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Cas fatal de mélioïdose au Viêt Nam Médecine des voyages

Publié le 13 sept. 2019 à 19h36

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Viêt Nam, l'hôpital Bach Mai de Hanoi a annoncé le 10 septembre 2019 un décès du probablement à la mélioïdose. Cette maladie mortelle a en outre infecté 12 patients, dont une femme souffrant d'un abcès au nez. Cette dernière avait été traitée à tort pour une infection staphylococcique dans un hôpital local. L e diagnostic a été confirmé à l'Hospitals' Tropical Disease Center par la découverte de la bactérie Burkholderia pseudomallei au niveau de la plaie. Après 2 semaines de traitement, l'état de la patiente s'est amélioré.

Au Viêt Nam la maladie est réapparue en 2019 et a tué 4 personnes au mois d'août. Il y avait eu environ 20 cas de mélioïdose depuis 5 à 10 ans, mais depuis le début de l'année 2019, le centre a admis 20 cas, principalement provenant des provinces du nord et du centre du pays.

Rappel sur la mélioïdose

La mélioïdose (appelée également maladie de Whitmore) est une infection due à  Burkholderia pseudomallei (ou bacille de Whitmore) une bactérie saprophyte qui vit dans les sols et à la surface de l'eau bacille de Whitmore, et infecte le mouton, le cheval, le porc, la chèvre, les rongeurs et les singes. La transmission à l'homme se fait de manière indirecte à travers la peau (voie transcutanée) après blessure quand les patients ont été au contact de la boue ou l'eau contaminée contenant des déjections de rat. La contamination peut également se faire après l'ingestion d'aliments contaminés, ou après avoir respiré des poussières contenant le bacille de Whitmore. Les groupes les plus à risque sont des travailleurs agricoles (en particulier ceux impliqués dans la culture du riz), les populations rurales.

La mélioïdose se rencontre essentiellement en Asie du sud-est, dans les zones d'endémie, en Australie, et dans les îles du Pacifique. Quelques cas sporadiques ont été signalés en Amérique latine, et en Afrique.

Elle peut se présenter sous 3 formes :

La forme aiguë présente des symptômes tels que des infections respiratoires. Il existe deux types de mélioïdose aiguë. 

  • La forme septicémique suraiguë, son début est brutal, avec atteinte de l'état général. Une défaillance multi-viscérale s'installe à la suite d'un état de choc septique (insuffisance respiratoire, atteinte neurologique, etc.). Se manifestant par une septicémie, elle est donc accompagnée de vomissements, fièvre élevée, diarrhées profuses, lésions cutanées et des abcès. La mortalité spontanée est inévitable.
  • La forme aiguë localisée vient de lésions suppurées. De manière générale, l'état du patient est déjà atteint et en dégradation. S'ajoute à cela un état de fièvre persistant et une détérioration des poumons (toux, expectoration purulente, etc.). Cette forme de la mélioïdose s'apparente souvent à une tuberculose. Elle implique également de nombreux abcès aux niveaux viscéral abdominal, uro-génital, cutané et neurologique.

La forme chronique apparaît chez les patients ayant séjourné en zone d'endémie, même si ce séjour s'est terminé plusieurs années auparavant. Les symptômes d'une mélioïdose chronique sont une fièvre persistante dans le temps et une dégradation de l'état général du malade. Si les poumons sont atteints, cela peut s'étendre sur plusieurs années, jusqu'à s'apparenter à une tuberculose.

La forme latente due au portage asymptotique du bacille de Whitmore. Le risque premier est la récurrence avec extériorisations cliniques très éloignées de la contagion, jusqu'à 30 ans.

Cette maladie est particulièrement grave quand l'individu souffre de troubles des défenses immunitaires (immunodépression). 

Le traitement repose sur l'antibiothérapie (ceftazidime) et dans certains cas, il est nécessaire d'intervenir chirurgicalement en présence d'un abcès.

Source : Promed.


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