Les premiers résultats des essais cliniques de phase 3 ont été publiés dans un communiqué du laboratoire Novavax. Efficacité globale contre les formes symptomatiques de covid 19 : 83 % (95 % contre le virus original et 85 % contre le variant britannique). En Afrique du Sud (93 % de variants réputés plus résistants aux anticorps neutralisants), l'efficacité va de 50 % (patients infectés par le VIH) à 60 % (absence d'infection par le VIH).

Description

Vaccin sous-unitaire recombinant à nanoparticules avec adjuvant (Matrix M).

Classe

Inerte
- Protéine recombinante

Composition

Antigène

Protéine S (AgS) exprimée en totalité et sous une forme stabilisée.

Des trimères se sont formés, comme ils se forment à la surface du virus, et ont été insérés dans des nanoparticules.

Un adjuvant (Matrix-M™) est ajouté à la préparation. Testé dans des candidats vaccins contre la grippe, des adjuvants de ce type (Matrix-M™, Iscomatrix™) permettent d'induire des anticorps contre des épitopes (des parties d'antigènes) plus nombreux, qui restent "cachés" en l'absence d'adjuvant, et d'obtenir ainsi une réponse neutralisante plus puissante, élargie à des virus grippaux autres que celui qui était inclus dans le vaccin.

Matrix-M™ se présente sous forme de nanoparticules composées de saponine (extraite de l'arbre Quillaja saponaria ou "bois de Panama", ou "bois à l'écorce de savon"), de cholestérol et de phospholipides.

Indications

Essais cliniques en cours.

Publication en février 2021 des premiers résultats des essais cliniques de phase 3 (communiqué du laboratoire).

Phase 1/2

  • NCT04368988
    • Les résultats de l'expérimentation animale évaluant l'immunogénicité et l'efficacité protectrice du vaccin NVX-CoV2373 ont été publiés le 23 octobre 2020 dans la revue Vaccine (doi : 10.1016/j.vaccine.2020.10.064). Cette étude sur Macaques de Cynomolgus (Macaca fascicularis) a montré qu'après l'administration intranasale du vaccin et infection intratrachéale par le sARS-CoV-2, les macaques immunisés étaient protégés contre les infections "hautes" et "basses" et l'atteinte pulmonaire. Ces résultats ont soutenu l'étude (NCT04368988) dont les premiers résultats sont décrits ci-dessous;
    • Les résultats obtenus au cours des 35 premiers jours de l'étude de phase 1/2 enregistrée sous la référence NCT04368988 ont été publiés dans le revue New England Journal of Medicine (DOI: 10.1056/NEJMoa2026920).

    Cette étude évaluait la tolérance et l'immunogénicité du vaccin NVX-CoV2373, un vaccin sous-unitaire recombinant nanoparticulaire composé de la protéine spike avec son domaine transmembranaire du virus SARS-CoV-2 avec adjuvant à base de saponine (Matrix-M1). L’étude était un essai randomisé en double aveugle contrôlé par placebo, évaluant la tolérance et l'immunogénicité du vaccin NVX-CoV2373. Elle a inclus 131 sujets (âge moyen  30,8 +/- 10,2, 49,6% de femmes) naïfs vis-à-vis du SARS-CoV-2 : 23 ont reçu un placebo (groupe A), 25 ont reçu le vaccin à 25µg non adjuvé à J0 et J21 (groupe B), 29 ont reçu le vaccin adjuvé à 5 µg à J0 et J21 (groupe C), 28 ont reçu le vaccin adjuvé à 25 µg à J0 et J21 (groupe D), 26 ont reçu le vaccin à 25µg en injection unique (groupe E). Le vaccin était administré par voie intramusculaire.

    Les auteurs concluent qu’au 35éme jour, (1) le vaccin NVX-CoV2373 semble sûr, (2) qu’il a entraîné des réponses immunitaires qui ont dépassé les niveaux du sérum de convalescents du Covid-19, et (3) que l'adjuvant Matrix-M1 a induit une réponse cellulaire T CD4 orientée vers un phénotype Th1. Les résultats sont présentés dans les paragraphes « effets indésirables » et « pharmacodynamique » ci-dessous.

    Phase 2

    Phase 3

Posologie

Deux doses : J0, J21.

Dans les essais précliniques de vaccination contre le SARS-CoV-2 effectués chez le Macaque, l'adjuvant a permis d'obtenir une immunité stérilisante avec une dose très faible d'antigène S : 5 µg ont suffi pour empêcher totalement la réplication du virus au niveau des voies respiratoires inférieures et supérieures chez des animaux vaccinés depuis 38 jours auxquels le virus a été inoculé expérimentalement. Aucun des autres vaccins développés contre la covid 19 n'a permis d'obtenir un tel résultat.

Mode d'administration

Ce vaccin est administré par voie intramusculaire.

