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L’épidémie de grippe lancée par la vague de froid

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Publié le 19 fév. 2012 à 21h38

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.
- Médecin biologiste et responsable d'un Centre de vaccinations internationales dans un Hôpital d'instruction des armées.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 9 juillet 2016.

Le froid sibérien qui a envahi la France ces dernières semaines a probablement favorisé la transmission du virus grippal et la survenue d'une épidémie de grippe. L'épidémie a débuté, ce qui est plutôt inhabituel, dans le sud-est de la France et notamment à Marseille. L'ïle de France, important carrefour de communications, a été la deuxième région concernée. Dix régions ont maintenant franchi le seuil épidémique.

La surveillance de la grippe est assurée en France métropolitaine par le réseau Sentinelles de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et le réseau des GROG (groupes régionaux d'observation de la grippe). De plus, une surveillance des virus de la grippe est réalisée par deux centres nationaux de référence (Institut Pasteur de Paris et CHU de Lyon). Les formes graves et les décès liés à la grippe, ainsi que les épidémies survenant dans les collectivités de personnes âgées, sont également surveillées.

Du 6 au 12 février 2012, le taux d'incidence des consultations pour syndrome grippal en France métropolitaine augmentait nettement par rapport à la semaine précédente pour dépasser les 300 cas pour 100.000 habitants par semaine, alors que le seuil épidémique est de 161 cas pour 100.000 habitants par semaine. Depuis le début de l'année 2012, le nombre de formes graves, nécessitant une hospitalisation en réanimation, a régulièrement augmenté pour atteindre le chiffre de 33 cas graves à la date du 15 février 2012. Ce chiffre est en nette diminution par rapport à l'année dernière. Huit cas graves ne présentaient pas de facteurs de risque ; les 25 autres formes graves présentaient des facteurs de risque justifiant une recommandation vaccinale, notamment une maladie chronique comme le diabète, l'asthme, la bronchite chronique ou une insuffisance rénale chronique.

La très grande majorité (97 %) des virus isolés appartiennent au type A, et plus précisément au sous-type A(H3N2). Les virus A(H3N2) isolés présentent des modifications antigéniques par rapport à la souche “A/Perth/16/2009” contenue dans le vaccin. Il n'est pas encore possible de savoir si ces modifications ont un impact sur l'efficacité du vaccin. Le sous-type A(H1N1)pdm09, ex-virus pandémique, est devenu très minoritaire.

Il semble que la couverture vaccinale contre la grippe soit encore insuffisante cette année. Les données par tranche d'âge ne sont pas connues à ce jour. Les groupes à risque auraient été un peu mieux vaccinés que le reste de la population. Mais le personnel des maisons de retraite, où des foyers d'infections respiratoires aiguës sont rapportés, est insuffisamment vacciné.

Source : Institut de veille sanitaire et Institut national de la santé et de la recherche médicale.


Maladie : Grippe saisonnière