sans traitement en une dizaine de jours environ. Le risque de surinfection des lésions cutanées doit être prévenu en évitant tout grattage. Il faut absolument éviter de prendre de l’aspirine pendant cette maladie en raison d’un risque de complications graves. Chez la femme enceinte et le nouveau né, des complications sérieuses sont possible, justifiant des précautions particulières. Il en est de même chez les personnes immunodéprimées qui doivent éviter tout contact avec un enfant atteint de varicelle.

Variole

La variole est une maladie contagieuse d’origine virale dont l'éradication a été déclarée officiellement par l'OMS le 8 mai 1980. Le virus de la variole était à l’origine de manifestations cliniques diverses comprenant fièvre, courbatures et douleurs abdominales, suivies d'une éruption cutanée généralisée faite de vésicules puis de pustules. La variole faisait l’objet d’une vaccination qui fut supprimée après l'éradication de la maladie. L’actualité récente a fait reparler de cette maladie en raison de son utilisation potentielle comme agent de bioterrorisme.

Zona

Le zona est une maladie virale provoquée par le virus de la varicelle appelé VZV (pour Varicelle-Zona Virus). Il s’agit d’une réactivation du virus pouvant survenir plusieurs années après avoir contracté la varicelle, souvent au delà de 50 ans. La contamination avec le virus VZV provoque initialement une varicelle, le plus souvent durant l’enfance. La guérison sans séquelle est la règle mais le virus VZV n’est jamais totalement éliminé de l’organisme. Il peut parfois se réactiver en donnant une éruption localisée, parfois douloureuse, appelée zona. Cette éruption cutanée guérie spontanément. Le zona n’est pas une maladie grave dans la plupart des cas. Elle peut néanmoins être à l’origine de complications en cas de baisse des défenses immunitaires (certains traitements, maladies hématologiques…) ou lorsqu’elle atteint l’œil. Dans ce cas, un traitement est alors nécessaire.