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Menace d’épidémie d’anaplasmose bovine aux Etats-Unis : risque pour la santé humaine ? Médecine des voyages

Publié le 5 juin 2019 à 08h17

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Etats-Unis, selon les autorités vétérinaires les troupeaux de bovins américains sont maintenant menacés par une épidémie d'anaplasmose transmise par les tiques qui tue un très grand nombre de bovins adultes et peut se propager aux humains.
Les pertes de bétail au cours de la dernière décennie ont atteint en moyenne 100 millions USD par an en raison de l'anémie, la fièvre, la perte de poids, des avortements spontanés et des décès chez le bétail adulte. 

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) ont rapporté que l'anaplasmose bovine des États-Unis est devenue interspécifique par mutation en anaplasmose granulocytaire humaine (HGE) depuis les années 2000 avec en moyenne environ 500 cas par an dans sa 1ère décennie, pour atteindre 3656 cas en 2015 et 5762 cas en 2017.

L'anaplasmose granulocytaire humaine a été le plus répandu dans les États ruraux avec beaucoup d'agriculture comme l'Arizona, la Floride, l'Illinois, le Kansas, le Kentucky, la Caroline du Nord, l'Ohio, l'Oklahoma, le Dakota du Sud, l'Utah et la Virginie occidentale. Mais en 2016, cinq cas d'HGE ont été confirmés en Californie dans les comtés de Alameda, Kern, Sacramento, San Mateo, Tulare et Ventura à la suite de morsures de tiques. 

Rappel sur l'anaplasmose

L'anaplasmose,  anciennement connue sous le nom d'ehrlichiose granulocytaire humaine, est une maladie infectieuse bactérienne transmise par les tiques. La tique, transmet à l'homme Anaplasma phagocytophilum, un pathogène intracellulaire de la famille des Rickettsiae. La bactérie cible particulièrement les leucocytes polynucléaires où elle s'installe de façon intracellulaire.

La maladie, qui peut être asymptomatique, s'exprime (une à trois semaines après la morsure de tique) par un syndrome grippal aigu et non spécifique (avec fièvre dans 98 % des cas), céphalées (81 % des cas), myalgies (68 % des cas) et signes digestifs possibles (anorexie, nausées, vomissements, maux de ventre dans 50 % des cas environ), ou conjonctivite. Parfois, des pharyngites, une toux ou des lymphadénopathies sont observées (25 % des cas), avec aussi un état confusionnel dans environ 25 % des cas.

La Doxycycline est le traitement de première ligne pour les adultes et les enfants en fonction de l'âge.

Recommandations pour le voyageur : 

  • il n'existe pas de vaccin contre l'anaplasmose ;
  • les zones à risque comprennent les zones boisées, les landes, les parcs et les jardins avec des animaux sauvages ;
  • les tiques sont plus fréquentes d'avril à octobre ;
  • Des activités telles que le camping, les pique-niques, la randonnée pédestre et le cyclisme peuvent augmenter les risques.

La prophylaxie de cette maladie  à transmission vectorielle repose uniquement sur la prévention des piqûres de tique :

  •  Port de vêtements longs, au mieux imprégnés d'un pyréthrinoïde de synthèse ;
  •  Utilisation des répulsifs cutanés, principalement à base de DEET à une concentration supérieure à  20% ;
  •  Surveillance corporelle systématique au retour de promenade en campagne pour retirer les tiques.

En raison des difficultés diagnostiques, en cas de fièvre dans les jours suivant une promenade à risque de piqûres de tiques, il convient de rappeler cette promenade. Chez le splénectomisé, anaplasmose et babésiose sont particulièrement graves et doivent faire l'objet d'une prise en charge rapide.

Source : Promed.


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