Modification de ce document le 15 avril 2021 (modification de la liste des effets indésirables en rouge). L'Agence européenne des médicaments étudie une demande d'autorisation pour les adolescents de 12 à 15 ans. Schéma vaccinal. Utiliser un vaccin à ARNm avant 55 ans, y compris pour la seconde dose chez les personnes ayant reçu une première dose de Vaxzevria (avec un intervalle de 12 semaines). Intervalle de 42 jours (6 semaines) entre deux doses de Comirnaty. Recommandation HAS du 30 avril 2021 : exceptionnellement, en cas de difficulté d'approvisionnement, interchangeabilité possible avec l'autre vaccin à ARNm disponible (Moderna). Sécurité vaccinale. Mesurer la pression artérielle en cas de symptôme évoquant une hypertension artérielle. Nouveau signal à surveiller (30 avril 2021) : myocardites chez des hommes jeunes après une deuxième dose du vaccin. Antécédent de covid 19 : attendre 3 à 6 mois avant de vacciner et ne pas administrer plus d'une dose chez les personnes non immunodéprimées (2 doses en cas d'immunodépression). En cas d'immunodépression importante : troisième dose de rappel au moins 4 semaines après la deuxième dose. Efficacité sur le terrain d'une dose au Royaume-Uni : 80 % contre l'hospitalisation et 85 % contre les cas symptomatiques. Essai clinique aux Etats-Unis : efficacité de 100 % contre les cas symptomatiques chez les adolescents.

Description

Concentré pour dispersion injectable - Vaccin à ARN messager (à nucléoside modifié) contre la covid 19. Autres dénominations : Pfizer-BioNTech COVID-19 VACCINE ; Bnt162b2.

Classe

Inerte
- ARN

Forme et présentation

Ce symbole indique que ce vaccin fait l'objet d'une surveillance supplémentaire. Cela permettra d'identifier rapidement de nouvelles informations de sécurité. Il est demandé aux professionnels de santé de signaler tout effet indésirable suspecté.

Comirnaty dispersion à diluer pour solution injectable.

Vaccin à ARNm (à nucléoside modifié) contre la COVID-19.

Le vaccin est une dispersion congelée de couleur blanche à blanc cassé (pH : 6,9 - 7,9).

Le médicament est fourni dans un flacon multidose et doit être dilué avant utilisation.

Nature et contenu de l'emballage extérieur

  • Flacon multidose transparent de 2 mL (verre de type I) muni d’un bouchon (caoutchouc synthétique bromobutyle) et d’un couvercle amovible en plastique avec opercule en aluminium.
    Chaque flacon contient 0,45 mL de produit, soit 6 doses de 0,3 mL après dilution (voir rubriques "Posologie" et "Manipulation").
    Une dose (0,3 mL) contient 30 microgrammes de vaccin à ARNm contre la COVID-19 (encapsulé dans des nanoparticules lipidiques).
    Présentation : 195 flacons.

L’ARN messager (ARNm) simple brin à coiffe en 5’ est produit à l’aide d’une transcription in vitro sans cellule à partir des matrices d’ADN correspondantes et codant pour la protéine Spike (S) virale du SARS-CoV-2.

Le 8 janvier 2021, l'agence européenne des médicaments a autorisé l'extraction d'une sixième dose à partir d'un flacon (voir la rubrique "Manipulation").

Composition

Une dose (0,3 mL) contient : 

1. Antigène

  • ARNm COVID-19 (incorporé dans des nanoparticules lipidiques) : 30 microgrammes.

Il s'agit de molécules d'acide ribonucléique (ARN) messager (ARNm) simple brin, avec addition d'une coiffe en 5', produit à l'aide d'une transcription in vitro sans cellule à partir des matrices d'ADN correspondantes, qui codent la protéine virale de spicule (appelée protéine Spike ou protéine S) du coronavirus SARS-CoV-2 responsable de la covid 19.

2. Excipients 

Lipides

  • ALC-0315 = bis(2-hexyldécanoate) de ((4-hydroxybutyl)azanediyl)bis(hexane-6,1-diyle)
  • ALC-0159 = 2-[(polyéthylèneglycol)-2000]-N,Nditétradécylacétamide
  • 1,2- distéaroyl-sn-glycéro-3-phosphocholine (DSPC)
  • Cholestérol
Le composant ALC-0159 contient des molécules de polyéthylène glycol (PEG). Ces molécules, également présentes dans des produits cosmétiques et médicaments, pourraient être à l'origine des rares cas d'anaphylaxie (réaction allergique grave) qui ont été rapportés (fréquence d'environ un cas pour 100 000 vaccinations).

Autres composants

  • Chlorure de sodium
  • Chlorure de potassium
  • Phosphate monopotassique
  • Phosphate disodique dihydraté
  • Saccharose
  • Eau pour préparation injectables

Ce vaccin contient moins de 1 mmol de potassium (39 mg) par dose, c'est-à-dire qu'il est essentiellement sans potassium".

Ce vaccin contient moins de 1 mmol de sodium (23 mg) par dose, c'est-à-dire qu'il est essentiellement sans sodium".

Article général sur les vaccins à ARN.

Indications

Comirnaty est indiqué pour l'immunisation active le coronavirus SARS-CoV-2 afin de prévenir la maladie covid 19 causée par ce virus chez les personnes âgées de 16 ans et plus.

L'utilisation de ce vaccin doit être conforme aux recommandations officielles.

Posologie

1. Personnes âgées de 16 ans et plus

Comirnaty doit être administré par voie intramusculaire, après dilution, selon un schéma de vaccination en 2 doses (de 0,3 mL chacune). Il est recommandé d’administrer la seconde dose 3 semaines après la première dose (voir les rubriques "Mises en garde et précautions d'emploi" et "Pharmacodynamie").

Aucune donnée n’est disponible concernant l’interchangeabilité de Comirnaty avec les autres vaccins contre la COVID-19 afin de compléter le schéma de vaccination. Les personnes ayant reçu une dose de Comirnaty doivent recevoir une seconde dose de Comirnaty afin que le schéma de vaccination soit complet.

Avis de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) du 7 janvier 2021. Une flexibilité d’administration de la seconde dose entre 21 et 42 jours (soit de 3 à 6 semaines) est possible au vu des circonstances actuelles, afin d’élargir la couverture vaccinale des personnes prioritaires et pour faire face aux fluctuations d’approvisionnements. Toutefois,  il est recommandé de ne pas dépasser un intervalle de 42 jours entre la première et la seconde dose car "rien ne prouve qu’une seconde dose administrée au-delà de 42 jours conserve l’efficacité à moyen et long termes du vaccin".

