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FAQ

Quand et par qui a été inventée la vaccination ?

La vaccination est maintenant devenue un rite étendu à la quasi-totalité des populations humaines. Cette pratique a débuté de manière empirique. En Asie centrale, au début du second millénaire, l’homme savait déjà se protéger de la variole en imprégnant ses muqueuses nasales avec des squames recueillies chez des malades et atténuées par une conservation dans un macérât de plantes. Malgré sa promotion par des personnalités telles que Voltaire, cette forme de vaccination ne fût jamais répandue en Europe car elle soulevait méfiance et donc opposition.

Une seconde étape, toujours empirique, fût franchie en Angleterre grâce à Edouard Jenner, le 14 mai 1796. Ce médecin de campagne inocula par scarification à James Phillip, un enfant de 8 ans, du pus prélevé sur la main d'une fermière infectée par la vaccine ou variole des vaches (en anglais, «cow-pox»). Trois mois plus tard, il inocula la variole à l'enfant qui se révéla immunisé. 

A force d’opiniâtreté, Jenner a probablement réussi à imposer sa méthode de vaccination variolique parce que l’utilisation de la vaccine, agent de la variole de la vache, était moins inquiétante pour la population. Le mot vaccination vient du latin vacca qui signifie vache.

La troisième étape est pasteurienne. En maîtrisant le processus d’atténuation, Louis Pasteur a su faire évoluer une technique empirique en une méthode de prévention basée sur une démarche scientifique, emporté l’adhésion de ses contemporains, ouvert la voie à la vaccination de masse et dressé les bases d’une nouvelle discipline, la vaccinologie.

Pourquoi se faire vacciner ?

Le principe de la vaccination est d’aider le système immunitaire à lutter contre diverses maladies infectieuses, qu'elles soient liées à des bactéries (diphtérie, typhoïde…) ou des virus (rougeole, grippe…). En mettant l'organisme humain en contact avec des substances proches ou dérivées d'un agent pathogène (bactérie, virus), il se développe une réponse immunitaire  spécifique de l'agent pathogène et protectrice de la maladie causée par cet agent  : en cas de contact avec la bactérie ou le virus contre lequel une personne a été protégée, la réponse immunitaire sera prête à temps pour empêcher l'apparition de la maladie ou, à défaut, la survenue d'une forme grave. En résumé, la vaccination permet de se protéger contre la maladie sans en faire les frais. Des effets indésirables peuvent survenir mais dans la très grande majorité des cas ils sont mineurs et passagers. De nombreux vaccins existent et leurs indications dépendent des risques d’exposition propres à chacun, d'où l'intérêt de recommandations personnalisées.

Se vacciner, c’est se prémunir contre des maladies potentiellement graves de manière simple et efficace, mais c'est aussi éviter la diffusion d’épidémies au sein de la population, car les personnes vaccinées ne peuvent pas transmettre la maladie à leur  entourage (enfants, collègues de travail…).

Qu'est-ce qu'un vaccin atténué ?

C'est un vaccin qui contient l'agent infectieux responsable de la maladie vivant mais atténué par différents procédés techniques ; grâce à cette atténuation (inventée par Pasteur), cet agent infectieux perd sa virulence mais conserve son pouvoir immunogène, à l'origine de la protection vaccinale.

Pourquoi les recommandations vaccinales changent-elles si souvent ?

L'évolution des recommandations vaccinales est définie par le calendrier vaccinal. Ce calendrier est régulièrement actualisé car il doit tenir compte de l'évolution de la fréquence des maladies, de la disponibilité des vaccins et de leur efficacité à protéger contre ces maladies. Par exemple, à partir du calendrier vaccinal 2013, le schéma vaccinal des nourrissons vis à vis de la diphtérie, du tétanos, de la polio, de la coqueluche et de l'Haemophilus influenzae b a été simplifié (2doses+1 rappel au lieu de 3 doses + 1 rappel). Ceci a été justifié par la meilleur connaissance de la durée de protection de ces vaccins.

Pourquoi faut-il respecter un intervalle entre chaque dose vaccinale ?

Après contact de l'antigène vaccinal avec l'organisme (le plus souvent par une injection), le déroulement de la réponse immunitaire prend un certain temps. L'administration de doses à des intervalles trop rapprochés peut perturber et amoindrir cette réponse immunitaire. Par contre, l'allongement de l'intervalle entre deux doses n'a pas d'effet négatif. Il est d'ailleurs inutile et déconseillé de reprendre une vaccination "à zéro" : il suffit de reprendre le schéma vaccinal au point où il a été interrompu et de donner les doses manquantes.

Je suis enceinte. Est-ce une contre-indication aux vaccinations ?

C'est une contre-indication à certaines vaccinations, notamment aux vaccins vivants.

Je suis asthmatique. Est-ce une contre-indication aux vaccinations ?

Non seulement l'asthme n'est pas une contre-indication aux vaccinations mais au contraire il s'agit d'une indication de certaines vaccinations en raison de la fragilité que cette maladie confère vis-à-vis de certaines infections respiratoires, notamment contre la grippe et le pneumocoque (vous pouvez tester ces conditions dans l'onglet "Recommandations particulières" de MesVaccins.net).

J'ai entendu dire que la vaccination contre l'hépatite B pouvait être dangereuse. Est-ce vrai ?

