L'Agence européenne des médicaments a autorisé ce vaccin de 6 à 11 ans le 24 février 2022 (dosage à 50 µg). Chez l'adulte, rappel vaccinal avec une demi-dose recommandé à partir de 3 mois après la primovaccination. En France, ce vaccin n'est pas recommandé avant l'âge de 30 ans (que ce soit en primovaccination ou en rappel). Avant l'âge de 30 ans, préférer le vaccin Comirnaty. « Poussées de syndrome de fuite capillaire » a été ajouté à la rubrique "Mises en garde et précautions d'emploi" lors de la mise à jour le 02/05/2022.

Description

Vaccin à ARNm (à nucléoside modifié) anti-covid 19, dispersion pour injection. Autre dénomination : Moderna mRNA-1273.

Classe

Inerte
- ARN

Forme et présentation

Ce symbole indique que ce vaccin fait l'objet d'une surveillance supplémentaire. Cela permettra d'identifier rapidement de nouvelles informations de sécurité. Il est demandé aux professionnels de santé de signaler tout effet indésirable suspecté.

Le vaccin "Spikevax" est une suspension pour injection intramusculaire. 

Dispersion blanche à blanc cassé (pH : 7,0-8,0).

Nature et contenu de l'emballage extérieur

  • Dispersion de 5 mL dans un flacon (verre de type 1 ou équivalent) avec un bouchon (caoutchouc chlorobutyle) et une capsule en plastique amovible avec opercule (aluminium).
  • Chaque flacon contient 5 mL.
  • Taille de conditionnement : 10 flacons multidoses.

Composition

Il s’agit d’un flacon multidose, qui contient 10 doses de 0,5 mL chacune ou un maximum de 20 doses de 0,25 mL chacune.

Une dose contient :

1. Antigène

  • Dose de 0,5 mL : 100 microgrammes d’élasoméran, un vaccin à ARNm contre la covid 19 (encapsulé dans des nanoparticules lipidiques SM-102) ;
  • Dose de 0,25 mL : 50 microgrammes d’élasoméran, un vaccin à ARNm contre la covid 19 (encapsulé dans des nanoparticules lipidiques SM-102).

L’élasoméran est un ARN messager simple brin, à coiffe en 5’, produit par transcription sans cellule in vitro à partir des matrices d’ADN correspondantes, codant la protéine Spike (S) virale du SARS-CoV-2.

2. Excipients

  • Lipide SM-102
  • Cholestérol
  • 1,2-distéaroyl-sn-glycéro-3-phosphocholine (DSPC)
  • 1,2-dimyristoyl-rac-glycéro-3-méthoxypolyéthylène glycol-2000 (PEG 2000 DMG)
  • Trométamol : 0,31 mg
  • Chlorhydrate de Trométamol : 1,18 mg
  • Acide acétique : 0,043 mg
  • Acétate de sodium trihydraté : 0,12 mg
  • Saccharose : 43,5 mg
  • Eau pour préparation injectables

Teneur totale en lipides : 1,93 mg

Le vaccin Spikevax ne contient pas de conservateur.

Les bouchons des flacons ne sont pas fabriqués avec du latex de caoutchouc naturel.

Indications

Mise à jour RCP du 7 mars 2022 : l'âge minimum passe de 12 à 6 ans.

Spikevax est indiqué pour l’immunisation active afin de prévenir la covid 19 causée par le SARS-CoV-2 chez les personnes âgées de 6 ans et plus.

L'utilisation de ce vaccin doit être conforme aux recommandations officielles.

Recueil du consentement : information du ministère de la santé. Le recueil du consentement se fait dans le cadre du droit et des règles habituelles, connues et pratiquées par les médecins : délivrance d’une information loyale, claire et appropriée, respect du consentement libre et éclairé de la personne. Pour plus d'information, voir cette fiche sur le recueil du consentement.

Posologie

1. Primo-vaccination

1.1. Personnes âgées de 12 ans et plus

Spikevax est administré selon un schéma de vaccination en 2 (deux) doses de 100 microgrammes (0,5 mL chacune).

1.2. Enfants de 6 à 11 ans

Spikevax est administré selon un schéma de vaccination en 2 (deux) doses de 50 microgrammes (0,25 mL chacune, contenant 50 microgrammes d’ARNm, soit la moitié de la dose administrée pour la primo-vaccination des personnes de 12 ans et plus).

Il est recommandé d'administrer la seconde dose 28 jours après la première (voir rubriques "Mises en garde et précautions d'emploi" et "Pharmacodynamie").

Précision du ministère de la santé : seconde dose entre 4 et 7 semaines (28 - 49 jours) après la première dose.

1.3. Personnes sévèrement immunodéprimées âgées de 6 ans et plus

Une troisième dose peut être administrée au moins 28 jours après la deuxième dose chez les personnes âgées de 12 ans et plus (0,5 mL, 100 microgrammes) et chez les enfants de 6 à 11 ans (0,25 mL, 50 microgrammes) qui sont sévèrement immunodéprimés (voir rubrique "Mises en garde et précautions d'emploi").

Pour les personnes gravement immunodéprimées, la décision de pratiquer une dose supplémentaire de primovaccination ou une dose de rappel peut s'appuyer sur le résultat du dosage des anticorps anti-spike (arrêté du 4 octobre 2021).

2. Doses de rappel : personnes âgées de 18 ans et plus

Une dose de rappel de Spikevax (0,25 mL, contenant 50 microgrammes d’ARNm, soit une demi-dose par rapport aux doses administrées lors de la primo-vaccination) doit être administrée chez les adultes par voie intramusculaire au moins 3 mois après la primo-vaccination.

Spikevax peut être utilisé pour la dose de rappel chez les adultes dont la primo-vaccination a été réalisée avec Spikevax ou avec un autre vaccin à ARNm ou un vaccin à vecteur adénoviral.

3. Population pédiatrique

La sécurité et l’efficacité de Spikevax chez les enfants âgés de moins de 6 ans n’ont pas encore été établies. Aucune donnée n’est disponible.

5. Population gériatrique

Aucun ajustement de la posologie n'est nécessaire chez les personnes âgées ≥ 65 ans.

Mode d'administration

Le vaccin doit être administré par voie intramusculaire, de préférence dans le muscle deltoïde (partie supérieure du bras).

Ne pas administrer ce vaccin par voie intravasculaire, sous-cutanée ou intradermique.

Le vaccin ne doit pas être mélangé dans la même seringue avec d'autres vaccins ou médicaments.

Pour les précautions à prendre avant d'administrer le vaccin, voir la rubrique "Mises en garde et précautions d'emploi".

Pour les instructions concernant la décongélation, la manipulation et l'élimination du vaccin, voir la rubrique "Manipulation".

Précisions de la Haute Autorité de santé (HAS).

La HAS souligne que la vaccination par voie intramusculaire (IM) est possible chez les patients sous anticoagulants avec un INR* dans la cible thérapeutique, à condition de respecter certaines précautions :

  • recourir à une aiguille de petit calibre ;
  • exercer une pression ferme au point d’injection sans masser ni frotter pendant au moins 2 minutes ;
  • informer du risque d’hématome.

Pour les personnes présentant un trouble de l’hémostase, la vaccination par voie IM pourra être réalisée dans les mêmes conditions si, de l’avis du médecin référent, l’intérêt de la vaccination l’emporte sur le risque.

Il ne faut pas pratiquer d’injection par voie sous-cutanée chez les patients sous anticoagulants et chez les patients présentant un trouble de l’hémostase, car cette voie pourrait exacerber la réactogénicité locale et l’immunogénicité induite n’a pas été évaluée pour cette voie d'administration.

* L'INR (International Normalized Ratio) est une valeur obtenue à partir de dosages biologiques et qui indique que l'effet anticoagulant obtenu correspond bien à celui qui est souhaité).

Contre-indications

Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés rubrique "Composition".

Plus de précisions dans la rubrique "Mises en garde et précautions d'emploi".

Selon le Décret n° 2021-1059 du 7 août 2021, modifié par le Décret n° 2021-1413 du 29 octobre 2021, les cas de contre-indication médicale faisant obstacle à la vaccination contre la covid 19 sont les suivants.