Avis de la Haute Autorité de santé (HAS) du 22 janvier 2021. La HAS recommande d'administrer la seconde dose à J42 au lieu de J21 afin de vacciner plus rapidement davantage de personnes. Cependant, cette recommandation n'est pas appliquée par le ministère de la santé : l'intervalle entre les deux doses reste fixé à 21 jours.

Avis de la HAS du 8 avril 2021. La HAS recommande d’utiliser les vaccins à ARNm actuellement disponibles (Comirnaty ou COVID-19 Vaccine Moderna) pour l’administration, avec leur accord, de la deuxième dose chez les personnes âgées de moins de 55 ans ayant reçu une première dose du vaccin Vaxzevria, avec un intervalle de 12 semaines entre les doses.

2. Population pédiatrique

La sécurité et l'efficacité de Comirnaty chez les enfants et les adolescents de moins de 16 ans n'ont pas encore été établis. Les données disponibles sont limitées.

3. Population gériatrique

Aucun ajustement de la posologie n'est nécessaire chez les personnes âgées (≥ 65 ans).

4. Autres recommandations

4.1. Recueil du consentement

L’expression du consentement de la personne à la vaccination devra être recueillie au préalable et devra être tracée.

4.2. Personnes immunodéprimées ou infectées par le VIH

Les personnes ayant un traitement immunosuppresseur et les personnes immunodéprimées (hors infection à VIH) ont été exclues de l’étude. Cependant, faisant partie des personnes à risque de forme grave, la vaccination est recommandée dans ces situations. L’efficacité du vaccin peut être diminuée chez les sujets immunodéprimés.

Les personnes ayant une infection VIH n’ont pas été exclues des essais mais les données de ce groupe n’ont pas été incluses dans l’analyse de l’efficacité du vaccin. Il est recommandé de proposer la vaccination aux personnes ayant une infection VIH (quel que soit le nombre de CD4).

4.3. Contribution de MesVaccins à la prise en compte des recommandations

Les éléments déterminant des recommandations sont collectés avec le questionnaire santé de MesVaccins : sans prise en compte de l'historique vaccinal (pour le grand public ou pour les professionnels de santé) ou dans le carnet de vaccination électronique).

5. Nouveau (11 avril 2021) - Critères de choix du vaccin

  • Jusqu'à 54 ans révolus, qu'il existe ou non des facteurs de risque de covid grave : vaccins à ARNm
  • A partir de 55 ans, avec affection à très haut risque (cancers et maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie, maladies rénales chroniques graves, transplantations d’organe solide ou greffes de moelle, trisomie 21, poly-pathologies chroniques et maladies rares détaillées ici) : vaccins à ARNm ou à vecteur viral non réplicatif
  • A partir de 55 ans, sans affection à très haut risque

Mode d'administration

Le vaccin Comirnaty doit être administré par voie intramusculaire après dilution (voir rubrique "Manipulation").

Après dilution, les flacons de Comirnaty contiennent six doses de 0,3 mL de vaccin. Pour extraire six doses d’un flacon unique, des aiguilles et/ou seringues à faible volume mort doivent être utilisées. La combinaison de l’aiguille et de la seringue doit avoir un volume mort ne dépassant pas 35 microlitres.

Si des aiguilles et seringues classiques sont utilisées, le volume risque de ne pas être suffisant pour permettre l’extraction d’une sixième dose d’un flacon unique. Indépendamment du type de seringue et d’aiguille :

  • chaque dose doit contenir 0,3 mL de vaccin ;
  • si la quantité de vaccin restant dans le flacon ne permet pas d’obtenir une dose complète de 0,3 mL, jeter le flacon et la solution résiduelle ;
  • ne pas regrouper les résidus de solution provenant de plusieurs flacons.

Le vaccin doit être administré de préférence dans le muscle deltoïde de la partie supérieure du bras.

Ne pas injecter le vaccin par voie intraveineuse, sous-cutanée ou intradermique.

Le vaccin ne doit pas être mélangé dans la même seringue avec d’autres vaccins ou médicaments.

Pour les précautions à prendre avant l’administration du vaccin, voir la rubrique "Mises en garde et précautions d'emploi".

Pour les instructions concernant la décongélation, la manipulation et l’élimination du vaccin, voir la rubrique "Manipulation".

Précisions de la Haute Autorité de santé (HAS).

La HAS souligne que la vaccination par voie intramusculaire (IM) est possible chez les patients sous anticoagulants avec un INR* dans la cible thérapeutique, à condition de respecter certaines précautions :

  • recourir à une aiguille de petit calibre, 
  • exercer une pression ferme au point d’injection sans masser ni frotter pendant au moins 2 minutes,
  • informer du risque d’hématome.

Pour les personnes présentant un trouble de l’hémostase, la vaccination par voie IM pourra être réalisée dans les mêmes conditions si, de l’avis du médecin référent, l’intérêt de la vaccination l’emporte sur le risque.

Il ne faut pas pratiquer d’injection par voie sous-cutanée chez les patients sous anticoagulants et chez les patients présentant un trouble de l’hémostase, car cette voie pourrait exacerber la réactogénicité locale et l’immunogénicité induite n’a pas été évaluée pour cette voie d'administration.

* L'INR (International Normalized Ratio) est une valeur obtenue à partir de dosages biologiques et qui indique que l'effet anticoagulant obtenu correspond bien à celui qui est souhaité).

Contre-indications

Hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients énumérés à la rubrique "Composition".

Voir les rubriques "Effets indésirables" et "Mises en garde et précautions d'emploi" pour plus d'information sur les allergies graves (choc anaphylactique) et leur prévention.

Mises en garde et précautions d'emploi

1. Traçabilité

Afin d'améliorer la traçabilité des médicaments biologiques, le nom et le numéro de lot du produit administré doivent être clairement enregistrés.

2. Recommandations générales

2.1. Hypersensibilité et anaphylaxie

Des cas d'anaphylaxie ont été rapportés. Il convient de toujours disposer d’un traitement médical approprié et de surveiller le sujet vacciné en cas de survenue d’une réaction anaphylactique suite à l’administration du vaccin (voir cette fiche sur la conduite à tenir en cas d'anaphylaxie).

Il est recommandé de surveiller attentivement les sujets vaccinés pendant au moins 15 minutes après la vaccination. La seconde dose du vaccin ne doit pas être administrée chez les personnes ayant présenté une réaction anaphylactique après la première dose de Comirnaty.

