Fièvre typhoïde ultrarésistante au Pakistan Médecine des voyages

Publié le 17 mai 2021 à 20h35

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) mettent en garde les voyageurs contre le risque de fièvre typhoïde ultrarésistante (XDR) au Pakistan. L'épidémie en cours a débuté en 2016 dans la province de Sindh, au Pakistan, et s'est propagée dans tout le pays. Des cas de fièvre typhoïde XDR ont été signalés chez des personnes d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Asie de l'Est et du Pacifique Sud ayant voyagé au Pakistan.

Face à cette situation le CDC a émis un ensemble de recommandations relatives au traitement antibiotique probabiliste à mettre en œuvre en cas de suspicion de fièvre typhoïde et à la place de la vaccination anti-typhoïdique chez le voyageur. Ces recommandations avaient été détaillées dans une nouvelle publiée le 5 mars 2021 sur mesvaccins.net (voir la nouvelle 17150).

Rappels sur la fièvre typhoïde :

La fièvre typhoïde à Salmonella typhi (comme les fièvres paratyphoïdes à Salmonella para-typhi A, B et C) sont des infections bactériennes systémiques à point de départ digestif. La source de contamination réside dans les matières fécales des personnes malades ou porteuses saines mais excrétrices de Salmonella. La transmission est dite féco-orale, soit directe par ingestion des bactéries à partir de selles contaminées, soit le plus souvent indirecte par ingestion d'eau ou d'aliments consommés crus (fruits de mer, légumes, etc.) et souillés par des selles de personnes infectées (égouts, épandage, etc.).

Les symptômes apparaissent généralement de 1 à 3 semaines après l'exposition, et peuvent être légers ou graves. Ils comprennent une forte fièvre, des malaises, des maux de tête, une constipation ou une diarrhée, des taches rosées sur la poitrine, et une atteinte de la rate et du foie. Un portage asymptomatique de la bactérie peut faire suite à la maladie.
La prise en charge d'une fièvre typhoïde ou paratyphoïde peut nécessiter une hospitalisation. Le traitement repose sur les antibiotiques. La létalité qui peut atteindre 10 % sans traitement antibiotique, est inférieure à 1 % avec une antibiothérapie adaptée.

La vaccination contre la fièvre typhoïde (Typhim Vi, Tyavax) est recommandée dans des pays où l'hygiène est précaire pour les voyageurs dont le séjour est prolongé ou se fait dans de mauvaises conditions. Ce vaccin n'assurant qu'une protection de 50 à 80 %, il ne se substitue pas aux mesures d'hygiène, qui incluent le lavage des mains.

Il est recommandé à ceux, se mêlant étroitement avec la population locale dans les zones d'épidémie, de prendre les mesures suivantes :

  • se laver fréquemment les mains à l'eau et au savon, en particulier avant toute prise alimentaire ;
  • éviter l'usage des serviettes collectives ;
  • ne manger que des aliments cuits ;
  • éviter la consommation de poissons, coquillages, ou fruits de mer autrement que bien cuits ou frits ;
  • peler soigneusement, à défaut cuire ou désinfecter les fruits et légumes ;
  • ne boire que de l'eau minérale en bouteille capsulée ou de l'eau traitée (par chloration, par Troclosène sodique ou par ébullition) ;
  • ne pas consommer de glaçons, de crèmes glacées ou sorbets en vente publique.

Source : Outbreak News Today.