EN COURS DE REDACTION. Autorisé de manière temporaire au Royaume-Uni. Ce vaccin n'est pas encore autorisé dans les pays de l'Union européenne. Essais cliniques en cours. L'Europe a acheté 300 millions de doses de ce vaccin. Le 23/11/2020, le laboratoire Astra-Zeneca annonce une efficacité de 70 % à 90 %.

Description

Vaccin anti-covid 19 à vecteur viral non réplicatif (adénovirus de chimpanzé).
Autres dénominations :
- AstraZeneca Oxford AZD1222 ;
- COVID-19 Vaccine (ChAdOx1-S [recombinant]).

Classe

Vivant
- Vecteur viral vivant non réplicatif

Forme et présentation

Solution pour injection dans un flacon multidose.

Composition

Antigène

Une dose (0,5 ml) en contient :

  • Vaccin COVID-19 (ChAdOx1-S* recombinant) 5 × 1010 particules virales (vp) 

*Vecteur adénoviral de chimpanzé recombinant, à réplication déficiente, codant pour la glycoprotéine Spike (protéine S) du coronavirus SARS-CoV-2. Produit dans des cellules de rein embryonnaire humain (HEK) 293 génétiquement modifiées.

Ce produit contient des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Excipients

  • L-Histidine
  • Chlorhydrate de L-histidine monohydraté
  • Chlorure de magnésium hexahydraté
  • Polysorbate 80
  • Éthanol
  • Sucrose
  • Chlorure de sodium
  • Édétate de disodium dihydraté
  • Eau pour préparation injectable

Indications

Essais cliniques en cours.

Phase 1

Phase 1/2 

  • PACTR202006922165132
  • 2020-001072-15
  • NCT04324606 
    • Les résultats intermédiaire d’essais cliniques de phase1 et 2 enregistrés sous les numéros NCT04324606 et ISRCTN15281137 ont été publiés dans la revue Lancet (doi: 10.1016/S0140-6736(20)31604-4.). Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé en simple aveugle évaluant le vaccin ChAdOx1 nCoV-19 (ChadOx1), un vaccin recombinant non réplicatif utilisant un adénovirus du chimpanzé exprimant la protéine spike du SARS-coV-2 par rapport à un vaccin anti-méningococcique conjugué (MenACWY) comme contrôle. Le vaccin ChAdOx1 était utilisé à la dose de 5x1010 particules virales. Les deux vaccins étaient administrés par voie intramusculaire. Cet essai a inclus 1 077 sujets sans antécédent identifié d’infection par le SARS-coV-2, d’âge médian de 35 ans (extrêmes 28-44 ans) dont 49,8 % de femmes. Ils ont été répartis en trois groupes : le groupe 1, qui correspond à l’essai de phase 1, composé de 88 sujets (44 vaccinés avec ChadOx1 et 44 avec MenACWY), le groupe 3 composé de 10 sujets vaccinés avec le ChadOx1 à J0 et J28 (groupe non randomisé) et le groupe 2/4 associant 489 vaccinés avec ChadOx1 et 490 avec MenACWY. Un amendement au protocole dans deux sites a permis l'administration de paracétamol prophylactique avant la vaccination. Les auteurs concluent à un profil de sécurité acceptable du vaccin ChAdOx1 nCoV-19, et à une augmentation de la production d’anticorps après rappel vaccinal. Ces résultats soutiennent l'évaluation à grande échelle de ce vaccin candidat dans le cadre d'un programme de phase 3 en cours. Les principaux résultats sont présentés dans les champs "effets indésirables" et "pharmacodynamie".
    • Un  amendement de l’essai de phase ½ dont les premiers résultats ont été publiés dans la revue Lancet (doi: 10.1016/S0140-6736(20)31604-4.) a permis d’inclure dans cette étude 52 participants âgés de 18 à 55 ans qui avaient reçu une première dose standard (SD) du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 (ChAdOx1) pour bénéficier d’une seconde dose de rappel 56 jours après la première. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Nature Medecine (doi: 10.1038/s41591-020-01179-4.). Les participants ont été randomisés pour recevoir une SD (n=20) (SD/SD J56), ou une demi-dose (LD) (n= 36) (SD/LD J56). Dix participants du bras contrôle de l’étude initiale qui avaient reçu une dose de vaccin anti-méningococcique ACWY (Nimenrix®), en ont reçu une seconde à J56. Dans l’étude initiale un schéma à 2 SD à 28 jours d’intervalle avait été évalué (n=10) (SD/SD J28) sur les effets secondaires et la réponse immunitaire. Les participants ayant des antécédents de covid possible mais non confirmée et ceux à haut risque d'exposition au covid ont été initialement exclus de l'essai jusqu'à ce que la sérologie pour le SARS-CoV-2 devienne disponible pour le dépistage, à partir de quoi seuls les volontaires séropositifs au dépistage ont été exclus. Des plasmas de patients adultes symptomatiques ou non, convalescents d’un covid confirmé par PCR et prélevés au moins 28 jours après le début des symptômes ont été pris comme témoins. Les principaux résultats sont présentés dans les champs "effets indésirables" et "pharmacodynamie".
  • NCT04568031
  • NCT04444674
  • NCT04324606
  • NCT04684446