Recommandations de la Haute Autorité de santé, de la Société de pathologie infectieuse de langue française et de la Fédération française d'allergologie

La vaccination est contre-indiquée aux personnes ayant des antécédents d’hypersensibilité à l’un des composants du vaccin, en particulier au polyéthylène glycol (PEG), ou qui ont un antécédent d’allergie au polysorbate ou à la trométhamine (TRIS, trométamol) car il existe un risque d’allergie croisée avec le PEG contenu dans le vaccin. Le PEG est le constituant du macrogol et est présent dans différents médicaments parentéraux. On peut également le trouver dans l'enrobage de nombreux traitements (antibiotiques et AINS en particulier) ; dans la situation d’une réaction à ces traitements, l'allergène est exceptionnellement le PEG.

Au vu des données rassurantes depuis le lancement de la campagne à l’échelle mondiale, la Fédération française d'allergologie a recommandé que les antécédents d’allergie ou d’anaphylaxie ne constituent pas une contre-indication systématique à cette vaccination. La conduite à tenir devrait tenir compte de la description de l’allergie, de la substance en cause ou potentiellement en cause et des conclusions d’un éventuel bilan allergologique :

  • anaphylaxie prouvée au PEG, au polysorbate ou à la trométhamine : pas de vaccination par un vaccin à ARNm (utiliser le vaccin d'AstraZeneca si possible) ;
  • antécédent d’anaphylaxie à un traitement contenant du PEG, du polysorbate ou de la trométhamine, et bilan allergologique d’imputabilité non fait : vaccination différée en attendant le bilan allergologique, sauf vaccination particulièrement nécessaire ;
  • antécédent de réaction immédiate sans signe de gravité à un médicament ou une autre substance dont l’enrobage contient du polysorbate (par exemple urticaire isolée ou œdème du visage sans œdème laryngé après une prise de Ciflox®) : vaccination puis surveillance prolongée (30 minutes) ;
  • antécédent de réaction d’allure allergique tardive (survenant au-delà de deux heures) au PEG, au polysorbate, à la trométhamine ou à une autre substance : vaccination et surveillance « standard » (15 minutes) ;
  • antécédent d’anaphylaxie à un médicament connu avec identification de l'allergène (différent du PEG ou du polysorbate) après bilan allergologique : vaccination puis surveillance prolongée (30 minutes).

En pratique, l'administration d’un vaccin à ARNm doit avoir lieu dans une structure capable de prendre en charge une réaction d’hypersensibilité immédiate grave. Toutes les personnes vaccinées doivent être observées pendant 15 minutes (ou plus selon les antécédents). En cas de réaction allergique grave ou immédiate après la 1ère dose du vaccin, la deuxième est contre-indiquée.

En pratique, l'administration d’un vaccin à ARNm doit avoir lieu dans une structure capable de prendre en charge une réaction d’hypersensibilité immédiate grave. Toutes les personnes vaccinées doivent être observées pendant 15 minutes (ou plus selon les antécédents). En cas de réaction allergique grave ou immédiate après la première dose du vaccin, la seconde est contre-indiquée.

Voir également les rubriques "Composition", "Contre-indications" et "Effets indésirables".

2.2. Réactions liées à l'anxiété

Des réactions liées à l’anxiété, dont des réactions vasovagales (syncope), une hyperventilation ou des réactions liées au stress peuvent survenir lors de la vaccination, reflétant une réaction psychogène à la piqûre.

Il est important que des précautions soient prises afin d’éviter toute blessure en cas d’évanouissement.

2.3. Affections concomitantes

La vaccination doit être reportée chez les personnes présentant une affection fébrile sévère aiguë ou une infection aiguë. La présence d’une infection mineure et/ou d’une fièvre peu élevée ne doit pas retarder la vaccination.

2.4. Thrombocytopénie et troubles de la coagulation

Comme pour les autres injections intramusculaires, le vaccin devra être administré avec prudence chez les personnes recevant un traitement anticoagulant ou présentant une thrombopénie ou tout autre trouble de la coagulation (hémophilie, par exemple) car un saignement ou une ecchymose peut survenir après administration intramusculaire chez ces personnes.

Voir également la rubrique 'Mode d'administration".

2.5. Personnes immunodéprimées

L'efficacité, la sécurité et l'immunogénicité du vaccin n'ont pas été évaluées chez les personnes immunodéprimées, y compris chez celles qui reçoivent un traitement immunosuppresseur. L'efficacité du vaccin Comirnaty peut être diminuée chez les personnes immunodéprimées.

2.6. Durée de la protection

La durée de protection conférée par le vaccin n’est pas établie et est toujours en cours d’évaluation dans les essais cliniques.

2.7. Limites de l'efficacité des vaccins

Comme avec tout vaccin, il est possible que les personnes vaccinées par Comirnaty ne soient pas toutes protégées. Un délai de 7 jours après la seconde dose du vaccin peut être nécessaire avant que les personnes vaccinées soient protégées de façon optimale.

2.8. Excipients

Ce vaccin contient moins de 1 mmol (39 mg) de potassium par dose, c.-à-d. qu’il est essentiellement « sans potassium ».

Ce vaccin contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par dose, c.-à-d. qu’il est essentiellement « sans sodium ».

3. Autres recommandations et précisions de la Haute Autorité de santé (HAS)

Lors des premières phases de la campagne, la vaccination est effectuée dans la mesure du possible sous la supervision d’un médecin.

La vaccination n’est pas contre-indiquée chez les patients sous anticoagulants ou ayant un trouble de l’hémostase en prenant les précautions nécessaires. La vaccination par voie intramusculaire pourra être réalisée si l’intérêt de la vaccination l’emporte sur le risque, en prenant les précautions indiquées dans la rubrique "Mode d'administration".

Interactions

Aucune étude d'interaction n'a été réalisée. L'administration concomitante de Comirnaty avec d'autres vaccins n'a pas été étudiée.

Recommandation de la Haute Autorité de santé.

Un intervalle de 14 jours minimum paraît nécessaire, avant ou après l’administration d’un autre vaccin (pour chacune des doses).

Grossesse

Il existe des données limitées sur l’utilisation de Comirnaty chez la femme enceinte. Les études effectuées chez l’animal n’ont pas mis en évidence d’effets délétères directs ou indirects sur la gestation, le développement embryonnaire ou fœtal, la mise bas ou le développement postnatal (voir "Autres informations").

L'administration de Comirnaty pendant la grossesse ne doit être considérée que si les bénéfices potentiels l'emportent sur les risques potentiels pour la mère et le fœtus.

Fertilité

Par ailleurs, les études sur les animaux n'indiquent pas d'effets nocifs directs ou indirects sur la reproduction.

