Chikungunya

Dernière mise à jour le Dimanche 28 Décembre 2025

Arrêté du 19 décembre 2025 : le vaccin VIMKUNYA (vaccin non vivant) est agréé aux collectivités (hôpitaux, centres de vaccination...). Ce vaccin peut donc maintenant être référencé dans les centres de vaccinations internationales publics. La TVA appliquée sur ce vaccin passe de 10 % à 2,10 %.

Le 27 juin 2025. Recommandations vaccinales pour les voyageurs.

Le 17 juin 2025. Le vaccin VIMKUNYA est disponible en pharmacie.

Le 26 avril 2025 (ministère de la santé) : en raison d'un risque de maladie vaccinale récemment identifié chez 3 personnes âgées de 80 ans et plus, les personnes âgées de 65 ans et plus (résidents à La Réunion ou à Mayotte et voyageurs) ne doivent plus recevoir le vaccin IXCHIQ.

Le vaccin IXCHIQ a obtenu son agrément aux collectivités le 11 avril 2025. 

Une campagne de vaccination contre le chikungunya a débuté le 7 avril 2025 à La Réunion. La population éligible a évolué au cours du temps (personnes âgées de 18 à 64 ans présentant des comorbidités ou maladies chroniques (hypertension artérielle, diabète, maladies cardiovasculaires, respiratoires, rénales, hépatiques et neurovasculaires...).

Le 22 avril 2025, début de la vaccination à Mayotte pour les 18-64 ans avec des comorbidités.

Le 28 février 2025 : autorisation de mise sur le marché du vaccin VIMKUNYA, vaccin non vivant qui peut être administré chez les personnes immunodéprimées (contrairement au vaccin IXCHIQ).

1. Cause

Le chikungunya est causé par le virus du chikungunya (CHIKV), un alphavirus de la famille des Togaviridae. Ce virus est transmis à l’homme principalement par les piqûres de moustiques du genre Aedes, notamment Aedes aegypti et Aedes albopictus.

2. Répartition géographique

Régions endémiques
  • Afrique subsaharienne (lieu d’origine du virus).
  • Asie du Sud et du Sud-Est.
  • Océan Indien (épidémie majeure à La Réunion en 2005-2006).
  • Caraïbes et Amérique latine.
Propagation mondiale
  • Avec l’expansion de Aedes albopictus, le chikungunya peut désormais apparaître dans des régions non tropicales, y compris en Europe (ex. Italie et sud de la France).

3. Clinique

Symptômes principaux

  • Fièvre élevée d'apparition brutale.
  • Douleurs articulaires intenses (arthralgies), pouvant devenir chroniques.
  • Céphalées, éruptions cutanées, myalgies.

Complications

  • Rarement mortel, mais peut entraîner des formes graves chez les personnes âgées, immunodéprimées ou présentant des comorbidités.
  • Des douleurs articulaires chroniques peuvent persister plusieurs mois ou années après l'infection.

4. Diagnostic

Diagnostic clinique

  • Évocation devant l’apparition soudaine de fièvre et de douleurs articulaires dans un contexte épidémique ou après un séjour en zone à risque.

Diagnostic biologique

  • RT-PCR : Détection directe du génome viral (phase aiguë).
  • Sérologie : Détection d’IgM et d’IgG spécifiques (phase tardive).

5. Traitement curatif

  • Pas de traitement antiviral spécifique.
  • Prise en charge symptomatique :
    • Antipyrétiques et antalgiques (paracétamol).
    • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour les douleurs articulaires persistantes (après exclusion de la dengue, pour éviter le risque hémorragique).
    • Réhydratation en cas de forte fièvre ou déshydratation.

6. Prévention

Lutte antivectorielle

  • Élimination des gîtes larvaires (eaux stagnantes).
  • Utilisation de répulsifs, moustiquaires, vêtements couvrants.
  • Sensibilisation des populations locales et des voyageurs.

Surveillance épidémiologique

  • Détection rapide des cas pour limiter la propagation.

En résumé, le chikungunya est une maladie virale invalidante, transmise par des moustiques largement répandus dans les régions tropicales et subtropicales. La prévention repose principalement sur la lutte contre les moustiques et les mesures de protection individuelles, et depuis peu sur la mise à disposition d'un nouveau vaccin.

Les recommandations vaccinales

Il existe deux vaccins contre le chikungunya autorisés dans les pays de l'Union européenne : le vaccin IXCHIQ et le vaccin VIMKUNYA.