Phase 2

Phase 2/3

Il s’agit d’un essai multicentrique, en simple aveugle, randomisé, contrôlé par un vaccin conjugué anti-méningococcique quadrivalent (MenACYW), évaluant la tolérance et l’immunogénicité du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 (ChadOx1), un candidat vaccin recombinant non réplicatif utilisant un adénovirus du chimpanzé exprimant la protéine spike (S) du SARS-CoV-2. Deux doses de ChadOx1 ont été testées : un vaccin « faiblement dosé » avec 2,2 × 10.10 particules virales (PV) et un vaccin à « dose standard » de 3,5-6,5 × 10.10 (PV). Les deux vaccins étaient administrés par voie intramusculaire. Le ChAdOx1 a été administré en une seule dose ou selon un régime à deux doses (à 28 jours d'intervalle), à faible dose ou à dose standard.

L’essai a inclus 560 adultes (50% d’hommes), 160 âgés de 18 à 55 ans (âge médian = 43), 160 âgés de 56 à 69 ans (âge médian = 60), et 240 âgés de 70 ans et plus (âge médian = 73). Il existait une sur représentation des professionnels de santé dans la population féminine. Trois-cents participants ont été inscrits dans l’essai évaluant le vaccin à faible dose (100 âgés de 18-55 ans, 80 de 56 à 69 ans, 120 d’âge ≥ 70 ans) et 260 ont participé à l’étude du vaccin standard dose (60 âgés de 18-55 ans, 80 de 56 à 69 ans, 120 d’ âge ≥ 70 ans). Chaque bras était composé de 10 groupes différents.  Les groupes de 18 à 55 ans ont reçu deux doses de vaccin et ont été répartis au hasard pour recevoir soit le vaccin expérimental, soit le vaccin témoin (répartition 1/1 dans l’essai à faible dose et 5/1 dans l’essai à dose standard). Les groupes de 56 à 69 ans et de 70 ans et plus ont été répartis au hasard de la même manière dans les deux bras. Les participants âgées de 56 à 69 ans ont été réparties au hasard (3/1/3/1) pour recevoir une dose de ChAdOx1, une dose de MenACWY, deux doses de ChAdOx1, ou deux doses de MenACWY. Les participants, âgés de 70 ans ou plus, ont été répartis au hasard (5/1/5/1) pour recvoir une dose de ChAdOx1, une dose de MenACWY, deux doses de ChAdOx1, ou deux doses de MenACWY.