1° Contre-indications inscrites dans le résumé des caractéristiques du produit

  • Antécédent d’allergie documentée (avis allergologue) à un des composants du vaccin en particulier polyéthylène-glycols et par risque d’allergie croisée aux polysorbates.
  • Réaction anaphylaxique au moins de grade 2 (atteinte au moins de 2 organes) à une première injection d’un vaccin contre la covid posée après expertise allergologique.
  • Personnes ayant déjà présenté des épisodes de syndrome de fuite capillaire (contre-indication commune au vaccin Vaxzevria et au vaccin Janssen).
  • Personnes qui ont présenté un syndrome thrombotique et thrombocytopénique (STT) suite à la vaccination par Vaxzevria.

2° Recommandation médicale de ne pas initier une vaccination (première dose)

3° Une recommandation établie après concertation médicale pluridisciplinaire de ne pas effectuer la seconde dose de vaccin suite à la survenue d'un effet indésirable d'intensité sévère ou grave attribué à la première dose de vaccin signalé au système de pharmacovigilance (par exemple : la survenue de myocardite, de syndrome de Guillain-Barré…).

4° Une recommandation établie par un Centre de Référence Maladies Rares (CRMR) ou un Centre de Compétence Maladies Rares (CCMR) après concertation médicale pluridisciplinaire (avis collégial) de ne pas initier la vaccination contre la covid 19.

5° Situations de contre-indication temporaire à la vaccination contre la covid 19

  • Traitement par anticorps monoclonaux anti-SARS-CoV-2.
  • Myocardites ou péricardites d’étiologie non liée à une infection par SARS-CoV-2, survenues antérieurement à la vaccination et toujours évolutives.

La procédure à suivre en cas de contre-indication à la vaccination contre la covid 19 est indiquée sur le site de l'assurance maladie. Le certificat de contre-indication (cerfa n° 16183*02) peut être délivré par tout médecin, généraliste ou spécialiste, inscrit à l'Ordre. Il permet de déroger à l'obligation vaccinale professionnelle.

Mises en garde et précautions d'emploi

1. Traçabilité

Afin d'améliorer la traçabilité des médicaments biologiques, le nom et le numéro de lot du produit administré doivent être clairement consignés.

2. Recommandations générales

2.1. Hypersensibilité et anaphylaxie

Des cas d’anaphylaxie ont été rapportés chez les sujets ayant reçu Spikevax. Il convient de toujours disposer d’un traitement médical approprié et de surveiller le sujet vacciné au cas où une réaction anaphylactique surviendrait suite à l’administration du vaccin.

Une surveillance étroite d’au moins 15 minutes est recommandée après la vaccination. La seconde dose du vaccin ne doit pas être administrée aux sujets ayant présenté une réaction anaphylactique après la première dose de Spikevax.

Recommandations de la Haute Autorité de santé, de la Société de pathologie infectieuse de langue française et de la Fédération française d'allergologie

La vaccination est contre-indiquée aux personnes ayant des antécédents d’hypersensibilité à l’un des composants du vaccin, en particulier au polyéthylène glycol (PEG), ou qui ont un antécédent d’allergie au polysorbate ou à la trométhamine (TRIS, trométamol) car il existe un risque d’allergie croisée avec le PEG contenu dans le vaccin. Le PEG est le constituant du macrogol et est présent dans différents médicaments parentéraux. On peut également le trouver dans l'enrobage de nombreux traitements (antibiotiques et AINS en particulier) ; dans la situation d’une réaction à ces traitements, l'allergène est exceptionnellement le PEG.

Au vu des données rassurantes depuis le lancement de la campagne à l’échelle mondiale, la Fédération française d'allergologie a recommandé que les antécédents d’allergie ou d’anaphylaxie ne constituent pas une contre-indication systématique à cette vaccination. La conduite à tenir devrait tenir compte de la description de l’allergie, de la substance en cause ou potentiellement en cause et des conclusions d’un éventuel bilan allergologique :

  • anaphylaxie prouvée au PEG, au polysorbate ou à la trométhamine : pas de vaccination par un vaccin à ARNm (utiliser le vaccin d'AstraZeneca si possible) ;
  • antécédent d’anaphylaxie à un traitement contenant du PEG, du polysorbate ou de la trométhamine, et bilan allergologique d’imputabilité non fait : vaccination différée en attendant le bilan allergologique, sauf vaccination particulièrement nécessaire ;
  • antécédent de réaction immédiate sans signe de gravité à un médicament ou une autre substance dont l’enrobage contient du polysorbate (par exemple urticaire isolée ou œdème du visage sans œdème laryngé après une prise de Ciflox®) : vaccination puis surveillance prolongée (30 minutes) ;
  • antécédent de réaction d’allure allergique tardive (survenant au-delà de deux heures) au PEG, au polysorbate, à la trométhamine ou à une autre substance : vaccination et surveillance « standard » (15 minutes) ;
  • antécédent d’anaphylaxie à un médicament connu avec identification de l'allergène (différent du PEG ou du polysorbate) après bilan allergologique : vaccination puis surveillance prolongée (30 minutes).

En pratique, l'administration d’un vaccin à ARNm doit avoir lieu dans une structure capable de prendre en charge une réaction d’hypersensibilité immédiate grave. Toutes les personnes vaccinées doivent être observées pendant 15 minutes (ou plus selon les antécédents). En cas de réaction allergique grave ou immédiate après la 1ère dose du vaccin, la deuxième est contre-indiquée.

En pratique, l'administration d’un vaccin à ARNm doit avoir lieu dans une structure capable de prendre en charge une réaction d’hypersensibilité immédiate grave. Toutes les personnes vaccinées doivent être observées pendant 15 minutes (ou plus selon les antécédents). En cas de réaction allergique grave ou immédiate après la première dose du vaccin, la seconde est contre-indiquée.

Voir également les rubriques "Composition", "Contre-indications" et "Effets indésirables".

2.2. Myocardite et péricardite

Il existe un risque accru de myocardite et de péricardite après vaccination par Spikevax.

Ces pathologies peuvent se développer en l’espace de quelques jours seulement après la vaccination, et sont survenus principalement dans les 14 jours. Elles ont été observées plus souvent après la seconde vaccination, et plus souvent chez des hommes plus jeunes (voir rubrique 4.8).

Les données disponibles suggèrent que l’évolution des cas de myocardite et de péricardite après vaccination n’est pas différente de l’évolution des myocardites ou péricardites en général.

Les professionnels de santé doivent être attentifs aux signes et symptômes de la myocardite et de la péricardite. Les personnes vaccinées doivent être informées qu'elles doivent consulter immédiatement un médecin si elles développent des symptômes indiquant une myocardite ou une péricardite tels qu'une douleur thoracique (aiguë et persistante), un essoufflement ou des palpitations après la vaccination.

Les professionnels de la santé doivent s'aider de spécialistes pour diagnostiquer et traiter cette affection.

Le risque de myocardite après une troisième dose (0,5 mL, 100 microgrammes) ou une dose de rappel (0,25 mL, 50 microgrammes) de Spikevax n’a pas encore été caractérisé.

2.3. Réactions liées à l'anxiété

Des réactions liées à l’anxiété, notamment un malaise vasovagal (syncope), une hyperventilation ou des réactions liées au stress peuvent survenir suite à la vaccination, reflétant une réaction psychogène à l’injection via l’aiguille. Il est important que des précautions soient prises en vue d’éviter toute blessure en cas d’évanouissement.

2.4. Maladies concomitantes

La vaccination doit être reportée chez les personnes souffrant d'une maladie fébrile aiguë grave ou l'infection. La présence d'une infection mineure ou d'une fièvre modérée ne doit pas retarder la vaccination.

2.5. Thrombocytopénie et troubles de la coagulation

Comme pour les autres injections intramusculaires, le vaccin doit être administré avec prudence aux personnes qui suivent un traitement anticoagulant ou qui souffrent de thrombocytopénie ou d'un trouble de la coagulation (tel qu'une hémophilie), car des saignements ou des ecchymoses peuvent survenir à la suite d'une administration intramusculaire dans ces personnes. Voir la rubrique "Mode d'administration" pour des précisions.

