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Pays-Bas : fièvre de Lassa chez un médecin de retour de Sierra Leone Médecine des voyages

Publié le 24 nov. 2019 à 13h12

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Pays-Bas, l'Institut national de la santé publique et de l'environnement (RIVM) a notifié qu'un médecin néerlandais est actuellement soigné pour la fièvre de Lassa après être tombé malade alors qu'il travaillait en Sierra Leone

Le médecin est tombé malade pendant sa mission et est renté aux Pays-Bas avec un vol spécial. Le patient est soigné dans un isolement strict au centre médical de l'université LUMC de Leiden. Le service de santé municipal et l'Institut national de la santé publique et de l'environnement RIVM étudient actuellement avec qui le patient a été en contact afin de prévenir toute propagation aux Pays-Bas.

Le vol de rapatriement médicale a eut lieu le 19 novembre. Le 22 novembre, les autorités allemandes ont fourni des informations, concernant le vol d’évacuation par une société allemande, le cas de fièvre de Lassa, son évaluation et les mesures à prendre pour le vol personnel (deux pilotes, un médecin et une infirmière).

Le vol était de Freetown, en Sierra Leone, à Agadir, au Maroc (4h de vol) et ensuite vers Amsterdam (3h à 4h de vol). La cabine de l'avion mesure 2,5 m de long. Le jet a maintenant été désinfecté par vaporisation stérilisation au peroxyde d'hydrogène.

Le personnel médical ne portait pas de masque. Les gants étaient portés mais pas systématiquement. Le médecin était assis au plus près de la tête du patient. Ils ne se souviennent pas d'avoir été en contact avec des fluides corporels.
L’évaluation des autorités allemandes indique que cela correspond à la catégorisation de risque immédiat qui comprend à contact direct non protégé (<1,5 m de distance) avec une personne atteinte de fièvre de Lassa en phase précoce (symptomatique, mais sans vomissement, sans diarrhée, sans saignement, sans toux).

Les deux membres du personnel médical sont en isolement à domicile pendant 21 jours (jusqu'au 10 décembre) et sont étroitement surveillés par les services de santé locaux.

Les autorités, et ont prélevé des échantillons de sang de base pour une sérologie comparative ultérieure. S'ils développent des symptômes, ils seront isolés.

Les autorités allemandes rapportent que les Pays-Bas confirment qu'ils ont informé les autorités marocaines.

Les pays de l'UE/EEE ont notifié cinq cas de fièvre de Lassa au système de surveillance européen surveillance européen (TESSy). Deux cas ont été notifiés par le Royaume-Uni (Nigéria et Mali) en 2009, un par la Suède (Libéria) et deux cas d'Allemagne (Togo et cas secondaire infectés en Allemagne) en 2016.

Rappels sur la fièvre hémorragique de Lassa

La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique causée par un Arénavirus, le virus Lassa, d'origine animale et dont le réservoir est un rongeur (Mastomys). Le virus est endémique dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest où des flambées épidémiques surviennent régulièrement et touchent de 100 à 300 000 personnes par an dont 5 à 6 000 succombent. La transmission à l'homme se fait par contacts avec des produits alimentaires ou domestiques contaminés par les excréments de l'hôte réservoir, inhalation d'aérosols de poussières contaminées par les excrétas des rongeurs ou par contacts inter-humains.

Le tableau clinique de la fièvre de Lassa est variable, depuis l'infection asymptomatique, très fréquente (80% des cas) à une fièvre hémorragique foudroyante. La maladie débute 6 à 21 jours après l'infection par des signes cliniques peu spécifiques : fièvre, vomissements, nausées, douleurs abdominales, céphalées, myalgies, arthralgies, asthénie. Dans les cas sévères, les symptômes s'aggravent ensuite, avec l'apparition d'œdèmes, de signes hémorragiques, d'épanchements péricardiques et pleuraux, et plus rarement d'encéphalites. Le patient décède dans un contexte de choc hypotensif et hypovolémique et de défaillances rénale et hépatique.

La fièvre de Lassa est d'une extrême gravité pour la femme enceinte, conduisant fréquemment au décès de la mère et systématiquement à celui du fœtus.

La ribavirine (médicament anti viral) a été utilisée avec succès chez les patients atteints de fièvre de Lassa.

La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique responsable d'une morbidité et d'une mortalité importantes.

Conseils de l'Organisation mondiale de la santé

La prévention de la fièvre de Lassa repose sur la promotion d'une bonne "hygiène communautaire" pour décourager les rongeurs d'entrer dans les foyers. Dans les milieux de soins de santé, le personnel doit toujours appliquer des précautions de prévention et de contrôle des infections habituelles lorsqu'il prend soin des patients, quel que soit leur diagnostic présumé.

Dans de rares occasions, les voyageurs des régions où la fièvre de Lassa est endémique exportent la maladie vers d'autres pays. Bien que d'autres infections tropicales soient beaucoup plus fréquentes, le diagnostic de fièvre de Lassa devrait être envisagé chez des patients fébriles qui retournent d'Afrique de l'Ouest, surtout s'ils ont eu des expositions dans des zones rurales ou des hôpitaux dans des pays où la fièvre de Lassa est connue pour être endémique. Les travailleurs de la santé qui voient un patient soupçonné d'avoir une fièvre de Lassadevraient immédiatement contacter les experts locaux et nationaux pour obtenir des conseils et organiser des tests de laboratoire.

Les voyageurs des régions où la fièvre de Lassa est endémique peuvent exporter la maladie vers d'autres pays, bien que cela arrive rarement. 

Le diagnostic de la fièvre de Lassa devrait être pris en compte chez les patients fébriles revenant d'Afrique de l'Ouest, en particulier s'ils ont séjourné dans des zones rurales ou dans des hôpitaux dans des pays où la fièvre de Lassa est endémique. Les professionnels de la santé qui consultent un patient soupçonné d'avoir la fièvre de Lassa devraient immédiatement contacter des experts locaux et nationaux pour obtenir des conseils et organiser des tests de laboratoire.

Conseils aux voyageurs

La fièvre de Lassa présente un faible risque pour la plupart des voyageurs qui se rendent dans des pays d'Afrique de l'Ouest, à moins de vivre dans des conditions d'assainissement médiocres et de surpeuplement dans les zones rurales. La fièvre de Lassa est une maladie virale transmise par les excréta d'un rat infecté par Mastomys.

Les travailleurs de la santé peuvent être exposés à un risque d'infection: des méthodes strictes de contrôle des infections et de soins infirmiers doivent être maintenues en permanence.

Les voyageurs revenant des zones touchées qui développent des symptômes de fièvre, malaises, maux de tête, maux de gorge, douleurs musculaires, douleurs à la poitrine, nausées, vomissements, diarrhée et douleurs abdominales doivent consulter un médecin.

Sources : National Health Services of Scotland, Fitfortravel ; Rijksinstituut voor Volksgezondheid ; European Centre for Disease Prevention and Control.


Références principales :