Ont été exclus de l’étude, les volontaires séropositifs pour le SARS-CoV-2  à l'exception de ceux de la cohorte des 18-55 ans ayant reçu la dose standard et les volontaires de plus de 65 ans ayant un score de fragilité clinique de Dalhousie de 4 ou plus. Au cours de l’essai, 8 patient n’ont pas reçu la seconde

Les auteurs concluent que le vaccin ChAdOx1 semble être mieux toléré chez les adultes âgés que chez les jeunes adultes, et présente une immunogénicité similaire dans toutes les tranches d'âge après une dose de rappel. Une évaluation plus approfondie de l'efficacité de ce vaccin est justifiée dans toutes les tranches d'âge et chez les personnes présentant des comorbidités. Cet essai pourrait constituer un argument pour l'utilisation de ce vaccin dans des groupes d'âge plus âgé, s'il est démontré qu’il est protecteur dans les essais de phase 3. Des études de phase 3 avec ChAdOx1 sont en cours au Royaume-Uni, au Brésil et aux États-Unis. Les principaux résultats sont présentés dans les champs "effets indésirables" et "pharmacodynamie".

Phase 3

  • ISRCTN89951424
  • NCT04516746
  • NCT04540393 ( (L'étude a été suspendue en raison de l'apparition d'un effet indésirable grave et inattendu dans l'étude de phase 2/3 parrainée par l'Université d'Oxford. L'étude continuera à être suspendue jusqu'à ce que l'approbation du ministère russe de la santé soit reçue).
  • NCT04536051
  • EUCTR2020-005226-28-DE

Posologie

Deux doses distinctes de 0,5 ml chacune. La deuxième dose doit être administrée entre 4 et 12 semaines après la première (voir la rubrique "Pharmacodynamie").

Il est recommandé aux personnes qui reçoivent une première dose de "COVID-19 Vaccine AstraZeneca" de compléter le programme de vaccination avec le même vaccin (voir la rubrique "Mises en garde et précautions d'emploi").

Population âgée

Les données relatives à l'efficacité et à la sécurité sont actuellement limitées chez les individus ≥65 ans (voir sections 4.8 et 5.1). Aucun ajustement de la posologie n'est nécessaire.

Population pédiatrique

L'innocuité et l'efficacité du vaccin COVID-19 d'AstraZeneca chez les enfants et les adolescents (âgés de moins de 18 ans) n'ont pas encore été établies. Aucune donnée n'est disponible.

Mode d'administration

Le "COVID-19 Vaccine AstraZeneca" est destiné à être injecté uniquement par voie intramusculaire (IM), de préférence dans le muscle deltoïde. Pour les instructions relatives à l'administration, voir la rubrique "Manipulation" (en cours de rédaction).

Contre-indications

Hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients.

Effets indésirables

Phase 1/2

La survenue d’événements indésirables (EI) cliniques a été surveillée pendant les 28 jours suivant la vaccination chez tous les sujets inclus. Aucun EI grave lié au ChAdOx1 n'a été constaté. Une douleur au site d’injection concernait 67% des vaccinés (38% avec MenACWY). Fatigue (70% avec ChadOx1 et 48% avec MenACWY) et céphalées (68% avec le ChadOx1 et 41% avec le MenACWY) étaient les EI systémiques les plus fréquents ; des myalgies, un malaise, des frissons et une sensation de fièvre ont été rapportés respectivement par 60%, 61%, 56% et 51% des sujets vaccinés par le ChadOx1. Une fièvre était objectivée chez 18% des vaccinés avec le ChadOx1 (1% avec MenACWY). La fréquence des EI n’est pas majorée lors de l’injection de rappel. La prise de paracétamol avant vaccination diminuait significativement la douleur, la sensation de fièvre, les myalgies, les céphalées et la sensation de malaise dont les fréquences chutaient respectivement à 50%, 36%, 48%, 61%, 48%. Les effets secondaires biologiques ont été évalués dans les groupes 1 et 3. Une neutropénie transitoire a été rapportée chez 46% des vaccinés par le ChadOx1 (7% avec le MenACWY) et un cas d’anémie hémolytique est survenu chez un sujet vacciné avec le MenACWY.