Décision de la Direction générale de la santé du 3 avril 2021.

Un message DGS-Urgent du 3 avril 2021 élargit la vaccination par un vaccin à ARNm aux femmes enceintes à partir du second trimestre de grossesse. L'argumentaire supportant cette recommandation est développé dans l'avis du 6 avril 2021 du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale.

Allaitement

On ignore si le vaccin "COVID-19 Vaccine Moderna" est excrété dans le lait humain.

Précision de la Haute Autorité de santé.

Dans un avis du 1er mars 2021, la Haute Autorité de santé estime que, sur la base des mécanismes biologiques (dégradation rapide des ARNm), il n’y a pas d’effet attendu chez le nourrisson et l’enfant allaité par une femme vaccinée. La vaccination chez la femme allaitante est donc possible.

Effets indésirables

Modifications de ce document par l'Agence européenne des médicaments le 15 avril 2021. Modifications en rouge dans le texte.

1. Résumé du profil de sécurité

La sécurité du vaccin Comirnaty a été évaluée dans deux études qui ont inclut un total de 21 744 participants âgés de 16 ans ou plus ayant reçu au moins une dose du vaccin Comirnaty.

Durant l’étude 2, un total de 21 720 participants âgés de 16 ans et plus ont reçu au moins 1 dose de Comirnaty et un total de 21 728 participants âgés de 16 ans et plus ont reçu un placebo (dont 138 et 145 adolescents de 16 ou 17 ans, dans les groupes vaccin et placebo respectivement). Un total de 20 519 participants âgés de 16 ans et plus ont reçu 2 doses de Comirnaty.

Au moment de l'analyse de l'étude 2, la sécurité vaccinale a été évaluée chez 19 067 participants âgés de 16 ans ou plus (9 531 dans le groupe vacciné par Comirnaty et 9 536 dans le groupe placebo) pendant au moins deux mois après l'administration de la deuxième dose du vaccin Comirnaty. La distribution selon l'âge des 19 067 participants était la suivante :

  • 10 727 (5 350 dans le groupe "vacciné" et 5 377 dans le groupe "placebo" participants âgés de 16 à 55 ans ;
  • 8 340 (4 181 dans le groupe "vacciné" et 4 159 dans le groupe "placebo") participants âgés de 56 ans et plus. 

Les effets indésirables les plus fréquents chez les personnes âgées de 16 ans et plus étaient une douleur su site d'injection (> 80 %), une fatigue (> 60 %), des céphalées (> 50 %), des frissons et mylagies (> 30 %), des arthralgies (> 20 %), une fièvre et un gonflement du site d'injection (> 10 %). Ces effets indésirables étaient habituellement d'une intensité légère à modérée et se sont résolus en quelques jours après la vaccination. Une moindre fréquence de la réactogénicité a été observée chez les sujets les plus âgés.

2. Liste récapitulative des effets indésirables observés dans les études cliniques

Les effets indésirables observés au cours des études cliniques, énumérés ci-dessous, sont classées selon les catégories de fréquence suivantes : 

  • très fréquent (≥ 1/10) ;
  • fréquent (≥ 1/100 à < 1/10) ;
  • peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100) ;
  • rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000) ;
  • très rare (< 1/10 000) ;
  • indéterminé (la fréquence ne peut être estimée à partir des données disponibles).

Affections hématologiques et du système lymphatique

  • Peu fréquent : lymphadénopathie.

Affections du système immunitaire

  • Peu fréquent : réactions d'hypersensibilité (par exemple éruption, prurit, urticaire 1, angio-oedème).
  • Inconnu : anaphylaxie.

Affections psychiatriques

  • Peu fréquent : insomnie.

Affections du système nerveux

  • Très fréquent : céphalées.
  • Rare : paralysie faciale périphérique aiguë 2.

Affections gastro-intestinales

  • Très fréquent : diarrhée 3.
  • Fréquent : nausées, vomissements 3.

Affections musculo-squelettiques et systémiques

  • Très fréquent : arthralgies, myalgies.
  • Peu fréquent : douleurs des extrémités 4.

Troubles généraux et anomalies au site d'administration

  • Très fréquent : douleur au site d'injection ; fatigue, frissons, fièvre 5, gonflement au site d'injection.
  • Fréquent : rougeur au site d'injection.
  • Peu fréquent : malaise, prurit au site d'injection

1 : auparavant, la catégorie de fréquence pour l'urticaire et l'angio-oedème était "Rare" ;
2 : sur l’ensemble de la période de suivi de la sécurité, jusqu’à ce jour, une paralysie faciale périphérique aiguë (paralysie de Bell) a été rapportée chez quatre participants dans le groupe vaccin à ARNm contre la covid 19. La paralysie faciale est apparue le jour 37 après la première dose (ce participant n’a pas reçu la seconde dose) et les jours 3, 9 et 48 après la dose 2. Aucun cas de paralysie faciale périphérique aiguë (paralysie de Bell) n’a été rapporté dans le groupe placebo ;
3 : effet indésirable déterminé après autorisation ;
4 : se réfère au bras dans lequel le vaccin a été administré ;
5 : une fréquence plus élevée de fièvre a été observée après la deuxième dose.

Le profil de sécurité des 545 personnes vaccinées par Comirnaty et qui étaient séropositives pour le SARS-CoV-2 au début de l'étude était similaire à celui observé dans le reste de la population.

3. Autres informations de la Haute Autorité de santé

De rares réactions allergiques graves ont été rapportées après l’administration du vaccin pendant les premières campagnes de vaccination en dehors des essais cliniques.

Ont été retenus dans les évènements indésirables graves : une lésion de l’épaule liée à l’administration du vaccin, une adénopathie axillaire, une arythmie ventriculaire paroxystique, et une paresthésie d’une jambe.

Une paralysie faciale périphérique est survenue chez quatre personnes du groupe vacciné avec une incidence comparable à celle de la population générale. Cette affection fera l'object d'un suivi particulier.

Aucune maladie inflammatoire ou immune n’a été décrite dans le suivi des deux premiers mois, une pharmacovigilance rapprochée est poursuivie.

4. Effets sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines

Comirnaty n’a aucun effet ou un effet négligeable sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Cependant, certains des effets indésirables mentionnés dans la rubrique 4.8 peuvent altérer temporairement l’aptitude à conduire des véhicules ou à utiliser des machines.

5. Surdosage

Des données sur les surdoses sont disponibles pour les 52 participants à l'étude inclus dans l'essai clinique qui, en raison d'une erreur de dilution, ont reçu 58 microgrammes de Comirnaty. Les personnes ayant reçu le vaccin n'ont pas signalé d'augmentation de la réactogénicité ni d'effets indésirables.