Les effets indésirables éventuels de la vaccination contre l'hépatite B sont communs à de nombreux vaccins : rash cutané, troubles digestifs, vertiges...Il s'agit d'effets mineurs, rares et réversibles. Il a été évoqué une possible relation de causalité entre la vaccination contre l'hépatite B et l'apparition de maladies du système nerveux central (comme la sclérose en plaques). Cette relation reposait initialement sur la description de cas isolés d'apparition de la maladie chez des patients préalablement vaccinés contre l'hépatite B. Les études dites "cas-témoins" (comparaison entre la fréquence des cas de sclérose en plaques chez des personnes vaccinées et chez des personnes non vaccinées contre l'hépatite B) n'ont  pas réussi à mettre en évidence une liaison significative entre la vaccination contre l'hépatite B et la survenue de cas de scléroses en plaques. Compte tenu du bénéfice important de la vaccination par rapport au risque théorique d'apparition d'une maladie comme la sclérose en plaques, la vaccination est recommandée. Enfin, rappelons que la France est le seul pays d'Europe où le risque d'effets indésirables post-vaccinaux a connu un emballement médiatique. Pour cette raison, la couverture vaccinale contre l'hépatite B n'a jamais atteint 30 % chez les nourrissons, alors qu'elle dépasse les 90 % en Allemagne ou en Italie. Certaines décisions de justice ont été interprétées comme la preuve de la responsabilité du vaccin, car des professionnels de santé ont été indemnisés pour la survenue d'affections survenues après la vaccination contre l'hépatite B. En réalité, la vaccination contre l'hépatite B étant obligatoire en France, il y a présomption d'imputabilité du vaccin sans nécessité d'apporter de preuve.

Mon voisin a été vacciné contre la grippe : il a attrapé la grippe le lendemain !

On confond souvent la grippe avec d'autres infections respiratoires aiguës fébriles. De plus, en cas de vaccination, le risque d’être infecté par le virus de la grippe diminue de 75 à 90 % mais n'est pas nul. Par ailleurs, chez une personne non vaccinée contre la grippe précédemment, un délai de 10 à 15 jours est nécessaire pour être protégé grâce à la production d'anticorps spécifiques. Une grippe qui se manifeste chez une personne vaccinée sera moins intense qu’en l’absence de vaccination.

Quand faire le vaccin anti-grippal saisonnier ?

Tous les ans à l'automne, c'est-à-dire avant le début de l'épidémie de grippe qui survient chaque hiver, pour les personnes qui ont un risque élevé de forme grave, notamment les personnes âgées de 65 ans et plus et les personnes atteintes de certaines maladies chroniques (comme l'asthme, diabète ou l'insuffisance cardiaque).

Pourquoi faut-il être vacciné contre le tétanos toute sa vie ?

Le tétanos est une maladie causée par une bactérie que l’on trouve dans le milieu naturel : dans la terre, dans la poussière, sur les plantes... La bactérie pénètre dans l’organisme à l'occasion d'une plaie ou d'une effraction cutanée. Celle-ci peut s’y multiplier et sécréter une toxine à l’origine de la maladie. Toute personne est potentiellement exposé mais les sujets particulièrement à risques sont les personnes au contact avec la terre (jardinage), ou souffrantes de plaies chroniques. Les personnes agées constitue également un groupe à risque.

Le tétanos est une maladie potentiellement grave mais pour lequel un vaccin existe. Celui-ci est très efficace et particulièrement bien toléré. Cependant, son efficacité étant limitée dans le temps, il doit être administré, chez l'adulte, à 25, 45, et 65 ans puis tous les 10 ans pour une protection optimale, sous forme d'injections de rappel. Il n’existe pas de limitation d’âge et peut être administré toute la vie durant.

Pourquoi n'existe-t-il pas un vaccin contre de SIDA ?

Des recherches sont actuellement en cours pour la réalisation d’un vaccin contre le virus du SIDA (appelé VIH pour Virus de l’Immunodéficience Humaine). Malgré de nombreuses années de recherche depuis la mise en évidence de ce virus dans les années 80, aucun vaccin ayant fait la preuve de son efficacité n’a pu être mis au point à ce jour. La difficulté de réalisation d’un vaccin efficace est particulière au VIH pour 2 raisons :

  • la première raison est la forte capacité du virus à muter. Le principe du vaccin est d’aider les cellules immunitaires de l’organisme à reconnaitre facilement le virus pour le neutraliser rapidement. La mutation de celui-ci entraine une modification de ses caractéristiques et il n’est donc plus reconnu même chez une personne qui aurait été préalablement vacciné.
  • la deuxième raison est liée à la nature même du virus qui infecte les cellules immunitaires. Ce sont justement ces cellules qui permettent l’efficacité des vaccins. La présence du virus interférant avec ce système immunitaire, il diminue ainsi l’efficacité de la vaccination.

Néanmoins, les nombreux progrès réalisés dans la compréhension des mécanismes d’infection d’un individu par le VIH permettent d’entrevoir de nouvelles pistes de recherche qui aboutiront peut être à terme à la découverte d’un vaccin efficace.

Je pars en voyage prochainement. Dois-je obligatoirement me faire vacciner contre certaines maladies ?