La survenue d’effets secondaire cliniques a été surveillée pendant les 28 jours suivant la vaccination. Aucun effet grave (hospitalisation) n’a été relevé. Aucune réaction locale sévère n’a été relevée. La douleur spontanée ou au toucher étaient les réactions locales les plus fréquentes. Le taux de réaction locale modérée était de 23,1% après primovaccination et de 3,8% après rappel. Le taux de réactions systémiques modérées ou sévères était respectivement de 51,9% et 19,2%  après primovaccination, et de 19,2% et 3,8% après rappel. Une réaction fébrile était notée dans 28,8% des cas après primovaccination et totalement absente après rappel. Une fatigue, un malaise, des céphalées et des frissons étaient les effets systémiques les plus fréquemment rapportés. La présence d’anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2 ou le vaccin n’avait aucune influence sur la fréquence des réactions locales ou systémiques.

Phase 2

L’étude de tolérance a porté sur les effets indésirables (EI) locaux et systémiques qui ont été classés en légers, modérés ou sévères. Ils étaient auto-déclarés par les participants pendant les 7 jours suivant l’injection. De plus, tous les participants des groupes des 56-69 ans et des 70 ans et plus, ainsi que les participants du groupe des 18-55 ans ayant reçu la dose standard, ont subi des évaluations 0, 7, 14 et 28 jours après leur premier vaccin et leur vaccination de rappel. Les participants du groupe 18-55 ans ayant reçu la dose faible ont fait l'objet d'évaluations cliniques au départ, immédiatement avant la dose de rappel, et 14 et 28 jours après leur vaccination de rappel. Les EI graves seront enregistrés tout au long de la période de suivi d'un an après la dernière dose de vaccin.

La douleur et la sensibilité au point d'injection ont été les EI locaux les plus fréquemment cités et sont survenus le plus souvent dans les 48 heures suivant la vaccination. Avec le vaccin ChAdOx1 à dose standard, au moins un EI local a été signalé après la première injection et l’injection de rappel chez respectivement 88% et 76% des sujets du groupe 18-55 ans, 73% et 72% des sujets du groupe 56-69 ans, et 61% et 55% des sujets d’âge ≥ 70 ans. Avec le vaccin ChAdOx1 à faible dose les EI locaux sont moins fréquents et leur fréquence diminue également quand l’âge augmente. Dans le groupe témoin, un EI local a été signalé après la première injection et la seconde injection de MenACWY chez respectivement 57% et 86% des sujets du groupe 18-55 ans, 25% et 37% des sujets du groupe 56-69 ans, et 35% et 20% des sujets d’âge ≥ 70 ans. Aucun symptôme local sévère n'a été signalé par les personnes ayant reçu le ChAdOx1.

La fatigue, les maux de tête, la fièvre et les myalgies ont été les EI systémiques les plus fréquemment rapportés. Avec le vaccin ChAdOx1 à dose standard, au moins un EI systémique a été signalé après la première injection et l’injection de rappel chez respectivement 86% et 65% des sujets du groupe des 18-55 ans, 77% et 72% des sujets du groupe des 56-69 ans, et 65% et 43% des sujets d’âge ≥ 70 ans. A faible dose, la fréquence des EI systémique est plus faible et il existe également une décroissance diminution de celle-ci quand l’âge augmente. Dans le groupe témoin, un EI systémique a été signalé après la première injection et la seconde injection de MenACWY chez respectivement 60% et 67% des sujets du groupe 18-55 ans, 45% et 31,5% des sujets du groupe 56-69 ans, et 30% et 25% des sujets d’âge ≥  70 ans. Concernant la fièvre, elle a été objectivée exclusivement dans le groupe 18-55 ans après primovaccination à dose standard (24% des cas). Aucun fièvre n’a été mise en dans les autres groupes ainsi qu’après les injections de rappel.

Chez les personnes âgées de 56 ans ou plus, une dose standard de ChAdOx1, qu'il s'agisse de la primovaccination ou de la vaccination de rappel, a provoqué un plus grand nombre de réactions locales ou systémiques que le vaccin MenACWY. La différence était moins nette avec le vaccin à faible dose dans les groupes des 56-69 ans et des 70 ans et plus.

Le taux des EI sévère sont passé de 5% après la première injection de vaccin ChAdOx1 à dose standard vaccin à 1% après l’injection de rappel. Treize EI graves sont survenus (dans tous les groupes d'âge et de vaccins), dont aucun n’a été considéré comme lié à l'un ou l'autre des vaccins étudiés.

