La maladie

Le typhus exanthématique ou typhus épidémique à poux est la seule rickettsiose qui puisse causer des épidémies explosives chez l'homme. Elle accompagnait autrefois les guerres et autres catastrophes humaines mais reste endémique dans les montagnes et les régions froides de l'Afrique, de l'Asie, de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud.

C'est une rickettsiose dont les manifestations initiales sont variables mais qui se caractérisent souvent par l'apparition brutale de maux de tête, de frissons, d'une prostration, d'une fièvre élevée, de toux et de fortes douleurs musculaires. Une éruption maculaire (taches foncées sur la peau) fait son apparition entre le cinquième et le sixième jour; limitée au début à la partie supérieure du tronc, elle s'étend ensuite à l'ensemble du corps à l'exception généralement de la face, des paumes et de la plante des pieds. Le taux de létalité est compris entre 1 % et 20 %.

L'agent étiologique, Rickettsia prowazekii, est transmis par le pou du corps, Pediculus humanus corporis, qui s'infecte en prenant son repas de sang sur un malade en phase fébrile aiguë. (Les poux de tête ou du pubis ne jouent aucun rôle dans la transmission.) En se nourrissant sur un deuxième hôte, les poux infectés excrètent des rickettsies. L'homme s'infecte en introduisant par frottement les déjections des poux ou des fragments d'insectes écrasés au point de piqûre ou encore par l'intermédiaire de lésions de grattage.

Le pou du corps vit dans les vêtements et se multiplie très rapidement lorsque les conditions d'hygiène laissent à désirer. Il prolifère très vite dans les camps de réfugiés ou d'autres situations caractérisées par le surpeuplement et de mauvaises conditions d'hygiène et l'on peut s'attendre à un accroissement du risque durant la saison des pluies lorsque l'on a tendance à se couvrir davantage.

Depuis la Deuxième Guerre mondiale, d'importantes flambées de typhus se sont produites, essentiellement en Afrique, la plupart des cas étant signalés dans trois pays : le Burundi, l'Ethiopie et le Rwanda. En Ethiopie, le nombre de cas signalé chaque année a oscillé entre 7000 et 17 000 (sauf en 1979 où on en a signalé un nombre plus élevé), encore que la plupart n'aient pas été confirmés en laboratoire. Dans les années 70, d'importantes épidémies se sont produites au Burundi et au Rwanda, attestées par examen sérologique et isolement de l'agent étiologique : en 1975, 9000 cas ont été signalés au Burundi. En 1996, le Burundi a notifié 3500 cas et le chiffre a bondi à 20 000 entre janvier et mars 1997.

Il faut craindre un typhus exanthématique lorsque des gens placés dans des conditions de surpeuplement et d'infestation par des poux sont brusquement pris de forts accès de fièvre, de frissons, de maux de tête, de douleurs généralisées et de fatigue extrême qui alternent avec des épisodes d'agitation, les symptômes étant suivis au bout de cinq à six jours d'une éruption maculaire. Le diagnostic clinique peut être confirmé par voie sérologique.

L'homme est le seul réservoir des rickettsies et c'est lui qui entretient l'infection entre les épidémies. Des flambées se produisent dans les régions froides lorsque les gens sont entassés dans des lieux infestés de poux où l'hygiène est insuffisante. Le typhus exanthématique peut donner lieu à des symptômes atténués plusieurs années après le premier accès (maladie de Brill-Zinsser).

La maladie n'est pas directement transmise d'une personne à l'autre. Les malades sont infectieux pour les poux au cours de la période fébrile et peut-être aussi deux à trois jours après la défervescence. Chez un pou infecté, les rickettsies passent dans les déjections deux à six jours après le repas de sang; si le pou est écrasé, il sera infectieux plus rapidement. Le pou meurt invariablement dans les deux semaines qui suivent sa contamination; mais les rickettsies peuvent rester viables dans son cadavre pendant des semaines.

Une dose unique de 200 mg de doxycycline (deux comprimés), quel que soit l'âge du malade.

Le typhus exanthématique est une maladie à déclaration obligatoire.

Les recommandations vaccinales

Un vaccin a été utilisé dans le passé et on peut retrouver la trace de sa prescription sur les carnets de vaccination. En France, il n'existe pas de vaccin disponible ni de recommandation vaccinale contre cette maladie actuellement.