Le vaccin IXCHIQ (autre dénomination : VLA1553), du laboratoire VALNEVA, est autorisé dans l'Union européenne depuis le 28 juin 2024 et disponible en France depuis le 18 novembre 2024.

Ce vaccin est indiqué dans l’immunisation active pour la prévention de la maladie causée par le virus du chikungunya chez les personnes âgées de 18 ans ou plus. S'agissant d'un vaccin vivant, il est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées.

Des recommandations vaccinales sur la vaccination contre le chikungunya à Mayotte et à La Réunion ont été publiées par la Haute Autorité de santé dans le contexte d'une épidémie. Le 26 avril 2025, en raison d'un risque de maladie vaccinale récemment identifié chez trois personnes âgées de 80 ans et plus, le ministère de la Santé a demandé que les personnes âgées de 65 ans et plus (résidant à La Réunion ou à Mayotte, ainsi que les voyageurs à destination d'une zone à risque de chikungunya) ne reçoivent plus le vaccin IXCHIQ. Après avis d'un groupe d'experts, le vaccin conserve son autorisation européenne chez les 65 ans et plus.

Le vaccin VIMKUNYA est autorisé dans l'Union européenne depuis le 28 février 2025. Il s'agit d'un vaccin non vivant à pseudo-particules virales, qui peut être administré chez les personnes immunodéprimées. Ce vaccin n'étant pas vivant, il n'est pas associé à un risque de maladie vaccinale.

Les recommandations particulières

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande que le vaccin IXCHIQ soit utilisé dans les territoires de La Réunion et de Mayotte, en priorisant le territoire de La Réunion dans un premier temps, où sévit une épidémie.

Compte tenu du caractère prolongé d’une immunité naturelle, et en raison d’un nombre limité de doses disponibles, la HAS recommande de vacciner en priorité les personnes à risque de formes graves, n’ayant jamais eu de diagnostic clinique ou biologique d’infection par le virus du chikungunya (sur la base de l’anamnèse du patient), sans toutefois recommander un dépistage pré-vaccinal. En cas de doute sur une infection antérieure par le virus du chikungunya, une sérologie avec un test ELISA IgG pourra être réalisée.

Les groupes de population à prioriser pour la vaccination, en tenant compte du nombre de doses de vaccin IXCHIQ disponibles à court terme et mobilisables à moyen terme, dans un ordre de priorité sont les suivants :

  • personnes âgées de 65 ans et plus, notamment celles avec comorbidités (hypertension artérielle, diabète, maladies cardiovasculaires, maladies respiratoires, maladies rénales, maladies hépatiques et maladies neurovasculaires) ;
  • personnes âgées de 18 à 64 ans avec comorbidités.

De plus, en raison d’une exposition plus élevée aux moustiques des professionnels de la lutte antivectorielle du fait de leur profession et de leur rôle indispensable dans la gestion de l’épidémie, la HAS préconise que cette catégorie de population soit également prioritaire à la vaccination à court terme.

À ce stade, la HAS ne recommande pas l'utilisation du vaccin IXCHIQ chez la femme enceinte.

La HAS rappelle que s’agissant d’un vaccin vivant atténué, la vaccination par IXCHIQ est contre-indiquée chez les personnes immunodéprimées. Il convient de toujours disposer d’un traitement médical approprié et de surveiller la personne vaccinée
en cas de réaction anaphylactique après l’administration du vaccin. Une surveillance étroite d’au moins 15 minutes est recommandée après la vaccination.

Il est important de souligner qu’à la suite de la vaccination, les personnes vaccinées pourront présenter des signes cliniques similaires à une infection naturelle par le virus du chikungunya (syndrome « CHIKLike »), pendant une période au moins égale à la durée de la virémie vaccinale.

Les personnes qui pourront bénéficier de la vaccination présenteront une séroconversion suffisante à partir de 14 jours post-vaccination.

Aussi, la HAS souligne que les sujets vaccinés par IXCHIQ doivent continuer à appliquer des mesures de protection individuelle à l’égard des piqûres de moustiques (répulsifs, vêtements longs, moustiquaires…) ; la lutte antivectorielle reste le moyen de prévention essentiel.

La HAS insiste sur l’importance de conduire rapidement des études en vie réelle permettant de documenter l’efficacité et la sécurité du vaccin IXCHIQ en population générale.

Les recommandations pour les voyageurs

Nouvelles recommandations vaccinales pour les voyageurs en juin 2025.