En cas de surdosage, il est recommandé de surveiller les fonctions vitales et d'envisager un traitement symptomatique.

6. Déclaration des effets indésirables suspectés

Il est important de signaler les effets indésirables suspectés après l'autorisation du médicament. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration (Annexe V du résumé des caractéristiques du produit), en précisant le numéro de lot, s’il est disponible.

Les professionnels de santé et les usagers devront signaler les éventuels évènements indésirables graves sur le portail national à l'aide de deux outils :

  1. Le téléservice VACCIN COVID.
  2. Le portail des signalements du Gouvernement.

La traçabilité sera un élément essentiel de cette campagne de vaccination anti-covid 19.

Un plan de gestion des risques a été défini par l'Agence européenne du médicament.

MesVaccins contribue au signalement avec un outil de pharmacovigilance renforcée permettant de collecter de manière proactive et exhaustive des informations sur la survenue ou la non survenue d'un événement indésirable post-vaccinal.

7. Résultats de la surveillance au 30 avril 2021

Les résultats de la surveillance des effets indésirables post-vaccinaux sont accessibles ici.

A partir des données de pharmacovigilance françaises validées par l’ANSM du 27 décembre 2020 au 22 avril 2021 et transmises aux deux Centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) rapporteurs (Bordeaux et Marseille), un total de 16 030 cas d’effets indésirables a été analysé.

7.1. Nouveaux signaux ou événements sur la période à surveiller

  • Myocardite/Myopericardite : le signalement de myocardites chez des hommes jeunes en Israël après une deuxième dose du vaccin Cominarty a amené les rapporteurs et le comité à analyser de nouveau les données relatives aux cas de myocardites et myopéricardites recueillies par les CRPV en France depuis le début de la vaccination avec Comirnaty. A ce jour, 5 cas ont été déclarés en France. Parmi eux, 2 cas étaient compatibles en termes de chronologie et présentaient une PCR négative ; par conséquent, un rôle du vaccin ne peut être exclu. La récolte d’informations complémentaires concernant le bilan étiologique complet est en cours. Les données disponibles n’apportent pas, à ce stade, suffisamment d’éléments pour conclure sur un rôle du vaccin, mais constituent néanmoins un signal potentiel. Ces effets feront donc l’objet d’un suivi spécifique et seront partagés au niveau européen.

 7.2. Signaux potentiels ou événements déjà sous surveillance

  • Zona.
  • Troubles du rythme cardiaque.
  • Thrombopénie/thrombopénie immunologique/hématomes spontanés.
  • Déséquilibre diabétique dans des contextes de réactogénicité.
  • Echecs vaccinaux.
  • Syndromes de Guillain-Barré.
  • Syndrome d’activation des macrophages.
  • Hémophilie acquise.

Les données recueillies sur cette période de suivi n’apportent pas d’éléments nouveaux sur ces effets.

A ce stade, les cas rapportés d’événements thromboemboliques avec Comirnaty ne montrent pas de spécificité particulière en faveur d’un rôle du vaccin.

Concernant les cas de décès déclarés, les données actuelles ne permettent pas de conclure qu’ils sont liés à la vaccination. Ces événements continueront de faire l’objet d’une surveillance spécifique.

7.3. Signal confirmé : hypertension artérielle.

Les données recueillies n’apportent pas d’éléments nouveaux concernant le signal relatif à cet effet. Les cas d’hypertension artérielle continuent de faire l’objet d’une surveillance spécifique.

L'ANSM émet la recommandation suivante :

Devant tout symptôme évocateur d’une hypertension artérielle (malaise, céphalées, vertiges...), un contrôle de la pression artérielle devra être envisagé pour une prise en charge médicale la plus précoce possible, si elle s’avère nécessaire.

Pharmacodynamie

Groupe pharmacothérapeutique : vaccins, autres vaccins viraux.

Code ATC : J07BX03.

1. Mécanisme d'action

L’ARN messager à nucléoside modifié contenu dans Comirnaty est formulé dans des nanoparticules lipidiques, permettant de délivrer l’ARN non réplicatif dans les cellules-hôtes et l’expression directe et transitoire de l’antigène S du SARS-CoV-2. L’ARNm code la protéine S de pleine longueur, à ancrage membranaire, avec deux mutations ponctuelles au sein de l’hélice centrale. La mutation de ces deux acides aminés en proline permet de stabiliser la protéine S dans sa conformation de préfusion pour une meilleure antigénicité.

Le vaccin induit à la fois la production d’anticorps neutralisants et une immunité cellulaire en réponse à l’antigène Spike (S), pouvant contribuer à la protection contre la covid 19. 

2. Etude d'efficacité

L’étude 2 est une étude d’efficacité, de sélection du candidat vaccin et de recherche de dose avec observateur en aveugle, multicentrique, internationale, de phase 1/2/3, randomisée, contrôlée contre placebo, menée chez des participants âgés de 12 ans et plus. La randomisation a été stratifiée par groupe d’âge : 12 à 15 ans, 16 à 55 ans ou 56 ans et plus, avec un minimum de 40 % de participants dans le groupe des ≥ 56 ans. Les sujets qui étaient immunodéprimés et ceux pour lesquels un diagnostic clinique ou microbiologique de covid 19 avait été précédemment établi ont été exclus de l’étude. Les participants présentant une affection préexistante stable, c’est-à-dire ne nécessitant pas de modification significative du traitement ou une hospitalisation pour cause d’aggravation de la maladie dans les 6 semaines précédant le recrutement, ont été inclus, de même que les participants présentant une infection connue et stable par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), le virus de l’hépatite C (VHC) ou le virus de l’hépatite B (VHB). Au moment de l’analyse de l’étude 2, les informations présentées ont porté sur les participants âgés de 16 ans et plus. 

2.1. Efficacité chez les participants âgés de 16 ans et plus

Dans la partie de la phase 2/3, environ 44 000 participants ont été randomisés à parts égales et devaient recevoir 2 doses de vaccin à ARNm COVID-19 ou un placebo séparées de 21 jours. Les analyses d'efficacité ont inclus les participants qui ont reçu leur deuxième vaccin dans les 19 à 42 jours suivant leur première vaccination. Il est prévu que les participants soient suivis pendant une période pouvant aller jusqu'à 24 mois après la deuxième dose, afin d'évaluer l'innocuité et l'efficacité du vaccin contre la covid 19. Dans l'étude clinique, les participants devaient observer un intervalle minimum de 14 jours avant et après l'administration d'un vaccin antigrippal afin de recevoir soit un placebo, soit le vaccin à ARNm COVID-19. Dans l'étude clinique, les participants devaient observer un intervalle minimum de 60 jours avant ou après la réception de produits sanguins/plasmatiques ou d'immunoglobulines jusqu'à la fin de l'étude afin de recevoir soit un placebo soit le vaccin Comirnaty.

