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Foyer d'histoplasmose dans une mine de manganèse au Guyana Médecine des voyages

Publié le 29 avr. 2019 à 16h02

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

Au Guyana, le 11 avril 2019, les autorités sanitaires ont notifié un foyer d'histoplasmose lié à une mine de manganèse à Matthews Ridge. Les activités à la mine ont été arrêtées depuis la fin des années 1960 et rouvertes en 2018. La mine contiendrait des chauves-souris et du guano.

Neuf cas confirmés et 5 cas probables ont été notifiés, dont 2 décès. Sur ces 14 cas, 13 sont des ressortissants chinois qui travaillent dans la mine de manganèse et un cas est un ressortissant guyanais qui a travaillé comme pilote pour la même entreprise.

Les 14 cas ont été hospitalisés, dont 2 nécessitant une ventilation assistée. La date d'apparition des symptômes se situe entre le 24 et le 31 mars et deux décès sont survenus les 30 mars et 2 avril.

En outre, 23 personnes potentiellement exposées ont été identifiées parmi les mineurs. Parmi ceux-ci, tous sont des hommes avec un âges compris entre 24 et 57 ans (médiane 44 ans). 

Parmi ces 23 cas, un cas a une tuberculose latente, 11cas sont tabagiques et un seul cas utilise des masques de protection respiratoire contre la poussière.

Rappels sur l'histoplasmose :

L'histoplasmose est une maladie causée par un champignon : soit pulmonaire causée par Histoplasma capsulatum, soit cutanée causée par Histoplasma duboisii.

Histoplasma capsulatum prospère dans un milieu humide à des températures modérées. La fiente d'oiseaux (poulet, pigeon, étourneaux, merles) et de chauve-souris entretient sa croissance. Les oiseaux transportent le champignon dans leur plumage alors que les chauves-souris, qui ont une température corporelle moins élevée, peuvent être infectées par cet organisme et l'éliminer dans leur fiente.

Histoplasma capsulatum se multiplie en produisant de petites spores (conidies) assez fines pour s'infiltrer dans les poumons par la respiration. Elles peuvent alors déclencher une infection qui dans 70 à 80 % des cas passe inaperçue.

L'histoplasmose à Histoplasma capsulatum ou « histoplasmose américaine » s'exprime par trois tableaux :

  • une primo-infection pulmonaire pseudo-grippale mais avec des images radiologiques marquées : infiltrats, nodules, miliaires. Cette forme bénigne guérit souvent spontanément ;
  • une pneumopathie chronique souvent pseudo-tuberculeuse, avec altération de l'état général, qui fait suite à la précédente ;
  • une forme généralisée qui peut être très grave et mortelle dans 20 % des cas.

L'histoplasmose à Histoplasma duboisii ou « histoplasmose africaine » se localise au tissu cutané (papule ou abcès) ou sous-cutané (nodule). L'évolution est lente et chronique, et le pronostic est bénin sauf en cas de diffusion exceptionnelle aux viscères.

La principale méthode de prévention consiste à éviter l'exposition aux poussières par la désinfection des bâtiments ayant abrité des oiseaux ou des chauves-souris. L'utilisation de masques protecteurs est recommandée pour les spéléologues ou visiteurs de grottes envahies par les chauves-souris.

Sources : European Centre for Disease Prevention and Control ; Organisation mondiale de la santé.


Référence principale :