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Augmentation de l’incidence de l’anaplasmose dans le Vermont aux Etats-Unis Médecine des voyages

Publié le 28 mai 2018 à 14h35

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Etats-Unis, le Département de la santé du Vermont met en garde contre l'augmentation de l'incidence de l'anaplasmose, maladie transmise par les tiques, qui semble affecter les populations de plus de 50 ans. En 2017 avec près de 400 cas, le nombre a doublé par rapport à l'année 2016. Alors qu'en 2008 il y avait 3 à 4 cas par ans, depuis 2010 le nombre n'a cessé d'augmenter chaque année.

Rappel sur l'anaplasmose

L'anaplasmose,  anciennement connue sous le nom d'ehrlichiose granulocytaire humaine, est une maladie infectieuse bactérienne transmise par les tiques. La tique, transmet à l'homme Anaplasma phagocytophilum, un pathogène intracellulaire de la famille des Rickettsiae. La bactérie cible particulièrement les leucocytes polynucléaires où elle s'installe de façon intracellulaire.

La maladie, qui peut être asymptomatique, s'exprime (une à trois semaines après la morsure de tique) par un syndrome grippal aigu et non spécifique (avec fièvre dans 98 % des cas), céphalées (81 % des cas), myalgies (68 % des cas) et signes digestifs possibles (anorexie, nausées, vomissements, maux de ventre dans 50 % des cas environ), ou conjonctivite. Parfois, des pharyngites, une toux ou des lymphadénopathies sont observées (25 % des cas), avec aussi un état confusionnel dans environ 25 % des cas.

La Doxycycline est le traitement de première ligne pour les adultes et les enfants en fonction de l'âge.

Recommandations pour le voyageur : 

  • il n'existe pas de vaccin contre l'anaplasmose ;
  • les zones à risque comprennent les zones boisées, les landes, les parcs et les jardins avec des animaux sauvages ;
  • les tiques sont plus fréquentes d'avril à octobre ;
  • Des activités telles que le camping, les pique-niques, la randonnée pédestre et le cyclisme peuvent augmenter les risques.

La prophylaxie de cette maladie  à transmission vectorielle repose uniquement sur la prévention des piqûres de tique :

  •  Port de vêtements longs, au mieux imprégnés d'un pyréthrinoïde de synthèse ;
  •  Utilisation des répulsifs cutanés, principalement à base de DEET à une concentration supérieure à  20% ;
  •  Surveillance corporelle systématique au retour de promenade en campagne pour retirer les tiques.

En raison des difficultés diagnostiques, en cas de fièvre dans les jours suivant une promenade à risque de piqûres de tiques, il convient de rappeler cette promenade. Chez le splénectomisé, anaplasmose et babésiose sont particulièrement graves et doivent faire l'objet d'une prise en charge rapide.

Référence : Vikse J, Klos J, Berg A. A travelling camper with a spiking fever, headache, myalgia, hepatitis, and intracellular inclusions, The Lancet Infectious Diseases 2017; 17 (12):1318. DOI: http://dx.doi.org/10.1016/S1473-3099(17)30305-5

Source : Promed.


Référence principale :