La population pour l'analyse du paramètre primaire d'efficacité comprenait 36 621 participants âgés de 12 ans et plus (18 242 dans le groupe vacciné par Comirnaty et 18 379 dans le groupe placebo) qui n'avaient pas de preuve d'infection antérieure par le SARS-CoV-2 jusqu'à 7 jours après la seconde dose. Par ailleurs, 134 participants étaient âgés de 16 à 17 ans (66 dans le groupe du vaccin Comirnaty et 68 dans le groupe placebo) et 1 616 participants étaient âgés de 75 ans et plus (804 dans le groupe vacoiné par Comirnaty et 812 dans le groupe placebo).

2.2. Efficacité contre la covid 19

Au moment de l’analyse du critère primaire d’efficacité, les participants ont été suivis afin de surveiller l’apparition d’une covid 19 symptomatique sur une durée totale de 2 214 personne-années pour le groupe Comirnaty et de 2 222 personne-années pour le groupe placebo.

Aucune différence clinique significative n’a été observée pour l’efficacité globale du vaccin chez les participants à risque d’évolution grave de la covid 19, notamment ceux présentant une ou plusieurs comorbidités augmentant le risque de covid 19 grave (par exemple, asthme, indice de masse corporelle [IMC] ≥ 30 kg/m2, pneumopathie chronique, diabète ou hypertension).

Les informations sur l’efficacité du vaccin sont présentées dans le tableau 2.

Tableau 2 : Efficacité du vaccin - première survenue d'une covid 19 à partir de 7 jours après la deuxième dose, par sous-groupe d'âge - participants sans infection antérieure avant le délai de 7 jours après la deuxième dose - population évaluable pour l'efficacité (7 jours)

Première survenue d'une covid 19 à partir de 7 jours après la dose 2 chez les participants sans preuve d'une infection antérieure par le SARS-CoV-2*
Sous-groupe Vaccin Comirnaty
Na = 18 198
Cas
n1b
Durée de surveillancec (n2d)
Placebo
Na = 18 325
Cas
n1b
Durée de surveillancec (n2d)
Efficacité vaccinale%
(IC à 95 %)f
Tous les sujetsa 8
2.214 (17.411)
162
2 222 (17.511)
95,0 (90,0 ; 97,9)
16-64 ans 7
1.706 (13.549)
143
1 710 (13.618)
95,1 (89,6 ; 98,1)
≥ 65 ans 1
0,508 (3.848)
19
0,511 (3.880)
94,7 (66,7 ; 99,9)
65-74 ans 1
0,406 (3.074)
14
0,406 (3.095)
92,9 (53,1 ; 99,8)
≥ 75 ans 0
0,102 (774)
5
0,106 (785)
100,0 (-13,1 ; 100,0)

Remarque : les cas confirmés ont été déterminés par RT-PCR en présence d'au moins un symptôme concordant avec une covid 19 [*Définition des cas - Présence d'au moins un symptôme parmi les suivants : fièvre, toux nouvellement apparue ou amplifiée, essoufflement nouvellement apparu ou amplifié, frissons, douleurs musculaires nouvellement apparues ou amplifiées, perte de goût ou de l'odorat nouvellement apparue, maux de gorge, diarrhée ou vomissements].

* : les participants ne présentant aucun critère sérologique ou virologique (avant le délai de 7 jours après avoir reçu la dernière dose) d’une infection antérieure par le SARS-CoV-2 (c.-à-d. absence d’anticorps [sérique] fixant la protéine N lors de la visite 1 et sans détection de SARS-CoV-2 par le test d’amplification des acides nucléiques (TAAN) [prélèvement nasal] lors des visites 1 et 2) et ayant eu un résultat négatif au test TAAN (prélèvement nasal) lors de toute visite non programmée avant le délai de 7 jours après la dose 2 ont été inclus dans l’analyse ;
a : N = nombre de participants dans le groupe indiqué ;
b : n1 = nombre de participants répondant à la définition du critère d’évaluation ;
c : durée de surveillance totale en 1 000 personne-années pour le critère d’évaluation indiqué sur l’ensemble des sujets au sein de chaque groupe à risque pour le critère d’évaluation. La période de temps pour le cumul des cas de covid 19 s’étend de 7 jours après la dose 2 jusqu’à la fin de la période de surveillance ;
d : n2 = nombre de sujets à risque pour le critère d’évaluation ;
e : aucun cas confirmé n’a été identifié parmi les participants âgés de 12 à 15 ans ;
f : l’intervalle de confiance (IC) pour l’efficacité du vaccin est issu de la méthode de Clopper-Pearson avec
ajustement en fonction de la durée de surveillance. IC non ajusté pour tenir compte de la multiplicité.

Dans la deuxième analyse primaire comparative au placebo, l’efficacité du vaccin à ARNm contre la covid 19 en termes de première survenue d’une covid 19 à partir de 7 jours après la dose 2 chez les participants âgés de 16 ans et plus avec ou sans infection antérieure par le SARS-CoV-2 a été de 94,6 % (intervalle de confiance à 95 % de 89,9 % à 97,3 %).

Par ailleurs, les analyses par sous-groupes du critère primaire d’efficacité ont montré des valeurs estimées d’efficacité similaires de l’efficacité en fonction du sexe, du groupe racial et du groupe ethnique, ainsi que chez les participants présentant des comorbidités associées à un risque élevé de covid 19 grave.

2.3. Population pédiatrique

L’Agence européenne des médicaments a différé l’obligation de soumettre les résultats d’études réalisées avec Comirnaty dans la population pédiatrique pour la prévention de la covid 19 (voir la rubrique "Posologie" pour les informations concernant l’usage pédiatrique).

Une autorisation de mise sur le marché « conditionnelle » a été délivrée pour ce médicament. Cela signifie que des preuves supplémentaires concernant ce médicament sont attendues. L’Agence européenne des médicaments réévaluera toute nouvelle information sur ce médicament au moins chaque année et, si nécessaire, ce résumé des caractéristiques du produit sera mis à jour.

Nouveau (avril 2021). Un essai clinique conduit aux États-Unis montre une bonne tolérance et une efficacité vaccinale de 100 % contre les formes cliniques chez les adolescents âgés de 12 à 15 ans : zéro cas dans le groupe vacciné (n = 1 131) contre 18 cas de covid 19 dans le groupe placebo (n = 1 129). Il s'agit de résultats préliminaires non soumis aux agences des médicaments. Pour l'instant, le vaccin n'est pas autorisé avant l'âge de 16 ans.