2.6. Poussées de syndrome de fuite capillaire (ajouté le 02/05/2022)

Quelques cas de poussées de syndrome de fuite capillaire (SFC) ont été rapportés dans les premiers jours suivant la vaccination par Spikevax. Les professionnels de santé doivent être conscients des signes et symptômes du SFC pour reconnaître et traiter rapidement la maladie. Chez les personnes ayant des antécédents médicaux de SFC, la planification de la vaccination doit être réalisée en collaboration avec des experts médicaux appropriés.

2.7. Personnes immunodéprimées

L'efficacité, la sécurité et l'immunogénicité du vaccin n'ont pas été évaluées chez les personnes immunodéprimées, y compris celles qui reçoivent un traitement immunosuppresseur. Le vaccin pourrait être moins efficace chez les personnes immunodéprimées.

La recommandation consistant à envisager une troisième dose (0,5 ml chez les personnes de 12 ans et plus ; 0,25 ml chez les enfants de 6 à 11 ans) chez les personnes sévèrement immunodéprimées (voir rubrique "Posologie") est basée sur des preuves sérologiques limitées chez des patients immunodéprimés après une transplantation d’organe solide. 

2.8. Durée de la protection

La durée de la protection offerte par le vaccin est inconnue, car elle est encore en cours d'évaluation dans les essais cliniques.

2.9. Limites de l'efficacité des vaccins

Un délai de 14 jours après la seconde dose du vaccin peut être nécessaire avant que les personnes vaccinées soient protégées de façon optimale. Comme avec tout vaccin, il est possible que les personnes vaccinées avec Spikevax ne soient pas toutes protégées.

2.10. Excipients à effet notoire

Sodium

Ce vaccin contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par dose de 0,5 mL, c.-à-d. qu’il est essentiellement « sans sodium ».

Interactions

Aucune étude d'interaction n'a été réalisée.

L'administration concomitante du vaccin Spikevax avec d'autres vaccins n'a pas été étudiée.

Haute Autorité de santé : il n'est plus nécessaire de respecter un intervalle de 15 jours avant ou après l'administration d'un vaccin anti-covid pour administrer un autre vaccin.

Grossesse

Un grand nombre de données observationnelles chez les femmes enceintes vaccinées par Spikevax au cours du deuxième et du troisième trimestre de grossesse n’a pas mis en évidence de conséquences néfastes pour la grossesse. Bien que les données sur l’issue des grossesses après une vaccination au cours du premier trimestre de grossesse soient limitées, aucune augmentation du risque de fausse- couche n’a été observée. Les études effectuées chez l’animal n’ont pas mis en évidence d’effets délétères directs ou indirects sur la gestation, le développement embryo-fœtal, la mise-bas ou le développement post-natal (voir rubrique "Autres informations / Données de sécurité préclinique"). Spikevax peut être utilisé pendant la grossesse.

Fertilité

Les études effectuées chez l’animal n’ont pas mis en évidence d’effets délétères directs ou indirects sur la reproduction (voir rubrique "Autres informations" / "Données de sécurité préclinique").

Information de la Direction générale de la santé du 30 juillet 2021

Un message DGS-Urgent du 3 avril 2021 avait élargi la vaccination par un vaccin à ARNm aux femmes enceintes à partir du second trimestre de grossesse. L'argumentaire supportant cette recommandation était développé dans l'avis du 6 avril 2021 du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale. Un message DGS-Urgent du 30 juillet 2021 informe de la possibilité de vacciner les femmes enceintes dès le premier trimestre de grossesse :

Il est possible de vacciner les femmes enceintes dès le premier trimestre de grossesse. Cette précision fait suite à l’avis du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale du 21 juillet 2021 et à l’avis de l’ANSM du 22 juillet 2021, qui soulignent qu’il n’y a pas de contre-indication à vacciner les femmes enceintes au cours du premier trimestre de la grossesse. Toutefois, la vaccination ne peut être requise dans le cas de l’obligation faite aux professionnelles avant le début du deuxième trimestre. Il est recommandé d’utiliser les vaccins à ARN messager pour la vaccination des femmes enceintes.

Allaitement

Aucun effet sur le nouveau-né/nourrisson allaité n’est attendu dans la mesure où l’exposition systémique à Spikevax chez la femme allaitante est négligeable. Les données observationnelles chez les femmes ayant allaité après la vaccination n’ont pas mis en évidence d’effets indésirables chez les nouveau-nés/nourrissons allaités. Spikevax peut être utilisé pendant l’allaitement.

Précision de la Haute Autorité de santé

Dans un avis du 1er mars 2021, la Haute Autorité de santé estime que, sur la base des mécanismes biologiques (dégradation rapide des ARNm), il n’y a pas d’effet attendu chez le nourrisson et l’enfant allaité par une femme vaccinée. La vaccination chez la femme allaitante est donc possible.

Effets indésirables

1. Résumé du profil de sécurité.

Participants âgés de 18 ans et plus

La sécurité de Spikevax a été évaluée au cours d’un essai clinique de phase 3, randomisé, contrôlé contre placebo, en aveugle de l’observateur, en cours, mené aux États-Unis et impliquant 30 351 participants âgés de 18 ans et plus, ayant reçu au moins une dose de Spikevax (n = 15 185) ou du placebo (n = 15 166) (NCT04470427). Au moment de la vaccination, l’âge moyen de la population était de 52 ans (extrêmes : 18 à 95) ; 22 831 (75,2 %) des participants avaient entre 18 et 64 ans et 7 520 (24,8 %) des participants avaient 65 ans et plus.

Les effets indésirables les plus fréquemment signalés sont une douleur au point d'injection (92 %), une fatigue (70 %), des maux de tête (64,7 %), des myalgies (61,5 %), des arthralgies (46,4 %), des frissons (45,4 %), des nausées ou vomissements (23 %), un gonflement ou une sensibilité axillaire (19,8 %), une fièvre (15,5 %), un gonflement au point d'injection (14,7 %) et une rougeur (10 %). Les effets indésirables étaient généralement d'intensité légère ou modérée et se sont résorbés quelques jours après la vaccination. Une fréquence légèrement plus faible des événements de réactogénicité a été associée à un âge plus avancé.

Globalement, une incidence plus élevée de certains effets indésirables a été observée dans les groupes d’âge plus jeunes : l’incidence d’œdème/sensibilité axillaire, de fatigue, de céphalées, de myalgie, d’arthralgie, de frissons, de nausées/vomissements, et de fièvre était plus élevée chez les adultes âgés de 18 à < 65 ans par rapport à ceux âgés de 65 ans et plus. Les réactions indésirables locales et systémiques ont été plus fréquemment rapportées après la dose 2 qu’après la dose 1.

Adolescents âgés de 12 à 17 ans

Les données relatives à la sécurité de Spikevax chez les adolescents ont été recueillies dans le cadre d'une étude clinique de phase 2/3 en cours, randomisée, contrôlée par placebo et en aveugle, menée aux Etats-Unis et impliquant 3 762 participants âgés de 12 à 17 ans qui ont reçu au moins une dose de Spikevax (n=2 486) ou un placebo (n=1 240) (NCT04649151). Les caractéristiques démographiques étaient similaires chez les participants ayant reçu Spikevax et ceux ayant reçu le placebo.

Les effets indésirables les plus fréquents chez les adolescents âgés de 12 à 17 ans étaient les suivants : douleur au point d'injection (97 %), céphalées (78 %), fatigue (75 %), myalgie (54 %), frissons (49 %), gonflement/sensibilité axillaire (35 %), arthralgie (35 %), nausées/vomissements (29 %), gonflement au point d'injection (28 %), érythème au point d'injection (26 %) et fièvre (14 %).

