Épidémie d'encéphalite japonaise dans l'État d'Assam en Inde Médecine des voyages

Publié le 29 juil. 2020 à 09h54

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

En Inde, à un moment où l'État d'Assam est témoin d'un pic majeur de Covid 19, une épidémie d'encéphalite japonaise a également été notifiée dans différentes parties de l'État, suscitant des inquiétudes.

Les cas d'encéphalite japonaise (EJ) continuent d'augmenter cette année, passant de 38 cas et 5 décès notifiés le 9 juillet 2020, à au moins 199 cas et 29 décès (létalité : 14 %) notifiés au 28 juillet 2020. 

Les foyers se situent dans 33 districts de l'État, selon un bulletin de la National Health Mission (NHM), Assam, du 26 juillet. 

L'encéphalite japonaise est un problème persistant dans le nord-est de l'États lors des crues annuelles. 

  • en 2013, 134 personnes sont décédées d'encéphalite japonaise ; 
  • en 2014, 165 personnes sont décédées d'encéphalite japonaise ; 
  • en 2015, 135 personnes sont décédées d'encéphalite japonaise ; 
  • en 2016, 92 personnes sont décédées d'encéphalite japonaise ; 
  • en 2017, 87 personnes sont décédées d'encéphalite japonaise ; 
  • en 2018, 94 personnes sont décédées d'encéphalite japonaise ; 
  • en 2019, près de 150 personnes sont décédées d'encéphalite japonaise.

Rappels sur l'encéphalite japonaise

L'encéphalite japonaise  est due à un virus (JEV, Japanese encephalitis virus) de la famille des Flaviviridae. Il est transmis par des moustiques du genre Culex qui se reproduisent plus particulièrement dans les rizières inondées. Le virus circule chez les oiseaux et les porcs. Le moustique vecteur a son pic d'activité au crépuscule et à l'aube et reste actif toute la nuit.

La plupart des infections par le virus de l'encéphalite japonaise sont bénignes (fièvre et céphalées) ou sans symptômes apparents, mais environ une infection sur 250 entraîne une maladie grave caractérisée par l'apparition brusque d'une forte fièvre, de maux de tête, une raideur de la nuque, une désorientation, un coma, des crises convulsives, une paralysie pouvant entraîner le décès.

La maladie est peu fréquente chez le voyageur. Il est recommandé aux voyageurs d'utiliser une protection personnelle (vêtements couvrants imprégnés d'insecticides, utilisation de produits répulsifs anti-moustiques et de moustiquaires imprégnées).

Les recommandations vaccinales contre l'encéphalite japonaise ont été précisées dans un avis du Haut Conseil de la santé publique du 20 décembre 2013 et concernent :

  • les voyageurs amenés à séjourner en zone endémique (quelle qu'en soit la durée), avec exposition en milieu extérieur (cyclisme, camping, randonnée, travail à l'extérieur), plus particulièrement dans les zones rurales : zones où l'irrigation par inondation est pratiquée (rizières), à proximité d'élevages de porcs, en période d'épidémie (ou de circulation accrue du virus chez l'animal dans les pays à couverture vaccinale élevée chez l'homme) ;
  • les personnes expatriées dans un pays situé dans la zone de circulation du virus ;
  • toute personne dont la situation est jugée à risque par le médecin vaccinateur.

De plus, il est important de respecter les mesures individuelles de protection contre les piqûres de moustiques (répulsifs cutanés, moustiquaires et vêtements imprégnés d'insecticide).

Le schéma vaccinal consiste à administrer deux doses vaccinales de 0,5 ml à 28 jours d'intervalle chez les adultes, les adolescents et les enfants à partir de l'âge de 3 ans. Pour les enfants âgés de 2 mois à moins de 3 ans, on administre deux demi-doses (0,25 ml) à 28 jours d'intervalle.

Il est maintenant possible, chez l'adulte âgé de 18 à 65 ans, d'effectuer un schéma accéléré en deux doses administrées à 7 jours d'intervalle.

Source : Promed.