Effets indésirables

Étude de tolérance

  • Les résultats obtenus au cours des 35 premiers jours de l'étude de phase 1/2 enregistrée sous la référence NCT04368988 ont été publiés dans le revue New England Journal of Medicine (DOI: 10.1056/NEJMoa2026920). La tolérance clinique a été évaluée quotidiennement pendant les 7 jours suivant les injections, puis suivie jusqu’à J35. La tolérance biologique a été évaluée au 7éme jour après injection. Aucun événement indésirable grave n’a été rapporté. Après la première vaccination la fréquence des réactions locales étaient respectivement de 0%, 4%, 11%, 16% et 12% dans les groupes A, B, C, D et E et celle des réactions systémiques était respectivement de 9%, 8%, 4%, 32% et 11%. Après la seconde injection ces fréquences étaient respectivement de 0%, 0%, 35%, 33% et 0% pour les réactions locales et de 14%, 16%, 27%, 42% et 4% pour les réactions systémiques. La douleur et une sensibilité étaient les EI locaux les plus fréquents. Elles semblent plus fréquentes avec les vaccins adjuvés : leurs fréquences lors de la seconde injection de l’ordre de 70% à 80% avec les vaccins adjuvés étaient de 10 à 15% dans le groupe placebo et dans le groupe recevant un vaccin non adjuvé. Les EI systémiques les plus fréquents étaient la fatigue, les céphalées et les myalgies. Ils paraissent associés aux vaccins adjuvés. Une seule réaction fébrile a été notifiée. De rares anomalies biologiques transitoires sans retentissement clinique ont été relevées : chute du taux d’hémoglobine sans hémolyse chez 5% des sujets, élévation des enzymes hépatiques chez 3% des sujets.

Essai de phase 3 au Royaume-Uni.

L'analyse de sécurité retrouve les résultats des phases antérieures : on a observé 1,1 % d'évènements "sévères" dans le groupe "vaccin" contre 0,7 % dans le groupe "placébo", et 0,4 % d'évènements "graves" dans les deux groupes.

Pharmacodynamie

Étude d'immunogénicité

  • Les résultats obtenus au cours des 35 premiers jours de l'étude de phase 1/2 enregistrée sous la référence NCT04368988 ont été publiés dans le revue New England Journal of Medicine (DOI: 10.1056/NEJMoa2026920).

La réponse humorale a été évaluée par quantification des anticorps de type IgG dirigés contre la protéine spike en ELISA à J0, J7, J21, J28 et J35, les résultats ayant été exprimés en moyenne géométrique (MG) des unités ELISA. A J0, ces MG étaient comprises entre 105 à 116. A J21, elles étaient respectivement de 1 984, 2 626 et 3 317 dans les groupes C, D, E (vaccins avec adjuvant). A J28, dans les groupes C et D ces taux étaient de 15 319 et 20 429 et atteignaient 63 160 et 47 521 à J35. Il n’y avait pas de différence de la réponse aux vaccins adjuvés en fonction de la dose d’antigènes. Dans un groupe témoin constitué de convalescents du COVID-19, le taux moyen d’IgG qui était de 8 344, était de 1 661 chez les asymptomatiques, de 7 420 chez les patients symptomatique ambulatoires, et de 53 391 chez les hospitalisés. Un test de microneutralisation vis à vis du SARS-CoV-2 « sauvage » a été pratiqué à J0, J21 et J35. A J21 les MG des taux d’anticorps neutralisants à 99% dans le groupe vacciné avec adjuvant (103,3, 126,2 et 117,8 dans les groupes C, D et E) était 5 fois supérieures aux MG du groupe recevant un vaccin non adjuvé. A J35 les MG passent à 3 906 et 3 305 pour les groupes C et D. Dans le groupe témoin de convalescents le taux moyen était de 983 ; il était respectivement de 254, 837 et 7457 chez les asymptomatiques, les symptomatiques traités en ambulatoires et les hospitalisés. Les taux d’IgG et d’anticorps neutralisants sont corrélés pour les vaccins adjuvés à J35 mais pas pour le vaccin non adjuvé.

La réponse cellulaire a été évaluée ex-vivo par la production de cytokines des lymphocytes T CD4 vis-à-vis de la protéine spike à J28. L’essai a mis en évidence une réponse de type TH1.

La dose de 5 µg d'antigène étant apparue suffisante, elle a été retenue pour les essais de phase 3.

Celui qui est mené au Royaume Uni a inclus près de 15 000 participants,  7 016 dans un groupe "vaccin" (2 doses) et 7 033 dans un groupe "placébo". Il a analysé les cas de covid 19 bénigne, modérée ou grave, avec RT-PCR positive, diagnostiqués à partir du 7ème jour après la seconde injection. Six cas ont été observés parmi les participants vaccinés, contre 56 parmi ceux qui ont reçu le placébo.

L'efficacité globale de protection est ainsi estimée à 89,3 %.

Sur la période étudiée, le variant 501Y.V1 ("variant anglais", B.1.1.7) est devenu de plus en plus fréquent : il a été responsable de 32 des 62 cas de covid 19. Une analyse a posteriori a montré que l'efficacité de protection avait été de près de 95 % contre le virus original, et d'environ 85 % contre le variant. 

Un essai de phase 2b mené en Afrique du Sud, où un autre variant du SARS-CoV-2 (501Y.V2 ou B.1.351) circule activement, a donné des résultats importants.

Il a mis en évidence que les personnes ayant fait une première infection avec le virus original, et présentant donc une sérologie positive au moment de leur inclusion dans l'essai (30 % des volontaires), pouvaient être infectées par le variant aussi fréquemment que des personnes jamais infectées. L'immunité acquise contre le premier virus ne suffit donc pas à empêcher une nouvelle infection par un virus antigéniquement trop différent. Ce constat fait craindre que les vaccins développés à partir du virus original soient inefficaces contre des virus mutés comme 501Y.V2.

Bien que 93 % des infections observées chez les participants à l'essai aient été attribuées au variant (cette proportion reste à confirmer sur un échantillon plus nombreux), l'efficacité du vaccin contre les formes symptomatiques d'infection a été évaluée à 49,4 %, et même à 60,1 % lorsqu'on ne prend en compte que les personnes non infectées par le VIH.