3. Efficacité sur le terrain

Il s'agit de l'efficacité sur le terrain (effectiveness en anglais), observé en vie réelle et non dans le cadre d'un essai clinique.

3.1. En Ecosse

Effectiveness of first dose of COVID-19 vaccines against hospital admissions in Scotland: national prospective cohort study of 5.4 million people

La première dose du vaccin à ARN Comirnaty a été associée à une efficacité vaccinale de 85 % (IC95% : 76 à 91) contre l'hospitalisation pour covid 19, 28 à 34 jours après la vaccination.

3.2. En Angleterre

Early effectiveness of COVID-19 vaccination with BNT162b2 mRNA vaccine and ChAdOx1 adenovirus vector vaccine on symptomatic disease, hospitalisations and mortality in older adults in England

Les personnes âgées de plus de 80 ans vaccinées avec le vaccin Comirnaty avant le 4 janvier 2021 avaient une probabilité plus élevée d'obtenir un résultat positif dans les 9 premiers jours suivant la vaccination, ce qui indique que les personnes initialement ciblées avaient un risque sous-jacent d'infection plus élevé. L'efficacité du vaccin a donc été estimée par rapport à la période de référence post-vaccinale. L'efficacité du vaccin a été évaluée de 10 à 13 jours après la vaccination, atteignant une efficacité de 70 % (IC à 95 % 59-78 %) de 28 à 34 jours, puis plafonnant. À partir de 14 jours après la deuxième dose, une efficacité du vaccin de 89 % (IC à 95 % : 85-93 %) a été observée.

Les personnes âgées de plus de 70 ans vaccinées à partir du 4 janvier 2021 présentaient un risque de covid 19 similaire à celui des personnes non vaccinées. Avec le vaccin Comirnaty, l'efficacité sur le terrain a atteint 61 % (IC 95 % : 51-69 %) de 28 à 34 jours après la vaccination, puis a plafonné.

Une seule dose est efficace à environ 80 % pour prévenir l'hospitalisation et 85 % pour prévenir le décès causé par la covid 19.

Conservation

Vidéo sur la conservation et la manipulation avant l'administration du vaccin.

À conserver au congélateur entre -90 °C et -60 °C.

À conserver dans l’emballage d’origine, à l’abri de la lumière.

Durant la conservation, limiter autant que possible l’exposition à l’éclairage intérieur et éviter toute exposition à la lumière directe du soleil et aux rayons ultraviolets.

Les flacons décongelés peuvent être manipulés dans des conditions d’éclairage intérieur.

1. Flacon non ouvert

1.1 Flacon congelé

  • 6 mois entre -90 °C et -60 °C.
  • Au cours des 6 mois de conservation, les flacons non ouverts peuvent être conservés et transportés entre -25 °C et -15 °C pendant une période unique d’un maximum de 2 semaines, puis être replacés à une température de -90 °C à -60 °C. 

1.2 Flacon décongelé

  • 5 jours entre 2 °C et 8 °C.
  • Durant les 5 jours de conservation entre 2 °C et 8 °C, il peut être transporté pendant un maximum de 12 heures. Avant utilisation, le flacon non ouvert peut être conservé pendant un maximum de 2 heures à des températures allant jusqu’à 30 °C.

Une fois décongelé, le vaccin ne doit pas être recongelé.

1.3 Gestion des écarts de température après la sortie du congélateur

Les données de stabilité indiquent que le flacon non ouvert reste stable sur une durée allant jusqu’à :

  • 24 heures lorsqu’il est conservé à des températures de ‑3 °C à 2 °C.
  • un total de 4 heures lorsqu’il est conservé à des températures de 8 °C à 30 °C ; ce délai inclut les 2 heures indiquées ci-dessus à une température allant jusqu’à 30 °C.

Ces informations visent uniquement à orienter les professionnels de santé en cas d’un écart temporaire de température. 

1.4 Transfert des flacons congelés conservés à ultra-basse température (< -60 °C)

  • Les plateaux porte-flacons contenant 195 flacons avec un couvercle fermé peuvent être sortis du congélateur à ultra-basse température (< -60 °C) et rester à des températures allant jusqu’à 25 °C pendant un maximum de 5 minutes.
  • Les plateaux porte-flacons dont le couvercle a été ouvert, ou les plateaux porte-flacons contenant moins de 195 flacons, peuvent être sortis du congélateur à ultra-basse température (< -60 °C) et rester à des températures allant jusqu’à 25 °C pendant un maximum de 3 minutes.
  • Lorsque les plateaux porte-flacons sont remis au congélateur après avoir été exposés à une température allant jusqu’à 25 °C, ils doivent rester au congélateur pendant au moins 2 heures avant de pouvoir en être de nouveau sortis.

1.5 Transfert des flacons congelés conservés entre -25 °C et -15 °C

  • Les plateaux porte-flacons contenant 195 flacons avec un couvercle fermé peuvent être sortis du congélateur (-25 °C à -15 °C) et rester à des températures allant jusqu’à 25 °C pendant un maximum de 3 minutes.
  • Les plateaux porte-flacons dont le couvercle a été ouvert, ou les plateaux porte-flacons contenant moins de 195 flacons, peuvent être sortis du congélateur (-25 °C à -15 °C) et rester à des températures allant jusqu’à 25 °C pendant un maximum de 1 minute.

Une fois qu’un flacon est extrait du plateau porte-flacon, il doit être décongelé pour être utilisé.

2. Médicament dilué

Après dilution dans une solution injectable de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9 %), la stabilité physico-chimique en cours d’utilisation, y compris durant le transport, a été démontrée pendant 6 heures entre 2 °C et 30 °C. D’un point de vue microbiologique, le produit doit être utilisé immédiatement. À défaut d’une utilisation immédiate, les durées et conditions de conservation en cours d’utilisation relèvent de la responsabilité de l’utilisateur.

3. Précautions particulières de conservation

  • À conserver au congélateur entre -90 °C et -60 °C.
  • À conserver dans l’emballage d’origine, à l’abri de la lumière.
  • Durant la conservation, limiter autant que possible l’exposition à l’éclairage intérieur et éviter toute exposition à la lumière directe du soleil et aux rayons ultraviolets.
  • Les flacons décongelés peuvent être manipulés dans des conditions d’éclairage intérieur.