Les voyages peuvent exposer à certains risques sanitaires dépendant du lieu de séjour et du mode de vie sur place. Ces risques nécessitent une évaluation préalable avant le départ avec le médecin traitant ou auprès des consultations de conseils aux voyageurs. Certaines vaccinations pourront ainsi être conseillées en tenant compte de vos antécédents médicaux.

En raison du délais nécessaire à l'efficacité du vaccin, il est conseillé de s'y prendre suffisamment à l'avance en cas de voyage planifié.

Attention, certaines vaccinations peuvent être obligatoires et exigées par le pays d'accueil. C'est le cas de la vaccination pour la fièvre jaune (anti amarile).

Je pars en Afrique prochainement. Puis-je me faire vacciner contre la malaria (paludisme) ?

Non, ce vaccin n'existe pas encore. Par contre il ne faut pas oublier de prendre régulièrement un médicament pour prévenir l'apparition du paludisme (pendant le séjour et au retour) si celui ci est recommandé par votre médecin (la prise d'un médicament pour empêcher la survenue d'une maladie est appelée "chimioprophylaxie").

Pourquoi vacciner mon enfant contre la rougeole, les oreillons et la rubéole ?

La rougeole, les oreillons et la rubéole sont des maladies très contagieuses*. En l'absence de vaccination, pratiquement tout le monde attrape ces maladies un jour ou l'autre. Elles sont souvent sans gravité mais elles peuvent entraîner des complications parfois graves, voire mortelles. Dans le cas de la rougeole, les complications les plus graves sont les pneumonies et les encéphalites (inflammation du cerveau) qui peuvent laisser des séquelles neurologiques graves. La rubéole chez la femme enceinte, peut engendrer des malformations foetales graves. Enfin, les oreillons peuvent induire des pertes d'audition chez l'enfant ou être cause de stérilité chez l'adolescent. A ce jour, il n'existe aucun traitement curatif contre ces trois maladies. Vacciner contre ces maladies permet de les éviter, d'éviter les complications qu'elles peuvent entraîner et de protéger indirectement les nourrissons de moins de 1 an et les malades qui ne peuvent être vaccinés.

*Ces maladies sont parmi les plus contagieuses. Ainsi, une personne contaminée par la rougeole peut infecter entre 15 et 20 personnes (par comparaison une personne grippée contamine entre 1 et 3 personnes). Le virus de la rougeole continue à circuler, même à l'intérieur d'une population bien vaccinée dans laquelle il y a peu de sujets réceptifs. C'est ce qui explique qu'un taux élevé de couverture vaccinale, d'au moins 95%, soit indispensable pour empêcher la circulation virale.

Les complications sérieuses de la rougeole ne sont-elles pas réservées aux pays en voie de développement ?

Les complications sévères de la rougeole sont effectivement beaucoup plus fréquentes dans les pays en développement mais elles concernent aussi les pays industrialisés. En France, entre 2008 et 2011, 22% des cas déclarés ont été hospitalisés, soit plus d'un cas sur cinq. Cette proportion est encore plus importante chez les nourrissons de moins de 1 an, les adolescents de plus de 15 ans et les jeunes adultes. La rougeole entraîne aussi une fatigue générale qui peut durer plusieurs semaines et crée un terrain favorable aux infections dans les mois qui suivent la maladie car l'immunité baisse temporairement.
Selon les données de surveillance et les études conduites en Europe et aux Etats-Unis, les complications les plus courantes de la rougeole sont la diarrhée (6 cas pour 100), l'otite moyenne aiguë (7 à 9 cas pour 100), les pneumonies virales ou bactériennes (1 à 6 cas pour 100) dont les formes les plus graves peuvent entraîner séjour en réanimation et décès. D'autres complications sont graves mais plus rares : l'encéphalite aiguë post-rougeoleuse, peut survenir jusqu'à deux semaines après l'éruption (1 cas pour 1000) et laisser de graves séquelles, voire entraîner le décès; la panencéphalite subaiguë sclérosante, complication gravissime et constamment mortelle, survient en moyenne sept ans après l'éruption (1cas pour 100000). Grâce à la vaccination, le nombre de panencéphalites subaigües sclérosantes notifiées en France est passé de 25 en 1980 à 3 en 1996 et à 0 au cours des dernières années. Au cours de la même période, le nombre d'encéphalites aiguës recensées a également beaucoup diminué, passant de 20 à 30 cas au début des années 1980 à moins de 5 cas en 1995-1996. Aucun cas n'a été enregistré entre 1997 et 2008. Cependant, entre janvier 2008 et décembre 2013, 1500 cas ont présenté une pneumopathie grave, 34 complications neurologiques à type d'encéphalite ou myélite ont été déclarées et 10 décès sont à déplorer par pneumopathie, myocardite ou encéphalite. Dans les pays occidentaux, le risque de décéder d'une rougeole est estimé à 1 décès pour 1000 cas de rougeole. La létalité est beaucoup plus élevée dans les pays en développement, estimée en moyenne à 7,5 décès pour 1000 cas.

Mon enfant a déjà eu une première dose du vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Cela ne suffit-il pas ?

Seules deux doses de vaccins protégeront efficacement et complètement votre enfant de ces maladies très contagieuses. Si votre enfant ne reçoit qu'une seule dose de vaccin, il ne peut pas être protégé; il est encore susceptible de contracter l'une de ces maladies et de la transmettre à d'autres. Toute personne née depuis 1980 devrait avoir reçu deux doses de vaccin. les adolescents et les jeunes adultes doivent donc vérifier qu'ils ont reçu ces deux injections.

