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Mise à jour sur la situation du monkeypox en Afrique Médecine des voyages

Publié le 8 avr. 2019 à 08h01

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé dans un suivi sur la situation du monkeypox en Afrique en 2018, plusieurs pays signalent encore des cas en 2019.

Les autorités sanitaires ont notifié 3 cas dont un confirmé, à Ippy au cours de la semaine se terminant le 3 mars 2019. Depuis le 2 octobre 2018, des grappes de cas ont été identifiées dans trois districts de santé : district de Mbaiki avec 9 cas dont 8 confirmés, district de Bangassou avec 5 cas dont 3 confirmés, et district de Bossembele avec 4 cas dont 3 confirmés. Un décès a été notifié à Bossembele.

Les autorités sanitaires ont notifié des cas de monkeypox depuis février 2019. Deux échantillons du village de Makontipoko dans le district de Gambona, ont été testés positif à l'INRB-Kinshasa par technique de biologie moléculaire (PCR OPX).

Les autorités sanitaires ont notifié, au cours de la semaine du 25 février au 3 mars 2019, 90 nouveaux cas suspects, dont 2 décès. Les cas de monkeypox ont été confirmés dans les divisions provinciales de la santé de l'Équateur, du Nord-Oubangi et du Sud-Oubangi.

  • Au Nigeria : Depuis le début de l'épidémie, 311 cas dont 132 confirmés et sept décès ont été notifiés.

Les autorités sanitaires ont notifié, en janvier 2019, six nouveaux cas suspects dans 6 États. Trois ont été confirmés dans les États de Rivers (1 cas) et Bayelsa (2 cas). Depuis septembre 2017, 26 États ont signalé des cas suspects et 17 ont signalé un cas confirmé. L'État de Rivers est le plus touché.

Rappels sur le monkeypox

Le monkeypox est une maladie largement auto-limitante, c'est-à-dire une maladie qui se résout elle-même. Des éruptions cutanées vésiculaires généralisées, de la fièvre et un gonflement douloureux des mâchoires sont des symptômes caractéristiques associés à une infection. Bien qu'il n'y ait pas de médicament spécifique pour traiter la maladie, lorsque des soins de soutien intensifs sont fournis, pratiquement tous les patients se rétablissent complètement, comme nous l'avons vu avec la flambée actuelle.

Le virus monkeypox est un membre du genre Orthopoxvirus dans la famille des Poxviridae. Les singes ne sont pas les réservoirs du virus. Les principaux réservoirs suspects sont des rongeurs, comme les écureuils (Funisciurus sp. un rongeur arboricole), et des rongeurs terrestres (genres Cricetomys et Graphiurus).

L'infection résulte d'un contact direct avec le sang, les fluides corporels, ou des éruptions cutanées d'animaux infectés (manipulation de macaques infectés, ou de rongeurs).

La transmission secondaire d'humain à humain, résulte d'un contact étroit avec les excrétions des voies respiratoires infectées, avec les lésions de la peau d'une personne infectée ou avec des objets contaminés récemment.

Après une période d'incubation de 6 à 16 jours, la période de l'invasion (0-5 jours), est caractérisée par de la fièvre, des maux de tête intenses, une lymphadénopathie (gonflement des ganglions lymphatiques), des douleurs musculaires. Puis survient une éruption cutanée sur le visage (dans 95% des cas), sur les paumes des mains et la plante des pieds (75%) et presque simultanément sur le corps. L'éruption se manifeste par des maculopapules (lésions avec un fond plat), puis des vésicules (petites cloques remplies de liquide), et des pustules, suivies par des croûtes. Les symptômes de la variole du singe durent habituellement de 14 à 21 jours.

Le virus est transmis par un animal infecté ou par contacts avec des éruptions cutanées, du sang ou les fluides corporels de l'animal. Le virus peut aussi être transmis personne à personne par contact et le contact respiratoire ou direct avec la literie ou les vêtements contaminés.

Il n'y a pas de traitement spécifique pour monkeypox.

Avis de l'Organisation mondiale de la santé

Depuis un peu plus d'un an se propage sur un grand territoire d'Afrique subsaharienne une maladie peu connue qui n'avait pas resurgi depuis des décennies. Cousine de la variole (la petite vérole, smallpox en anglais, la terrible virose éradiquée depuis 1980) l'orthopoxvirose simienne (monkeypox) inquiète l'Organisation mondiale de la santé qui lui a consacré plusieurs pages de son Relevé épidémiologique hebdomadaire

Depuis 2016, des cas d'orthopoxvirose simienne ont été confirmés au Libéria, au Nigéria, en République Centrafricaine, en République du Congo, en République Démocratique du Congo et en Sierra Leone, ainsi que parmi des chimpanzés en captivité au Cameroun.

Cette zoonose suscite une inquiétude croissante au point de figurer dans la liste des maladies prioritaires 2018 de l'Organisation mondiale de la santé, comme pathologie émergente exigeant une évaluation rapide du potentiel de riposte.  

On sait qu'elle se manifeste surtout dans les forêts tropicales humides d'Afrique de l'Ouest et centrale et que la transmission se fait par les gouttelettes respiratoires ou les lésions qui contiennent le virus. 

On connait sa clinique, proche de la variole, mais on ne lui connait pas de traitement curatif. Si smallpox avait une transmission exclusivement interhumaine, monkeypox a probablement de multiples réservoirs animaux mais ils ne sont tous identifiés.

La maladie peut être confondue avec la varicelle par les professionnels de santé qui la  connaissent très peu ou pas du tout et ne savent pas comment éviter sa propagation. 

Proposition de plan de riposte

Afin de préparer la riposte, outre les progrès sur la connaissance de la maladie, l'Organisation mondiale de la santé préconise :

  • des formations locales ;
  • le renforcement des capacités de détection avec l'appui de centres de référence ;
  • le suivi des cas confirmés. 

Après son éradication en 1980, on a cessé de vacciner contre la variole. Or le vaccin conférait une protection croisée vis à vis du monkeypox. On constate aujourd'hui 10% de létalité parmi les sujets non vaccinés. 

La réutilisation du vaccin antivariolique est donc une des pistes envisagées par l'Organisation mondiale de la santé.

La collaboration transfrontalière et entre les secteurs de la santé humaine et animale sera indispensable et plus globalement, les facteurs évoqués étant également la déforestation et les mouvements de populations, l'approche "un monde, une santé" (One word, one Health) qui reconnait les liens entre santé humaine, santé animale et environnement. 

Source : Outbreak News Today.


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