Enfants de 6 à 11 ans

Les données de sécurité de Spikevax chez les enfants ont été collectées au cours d’une étude clinique de phase 2/3 en deux parties, randomisée, avec observateur en aveugle, en cours, menée aux États- Unis et au Canada (NCT04796896). La partie 1, phase en ouvert de l’étude visant à évaluer la sécurité, la dose à sélectionner et l’immunogénicité, comprenait 380 participants âgés de 6 à 11 ans ayant reçu au moins 1 dose (0,25 mL) de Spikevax. La partie 2, phase contrôlée contre placebo visant à évaluer la sécurité, comprenait 4 016 participants âgés de 6 à 11 ans ayant reçu au moins une dose (0,25 mL) de Spikevax (n = 3 012) ou de placebo (n = 1 004). Aucun des participants de la partie 1 n’a participé à la partie 2. Les caractéristiques démographiques étaient similaires entre les participants ayant reçu Spikevax et ceux ayant reçu le placebo.

Les effets indésirables les plus fréquents chez les participants âgés de 6 à 11 ans après la primo- vaccination étaient la douleur au site d’injection (98,4 %), la fatigue (73,1 %), les céphalées (62,1 %), la myalgie (35,3 %), les frissons (34,6 %), les nausées/vomissements (29,3 %), l’œdème/la sensibilité axillaire (27,0 %), la fièvre (25,7 %), l’érythème au site d’injection (24,0 %), le gonflement au site d’injection (22,3 %) et l’arthralgie (21,3 %).

2. Liste récapitulative des effets indésirables observés dans les études cliniques et dans le cadre de la surveillance après l’autorisation chez les personnes âgées de 6 ans et plus.

Le profil de sécurité présenté ci-dessous est fondé sur les données générées dans une étude clinique contrôlée par placebo, menée auprès de 30 351 adultes âgés de ≥ 18 ans, une autre étude clinique contrôlée par placebo, menée auprès de 3 726 participants âgés de 12 à 17 ans, une autre étude clinique menée auprès de 4 002 participants âgés de 6 à 11 ans, et l’expérience post-commercialisation.

Les effets indésirables observés au cours des études cliniques, énumérés ci-dessous, sont classées selon les catégories de fréquence suivantes : 

  • très fréquent (≥ 1/10) ;
  • fréquent (≥ 1/100 à < 1/10) ;
  • peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100) ;
  • rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000) ;
  • très rare (< 1/10 000) ;
  • fréquence indéterminée (la fréquence ne peut être estimée à partir des données disponibles).

Affections hématologiques et du système lymphatique

  • Très fréquent : lymphadénopathie 1.

Affections du système immunitaire

  • Indéterminée : anaphylaxie, hypersensibilité.

Affections du système nerveux

  • Très fréquent : céphalées.
  • Peu fréquent : vertiges.
  • Rare : paralysie faciale périphérique aiguë 2, hypoesthésie.

Affections cardiaques

  • Très rare : myocardite et péricardite.

Affections gastro-intestinales

  • Très fréquent : nausées, vomissements.
  • Fréquent : diarrhées.
  • Peu fréquent : douleur abdominale 3(RCP du 07/03/2022 : ajout de cet effet indésirable).

Affections de la peau et des tissus sous-cutanés

  • Fréquent : éruption cutanée.
  • Indéterminée : érythème polymorphe.

Affections musculo-squelettiques et systémiques

  • Très fréquent : arthralgies, myalgies.

Troubles généraux et anomalies au site d'administration

  • Très fréquent : douleur au site d'injection, fatigue, frissons, fièvre, gonflement au site d'injection, érythème au site d’injection.
  • Fréquent : urticaire ou éruption au site d'injection, rash au site d’injection, réaction retardée au site d’injection 4.
  • Peu fréquent : prurit au site d'injection.
  • Rare : gonflement du visage 5.

1 : la lymphadénopathie a été enregistrée en tant que lymphadénopathie axillaire du même côté que le site d’injection. D’autres ganglions lymphatiques (par exemple, cervicaux, supraclaviculaires) ont été affectés dans certains cas ;
2 : tout au long de la période suivi de la sécurité, une paralysie faciale périphérique aiguë (paralysie faciale de Bell) a été signalée par trois participants du groupe recevant Spikevax et par un participant recevant le placebo. La survenue chez les participants du groupe recevant le vaccin était de 22 jours, 28 jours et 32 jours après la seconde dose ;
3 : des douleurs abdominales ont été observées dans la population pédiatrique (5 à 11 ans) : 0,2 % dans le groupe Spikevax et 0 % dans le groupe placebo ;
4 : le délai médian de survenue était de 9 jours après la première injection et de 11 jours après la deuxième injection. La durée médiane était de 4 jours après la première injection, et de 4 jours après la deuxième injection ;
5 : deux événements indésirables graves de gonflement du visage ont été observés chez des personnes vaccinées présentant des antécédents d’injection d’agents de comblement cosmétiques. La survenue du gonflement a été signalée 1 et 2 jours après la vaccination, respectivement.

Le profil de tolérance et de sécurité observé chez les 343 personnes ayant reçu le vaccin Spikevax, qui étaient séropositives pour le SARS-CoV-2 au début de l'étude, était comparable à celui des personnes séronégatives pour le SARS-CoV-2 au début de l'étude.

Participants de 18 ans et plus (dose de rappel)

La sécurité, la réactogénicité et l’immunogénicité d’une dose de rappel de Spikevax sont en cours d’évaluation dans une étude de phase 2, randomisée, avec observateur en aveugle, contrôlée contre placebo, de confirmation de dose, menée avec des participants de 18 ans et plus (NCT04405076). Dans cette étude, 198 participants ont reçu deux doses (0,5 mL, 100 microgrammes à 1 mois d’intervalle) du schéma de primo-vaccination Spikevax. Dans une phase en ouvert de cette étude, 167 de ces participants ont reçu une dose de rappel unique (0,25 mL, 50 microgrammes) au moins 6 mois après avoir reçu la deuxième dose de la primo-vaccination. Les effets indésirables apparus pour la dose de rappel (0,25 mL, 50 microgrammes) sont similaires à ceux observés après la deuxième dose de la primo-vaccination.

Description de certains effets indésirables

Myocardite

Le risque accru de myocardite après vaccination par Spikevax est plus élevé chez les hommes plus jeunes (voir rubrique "Mises en garde et précautions d'emploi").

L’excès de risque chez les hommes plus jeunes après la seconde dose de Spikevax a été évalué dans le cadre de deux grandes études pharmaco-épidémiologiques européennes. Une étude a montré qu’au cours d’une période de 7 jours suivant la seconde dose, on comptait environ 1,316 (IC à 95 %: 1,299 – 1,333) cas supplémentaire de myocardite chez les hommes âgés de 12 à 29 ans pour 10 000 personnes vaccinées par rapport à des personnes non exposées. Dans une autre étude, sur une période de 28 jours suivant la seconde dose, on comptait 1,88 cas supplémentaire de myocardite (IC à 95 % 0,956 – 2,804) chez les hommes âgés de 16 à 24 ans pour 10 000 personnes vaccinées par rapport à des personnes non exposées.

3. Effets sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines

Spikevax n’a aucun effet ou un effet négligeable sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Toutefois, certains des effets mentionnés à la rubrique "Effets indésirables" peuvent temporairement affecter l’aptitude à conduire des véhicules ou à utiliser des machines.

4. Surdosage

Aucun cas de surdosage n'a été signalé. En cas de surdosage, il est recommandé de surveiller les fonctions vitales et d'appliquer un éventuel traitement symptomatique.

5. Déclaration des effets indésirables suspectés

Il est important de signaler les effets indésirables suspectés après l'autorisation du médicament. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. 

Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration (Annexe V du résumé des caractéristiques du produit), en précisant le numéro de lot, s’il est disponible.

Les professionnels de santé et les usagers devront signaler les éventuels évènements indésirables graves sur le portail national à l'aide de deux outils :

  1. le téléservice VACCIN COVID ;
  2. le portail des signalements du Gouvernement.

La traçabilité sera un élément essentiel de cette campagne de vaccination anti-covid 19.

MesVaccins contribue au signalement avec un outil de pharmacovigilance renforcée permettant de collecter de manière proactive et exhaustive des informations sur la survenue ou la non survenue d'un événement indésirable post-vaccinal.