Voir le résumé des recommandations dans le Tableau 1 ci-dessous.

Situations justifiant une évaluation de la vaccination

Séjour en zone à risque élevé

En cas de séjour dans une zone où une épidémie est avérée, ou en cas de séjour prolongé (plus de 6 mois), d’expatriation ou de séjours répétés dans une zone où une circulation active du virus a été observée au cours des deux dernières années.

En cas d’expatriation, la durée de protection actuellement connue des vaccins peut guider la décision vaccinale et les conseils aux voyageurs :

  • Ixchiq : durée de protection estimée à 2 ans
  • Vimkunya : durée de protection estimée à 6 mois

Recommandations selon les populations

Personnes âgées de plus de 65 ans

En particulier celles présentant des comorbidités :

  • Si possible, différer le séjour
  • Dans le cas contraire, la vaccination est à envisager :
    • Vimkunya : une dose vaccinale
  • Dans l’attente de données complémentaires de pharmacovigilance, la vaccination par Ixchiq n’est pas recommandée dans cette tranche d’âge

Personnes âgées de 12 à 65 ans avec comorbidités

  • Si possible, différer le séjour
  • Dans le cas contraire :
    • Personnes immunocompétentes :
      • La vaccination par Vimkunya est recommandée
      • À défaut, la vaccination par Ixchiq peut être envisagée
    • Personnes immunodéprimées :
      • La vaccination par Vimkunya est recommandée

Personnes âgées de 12 à 65 ans sans comorbidité ni immunodépression

  • La vaccination peut être envisagée, notamment :
    • Chez les personnes de plus de 45 ans présentant des arthralgies préexistantes
    • Chez les femmes ayant un projet de grossesse
  • Vaccins possibles : Ixchiq ou Vimkunya

Femmes enceintes

  • Si possible, différer le séjour
  • Dans le cas contraire :
    • Les données disponibles sont limitées concernant l’utilisation des vaccins contre le chikungunya
    • Elles ne permettent pas d’exclure des effets potentiels sur :
      • la grossesse
      • le développement embryonnaire ou fœtal
      • l’accouchement
      • le développement post-natal
      • l’enfant allaité
    • Ixchiq et Vimkunya ne sont donc pas recommandés
    • Un renforcement des mesures de protection personnelle anti-vectorielle (PPAV) doit être très fortement conseillé, en particulier en fin de grossesse

Séjours de courte durée

Séjour de moins de 6 mois

En cas de séjour de moins de 6 mois dans une zone où une circulation active du virus a été observée au cours des deux dernières années :

  • La vaccination n’est pas recommandée

Antécédent de chikungunya

Compte tenu de l’immunité de longue durée conférée par la maladie :

  • La vaccination n’est pas nécessaire chez les personnes ayant un antécédent de chikungunya
  • Un dépistage sérologique pré-vaccinal n’est pas nécessaire

Tableau 1 : Résumé des recommandations des vaccins Ixchiq et Vimkunya selon l’âge et les comorbidités

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  1. Comorbidités : hypertension artérielle, diabète, maladies cardiovasculaires, maladies respiratoires, maladies neurovasculaires
  2. Balance bénéfice/risque à évaluer en tenant compte des effets indésirables rares mais graves observés chez des personnes très âgées et comorbides ; risque ne pouvant pas être complétement exclu chez les personnes de moins de 65 ans très fragiles
    médicalement. Les données concernant le profil de tolérance actualisé sont accessibles via le lien suivant :
    https://www.adrreports.eu/fr/search.html#
  3. Particulièrement chez les personnes de plus de 45 ans présentant des arthralgies préexistantes et les femmes ayant un projet de grossesse
  4. Prendre en compte la durée de protection actuellement connue (Ixchiq : 2 ans ; Vimkunya : 6 mois) dans le choix du vaccin.

Le schéma vaccinal

Adolescents et adultes

  • IXCHIQ : une dose unique de 0,5 mL à partir de l'âge de 12 ans. La nécessité d’une revaccination n’a pas été établie.
  • VIMKUNYA : une dose unique de 0,8 mL à partir de l'âge de 12 ans.

Population pédiatrique

La sécurité et l’efficacité de ces vaccins chez les enfants âgés de moins de 12 ans n’ont pas été établies.

Les données épidémiologiques

  • Epidémie en 2025 à La Réunion et à Mayotte.

Les données de couverture vaccinale

Aucune donnée de couverture vaccinale pour l'instant.

Références

Vaccins contre cette maladie