On estime que 5 à 10% des personnes vaccinées contre la rougeole ne répondent pas à la première dose. Des études ont montré qu'au moins 90% de celles qui n'ont pas répondu à la première dose répondront à la seconde. Des pourcentages un peu plus élevés de personnes ne répondent pas à la première dose de vaccin contre les oreillons. On ne peut jamais vacciner 100% de la population (en raison des rares contre-indications, mais aussi du fait de personnes échappant au système de soins). Pour éviter le risque de flambées épidémiques et pour stopper la transmission endémique du virus de la rougeole, une couverture vaccinale à 95% est nécessaire pour les deux doses. Cette stratégie vaccinale à deux doses a permis l'élimination de la rougeole dans certains pays comme la Finlande, et la quasi-élimination dans toute la région des Amériques de l'OMS (Organisation mondiale de la santé). C'est pourquoi il est recommandé de vacciner avec deux doses de vaccin les enfants et, depuis 2013, dès 12 mois, quel que soit le mode de garde et en rattrapage tous les adolescents ou jeunes adultes nés depuis 1980.

On m’a dit qu’on pouvait attraper la rougeole même en étant vacciné : est-ce exact ?

Cela peut se produire, mais c’est un événement rare, car le vaccin contre la rougeole est très efficace et a permis de réduire de façon importante le nombre de cas de cette maladie. Cela peut se produire chez les enfants qui n’ont reçu qu’une seule dose de vaccin, d’où la recommandation de deux doses. En France, depuis 1983, la vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole a réussi à faire baisser considérablement la morbidité et la mortalité dues à la rougeole [5]. Cependant, l'insuffisance  de  généralisation de la seconde dose, d’une part, et des taux de couverture vaccinale insuffisants dans certaines régions ou certaines populations, d’autre part, contribuent à la circulation des virus et créent des poches de populations réceptives. C'est pourquoi la recommandation d'une deuxième dose de vaccin pour toutes les personnes nées depuis 1980 a été introduite dans le calendrier vaccinal en 2011.

Et si mon enfant a déjà eu la rougeole et/ou la rubéole et/ ou les oreillons, faut-il le faire vacciner ?

Beaucoup d’autres maladies de la petite enfance produisent de la fièvre et des éruptions ; c’est pourquoi il est difficile de diagnostiquer la rougeole, et encore plus la rubéole, à l’examen clinique. Il n’est donc pas certain que votre enfant ait bien eu la rougeoleou la rubéole. De même, la tuméfaction des glandes parotides situées sous les oreilles (manifestation classique des oreillons) est actuellement rarement due aux oreillons. Il n’y a pas de risque à vacciner une personne qui a déjà eu la maladie et celle-ci sera en outre protégée contre les deux autres maladies. Le diagnostic reposait jusqu’à présent essentiellement sur la notion de contage et les manifestations cliniques. Cependant toutes les maladies avec exanthème maculo-papuleux (éruptions morbilliformes fébriles) peuvent être confondues avec la rougeole ou la rubéole : exanthème subit ou sixième maladie (roséole), mégalérythème épidémique, mononucléose infectieuse, infection par entérovirus, acrodermite papuleuse infantile, voire scarlatine, fièvre boutonneuse méditerranéenne, rash toxi-allergique et maladie de Kawasaki. De même, les parotidites actuelles sont rarement ourliennes. En outre, la valeur positive prédictive (VPP) du diagnostic clinique de la rougeole, c’est-à-dire la proportion réelle de rougeoles parmi les cas répondant aux critères de la définition clinique, diminue lorsque la prévalence de la maladie devient moins importante. Ainsi, on ne peut se contenter d’un diagnostic clinique de rougeole qui doit être confirmé par la mise en évidence dans le sang d’IgM spécifiques ou l’augmentation franche du titre des anticorps, en s’assurant qu’il n’y a pas eu de vaccination récente.

Le vaccin peut-il donner lieu à des événements indésirables ?

Les événements indésirables les plus courants sont une fièvre et une éruption cutanée bénigne pouvant ressembler à la rougeole et débutant 5 à 12 jours après l’injection. Une fièvre supérieure ou égale à 39,4° se produit chez 5 à 15 % des individus vaccinés entre les 5e et 12e jours suivant la vaccination et dure de 1 à 2 jours. Une éruption se produit chez environ 5 % des individus vaccinés, également entre les 5e et 12e jours, et dure de 1 à 3 jours. Une analyse des données de pharmacovigilance disponibles pour ces vaccins sur une période similaire de commercialisation dans le monde confirme leur bonne tolérance avec un taux de notifications global (toutes gravités confondues) de 1,25 cas pour 100 000 doses vaccinales. Fièvre, rash et réactions transitoires et d’intensité modérée au site d’injection prédominent. Par ailleurs, de nombreuses études n’ont pas trouvé de lien entre la vaccination et les troubles autistiques, comme cela avait été évoqué au Royaume-Uni. Les complications graves sont exposées dans le tableau I, comparées à celles suivant l’infection naturelle.

Mais on donne beaucoup plus de vaccins aux enfants aujourd’hui qu’autrefois !