Résultats de la surveillance en France au 31 mai 2022

Les résultats de la surveillance des effets indésirables post-vaccinaux sont accessibles ici.

Les Centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) rapporteurs (Lille et Besançon) ont analysé les cas d’effets indésirables à partir des données de pharmacovigilance françaises validées par l’ANSM du 19 janvier 2021 au 19 mai 2022.

1. Nouveaux signaux sur la période à surveiller

  • Aucun nouveau signal potentiel sur la période.

2. Nouveaux événements sur la période à surveiller

  • Aucun nouvel événement à surveiller sur la période.

3. Signaux potentiels ou événements déjà sous surveillance

  • Troubles du rythme
  • Zona
  • Réactogénicité plus sévère après la 2e dose
  • Déséquilibre/récidive de pathologies chroniques
  • Ictus amnésique (amnésie transitoire)
  • Troubles auditifs (surdité, hypoacousie)
  • Pertes de connaissances, plus ou moins associées à des chutes
  • Polyarthrite Rhumatoïde
  • Néphropathies glomérulaires
  • Saignements cutanéo-muqueux
  • Troubles menstruels
  • Syndrome de Parsonage-Turner
  • Hépatites auto-immunes
  • Accouphènes
  • Thrombose veineuse cérérale
  • Vascularites systémiques à ANCA
  • Troubles musculo squelettiques
  • Thyroïdites
  • Anémie hémolytique auto-immune (AHAI)
  • Hémophilie acquise
  • Vascularite
  • Uvéite

Les données recueillies sur cette période n’apportent pas d’éléments nouveaux sur ces effets.

Concernant les cas de décès déclarés, les données actuelles ne permettent pas de conclure qu’ils sont liés au vaccin. Ces événements continueront de faire l’objet d’une surveillance spécifique.

Troubles menstruels : les troubles menstruels déclarés après la vaccination par un vaccin à ARNm font l’objet d’une surveillance attentive. Les cas rapportés se manifestent principalement de deux manières : par des saignements anormaux (les métrorragies, ménorragies) et par des retards de règles et aménorrhées. Ces effets sont survenus aussi bien après la première injection, qu’après la deuxième injection. Une analyse spécifIque sur les femmes avec antécedents d’endométriose n’a pas retrouvé de caratéristiques particulières à cette population. Il s’agit majoritairement d’évènements de courte durée et spontanément résolutifs. A ce jour, les données disponibles ne permettent pas de déterminer le lien direct entre le vaccin et la survenue de ces troubles du cycle menstruel. Ces évènements restent sous surveillance.

Conduite à tenir pour les femmes concernées :

Les troubles du cycle (aussi appelés anomalies du cycle) sont des irrégularités du cycle menstruel. Ils peuvent affecter à la fois la fréquence et l'intensité des saignements : les règles peuvent être irrégulières, douloureuses (dysménorrhée), trop abondantes ou trop prolongées (ménorragie) ou absentes (aménorrhée). Il est également possible que des saignements surviennent entre deux cycles (métrorragie).

Si ces troubles menstruels persistent sur plusieurs cycles ou si elles en ressentent le besoin, nous les invitons à consulter leur médecin.

Conduite à tenir pour les professionnels de santé :

Devant tout symptôme de troubles menstruels :

  • Si la patiente prend un traitement hormonal : vérifier qu’il n’y a pas eu de mauvaise observance ou des vomissements qui pourraient être à l’origine d’une interruption de la prise du traitement ;
  • Si la patiente ne prend pas de traitement hormonal ou s’il n’y pas eu d’interruption de traitement :
    - vérifier qu’il ne s’agit pas d’une symptomatologie aigue ;
    - vérifier l’absence de grossesse (retard de règles, saignements itératifs) ;
    - garder en tête la possibilité que la patiente développe une maladie gynécologique (syndrome des ovaires polykystiques, hyperprolactinémie...) de manière concomitante à la vaccination. Si les symptômes persistent dans le mois suivant, il est nécessaire de lancer des investigations pour envisager une telle pathologie sous-jacente.

4. Signaux confirmés

  • Réactions retardées (réactions locales douloureuses, érythémateuses, prurigineuses au site d’injection).
  • Troubles vasculaires de type d’hypertension artérielle.

Ces événements continuent de faire l’objet d’une surveillance spécifique et seront partagés au niveau européen.

Devant tout symptôme évocateur d’une hypertension artérielle (malaise, céphalées, vertiges...), un contrôle de la pression artérielle devra être envisagé pour une prise en charge médicale la plus précoce possible, si elle s’avère nécessaire.

  • Myocardite/Péricardite : au niveau européen, des cas de myocardite et de péricardite ont très rarement été signalés après la vaccination avec Spikevax. Les cas sont principalement survenus dans les 14 jours suivant la vaccination, plus souvent après la deuxième dose et chez des hommes jeunes. Les données disponibles suggèrent que l’évolution de la myocardite ou de la péricardite après la vaccination est identique à l’évolution de la myocardite ou de la péricardite en général.

Des analyses complémentaires menées par les CRPV ont mis en évidence un taux de notification des cas de myocardite chez les hommes de 18 à 29 ans plus important après un schéma complet avec le vaccin Spikevax qu’avec Comirnaty. Ce signal a conduit EPI-PHARE à réaliser une étude de pharmaco-épidémiologie pour caractériser le risque de myocardite et de péricardite avec les vaccins ARNm chez les sujets âgés de 12 à 50 ans en France. Cette étude a confirmé le signal observé par la pharmacovigilance.

Ces données ont été partagées au niveau européen. Sur la base de ces données et également d’une étude pharmaco-épidémiologique se basant sur des registres de données des pays nordiques, le PRAC a déterminé que le risque de myocardite et de péricardite est dans l’ensemble « très rare », c’est-à-dire inférieur à 1 pour 10 000 vaccinés. De plus, les données mettent en évidence un risque de myocardite après vaccination plus important chez les hommes jeunes, en particulier avec le vaccin Spikevax. Le résumé des caractéristiques du produit et la notice des vaccins Spikevax et Comirnaty ont été modifiés pour refléter ces informations.

L’ANSM recommande à toute personne présentant des symptômes tels qu’un essoufflement (dyspnée), des douleurs dans la poitrine, des palpitations (battements cardiaques forts,) ou un rythme cardiaque irrégulier de consulter rapidement un médecin.

  • Erythème polymorphe : l’EMA a conclu à l’existence d’un lien entre le vaccin Spikevax et le risque d’érythème polymorphe. La mention de cet effet indésirable figure désormais dans le RCP et la notice de ce vaccin.

Les érythèmes polymorphes se caractérisent par une réaction cutanée provoquant des taches ou des plaques rouges sur la peau, qui peuvent ressembler à une cible ou à une «cocarde» avec un centre rouge foncé entouré d’anneaux rouges plus pâles

L’ANSM recommande à toute personne présentant des symptômes d’érythème polymorphe de consulter rapidement un médecin.

5. Suivi spécifique des effets indésirables rapportés après une troisième dose ou dose de rappel

Depuis le 27 novembre 2021, le rappel vaccinal est ouvert à tous les adultes. Le rappel vaccinal doit se faire avec un vaccin à ARNm : vaccin Comirnaty ou Spikevax pour les personnes de 30 ans et plus, vaccin Comirnaty pour les personnes de moins de 30 ans.

Au 19 mai 2022, plus de 11,9 millions de doses de rappel ont été administrés depuis le début des rappels vacinaux. Aucun signal spécifique n’a été identifié chez les personnes ayant eu une dose de rappel. Le profil des effets indésirables rapportés est similaire à celui des effets indésirables rapportés lors de la primo-vaccination.

6. Suivi spécifique des effets indésirables rapportés chez les femmes enceintes et allaitantes

Données de pharmacovigilance françaises validées par l’ANSM du 27 décembre 2020 au 19 mai 2022 et transmises aux deux CRPV rapporteurs (Lyon et Toulouse).

