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Près de 10 000 cas de coccidioïdomycose, aux États-Unis, depuis le début de l'année Médecine des voyages

Publié le 7 août 2019 à 15h15

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

Aux Etas-Unis, le 27 juillet 2019, selon les données des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), 9 735 cas ont été notifiés depuis le début de l'année, soit légèrement plus que les 9 251 cas signalés au cours de la même période en 2018.

La fièvre de la vallée, également appelée coccidioïdomycose, est causée par la spore d'un champignon qui pousse dans le sol dans certaines parties de la Californie, de l'Arizona et d'autres régions du sud-ouest des États-Unis.

Quatre-vingt-dix-huit pour cent de tous les cas ont été notifiés dans deux États : l'Arizona et la Californie. Depuis le début de l'année, l'Arizona et la Californie ont enotifié respectivement 5 543 et 4 013 cas.

En Arizona, le plus grand nombre de cas ont été notifiés dans le comté de Maricopa (3 993 cas), tandis que le comté de Kern a été le plus souvent notifié en Californie (1 502 cas).

Les personnes sont infectées par ce champignon en respirant des spores présentes dans la poussière qui pénètre dans l'air par vent ou lorsque le sol est perturbé, par exemple en creusant pendant la construction.

Une personne peut réduire le risque d'infection en évitant de respirer la saleté ou la poussière dans les zones où la fièvre de la vallée est courante. 

La plupart des personnes infectées ne montreront aucun signe de maladie. Les personnes qui contractent la fièvre de la vallée peuvent présenter des symptômes similaires à ceux d'autres maladies, notamment la grippe ou une pneumonie bactérienne ou virale. 

Rappels sur la coccidioïdomycose

La coccidioïdomycose est également connu sous de nombreux noms vernaculaires rattachés à une zone géographique (fièvre de la vallée de san Joaquim ou de Californie, fièvre du désert, etc.) ou aux découvreurs de la maladie :  maladie d'Alejandro Posadas et Wernicke en 1898.  C'est une infection fongique causée par des champignons filamenteux du sol du genre Coccidioïdes : Coccidioïdes immitis ou Coccidioïdes posadasii, cette dernière espèce a été décrite en 2002. Son aire d'extension est vaste, Elle est endémique dans les parties semi-arides du sud-ouest des États-Unis, et du nord-ouest du Mexique, elle s'étend également dans les zones désertiques des Andes.  

L'homme s'infecte par inhalation de spores aéroportées lors des vents de sable. La maladie est la plupart du temps asymptomatique, 5 à 10% des patients pouvant présenter des problèmes respiratoires à long terme. Non contagieuse, elle peut évoluer tardivement après une longue phase de latence, touchant alors l'appareil respiratoire mais également le sytème nerveux, les os et les articulations, les glandes surrénales, etc. Comme dans la tuberculose,cette évolution péjorative est souvent liée à l'état immunitaire du patient, elle survient dans moins de 1% des cas de contamination.

Le diagnostic repose sur la mise en évidence du champignon dans les tissus ou les prélèvements respiratoires. Ce champignon dimorphique strictement nord-américain présente une phase levure non contagieuse observée dans les tissus sous forme de sphérule et une phase filamenteuse sporulante se développant à 25°C et contaminante les arthrospores. Il est classé comme micro-organisme hautement pathogène et sa manipulation doit être effectué dans un laboratoire de sécurité de niveau L3.

Le traitement fait appel aux antifongiques systémiques.

Comme pour toutes les mycoses d'origine environnementale à transmission aérienne, en zone d'endémie la prévention de la coccidioïdomycose repose sur la maîtrise de l'empoussiérement notamment durant les travaux de terrassement, de démolition, et lors des tempêtes de sable et sur la protection des voies respiratoires par le port d'un masque lors des activités impliquant un contact étroit avec le sol comme le jardinage ou la conduite sur piste dans les zones désertiques.

En France, les cas sont exceptionnels, le Centre national de référence des mycoses à la charge de colliger les cas et d'aider à la prise en charge des sujets contacts avec les cultures filamenteuses. Leur rapport d'activité 2015 fait  état d'un cas observé à la suite d'une transplantation pulmonaire à partir d'un donneur ayant voyagé au Pérou, un cas a également été observé en 2014.

Source : Outbreak News Today ; Centers for Disease Control and Prevention.


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