Oui, le nombre de vaccins administrés au cours de l’enfance a augmenté et de nombreuses maladies de l’enfance sont ainsi évitées. Mais aujourd’hui les enfants reçoivent, avec chaque vaccin, moins d’antigènes que dans le passé. Cela est possible grâce à l’évolution technologique permettant de produire des vaccins avec des antigènes mieux sélectionnés, mieux purifiés, mieux tolérés, tout en étant aussi protecteurs. La biotechnologie utilisée dans la production des vaccins a progressé, en particulier en matière de purification. Par exemple, les nouveaux procédés permettent de produire des vaccins acellulaires (comme le vaccin contre la coqueluche), débarrassés des extraits cellulaires ayant servi à la production, ou de produire des vaccins à base de protéines recombinantes par génie génétique. Ces avancées limitent ainsi le nombre d’antigènes injectés aux seules fractions utiles pour une immunité protectrice d’efficacité comparable, tout en limitant les événements indésirables des vaccins.

Et le fait que le vaccin contre la rougeole soit la plupart du temps combiné avec deux autres vaccins ? trois vaccins administrés en même temps, n’est-ce pas trop ?

L’avantage du vaccin combiné, c’est que votre enfant n’est piqué qu’une fois au lieu de trois. Or l’association de ces trois vaccins n’altère en rien la réaction du système immunitaire, qui peut répondre simultanément à de nombreux antigènes. Répondre à plusieurs antigènes à la fois n’a pas de conséquences : le nouveau-né, par exemple, est d’emblée capable de réactions de protection contre les milliards d’antigènes qu’il rencontre dans l’environnement dans les heures qui suivent sa venue au monde. Avant même la naissance, l’être humain développe la capacité de réagir aux antigènes. Les études ont montré que le système immunitaire humain a une capacité très importante de répondre aux antigènes. Selon les modélisations, un nourrisson pourrait répondre à quelque 10 000 antigènes administrés en même temps : en d’autres termes, si l’on administrait onze vaccins à la fois, on n’« utiliserait » que 0,1 % de son système immunitaire.

Que met-on dans les vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole ?

Le principe de la vaccination consiste à mettre en contact l'organisme avec un virus modifié qui a perdu sa virulence. celui-ci va provoquer une réaction du système immunitaire pour qu'il prépare ses défenses, sans pour autant provoquer la maladie. En stimulant les défenses immunitaires, on prépare son corps à réagir en cas de contact avec le "vrai" virus.

Il s'agit d'un vaccin à virus vivants atténués. Les virus du vaccin sont produits sur cultures cellulaires et passent pas plusieurs étapes de purification. La néomycine est utilisée dans ce milieu de culture pour empêcher sa contamination par des bactéries; le sorbitol et la gélatine hydrolysée servent de stabilisants. Les quantités d'ovalbumine contenues dans le vaccin sont infimes, de sorte que l'allergie à l'oeuf n'est plus une contre-indication à la vaccination, mais fait simplement l'objet d'une précaution d'emploi.

Mon enfant est malade aujourd’hui ; est-il contre-indiqué de le faire vacciner ?

Oui, s'il s'agit d'un rhume, d'un peu de fièvre, d'une otite. Il est possible de différer la vaccination de quelques jours en fonction de la situation, si nécessaire. Attention cependant à ne pas l'oublier et à ne pas dépasser la date limite d'utilisation du vaccin. Il peut exister des contre-indications à la vaccination mais elles sont très rares. Dans ce cas, le médecin ne fera pas l'injection. Les contre-indications à cette vaccination sont les suivantes :

  • sujets présentant un déficit immunitaire, congénital ou acquis ;
  • allergies connues à la néomycine ou à tout constituant du vaccin (l’allergie à l’oeuf n’est plus une contre-indication) ;
  • infection fébrile sévère (dans ce cas, comme pour toute vaccination, reporter l’injection du vaccin).

Chez les patients ayant reçu des gammaglobulines ou une transfusion sanguine, la vaccination devra être repoussée d’au moins trois mois en raison du risque d’échec vaccinal dû aux anticorps dirigés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole acquis de façon passive. La vaccination contre la rougeole et la rubéole est contre-indiquée pendant la grossesse ; cependant, une vaccination réalisée accidentellement chez une femme enceinte ne doit pas être un motif d'interruption de grossesse. Une grossesse doit être évitée dans le mois suivant la vaccination. La deuxième dose est contre-indiquée chez les personnes ayant fait une réaction allergique de type anaphylactique après la première dose.

Et pourquoi le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole n’est-il pas obligatoire ?