Les fausses couches spontanées représentent la majorité des cas d’effets indésirables enregistrés dans la base nationale de pharmacovigilance. Les données actuelles ne permettent pas de conclure que ces événements sont liés au vaccin, d’autant que des facteurs de risques étaient associés dans plusieurs cas et qu’il s’agit d’un évènement relativement fréquent en population générale (de 12 à 20% des grossesses selon les études). Par ailleurs, 3 études récentes (Zauche & al, Kharbanda & al et Magnus & al ) n’ont pas retrouvé de lien entre les fausses couches spontanées et les vaccins à ARNm contre la covid 19. Ainsi, le lien avec le vaccin ne peut pas être établi.

7.1. Nouveaux événements sur la période à surveiller

  • Aucun nouveau signal identifié sur la période.

7.2. Evènements déjà sous surveillance

  • Morts in utero
  • Métrorragies
  • Contractions utérines

Les données recueillies sur cette période de suivi n’apportent pas d’élément nouveau sur ces effets.

Aucun signal n’a été identifié chez les femmes enceintes ou allaitantes.

Pharmacodynamie

Groupe pharmacothérapeutique : Vaccin, autres vaccins viraux.

Code ATC : J07BX03.

1. Mécanisme d'action

Spikevax (élasoméran) contient un ARNm encapsulé dans des nanoparticules lipidiques. L’ARNm code la protéine Spike de pleine longueur du SARS-CoV-2, modifiée par 2 substitutions de proline dans le domaine de répétition d’heptades 1 (S-2P) pour stabiliser la protéine Spike dans sa conformation de préfusion. Après injection par voie intramusculaire, les cellules au site d’injection et les ganglions lymphatiques drainants intègrent les nanoparticules lipidiques et délivrent efficacement la séquence d’ARNm dans les cellules pour la traduction en protéine virale. L’ARNm produit n’entre pas dans le noyau cellulaire ou n’interagit pas avec le génome, il est non réplicatif, et est exprimé de façon transitoire principalement par les cellules dendritiques et les macrophages du sinus sous- capsulaire. La protéine Spike de la membrane du Sars-CoV-2 exprimée est alors reconnue par les cellules immunitaires comme un antigène étranger. Cela induit une réponse immunitaire en lymphocytes T et en lymphocytes B pour générer des anticorps neutralisants pouvant contribuer à la protection contre la covid 19.

2. Efficacité clinique chez les adultes

L'étude clinique de phase 3 randomisée, contrôlée contre placebo et en aveugle (NCT04470427) a exclu les personnes immunodéprimées ou ayant reçu un traitement immunosuppresseur dans les 6 mois précédents, ainsi que les participantes enceintes ou ayant des antécédents connus d'infection par le SARS-CoV-2. Les participants dont l'infection par le VIH était stable n'ont pas été exclus. Les vaccins antigrippaux pouvaient être administrés 14 jours avant ou 14 jours après toute dose de Spikevax. Les participants devaient également respecter un intervalle minimum de 3 mois après avoir reçu des produits sanguins ou plasmatiques ou des immunoglobulines avant l'étude afin de recevoir soit un placebo soit le vaccin.

Au total, 30 351 sujets ont été suivis pendant une période médiane de 92 jours (extrêmes : 1 à 122 jours) pour l'apparition d'une covid 19.

La population de l'analyse primaire d'efficacité (appelée Per Protocol Set ou PPS), comprenait 28 207 personnes qui avaient reçu soit le vaccin Spikevax (n=14 134) soit un placebo (n=14 073) et dont le statut de départ à l'égard du SARS-CoV-2 était négatif. L'analyse en per protocole consiste à analyser uniquement les patients ayant scrupuleusement respecté le protocole de l’essai clinique (NDLR). La population de l'étude PPS comprenait 47,4 % de femmes, 52,6 % d'hommes, 79,5 % de Blancs, 9,7 % d'Afro-Américains, 4,6 % d'Asiatiques et 6, 2% d'autres personnes ; 19,7 % des participants se sont identifiés comme hispaniques ou latinos. L'âge médian des personnes était de 53 ans (fourchette 18-94). Une fenêtre de dosage de -7 à +14 jours pour l'administration de la deuxième dose (prévue à J 29) a été autorisée pour l'inclusion dans le PPS. 98 % des sujets vaccinés ont reçu la seconde dose 25 à 35 jours après la première dose (ce qui correspond à une fenêtre de -3 à +7 jours par rapport aux 28 jours).

Les cas de covid 19 ont été confirmés par réaction en chaîne par polymérase après transcription inverse (RT-PCR) et par un Comité d’adjudication. L'efficacité du vaccin dans son ensemble et par groupe d'âge clé est présentée dans le tableau 1.

Tableau 1 : analyse de l'efficacité du vaccin contre les cas confirmés de covid 19*, quelle que soit la gravité, à partir de 14 jours après la seconde dose - Ensemble de la population étudiée en "per protocole".

Age
(ans)
Spikevax deModerna Placebo Efficacité 
vaccinale
N1 Cas2 Taux incidence3 N1 Cas2 Taux incidence3
≥ 18 14.134 11 3.328 14.073 185 56.510 94,1 %
(89.3;96.8)4
18-64 10.551 7 2.875 10.521 156 64.625 95,6 %
(90.6;97.9)
≥ 65 3.583 4 4.595 3 552 29 33.728 86,4 %
(61.4;95.2)
65-74 2.953 4 5.586 2.864 22 31.744 82,4%
(48.9;93.9)
≥ 75 630 0 0 688 7 41.968 100%
(NS100)

* : cas de covid 9 symptomatique nécessitant un résultat positif à la RT-PCR et au moins deux symptômes généraux ou un symptôme respiratoire. Cas commençant 14 jours après la seconde dose ;
1 : nombre de participants à l'essai clinique dans le groupe considéré ;
2 : nombre de cas de covid 19 dans le groupe considéré ;
3 : taux d'incidence de la covid 19 pour 1 000 personnes-années ;
4 : efficacité du vaccin et intervalle de confiance (IC) à 95% du modèle de risque proportionnel de Cox stratifié. L'intervalle de confiance n'est pas ajusté pour la multiplicité. Les analyses statistiques ajustées en fonction de la multiplicité ont été effectuées dans le cadre d'une analyse intermédiaire basée sur un nombre inférieur de cas de covid 19, non rapportés ici ;
5 : NS = non significatif.

Parmi tous les sujets de la population PPS, aucun cas de covid 19 sévère n’a été rapporté dans le groupe vaccin alors que 30 cas ont été rapportés sur 185 (16 %) dans le groupe placebo. Parmi les 30 participants ayant présenté une forme sévère, 9 ont été hospitalisés, dont 2 ont été admis en unités de soins intensifs. Pour la majorité des autres formes sévères de covid 19, seul le critère de saturation en oxygène (SpO2) pour une forme sévère (SpO2 ≤ 93 % en air ambiant) était présent.

L’efficacité de Spikevax dans la prévention de la covid 19, avec ou sans infection antérieure par le SARS-CoV-2 (déterminée par une sérologie et l’analyse d’un prélèvement nasopharyngé à l’inclusion) à partir de 14 jours après la deuxième dose était de 93,6 % (intervalle de confiance à 95 % de 88,6% à 96,5 %).

En outre, des analyses de sous-groupes du paramètre d'efficacité principal ont montré des estimations de points d'efficacité similaires entre les sexes, les groupes ethniques et les participants présentant des comorbidités médicales associées à un risque élevé de covid 19 grave.

3. Efficacité clinique chez les adolescents âgés de 12 à 17 ans

L'étude sur les adolescents est une étude clinique de phase 2/3 en cours, randomisée, contrôlée par placebo et en aveugle (NCT04649151) visant à évaluer la sécurité, la réactogénicité et l'efficacité de Spikevax chez les adolescents âgés de 12 à 17 ans. Les participants ayant des antécédents connus d'infection par le SRAS-CoV-2 ont été exclus de l'étude. Au total, 3 732 participants ont été randomisés 2:1 pour recevoir 2 doses de Spikevax ou un placebo salin à 1 mois d'intervalle.