Manipulation

NDLR. Les seringues et aiguilles pour la reconstitution du vaccin sont données par la pharmacie à usage intérieur (PUI) qui délivre les flacons. Les seringues graduées utilisées, qui sont habituellement d'une contenance de 1 mL, ainsi que les aiguilles pour injection intramusculaire, sont fournies par l'établissement de santé.

Comirnaty doit être préparé par un professionnel de santé en respectant les règles d’asepsie pour préserver la stérilité de la solution préparée.

Ce médicament ne doit pas être mélangé avec d’autres médicaments à l’exception de ceux mentionnés dans cette rubrique.

1. Décongélation avant dilution

  • Le flacon multidose doit être conservé congelé et être décongelé avant dilution. Pour la décongélation, les flacons congelés doivent être placés à une température de 2 °C à 8 °C ; pour une boîte de 195 flacons, la décongélation pourra prendre 3 heures. Les flacons congelés peuvent également être décongelés à une température allant jusqu’à 30 °C pendant 30 minutes pour une utilisation immédiate.
  • Le vaccin non ouvert peut être conservé jusqu’à 5 jours entre 2 °C et 8 °C. Durant les 5 jours de conservation entre 2 °C et 8 °C, il peut être transporté pendant un maximum de 12 heures.
  • Laisser le flacon décongelé atteindre la température ambiante et le retourner délicatement à 10 reprises avant dilution. Ne pas secouer.
  • Avant dilution, la dispersion décongelée peut contenir des particules amorphes opaques de couleur blanche à blanc cassé.

2. Dilution

1,8 mL de solution injectable de chlorure de sodium à 0,9 %

  • Le vaccin décongelé doit être dilué dans son flacon d’origine à l’aide de 1,8 mL de solution injectable de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9 %), en utilisant une aiguille de calibre 21 G (gauge) ou moins et en respectant les règles d’asepsie.

Tirer sur le piston pour extraire 1,8 mL d’air du flacon

  • Avant de retirer l’aiguille du bouchon du flacon, équilibrer la pression du flacon en aspirant 1,8 mL d’air dans la seringue de diluant vide.

  • Retourner délicatement la solution diluée à 10 reprises. Ne pas secouer.
  • Le vaccin dilué doit avoir l’aspect d’une dispersion de couleur blanc cassé, exempte de particules visibles.
  • Éliminer le vaccin dilué si la présence de particules ou une coloration anormale sont observées.

Inscrire la date et l’heure appropriées. Utiliser dans les 6 heures après dilution.

  • La date et l’heure de l’expiration de la solution diluée doivent être inscrites sur les flacons dilués.
  • Après dilution, le produit doit être conservé entre 2 °C et 30 °C et être utilisé dans les 6 heures, temps de transport inclus.
  • Ne pas congeler ni secouer la solution diluée. Si elle est conservée au réfrigérateur, laisser la solution diluée atteindre la température ambiante avant de l’utiliser.

3. Préparation des doses individuelles de 0,3 mL de Comirnaty

  • Après dilution, le flacon contient 2,25 mL, ce qui permet d'extraire 6 doses de 0,3 mL.
  • En utilisant une technique aseptique, nettoyer le bouchon du flacon à l’aide d’une compresse à usage unique imprégnée d’antiseptique.
  • Prélever 0,3 mL de Comirnaty.

Extraction d'une sixième dose.

Des aiguilles et/ou seringues à faible volume mort doivent être utilisées pour extraire 6 doses d’un flacon unique. La combinaison de l’aiguille et de la seringue doit avoir un volume mort ne dépassant pas 35 microlitres.

Si des aiguilles et seringues classiques sont utilisées, le volume risque de ne pas être suffisant pour permettre l’extraction d’une sixième dose d’un flacon unique.

  • Chaque dose doit contenir 0,3 mL de vaccin.
  • Si la quantité de vaccin restant dans le flacon ne permet pas d’obtenir une dose complète de 0,3 mL, jeter le flacon et la solution résiduelle.
  • Éliminer tout vaccin non utilisé dans les 6 heures suivant la dilution. 

Note du 12 mars 2021 : dans certains cas, une 7ème dose peut être extraite d'un flacon avec un matériel approprié.

L'administration du vaccin doit être consignée par le médecin sur le carnet de vaccination ou de santé avec le numéro de lot. Il peut aussi être inscrit par le patient ou son médecin sur un carnet de vaccination électronique.

Remboursement

Vaccination gratuite.

Autres informations

Site de Pfizer-BioNtech sur le vaccin Comirnaty.

1. Données de sécurité précliniques

Les données non cliniques issues des études conventionnelles de toxicologie en administration répétée, et des fonctions de reproduction et de développement n’ont pas révélé de risque particulier pour l’Homme.

1.1 Toxicologie générale

Des rats exposés au vaccin Comirnaty par voie intramusculaire (3 injections de la dose humaine, à une semaine d’intervalle, conduisant à des niveaux d’exposition plus élevés chez le rat du fait des différences de poids corporel) ont présenté des œdèmes et érythèmes au site d’injection, des augmentations des globules blancs (notamment des polynucléaires basophiles et éosinophiles) caractéristiques d’une réponse inflammatoire, ainsi qu’une vacuolisation des hépatocytes de la région portale sans signe de lésion hépatique associé. Ces effets ont été réversibles.

1.2. Génotoxicité - cancérogénicité

Aucune étude de génotoxicité ou de cancérogénicité n’a été réalisée. Il n’est pas attendu que les composants du vaccin (lipides et ARNm) présentent un potentiel génotoxique.

1.3. Toxicité sur la reproduction

La toxicité sur les fonctions de reproduction et de développement a été évaluée chez le rat dans une étude de toxicologie combinée sur la fertilité et le développement, durant laquelle des rates ont été exposées au vaccin Comirnaty, par voie intramusculaire, avant l’accouplement et durant la gestation (4 injections de la dose humaine induisant des niveaux d’exposition plus élevés chez le rat du fait des différences de poids corporel), s’étalant depuis le jour 21 avant l’accouplement jusqu’au jour 20 de la gestation).

Une réponse en anticorps neutralisants dirigés contre le SARS-CoV-2 était présente avant accouplement jusqu’à la fin de l’étude, au jour 21 post-natal, et également chez les fœtus et chez la progéniture au 21ème jour post-natal.

Il n’a pas été observé d’effet lié au vaccin sur la fertilité des femelles, la gestation ou le développement de l’embryon/fœtus ou de la progéniture. Il n’y a pas de donnée disponible concernant le transfert placentaire du vaccin Comirnaty ou son excrétion dans le lait maternel.

Composants non antigéniques

Résumé à l'intention du public

https://urlz.fr/fijx