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Augmentation des cas de fièvre hémorragique avec syndrome rénal en Europe centrale Médecine des voyages

Publié le 28 août 2019 à 08h30

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Selon le European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), une augmentation du nombre de cas de fièvre hémorragique à hantavirus avec syndrome rénal a été enregistrée dans quatre pays d'Europe Centrale en 2019. 

En 2019 jusqu'en août l'Autriche a notifié 200 cas d'infections par le virus Puumala. Selon les autorités environ 90% de ces cas ont été notifiés dans les régions de Styrie occidentale, méridionale et orientale limitrophes de la Slovénie. L'Autriche signale généralement moins de 80 cas par an. Selon les autorités sanitaires croates, jusqu'en août 2019, 149 cas de fièvre hémorragique avec syndrome rénal ont été notifiés dans le pays. Selon les mêmes sources, la plupart des cas ont été notifiés à partir d'avril juin. En 2018, 18 cas ont été signalés en Croatie. Neuf infections à hantavirus confirmées ont été notifiées dans le pays jusqu'en août 2019. Au cours de la même période en 2018, trois cas ont été signalés. Selon les mêmes sources, 5 à 15 cas sont notifiés chaque année en Hongrie. Selon les autorités sanitaires slovènes, au 22 août 2019, 220 cas d'hantavirus avec syndrome rénal avaient été signalés dans le pays. Parmi ces cas, 215 auraient été causés par une infection par le virus Puumala. La plupart des cas ont été notifiés dans les régions statistiques de Jugovzhodna Slovenija et Podravska, situées à la frontière avec la Croatie et l'Autriche. Environ 80 cas sont signalés chaque année en Slovénie.

Rappels sur la fièvre hémorragique avec syndrome rénal 

La fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) correspond à plusieurs affections cliniquement proches dues à des hantavirus appartenant à la famille des Bunyaviridae (notamment les virus Hantaan, Séoul, Puumala et Dobrava-Belgrade). Ces virus ont également été identifiés en Asie et en Afrique.

La transmission par aérosol des excréments de rongeurs, hôte réservoir de virus, reste le seul moyen connu de transmission du virus à l'homme.

L'incubation de la maladie est de une à deux semaines, mais peut atteindre 8 semaines dans certains cas.

La maladie comprend cinq phases :

  • Phase fébrile :
Elle est accompagnée habituellement d'un syndrome grippal et de signes digestifs. Elle dure trois à sept jours.
  • Phase hypotensive :
Les signes observés sont une tachycardie, une hypoxémie et une baisse des plaquettes (thrombopénie). Cette phase peut durer deux jours.
  • Phase oligurique (trois à sept jours) :
Atteinte rénale (insuffisance rénale et protéinurie).
  • Phase diurétique (quelques jours à plusieurs semaines) :
Elle est caractérisée par une diurèse abondante (polyurie) de trois à six litres par jour.
  • Phase de convalescence :
Les symptômes s'atténuent, annonçant la guérison.

La gravité de la maladie varie en fonction du virus responsable de l'infection. Les virus Hantaan et Dobrava sont responsables des formes les plus graves, tandis que les virus Séoul, Saaremaa et Puumala sont généralement responsables de manifestations plus modérées. La guérison complète peut prendre des semaines ou des mois.

Les voyageurs doivent éviter tout contact avec les rongeurs. Le port de masque et de gants est indispensable pour manipuler un animal mort. Les campeurs et éco-touristes doivent éviter les contacts avec des rongeurs dans leur tente ou habitation et protéger leur nourriture de toute contamination.

Conseils aux voyageurs

Le risque pour la plupart des voyageurs est faible. Le risque est accru chez ceux qui vivent ou travaillent à proximité de zones forestières rurales, de bâtiments infestés de rongeurs (y compris le nettoyage des garages, des caves et des hangars), les campeurs, les ouvriers agricoles, les ouvriers du bâtiment, les soldats sont parmi les plus susceptibles d'être exposés.

Les voyageurs à risque doivent être informés du risque d'infection et prendre des mesures pour minimiser l'exposition aux excréments de rongeurs (vêtements de protection, les hébergements inutilisés depuis plusieurs mois doivent être bien ventilés avant d'entrer.

Source : European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC).


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