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Le point sur l'évolution de l'épidémie de monkeypox au Nigéria en mai 2019 Médecine des voyages

Publié le 19 mai 2019 à 08h47

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

Au Nigéria, depuis la mi-septembre 2017, les autorités sanitaires surveillent une épidémie inhabituelle de monkeypox. L'ampleur et l'étendue géographique de cet événement préoccupent les autorités de santé publique du pays.

Des cas de monkeypox au Nigéria avaient été notifiés en 1971 (deux fois) et en 1978 (une fois). Le foyer actuel est donc inhabituel, en plus de son ampleur et de son étendue géographique.

Le risque de nouvelles introductions de monkeypox dans l'Union eruropéenne dépend de l'ampleur de la circulation du virus au Nigéria.

Globalement, la probabilité d'importation de monkeypox reste très faible, mais les nouveaux cas liés à des voyages ne peuvent être exclus. 

Sur la base des informations disponibles, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) déconseille toute restriction aux voyages et aux échanges avec le Nigéria ou les zones touchées.

Rappels sur le monkeypox

Le monkeypox est une maladie largement auto-limitante, c'est-à-dire une maladie qui se résout elle-même. Des éruptions cutanées vésiculaires généralisées, de la fièvre et un gonflement douloureux des mâchoires sont des symptômes caractéristiques associés à une infection. Bien qu'il n'y ait pas de médicament spécifique pour traiter la maladie, lorsque des soins de soutien intensifs sont fournis, pratiquement tous les patients se rétablissent complètement, comme nous l'avons vu avec la flambée actuelle.

Le virus monkeypox est un membre du genre Orthopoxvirus dans la famille des Poxviridae. Les singes ne sont pas les réservoirs du virus. Les principaux réservoirs suspects sont des rongeurs, comme les écureuils (Funisciurus sp. un rongeur arboricole), et des rongeurs terrestres (genres Cricetomys et Graphiurus).

L'infection résulte d'un contact direct avec le sang, les fluides corporels, ou des éruptions cutanées d'animaux infectés (manipulation de macaques infectés, ou de rongeurs).

La transmission secondaire d'humain à humain, résulte d'un contact étroit avec les excrétions des voies respiratoires infectées, avec les lésions de la peau d'une personne infectée ou avec des objets contaminés récemment.

Après une période d'incubation de 6 à 16 jours, la période de l'invasion (0-5 jours), est caractérisée par de la fièvre, des maux de tête intenses, une lymphadénopathie (gonflement des ganglions lymphatiques), des douleurs musculaires. Puis survient une éruption cutanée sur le visage (dans 95% des cas), sur les paumes des mains et la plante des pieds (75%) et presque simultanément sur le corps. L'éruption se manifeste par des maculopapules (lésions avec un fond plat), puis des vésicules (petites cloques remplies de liquide), et des pustules, suivies par des croûtes. Les symptômes de la variole du singe durent habituellement de 14 à 21 jours.

Le virus est transmis par un animal infecté ou par contacts avec des éruptions cutanées, du sang ou les fluides corporels de l'animal. Le virus peut aussi être transmis personne à personne par contact et le contact respiratoire ou direct avec la literie ou les vêtements contaminés.

Il n'y a pas de traitement spécifique pour monkeypox.

Avis de l'Organisation mondiale de la santé

Depuis un peu plus d'un an se propage sur un grand territoire d'Afrique subsaharienne une maladie peu connue qui n'avait pas resurgi depuis des décennies. Cousine de la variole (la petite vérole, smallpox en anglais, la terrible virose éradiquée depuis 1980) l'orthopoxvirose simienne (monkeypox) inquiète l'Organisation mondiale de la santé qui lui a consacré plusieurs pages de son Relevé épidémiologique hebdomadaire

Depuis 2016, des cas d'orthopoxvirose simienne ont été confirmés au Libéria, au Nigéria, en République Centrafricaine, en République du Congo, en République Démocratique du Congo et en Sierra Leone, ainsi que parmi des chimpanzés en captivité au Cameroun.

Cette zoonose suscite une inquiétude croissante au point de figurer dans la liste des maladies prioritaires 2018 de l'Organisation mondiale de la santé, comme pathologie émergente exigeant une évaluation rapide du potentiel de riposte.  

On sait qu'elle se manifeste surtout dans les forêts tropicales humides d'Afrique de l'Ouest et centrale et que la transmission se fait par les gouttelettes respiratoires ou les lésions qui contiennent le virus. 

On connait sa clinique, proche de la variole, mais on ne lui connait pas de traitement curatif. Si smallpox avait une transmission exclusivement interhumaine, monkeypox a probablement de multiples réservoirs animaux mais ils ne sont tous identifiés.

La maladie peut être confondue avec la varicelle par les professionnels de santé qui la  connaissent très peu ou pas du tout et ne savent pas comment éviter sa propagation. 

Le risque pour le voyageur qui se rend ou réside au Nigéria contracte le monkeypox est très faible si les mesures préventives énumérées ci-dessous sont prises compte :

  • éviter tout contact avec des animaux pouvant être infectés ;
  • éviter tout contact avec des matériaux ayant été en contact avec un animal malade ;
  • éviter tout contact avec des personnes touchées par le monkeypox ;
  • pratiquer l'hygiène des mains après un contact avec des animaux ou des humains infectés.

Sources : European Centre for Disease Prevention and Control ; Nigeria Centre for Disease Control ; Public Health England ; Ministry of Health Singapore ; Organisation mondiale de la santé ; Bureau régional de l'Organisation mondiale de la santé pour l'Afrique.


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