Pharmacodynamie

Phase 1/2

Les réponses humorales et cellulaires ont été évaluées à J0, J3, J7, J14, J28 et J56 dans les groupes 1 et 3, et à J0 et J28 dans le groupe 2. Seule la réponse humorale a été évaluée à J0 et J28 dans le groupe 4. La réponse humorale a été évaluée par les tests suivants : un test ELISA titrant les taux d’IgG  totales dirigés contre la protéine spike du SARS-coV-2, un test immunologique multiplex utilisant comme cible les protéines spike et RBD du SARs-CoV-2, quatre tests de neutralisation [un test de neutralisation par réduction des plages (PRNT50), une test de micro neutralisation (MNA50, MNA80, MNA90), un test de neutralisation de l’effet cytopathogène du SARS-Cov-2 sur cellules vero (Marburg VN), un test de neutralisation de pseudovirus (PseudoNA)]. A J0, avant essai, 4% des sujets possédaient des ac neutralisants et des IgG anti-spike détectables. Les réponses IgG anti-spike ont augmenté au 28éme jour (médiane 157 unités ELISA [UE], 96-317 ; n=127), et ont été renforcées après une deuxième dose (639 UE, 360-792 ; n=10). Ces taux restent élevés à J56 après une dose (119 EU, 70–203 ; n=43). Les réponses évaluées avec le test multiplex sont équivalentes. Après une dose de vaccin, des anticorps neutralisants ont été détectés à J28 chez 91% des sujets avec le test MNA80 (titre médian = 51, 32-103, n=35) et 100% des sujets avec le test PRNT50 (titre médian = 218, 122-395, n=35). Après une dose de rappel, tous les participants avaient une activité neutralisante à J42 avec le test  MNA80 (titre médian = 136)  et avec le test Marburg VN à J56 (titre médian = 29, 24-32). Les réponses des anticorps neutralisants sont fortement corrélées avec des niveaux d'anticorps mesurés par ELISA. La réponse humorale vaccinale est comparable à la réponse humorale évaluée chez un groupe de malades du COVID-19 pris comme témoin. La réponse cellulaire a été évaluées à l'aide d'un test ex-vivo évaluant la production d’IFN gamma après stimulation par l’antigène RBD. Avec le ChAdOx1 les réponses des lymphocytes T spécifiques ont atteint leur maximum à J14.

La réponse anticorps dirigés contre la protéine « spike » et le domaine de liaison au récepteur (RBD) ont été évaluées au 14éme jour après l’injection de rappel. Au décours d’un rappel à J28 ou J56, les titres d’Ac anti-spike ne différaient. Par contre, la réponse était plus importante après un rappel SD qu’un rappel LD. Il en était de même pour les anticorps anti-RBD.

La réponse de type anticorps  neutralisant a été évaluée par test de microneutralisation, le titre d’anticorps neutralisant à 80% ayant servi de comparaison entre les bras. Les titres médians au 14éme jour après l’injection de rappel étaient de 274 (IC: 232–542) pour SD/SD J28, 170 (IC : 226–368) pour SD/LD J56 et 395 (IQR:259–640) pour SD/SD J56. Elle a été également évaluée par un test de neutralisation de pseudovirus, le titre d’anticorps neutralisant à 50% ayant servi de comparaison. Les titres médians au 14éme jour après l’injection de rappel étaient de : 451 (IC : 212–627) pour SD/SD D28, 253 (IC : 100–391) pour SD/LD D56, 424 (IC: 229–915) pour  SD/SD D56.

