L'Angleterre rapporte un nouveau cas de monkeypox probablement contracté au Nigeria Médecine des voyages

Publié le 4 déc. 2019 à 14h11

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Le 4 décembre 2019, les responsables de la santé du Royaume-Uni ont notifié un nouveau un cas de monkeypox en Angleterre.

Selon Public Health England (PHE), le patient aurait contracté l'infection lors de sa visite au Nigeria.

Le patient séjournait dans le sud-ouest de l'Angleterre avant son transfert dans le centre spécialisé pour les maladies infectieuses de la fondation du National Health Service (NHS) Guy's et St Thomas, à Londres, où il reçoit les soins appropriés.

Par mesure de précaution, les experts PHE travaillent en étroite collaboration avec les collègues du NHS pour mettre en œuvre des procédures de contrôle rapide des infections, notamment en contactant des personnes susceptibles d'avoir été en contact étroit avec l'individu afin de fournir des informations et des conseils de santé. Cela inclut de contacter les passagers ayant voyagé à proximité du patient sur le même vol à destination du Royaume-Uni. 

En 2018, les responsables de la santé du Royaume-Uni avaient déjà signalé trois cas de monkeypox : deux cas importés chez des voyageurs en provenance du Nigéria et un chez un professionnel de santé.

Rappels sur le monkeypox

Le monkeypox est une maladie largement auto-limitante, c'est-à-dire une maladie qui se résout elle-même. Des éruptions cutanées vésiculaires généralisées, de la fièvre et un gonflement douloureux des mâchoires sont des symptômes caractéristiques associés à une infection. Bien qu'il n'y ait pas de médicament spécifique pour traiter la maladie, lorsque des soins de soutien intensifs sont fournis, pratiquement tous les patients se rétablissent complètement, comme nous l'avons vu avec la flambée actuelle.

Le virus monkeypox est un membre du genre Orthopoxvirus dans la famille des Poxviridae. Les singes ne sont pas les réservoirs du virus. Les principaux réservoirs suspects sont des rongeurs, comme les écureuils (Funisciurus sp. un rongeur arboricole), et des rongeurs terrestres (genres Cricetomys et Graphiurus).

L'infection résulte d'un contact direct avec le sang, les fluides corporels, ou des éruptions cutanées d'animaux infectés (manipulation de macaques infectés, ou de rongeurs).

La transmission secondaire d'humain à humain, résulte d'un contact étroit avec les excrétions des voies respiratoires infectées, avec les lésions de la peau d'une personne infectée ou avec des objets contaminés récemment.

Après une période d'incubation de 6 à 16 jours, la période de l'invasion (0-5 jours), est caractérisée par de la fièvre, des maux de tête intenses, une lymphadénopathie (gonflement des ganglions lymphatiques), des douleurs musculaires. Puis survient une éruption cutanée sur le visage (dans 95% des cas), sur les paumes des mains et la plante des pieds (75%) et presque simultanément sur le corps. L'éruption se manifeste par des maculopapules (lésions avec un fond plat), puis des vésicules (petites cloques remplies de liquide), et des pustules, suivies par des croûtes. Les symptômes de la variole du singe durent habituellement de 14 à 21 jours.

Le virus est transmis par un animal infecté ou par contacts avec des éruptions cutanées, du sang ou les fluides corporels de l'animal. Le virus peut aussi être transmis personne à personne par contact et le contact respiratoire ou direct avec la literie ou les vêtements contaminés.

Il n'y a pas de traitement spécifique pour monkeypox.

Risque pour les voyageurs

Les voyageurs qui se rendent dans des pays d'Afrique centrale et occidentale qui signalent des cas doivent être conscients du risque d'infection. Cependant, très peu de visiteurs en Afrique seraient atteints du Monkeypox et le risque encouru par la grande majorité des voyageurs est faible. Le principal risque concerne les résidents à long terme des zones touchées.

Le voyageur des pays d'Afrique Centrale ou occidentale sont invités à :

  • éviter tout contact avec les singes et les rongeurs :
  • évitez de consommer de la viande insuffisamment cuite provenant de ces sources ou de toute autre source ;
  • porter des vêtements de protection, y compris des gants, s'il est impliqué dans l'abattage ou le soin des animaux dans les pays touchés ;
  • respecter une hygiène méticuleuse des mains (y compris des gants) s'il visite ou prend soin d'amis et de sa famille malades dans les pays touchés ;
  • consulter un médecin en cas de fièvre ou d'éruption cutanée pendant ou après le voyage dans les pays touchés.

Sources : Outbreak News Today.