Une analyse secondaire d’efficacité a été effectuée sur 3 181 participants ayant reçu 2 doses du Spikevax (n = 2 139) ou le placebo (n = 1 042) et présentant un statut négatif pour le SARS-CoV-2 à la référence dans la population per protocole. Il n’existait aucune différence notable au niveau des données démographiques et des conditions médicales préexistantes entre les participants ayant reçu Spikevax et ceux ayant reçu le placebo.

La covid 19 a été défini comme une covid 19 symptomatique nécessitant un résultat RT-PCR positif et au moins 2 symptômes systémiques ou 1 symptôme respiratoire. Les cas ont commencé 14 jours après la deuxième dose.

Il y a eu aucun cas de covid 19 symptomatique dans le groupe Spikevax et 4 cas de covid 19 symptomatique dans le groupe placebo.

4. Immunogénicité chez les adolescents âgés de 12 à 17 ans

Une analyse de non-infériorité évaluant les titres de neutralisation de 50 % du SRAS-CoV-2 et les taux de séro-réponse 28 jours après la dose 2 a été menée dans les sous-ensembles d'immunogénicité per protocole d'adolescents âgés de 12 à 17 ans (n=340) dans l'étude sur les adolescents et de participants âgés de 18 à 25 ans (n=296) dans l'étude sur les adultes. Les sujets ne présentaient aucune preuve immunologique ou virologique d'une infection antérieure par le SRAS-CoV-2 au départ. Le rapport de la moyenne géométrique (RGM) des titres d'anticorps neutralisants chez les adolescents de 12 à 17 ans par rapport à ceux de 18 à 25 ans était de 1,08 (IC à 95 % : 0,94, 1,24). La différence dans le taux de séro-réponse était de 0,2 % (IC 95 % : -1,8, 2,4). Les critères de non-infériorité (limite inférieure de l'IC à 95% pour le GMR > 0,67 et limite inférieure de l'IC à 95% pour la différence du taux de séro-réponse > -10%) ont été respectés.

5. Efficacité clinique chez les enfants de 6 à 11 ans

L’étude pédiatrique est une étude clinique de phase 2/3 randomisée, contrôlée contre placebo, avec observateur en aveugle, en cours, visant à évaluer la sécurité, la réactogénicité et l’efficacité de Spikevax chez les enfants âgés de 6 à 11 ans aux États-Unis et au Canada (NCT04796896). Les participants ayant des antécédents connus d’infection par le SARS-CoV-2 ont été exclus de l’étude. Un total de 4 011 participants a été randomisé selon un rapport de 3:1 pour recevoir 2 doses de Spikevax ou de placebo à base de sérum physiologique à 1 mois d’intervalle.

Une analyse secondaire de l’efficacité évaluant les cas confirmés de covid 19 accumulés jusqu’à la date de l’analyse des données du 10 novembre 2021 a été effectuée sur 3 497 participants ayant reçu deux doses (0,25 ml à 0 et 1 mois) de Spikevax (n = 2 644) ou de placebo (n = 853) et qui présentaient un statut négatif pour le SARS-CoV-2 à l’inclusion dans la population per protocole. Il n’existait aucune différence notable au niveau des données démographiques entre les participants ayant reçu Spikevax et ceux ayant reçu le placebo.

La covid 19 a été définie par une covid 19 symptomatique survenue 14 jours après la deuxième dose, nécessitant un résultat RT-PCR positif et au moins 2 symptômes systémiques ou 1 symptôme respiratoire.

Trois cas de covid 19 (0,1 %) ont été observés dans le groupe Spikevax et quatre cas de covid 19 (0,5 %) dans le groupe placebo.

6. Immunogénicité chez les enfants de 6 à 11 ans

Une analyse évaluant les titres neutralisant à 50 % le SARS-CoV-2 et les taux de séroréponses 28 jours après la dose 2 a été effectuée dans un sous-groupe incluant des enfants âgés de 6 à 11 ans (n = 319) inclus dans l’étude pédiatrique et chez des participants de 18 à 25 ans (n = 295) inclus dans l’étude chez les adultes. Les sujets ne présentaient aucun signe immunologique ou virologique d’une infection antérieure par le SARS-CoV-2 à l’inclusion. Le RMG des titres d’anticorps neutralisants chez les enfants de 6 à 11 ans comparés à ceux des adultes de 18 à 25 ans était de 1,239 (IC à 95 % : 1,072 ; 1,432). La différence au niveau du taux de séroréponse était de 0,1% (IC à 95 % : -1,9 ; 2,1). Les critères de non-infériorité (limité inférieure de l’IC à 95 % pour le RMG > 0,67 et limite inférieure de l’IC à 95 % pour la différence de taux de séroréponse > -10 %) ont été satisfaits.

7. Immunogénicité chez les participants de 18 ans et plus – après la dose de rappel (0,25 mL, 50 microgrammes)

La sécurité, la réactogénicité et l’immunogénicité d’une dose de rappel de Spikevax sont en cours d’évaluation dans une étude de phase 2, randomisée, avec observateur en aveugle, contrôlée contre placebo, de confirmation de dose, menée chez des participants de 18 ans et plus (NCT04405076). Dans cette étude, 198 participants ont reçu deux doses (0,5 mL, 100 microgrammes à 1 mois d’intervalle) du schéma de primo-vaccination Spikevax. Dans une phase en ouvert de cette étude, 149 de ces participants (population per protocole) ont reçu une seule dose de rappel (0,25 mL, 50 microgrammes) au moins 6 mois après avoir reçu la deuxième dose du schéma de primo-vaccination. Il a été montré qu’une seule dose de rappel (0,25 mL, 50 microgrammes) résultait en une augmentation de la moyenne géométrique des titres d’anticorps neutralisants (GMFR [geometric mean fold rise]) d’un facteur 12,99 (IC à 95% : 11,04, 15,29) entre avant la dose de rappel et 28 jours après la dose de rappel. La GMFR des titres d’anticorps neutralisants était d’un facteur 1,53 (IC à 95% : 1,32, 1,77) en comparant la réponse 28 jours après la deuxième dose (primo-vaccination) et 28 jours après la dose de rappel.

8. Immunogénicité d’une dose de rappel après une primo-vaccination réalisée avec un autre vaccin autorisé contre la covid 19 chez les adultes de 18 ans et plus

La sécurité et l’immunogénicité d’une vaccination de rappel hétérologue avec Spikevax ont été étudiées dans une étude menée à l’initiative de l’investigateur chez 154 participants. Le délai minimal entre la primo-vaccination réalisée avec un vaccin contre la covid 19 à base de vecteur adénoviral ou à base d’ARN et l’injection de rappel avec Spikevax était de 12 semaines (intervalle : 12 semaines à 20,9 semaines). La dose utilisée pour le rappel dans cette étude était de 100 microgrammes. Les titres d’anticorps neutralisants mesurés par un test de neutralisation de pseudovirus ont été évalués le jour 1 avant administration et les jours 15 et 29 après la dose de rappel. Une réponse au rappel a été mise en évidence, indépendamment de la primo-vaccination.

Les données d’immunogénicité sont uniquement disponibles à court terme ; la protection et la mémoire immunologique à long terme ne sont pas connues à ce jour.

9. Sécurité et immunogénicité de sept vaccins contre la covid 19 utilisés pour la troisième dose (rappel) au Royaume-Uni

COV-BOOST est une étude de phase 2 multicentrique, randomisée, menée à l’initiative de l’investigateur, évaluant la troisième dose de vaccination (rappel) contre la covid 19, avec un sous- groupe visant à évaluer l’immunologie de façon détaillée. Les participants étaient des adultes âgés de 30 ans ou plus, en bonne santé physique (les comorbidités légères à modérées bien contrôlées étaient autorisées), ayant reçu deux doses de vaccins Pfizer–BioNTech ou Oxford–AstraZeneca (première dose en décembre 2020, janvier 2021 ou février 2021) et ayant reçu la deuxième dose au moins 84 jours auparavant au moment de l’inclusion. Spikevax a boosté les réponses des anticorps et des anticorps neutralisants et a été bien toléré, indépendamment de la primo-vaccination reçue. La dose utilisée pour le rappel dans cette étude était de 100 microgrammes. Les titres d’anticorps neutralisants mesurés par le test de neutralisation de pseudovirus ont été évalués le jour 28 après la dose de rappel.