Classes et sous-classes d’ac anti-spike : La vaccination entraîne une augmentation des titres d’IgM et d’IgA anti-spike avec un pic 28 j après la première dose pour les IgM. Au 14éme jour après rappel à J56, il n’y a pas de différence entre SD et LD et la réponse après rappel était d'une ampleur similaire à SD/SD J28. La réponse est cependant inférieure à celle des patients convalescents témoins. Les sous-classes d’IgG  anti-spike 28 j après vaccination ont été étudiées. Après primovaccination, à J28, les IgG1 et IgG3 sont facilement détectées à un taux qui reste inchangé à J56, avant le rappel. Après rappel, les IgG1 n’augmentent pas dans le schéma SD/SD J28 et augmentent de façon identique au 14éme jour après rappel dans les schémas SD/LD J56 et SD/SD J56. Les IgG3 augmentent après rappel dans les 3 schémas. Les taux d’IgG2 et IgG4 sont faible. Le vaccin entraîne donc une réponse de type TH-1 indépendante de la dose et de l’intervalle des rappels.

La capacité des anticorps anti-spike à induire une réponse phagocytaire monocytaire et neutrophile anticorps-dépendante (ADMP et l'ADNP) a été évaluée. Ces deux fonctions ont été induites par la première vaccination et ont augmenté de manière substantielle après rappel, avec une tendance à une augmentation plus importante lorsque l'intervalle entre les doses était de 56 j plutôt que de 28 j, et lorsque la dose de rappel était SD plutôt que LD. La réponse ADMP et l'ADNP post-vaccinale après la deuxième dose était supérieure à celle retrouvée chez les patients convalescents atteints de covid.

La capacité à fixer le complément en présence de protéine spike sensibilisée par anticorps anti-spike a été étudiée par quantification des dépôts de fraction C3 du complément. La réponse obtenue est meilleure après rappel, et supérieur avec le schéma SD/SD J56 plutôt que le schéma SD/LD J56.

Activation lymphocytes NK dépendante des ac-antispike (étude de l’expression de CD107 sur des cellules NK mises en présence de la protéine spike préalablement sensibilisée  avec du plasma et du sérum des participants). La réponse après primovaccination est faible. L’injection de rappel a un effet « booster » sans différence entre SD/SD J56 et SD/LD J56, mais plus forte avec le schéma J0/56 qu’avec le schéma J0/28. La réponse post-vaccinale est équivalente à celle des patients convalescents du covid.

La réponse cellulaire a été évaluée à l'aide d'un test ex-vivo évaluant la production d’IFN gamma après stimulation des lymphocytes T par peptides de synthèse couvrant la totalité de l’insert du vaccin. Elle atteint un pic 14 jours après la première vaccination. Chez dix personnes ayant reçu une dose de rappel au jour 28 (SD/SD J28), les réponses 28 jours après la vaccination de rappel (c'est-à-dire J56) étaient les mêmes que dans le groupe décrit dans l’essai de phase 1 qui n'avaient pas reçu de dose de rappel. De même, il n'y a pas eu de différence significative dans l'ampleur des réponses des lymphocytes T « spike-spécifiques »  28 jours après le rappel entre les schémas J0/J28 et J0/J56.

 Immunité-antivecteur : Les anticorps neutralisants l’adénovirus de chimpanzé ChAdOx1 ont été induits après la première vaccination et sont restés élevés jusqu'à 84 jours après l'inclusion (dernier point évalué). Dans les groupes ayant reçu le rappel à J56, on a observé une légère baisse entre J28 et J 56, suivie d'une légère augmentation après la deuxième vaccination (les réponses après la première et la deuxième vaccination ne différaient pas). Aucune différence entre les groupes 28 j après la dose de rappel n’a été constatée, quel que soit l'intervalle ou la dose. Les titres d'anticorps neutralisants anti-ChAdOx1 au moment de la deuxième dose n'étaient pas corrélés avec les réponses des anticorps anti-spike après la deuxième vaccination, ou la réponse des cellules T, quel que soit le schéma de vaccination. Neuf participants avaient des titres de neutralisation anti-ChAdOx1 positifs au départ.