En France, seuls les vaccins contre la diphtérie (depuis 1938), le tétanos (depuis 1940), et la poliomyélite (depuis 1964) sont obligatoires en population générale. Ces obligations ont été instituées à une période où les maladies infectieuses constituaient la première cause de mortalité. À partir des années soixante, on a assisté à une demande croissante de la population à participer aux décisions concernant sa santé. Cette évolution de notre société a orienté les autorités de santé vers la recherche d’une adhésion volontaire à la vaccination et aucun des nouveaux vaccins n’a été depuis rendu obligatoire en population générale. Les autorités de santé émettent des recommandations mises à jour chaque année dans le calendrier des vaccinations. Cela ne signifie en rien que le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole soit moins utile ou moins efficace que les vaccins obligatoires. Un rôle important est dévolu aux médecins, qui doivent informer leurs patients du rapport bénéfice/risque de la vaccination, à la fois pour des raisons de protection individuelle, mais aussi dans la perspective d’une protection collective, qui représente un enjeu majeur. En effet, un individu qui refuse de se faire vacciner peut se trouver à l’origine de la transmission de la maladie, en particulier chez les personnes fragilisées et qui ne peuvent être vaccinées (personnes immunodéprimées, petits nourrissons, femmes enceintes), et d'une épidémie. Par ailleurs, il est nécessaire de rappeler qu'il n'existe aucun traitement spécifique contre ces maladies.

Quels sont les vaccins contre la grippe en préparation ?

Chaque hiver, les vaccins contre la grippe sont modifiés pour avoir le meilleur résultat possible. Des virus prototypes sont sélectionnés par le réseau OMS pour être le plus proche possible des virus circulants de l’hiver prochain. En Europe, les vaccins commercialisés sont des vaccins inactivés. La recherche vaccinale est en constant développement : utilisation d’adjuvants, de vaccins vivants atténués, nouvelles voies d’administration... La recherche sur les vaccins antiviraux est très dynamique, permettant de tester de nouvelles stratégies vaccinales. Pour ces vaccins, nous en sommes encore au stade de la recherche. Voir http://www.grippe-geig.com.

Quelles sont les personnes concernées par la vaccination contre la grippe ?

La grippe est particulièrement dangereuse pour certains sujets qui courent un risque important d’évolution sévère, soit directement, soit indirectement par l’apparition de complications organiques ou infectieuses.

Pour ces personnes, dites à haut risque, la vaccination antigrippale est formellement recommandée et elle est prise en charge gratuitement par l’Assurance Maladie en France comme dans d’autres pays. Voir la liste des sujets dont la vaccination est recommandée.

Pourquoi la campagne de vaccination commence-t-elle fin septembre alors que ces dernières années, la grippe n’est pas arrivée avant l’hiver ?

Le vaccin annuel est réactualisé chaque année en fonction de la variation des virus. La décision concernant la composition du vaccin est prise en février pour laisser le temps aux fabricants d’effectuer leur production. Le vaccin doit être prêt au début du mois d’octobre pour que la vaccination puisse commencer.

Il faut compter ensuite une quinzaine de jours pour que l’immunité conférée par le vaccin ait le temps de s’établir et que les vaccinés soient protégés dès le début de l’épidémie qui commence selon les années entre la fin octobre et, pour les épidémies les plus tardives, le mois d’avril. Il est recommandé de se faire vacciner dès que le vaccin est prêt, pour éviter les oublis ou les pénuries, mais, tant que l’épidémie n’a pas commencé, on peut toujours pratiquer la vaccination.

Doit-on craindre une épidémie grippale ?

Une épidémie de grippe est un évènement naturel qu’il n’est pas possible de prévoir avec certitude. L’expérience montre que chaque année, une épidémie « saisonnière » atteint nos climats tempérés et cause maladies et mortalité. Un vaccin est disponible pour protéger les personnes les plus menacées. On sait aussi que trois fois par siècle, une pandémie, beaucoup plus sévère, atteint la totalité des cinq continents, correspondant à l’apparition d’un virus nouveau, trouvant devant lui une population totalement sensible.

La dernière pandémie a eu lieu en 1968 et la suivante peut se déclencher à tout moment. Les progrès de la surveillance des virus grippaux ont permis de repérer une souche aviaire (H5N1) qui pourrait être à l’origine de nouveaux développements. Des mesures préventives sont prises pour la prise en charge rapide et efficace d’une éventuelle nouvelle pandémie.

Pourquoi un vaccin contre la grippe différent chaque année ?

Toute vaccination vise à préparer un individu à se défendre contre un agent infectieux en apprenant à son organisme à le reconnaître. Pour cela, il est mis artificiellement en contact par le vaccin avec une forme inactivée du virus. Pour que la vaccination soit efficace, le vaccin doit avoir une bonne ressemblance avec les antigènes susceptibles d'induire une protection contre la maladie.

Le vaccin préparé une année est inefficace l'année suivante, car les virus en circulation sont différents de ceux à partir desquels il a été préparé. S'adapter aux variations du virus de la grippe est l'un des impératifs de la fabrication des vaccins.

Comment diagnostiquer une grippe ?

Il n’existe pas de tableau spécifique de la grippe. Le diagnostic clinique de grippe repose sur une association de symptômes appelée « syndrome grippal » sans qu’il y ait de définition consensuelle internationale de ce terme. De fait, il est parfois difficile devant un patient fébrile, tousseur et fatigué de conclure avec certitude qu’il s’agit d’une grippe. 

Une fois le démarrage de l’épidémie de grippe confirmée par les réseaux de surveillance, la probabilité que la grippe soit la cause des infections respiratoires aiguës vues par les médecins devient très forte. Toutefois, le diagnostic de certitude de la grippe est virologique, basé sur l’analyse d’un prélèvement effectué en grattant le nez ou la gorge du patient. Cette confirmation au laboratoire ou par tests rapides n’est faite que dans le cadre des réseaux de surveillance épidémiologique de la grippe. Voir http://www.grippe-geig.com.

