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Rage

1. La maladie

La rage est une maladie virale transmise à l’homme par la morsure d’un animal enragé. Son incidence a nettement diminué dans les pays d’Europe pour disparaitre de France depuis 1998. Elle reste présente dans les pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, où elle est à l’origine de la grande majorité des cas recensés dans le monde chaque année.

Plusieurs animaux peuvent potentiellement transmettre le virus : c’est le cas des chiens en milieu urbain (rage canine), des animaux forestiers (renards, fouines, furet…) et beaucoup plus rarement des chauve-souris (rage des chiroptères). La très grande majorité des cas de rage humaine sont cependant d'origine canine.

La rage humaine, lorsqu’elle est déclarée (c'est-à-dire symptomatique) est constamment mortelle. Le virus atteint le cerveau et crée une inflammation responsable d’une encéphalite. Cette attente cérébrale provoque contractures et paralysie à l’origine de la gravité de cette maladie.

Le temps d’incubation est relativement variable mais compris généralement entre 20 et 90 jours. Cette longue incubation permet la mise en place d'un traitement, permettant d’éviter l’arrivée des premiers symptômes et donc la guérison. Les traitements doivent donc être entrepris de manière précoce après une exposition considérée à risque et reposent sur la vaccination post-exposition (vaccin antirabique) et l’utilisation d’anticorps dirigés contre le virus (sérum antirabique).

En 2010, le risque d’exposition en France est quasi nul. Cependant, la réapparition récente de la rage en Italie incite à la prudence. Les personnes a risque sont les professionnels au contact d’animaux importés (vétérinaires, animaliers) et les personnes se rendant dans un pays de forte endémie où sévit la rage canine. 

2. Les recommandations vaccinales

2.1. Recommandations particulières

La vaccination contre la rage est recommandée pour les personnes régulièrement exposées au virus de la rage des chauves-souris en France métropoli- taine41 (chiroptérologues) 

2.2. Risques professionnels

La vaccination contre la rage est recommandée pour les personnels des services vétérinaires, personnels des laboratoires manipulant du matériel contaminé ou susceptible de l’être, équarrisseurs, personnels des fourrières, naturalistes, taxidermistes, gardes-chasse, gardes forestiers, personnels des abattoirs, maîtres chiens militaires incorporateurs de chiens.

2.3. Recommandations pour les voyageurs

La vaccination contre la rage est recommandée pour les voyageurs dont le séjour est prolongé ou aventureux et en situation d’isolement dans des zones à haut risque (Asie, Afrique dont Afrique du Nord, Amérique du Sud). Elle est recommandée en particulier chez les jeunes enfants dès l’âge de la marche. En effet, ceux-ci ont un risque plus élevé d’exposition par morsure ou par contact mineur passé inaperçu (léchage sur peau excoriée, griffure...). 

La vaccination préventive ne dispense pas d’un traitement curatif (deux injections de rappel), qui doit être mis en œuvre le plus tôt possible en cas d’exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines, qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement.

Il est en outre recommandé aux voyageurs se rendant en zone d’endémie d’éviter tout contact avec des animaux errants ou au comportement suspect.

2.4. Remarque importante

La vaccination préventive contre la rage est donc recommandée pour les personnes à risque d’exposition à cette maladie. Mais attention : elle ne dispense pas du traitement vaccinal rabique (en cas de morsure par exemple). Elle permet de réduire les doses du traitement et de rendre acceptable une prise en charge différée de quelques heures. 

2.5. Schéma vaccinal

  • En pré-exposition : 3 injections aux jours 0, 7 et 21 ou 28.
  • Rappel 1 an plus tard, puis tous les 5 ans.
  • L’évaluation de la nécessité du traitement en post-exposition et la réalisation de ce traitement ne sont pratiquées que dans les centres de vaccination antirabique.