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Exposition accidentelle au virus Ebola dans un laboratoire de très haute sécurité de type P4, en Hongrie Médecine des voyages

Publié le 28 avr. 2018 à 09h47

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

En Hongrie, le 13 Avril 2018, un scientifique hongrois à l'Institut national de santé publique  Laboratoire national de sécurité (niveau 4 de biosécurité en laboratoire) a été accidentellement exposé au virus Ebola, tout en portant un équipement de protection individuelle approprié.

Les autorités hongroises ont demandé l'appui de l'Organisation mondiale de la santé qui a facilité les expéditions dans les 24 heures de vaccin Ebola expérimental (rVSV ZEBOV), et dans les 48 heures les traitements expérimentaux et leurs protocoles (Remdesevir et zmapp).

Le scientifique a été immédiatement mis en isolement selon des procédures normalisées d'exploitation dans l'hôpital Pest South Centrum, Institut national d'hématologie et d'infectiologie à Budapest.

L'état de santé du  scientifique est suivi de près par les autorités compétentes et à ce stade, la personne ne montre aucun symptôme à part une réaction attendue au vaccin.

Le risque de propagation est considéré comme très faible. Les protocoles de sécurité ont été mis en œuvre immédiatement après l'incident.

Rappels sur la maladie à virus Ebola

La maladie à virus Ebola est une fièvre hémorragique foudroyante qui touche l'homme et les primates. Son apparition chez l'homme semble récente (premier cas recensé en 1976) bien que l'on retrouve chez certaines populations africaines des traces d'anticorps. Les épidémies trouvent leur origine chez les grands singes de la forêt équatoriale ; ceux-ci sont contaminés par des fientes ou des morsures de trois espèces de chauves-souris frugivores qui sont porteuses du virus sans en présenter les symptômes.

Les habitants en lisière de forêt vivent en grande partie de la chasse des grands singes, voire même des chauves-souris. Ils sont contaminés par contact avec le sang du gibier lors de sa manipulation ou lors de sa consommation. La transmission du virus peut aussi s'effectuer par contacts étroits du malade avec ses proches (transmission interhumaine) à l'occasion des soins ou des rites funéraires.

Le taux moyen de létalité de la maladie à virus Ebola est d'environ 50%. Les taux de létalité ont varié de 25% à 90% lors des épidémies précédentes.

Les premières épidémies de maladie à virus Ebola se sont produites dans des villages reculés d'Afrique centrale, à proximité de forêts tropicales humides. L'épidémie de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest concernait les grandes zones urbaines ainsi que les zones rurales.

Les premiers soins de soutien avec réhydratation, traitement symptomatique améliore la survie. Il n'existe pas encore de traitement homologué capable de neutraliser le virus, mais une gamme de thérapies sanguines, immunologiques et médicamenteuses est en cours de développement.

Sources : European Centre for Disease Prevention and Control ; Organisation mondiale de la santé ; Médias locaux ; Autorités sanitaires hongroises.


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