Les vaccinations répétées contre la grippe présentent-elles des inconvénients ?

Les données les plus récentes montrent sans ambiguïté que la revaccination annuelle ne présente pas d’inconvénient et qu’elle n'est pas responsable d'une diminution de la protection chez les sujets, qu’ils soient jeunes ou âgés.

Quels sont les risques de la vaccination contre la grippe saisonnière ?

Les vaccins contre la grippe saisonnière sont bien tolérés. S’ils surviennent, les événements indésirables sont le plus souvent mineurs, prenant surtout la forme de réactions locales (douleur, rougeur, gonflement) au point d’injection ou de fièvre modérée, et ne durent pas plus de 48 heures.

Source: AFSSAPS

Qu’est-ce que le syndrome de Guillain-Barré ?

Le syndrome de Guillain – Barré est une affection neurologique qui se caractérise par une perte des reflexes et une paralysie symétrique qui débute le plus souvent par les membres inferieurs pour se propager vers le haut du corps. Le syndrome de Guillain-Barré est une maladie potentiellement grave. Dans la plupart des cas, la récupération est complète mais 10 % des patients gardent des séquelles motrices et l’évolution peut être fatale dans 5 % des cas. Il s’agit d’une maladie rare dont l’incidence dans la population générale est en France de l’ordre de 2,8 pour 100 000 habitants par an, en dehors de tout contexte pandémique.

Source AFSSAPS

De quoi se composent les vaccins ?

Les vaccins comportent des antigènes c'est-à-dire des éléments qui vont induire une réponse immunitaire capable de protéger l’individu contre l’infection naturelle ou d’en atténuer les conséquences. (bactéries ou virus vivants atténués, agent bactérien ou viral entier inactivé, fractions antigéniques ou sous-unités vaccinantes).

Les autres composants sont les adjuvants (sels d’aluminium, adjuvant lipidique..) qui stimulent la réaction immunitaire induite par les vaccins, les conservateurs (thiomersal) qui évitent le risque infectieux principalement retrouvé dans les présentations multidoses, et des agents inactivants (formaldéhyde) pour l’inactivation et la détoxification des agents infectieux.

Source: AFSSAPS

Quel est le rôle du thiomersal contenu dans les vaccins ?

Le thiomersal contenu dans les vaccins joue plusieurs rôles. Il peut être ajouté dès les premières étapes de la production d'un vaccin afin d'éviter tout risque de contamination (diphtérie, tétanos...), pour inactiver une souche bactérienne (par exemple coqueluche) ou lorsque la stérilisation est difficile (par exemple grippe). Enfin, il peut être ajouté comme conservateur en phase terminale de production, un élément essentiel pour limiter le risque infectieux des présentations multidoses.

Source: AFSSAPS

Y a-t-il des risques associés à la présence de thiomersal dans les vaccins ?

Il n’y a plus de thiomersal dans les vaccins grippaux saisonniers.

Il n’est utilisé que dans les présentations multidoses en tant que conservateur (éviter le risque de contamination infectieux). C’est le cas de la majorité des vaccins pandémiques A(H1N1)v.

Néanmoins, les vaccins contiennent des doses minimes de thiomersal, entre 0.003% et 0.01%, soit au maximum 25-50ug/dose. A ces doses, tout risque de toxicité est a priori exclu.

Le risque identifié est celui d'une allergie de contact se traduisant par une réaction cutanée inflammatoire survenant au site d'injection plus de 48-72h après une vaccination (hypersensibilité "retardée") et persistant quelques jours, rarement quelques semaines. Les études scientifiques n’ont pas confirmé l’existence d’un risque neurologique, qui avait été avancé.

Source: AFSSAPS

Je viens de me faire vacciner contre la grippe, suis-je contagieux pour les autres ?

Le vaccin antigrippal (saisonnier ou grippe pandémique) ne rend pas contagieux. En effet, il s’agit d’un vaccin inactivé fait de fragments viraux. Il n’y a donc aucun risque de développer une grippe lors de l’injection ou de transmettre le virus à son entourage dans les jours suivants la vaccination. Par contre, la vaccination diminuera ultérieurement le risque de développer une grippe et de transmettre ainsi le virus à son entourage.

Peut on transmettre la grippe à son entourage alors que l'on ne présente aucun symptome de la maladie ?

Oui, le virus de la grippe peut être transmit à l'entourage en l'absence de tout symptôme. En effet, la personne infectée par la grippe est contagieuse jusqu'à 2 jours avant le début des symptômes (période dite « d’incubation » de la maladie). Dans certains cas, la grippe sera même asymptomatique et une personne qui était contagieuse ne fera pas la maladie, au contraire de son entourage qui pourra développer des formes symptomatiques, voir sévères.

Pourquoi vacciner les adolescents et les jeunes adultes contre la rougeole?