Phase 2

Tous les participants des groupes des 56-69 ans et des 70 ans et plus, ainsi que les participants du groupe des 18-55 ans ayant reçu la dose standard, ont subi des évaluations d'immunogénicité à 0, 7, 14 et 28 jours après leur premier vaccin et leur vaccination de rappel. Les participants du groupe 18-55 ans ayant reçu la dose faible ont fait l'objet d'évaluations d'immunogénicité au départ, immédiatement avant la dose de rappel, et 14 et 28 jours après leur vaccination de rappel. La réponse humorale a été évaluée par le dosage immunologique « multiplexé » des anticorps (ac) dirigés contre la protéine S et le domaine de liaison aux récepteurs (RBD), un titrage des ac de type IgG dirigés contre la protéine S en ELISA, un test de  microneutralisation du SARS-CoV-2 vivant (MNA80). La réponse cellulaire a été évaluée ex-vivo par dénombrement des lymphocytes T producteur d’IFN-γ en présence d’antigène vaccinal. 

Les résultats du dosage d’ac par test « multiplexé » ont été exprimés en titre médian exprimés selon une unité arbitraire (UA). Les taux médian d’IgG anti-protéine S sont respectivement de 6 439 UA et 9 807 UA pour les participants âgés de 18 à 55 ans, 4 553 UA et 5 496 UA pour ceux âgés de 56 à 69 ans, et de 3 565 UA et 4 156 UA pour celle d’âge ≥ 70 ans. Après une première injection, les taux obtenus avec le  vaccin ChAdOx1 à faible dose ou à dose standard sont comparables à J28.Quelle que soit la dose, à J28, ce taux diminue quand l’âge augmente. Après une injection de rappel, à J28, les taux augmentent et les résultats sont comparables quelle que soit la dose de vaccin. Avec un rappel à dose standard les taux médian d’IgG anti-protéine S à J28 sont de 20 713 UA pour les participants âgés de 18 à 55 ans, 16 170 UA pour ceux âgés de 56 à 69 ans,  et 15 561 UA pour celle d’âge ≥ 70 ans. Des résultats comparables sont obtenus pour le dosage des ac anti RBD par test « multiplexé » et pour le titage des IgG anti protéine S en ELISA.

A J42, les titres médians d’anticorps neutralisants après injection de rappel  sont similaires entre les différents groupes d’âge ainsi qu’entre le groupe vacciné à faible dose e celui vacciné avec une dose standard (dans le groupe recevant une dose standard à J42 les titres sont de 193 dans le groupe 18-55 ans, 144 dans le groupe 56-69 ans, et 161 dans le groupe d’âge ≥ 70 ans). Quatorze jours après l’injection de rappel 208 participants avaient une réponse de type ac neutralisants sur 209 vaccinés. Les taux d’IgG anti protéine S sont corrélés aux titres d’ac neutralisants dans tous les groupes.

La réponse des cellules T a son maximum au 14éme jour après une dose standard unique. Le nombre médian de cellules « marquées » était de 1 187/106 cellules mononuclées du sang circulant périphérique (CMSP) dans le groupe 18-55 ans, de 797 /10CMSP dans le groupe 56-69 ans et de ans 977//106 CMSP dans le groupe d’âge ≥ 70 ans. Il n’y a pas d’augmentation significative après rappel.

Phase 3

Dans son communiqué du 23 novembre, AstraZeneca a apporté les premières données d'efficacité de son essai (3). Elle est évaluée à 70 % en moyenne sur tous les groupes étudiés, soit en dessous des efficacités annoncées par les trois premiers fabricants ayant présenté leurs données intermédiaires. L'évaluation a porté sur 131 cas de covid 19 survenus chez les participants à l'essai, mené au Royaume Uni et au Brésil. Aucune forme grave de l'infection n'a été observée chez les vaccinés.

De façon surprenante mais intéressante, le niveau de protection a été évalué à 90 % dans le groupe de volontaires pour lesquels la première dose de vaccin (2,5x1010 particules virales) était la moitié de la dose injectée aux autres participants. Pour A. Pollard, principal investigateur, ceci pourrait s'expliquer par le fait que ce dosage réduit, qui stimule moins fortement le système immunitaire, permet à la deuxième dose inoculée 28 jours plus tard de provoquer une réponse plus ample contre l'antigène du SARS-CoV-2.

Résumé à l'intention du public

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