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Foyer épidémique de botulisme en Alaska après consommation de nageoire de baleine Médecine des voyages

Publié le 24 mar. 2019 à 08h13

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Etats-Unis, dans un rapport récent, des responsables de la santé en Alaska ont notifié un foyer épidémique de botulisme en janvier 2019 qui a touché plusieurs personnes et provoqué un décès.

Le 2 janvier 2019, la section d'épidémiologie de l'Alaska (SOE) a reçu un rapport faisant état de 3 adultes, vivant à Nome, qui se sont présentés au service des urgences de l'Hôpital régional du Norton Sound avec des nausées, des vomissements, des vertiges et une vision double. Les 3 patients avaient participé à un potluck (repas où chaque convive est censé apporter un plat à partager avec le groupe) le 1er janvier 2019.

Les résultats de l'enquête ont montré que 9 des 14 personnes qui ont mangé des aliments au potluck ont signalé au moins un symptôme compatible avec le botulisme. Quatre ont présenté des symptômes suffisamment graves pour justifier une observation ou une hospitalisation plus minutieuses et ont reçu de l'antitoxine botulinique heptavalent (HBAT) et ont été transférés au Alaska Native Medical Center

Les tests de laboratoire ont identifié la toxine botulique de type E sur une nageoire de baleine consommée lors du repas et dans 2 échantillons de sérum de patients.

Rappels sur le botulisme.

L'agent pathogène impliqué dans le botulisme est une bactérie appelée Clostridium botulinum. C'est la toxine extrêmement puissante qu'elle synthétise qui est responsable de la maladie. Sur les sept types de botulisme connus aujourd'hui, quatre (les types A, B, E et plus rarement F) affectent l'homme. 

La toxine se développe notamment dans les aliments mal conservés, et la maladie résulte en général d'une intoxication alimentaire. Si le botulisme est rare, sa mortalité reste élevée quand le traitement n'est pas immédiat.

Le botulisme se déclare après une incubation de quelques heures à quelques jours, en fonction du mode de contamination. En général, les personnes ayant partagé les mêmes aliments manifestent des symptômes identiques, mais avec une gravité variable. Ceux-ci débutent par une atteinte oculaire (défaut d'accommodation, vision floue), une sécheresse de la bouche accompagnée d'un défaut de déglutition voire d'élocution, puis d'une parésie à une paralysie des muscles. Dans les formes avancées, ils évoluent vers une paralysie descendante des membres et des muscles respiratoires. C'est cette insuffisance respiratoire qui entraîne le décès. 

Le traitement du botulisme est essentiellement symptomatique et requiert, dans les formes sévères, des soins respiratoires intensifs avec ventilation assistée. 

La prévention du botulisme alimentaire repose sur l'application de bonnes pratiques dans la préparation des aliments, notamment pour ce qui concerne la conservation et l'hygiène. Le botulisme peut être prévenu par l'inactivation des spores bactériennes dans les produits ou les conserves stérilisés à la chaleur (par autoclavage, par exemple) ou encore par inhibition de la croissance bactérienne dans d'autres produits. La pasteurisation à chaud industrielle (produits pasteurisés conditionnés sous vide, produits fumés à chaud) peut ne pas suffire pour détruire toutes les spores.

Source : Outbreak News Today.


Maladie : Botulisme

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