La rougeole n'est pas qu'une maladie de l'enfance. On a observé entre 2008 et 2012 une épidémie de rougeole, avec plus de 23000 cas déclarés en France sur cette période. la moitié de ces cas concernait des personnes de 15 ans et plus, dont un tiers a été hospitalisé. En effet, le risque de complications est plus fréquent dans cette tranche d'âge (ainsi que chez les nourrissons âgés de moins de 1 an). Depuis 2011, la vaccination est donc recommandée avec deux doses pour toute personne née depuis 1980.
La rougeole est une maladie très contagieuse qui requiert une couverture vaccinale très élevée (au moins 95% pour les deux doses) pour interrompre la circulation du virus. La vaccination contre la rougeole est recommandée, depuis 1983, en association avec la vaccination contre la rubéole et, depuis 1986, en association avec les vaccinations contre les oreillons et la rubéole. Cette vaccination s'est mise en place progressivement et nombre d'enfants nés depuis le début des années 1980 n'ont pas été vaccinés ou n'ont reçu qu'une dose de vaccin, constituant progressivement des poches de personnes réceptives. Les données de couverture vaccinale issues des certificats de santé du 24e mois indiquent une couverture vaccinale à 89% à cet âge en 2011, ce qui est insuffisant. Il existe au-delà de 2 ans un rattrapage vaccinal, comme le montrent les enquêtes menées en milieu scolaire. Mais cette couverture est toujours insuffisante malgré les progrès, en particulier avec la seconde dose : 44% à 6 ans en 2006, 85% à 11 ans en 2008 et 83,9% à 15 ans en 2009 (pour la première dose, elle est respectivement de 93%, 95% et 95,5%). Une enquête séro-épidémiologique récente de l'InVS montre que plus de 1,3 million de personnes de 6 à 29 ans résidant en France métropolitaine ne sont pas protégées contre la rougeole.

Pourquoi modifier le calendrier vaccinal des nourrissons pour les vaccins diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite, Haemophilus influenzae de type b ?

L'expérience de quatre pays européens (Suède, Danemark, Finlande et Italie), qui ont mis en place et démontré l'efficacité d'un schéma simplifié (2 doses puis un rappel), et une meilleure connaissance de la durée de protection des vaccins ont conduit à ce changement. Cette modification se traduit par la suppression d'une injection lors du schéma de primovaccination. En effet, il apparait aujourd'hui que ce schéma simplifié peut induire une aussi bonne protection.

Pourquoi ajouter un rappel coquelucheux à l'âge de 6 ans?

Le contrôle de la coqueluche est une préoccupation dans tous les pays qui ont mis en place une stratégie vaccinale contre cette maladie qui reste redoutable chez les petits nourrissons.
De plus, des données récentes issues de Etats-Unis et d'Australie suggèrent que les enfants vaccinés avec du vaccin coquelucheux acellulaire pourraient être moins bien protégés que ne l'étaient les enfants vaccinés comme autrefois avec un vaccin entier.
Le vaccin entier a été remplacé en 2006 par le vaccin coquelucheux acellulaire pour des raisons de meilleure tolérance et n'est plus disponible actuellement. Il est donc nécessaire d'ajouter ce rappel de 6 ans en profitant du rendez-vous vaccinal DTP déjà prévu à cet âge, tout en maintenant un rappel coquelucheux à l'âge de 11-13 ans.

Pourquoi avoir changé l'âge d'initiation de la vaccination contre le papillomavirus (HPV) chez les filles?

Les données scientifiques montrent que la réponse immunitaire est meilleure lorsque le vaccin est administré avant 14 ans plutôt qu'après. Par ailleurs, l'acceptabilité de cette vaccination et la couverture vaccinale ne sont pas satisfaisantes en France pour conférer une protection de l'ensemble de la population.
Recommander l'initiation de la vaccination entre 11 et 14 ans plutôt qu'à 14 ans introduit plus de souplesse et permet au médecin et à la famille, en fonction de leurs perceptions, de proposer la vaccination soit à un âge où il n'est pas indispensable d'aborder la question de la sexualité, soit plus tard dans le cadre d'une information sur la sexualité et les maladies sexuellement transmissibles.
Enfin, cette modification permet de profiter du rendez-vous vaccinal prévu pour le rappel dTcaP pour proposer ou initier la vaccination HPV, permettant de co-administrer une des doses de vaccin HPV avec ce rappel dTcaP.

Pourquoi avoir recommandé un intervalle de dix ans pour les rappels des adultes au-delà de 65 ans?

Les personnes âgées ont une altération de leur système immunitaire : au-delà de 65 ans, la durée de protection conférée par les vaccins est plus courte. Ainsi, le premier rappel du senior est recommandé à 75 ans, puis à 85 ans, etc.

L'intervalle entre la dernière vaccination de l'enfant (11-13 ans) et la première vaccination de l'adulte (25 ans) n'est-il pas trop long?

Beaucoup de pays proposent un nombre plus réduit de rappel dTP; la durée connue de protection conférée par ces vaccins -au-delà de dix ans- permet de lever toute inquiétude.

Pourquoi simplifier le calendrier des vaccinations?

Le calendrier des vaccinations est complexe : il vise à protéger la population générale et certaines populations spécifiques au plus juste de l'état des connaissances scientifiques. Ainsi, il prend notamment en compte les situations épidémiologiques régionales et la fragilité de certains groupes de personnes.
La simplification du calendrier des vaccinations s'est appuyée sur l'expérience d'autres pays européens (Suède, Danemark, Finlande et Italie) et les fondements de divers calendriers vaccinaux pour optimiser le nombre d'injections nécessaires à la protection de la population et rendre les âges des rendez-vous vaccinaux plus facilement mémorisables par les professionnels de santé et le public.
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