10. Anticorps neutralisants dirigés contre le variant B.1.617.2 (Delta) chez les adultes avant et après la dose de rappel

Les résultats du test de neutralisation de pseudovirus (PsVNA) contre le variant B.1.617.2 (Delta), établis avant le rappel et le jour 29 après le rappel, ont montré que l’administration d’une dose de rappel de Spikevax (0,25 ml, 50 microgrammes) chez les adultes a induit une augmentation d’un facteur 17 des anticorps neutralisants dirigés contre le variant Delta par comparaison avec les taux mesurés avant le rappel (GMFR = 17,28 ; IC à 95 % : 14,38 ; 20,77 ; n = 295).

11. Anticorps neutralisants dirigés contre le variant B.1.617.2 (Delta) chez les enfants de 6 à 11 ans

Les échantillons de sérum du sous-groupe d’immunogénicité per protocole (n = 134) de l’étude pédiatrique en cours, recueillis à l’inclusion et au jour 57, ont été soumis à un test PsVNA sur la base du variant B.1.617.2 (Delta).

Chez les enfants de 6 à 11 ans, la GMFR entre l’inclusion et le jour 57 a été de 81,77 (IC à 95 % : 70,38 ; 95,00) pour le variant Delta (mesurée par le test PsVNA). Par ailleurs, 99,3 % des enfants ont atteint les critères définissant une séroréponse.

12. Population âgée

Le vaccin Spikevax a été évalué chez des personnes âgées de 12 ans et plus, dont 3 768 personnes âgées de 65 ans et plus. Les données d'efficacité vaccinale concernant d'une part les personnes âgés (≥ 65 ans) et d'autre part les adultes plus jeunes (18-64 ans) étaient cohérentes.

13. Population pédiatrique

L'Agence européenne des médicaments a reporté l'obligation de soumettre les résultats des études avec le vaccin Spikevax dans un ou plusieurs sous-ensembles de la population pédiatrique en prévention de la covid 19 (voir la rubrique "Posologie") pour des informations sur l'utilisation pédiatrique.

14. Approbation conditionnelle

Ce médicament a été autorisé dans le cadre d'un régime dit d'"approbation conditionnelle". Cela signifie que d'autres preuves concernant ce médicament sont attendues. L'Agence européenne des médicaments examinera les nouvelles informations sur ce médicament au moins chaque année et ce résumé des caractéristiques du produit sera mis à jour si nécessaire.

Conservation

1. Flacon non ouvert

  • Durée de conservation : 9 mois entre -25 °C et -15 °C.
  • Le flacon non ouvert peut être conservé au réfrigérateur entre 2 et 8 °C, à l'abri de la lumière, pendant 30 jours au maximum. Pendant cette période, la durée maximale de transport est de 12 heures.
  • Une fois décongelé, le vaccin ne doit pas être recongelé.
  • Le flacon non ouvert peut être conservé à une température comprise entre 8 °C et 25 °C pendant un maximum de 24 heures après son retrait du réfrigérateur.

2. Flacon ouvert (après prélèvement de la première dose)

  • La stabilité physicochimique en cours d’utilisation a été démontrée pendant 19 heures entre 2 °C et 25 °C après première utilisation (au cours de la période d’utilisation autorisée de 30 jours entre 2 °C et 8 °C et de 24 heures entre 8 °C et 25 °C).
  • D'un point de vue microbiologique, le produit doit être utilisé immédiatement. Si le vaccin n'est pas utilisé immédiatement, la durée et les conditions de stockage en cours d'utilisation relèvent de la responsabilité de l'utilisateur.

3. Précautions particulières de conservation

  • À conserver congelé à une température comprise entre -25 °C et -15 °C.
  • À conserver dans l’emballage d’origine à l’abri de la lumière.
  • Ne pas conserver à une température inférieure à -50 °C.

Conservation à l'état congelé

Transport des flacons décongelés à l’état liquide entre 2 °C et 8 °C

Si le transport entre -50 °C et -15 °C n’est pas réalisable, les données disponibles sont favorables au transport d’un ou de plusieurs flacons décongelés à l’état liquide pendant maximum 12 heures entre 2 °C et 8 °C (au cours de la durée de conservation de 30 jours entre 2 °C et 8 °C). Une fois décongelés et transportés à l’état liquide entre 2 °C et 8 °C, les flacons ne doivent pas être recongelés et doivent être conservés entre 2 °C et 8 °C jusqu’à utilisation.

Manipulation

1. Instructions générales pour la manipulation du vaccin

  • Le vaccin doit être préparé et administré par un professionnel de santé qualifié en respectant les règles d’asepsie afin de maintenir la stérilité de la dispersion.
  • Le vaccin est prêt à l’emploi après décongélation.
  • Ne pas secouer ni diluer. Tourner délicatement le flacon après la décongélation et avant chaque prélèvement..
  • Les flacons de Spikevax sont multidoses.
  • Dix (10) doses (de 0,5 mL chacune) ou un maximum de vingt (20) doses (de 0,25 mL chacune) peuvent être prélevées de chaque flacon. 
  • De préférence, percez le bouchon chaque fois à un endroit différent. Ne percez pas le bouchon plus de 20 fois.
  • Un volume supplémentaire est inclus dans chaque flacon pour garantir que 10 doses de 0,5 mL ou un maximum de 20 doses de 0,25 mL peuvent être administrées.
  • Les flacons décongelés et les seringues remplies peuvent être manipulés dans des conditions d’éclairage ordinaires.
  • Le vaccin ne doit pas être mélangé avec d'autres médicaments ni dilué.

2. Préparation et administration des doses : version illustrée en 3 étapes

Étape 1

Étape 2

Étape 3

L'administration du vaccin doit être consignée par le médecin sur le carnet de vaccination ou de santé avec le numéro de lot. Il peut aussi être inscrit par le patient ou son médecin sur un carnet de vaccination électronique.

Remboursement

Vaccination gratuite.

Autres informations

1. Données de sécurité précliniques

Les données non cliniques ne révèlent aucun danger particulier pour l'homme d'après les études conventionnelles de toxicité par doses répétées et de toxicité pour la reproduction et le développement.

1.1. Toxicité générale

Des études de toxicité générale ont été menées sur des rats (recevant par voie intramusculaire jusqu'à 4 doses supérieures à la dose humaine une fois toutes les 2 semaines). Un œdème et un érythème transitoires et réversibles au point d'injection ainsi que des modifications transitoires et réversibles des tests de laboratoire (notamment une augmentation des éosinophiles, du temps de céphaline activée et du fibrinogène) ont été observés. Les résultats suggèrent que le potentiel de toxicité pour l'homme est faible.

1.2. Génotoxicité / Cancérogénicité

Des études de génotoxicité in vitro et in vivo ont été menées avec le nouveau composant lipidique SM-102 du vaccin. Les résultats suggèrent que le potentiel de génotoxicité pour l'homme est très faible.

Aucune étude de cancérogénicité n'a été réalisée.

1.3. Toxicité pour la reproduction

Dans une étude de toxicité pour le développement, 0,2 mL d'une formulation de vaccin contenant la même quantité d'ARNm (100 microgrammes) et d'autres ingrédients inclus dans une dose unique pour l'homme de Spikevax a été administrée à quatre reprises à des rats femelles par voie intramusculaire : 28 et 14 jours avant l'accouplement, et aux jours 1 et 13 de la gestation. Des réponses aux anticorps anti-SARS-CoV-2 ont été présentes chez les rats femelles depuis la période précédant l'accouplement jusqu'à la fin de l'étude, au 21ème jour de la lactation, ainsi que chez les fœtus et la progéniture. Aucun effet indésirable lié au vaccin n'a été observé sur la fertilité des femelles, la grossesse, le développement des embryons, des fœtus ou de la progéniture, ni sur le développement postnatal. Aucune donnée n'est disponible sur le transfert placentaire ou l'excrétion dans le lait du vaccin ARNm-1273 (autre nom du vaccin Spikevax).

Composants non antigéniques

Résumé à l'intention du public

https://urlz.fr/fz6M