Foyer d'infection par le virus Nipah notifié à Khulna, au Bangladesh Médecine des voyages

Publié le 18 jan. 2020 à 13h32

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

Au Bangladesh, des sources médiatiques rapportent une infection par le virus Nipah dans la ville de Khulna

Il s'agit d'une femme de 20 ans hospitalisée depuis le 11 janvier 2020 au Khulna Medical College Hospital (KMCH).

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), lors des flambées épidémiques au Bangladesh et en Inde, la consommation de fruits ou de produits à base de fruits (par exemple le  jus de palmier dattier cru  ) contaminés par l'urine ou la salive de chauves-souris infectées était la source d'infection la plus probable. 

Lors de flambées plus récentes de la maladie, une transmission de personne à personne a été observée au Bangladesh et en Inde.

La maladie chez l'homme peut aller d'une infection asymptomatique à une encéphalite mortelle. L'encéphalite et les convulsions se produisent dans les cas graves, évoluant vers le coma dans les 24 à 48 heures.

Rappels sur le virus Nipah.

L'infection à virus Nipah est une maladie zoonotique émergente d'importance pour la santé publique dans la Région d'Asie du Sud-Est, avec une létalité (proportion de décès parmi les cas) élevée, estimée entre 40 et 75 %. Cependant, ce taux peut varier selon les épidémies en fonction des capacités locales de surveillance épidémiologique et de gestion clinique.  

Le virus a été reconnu pour la première fois en 1998-1999 lors d'une épidémie chez des éleveurs de porcs en Malaisie et à Singapour.  Aucune épidémie ultérieure n'a été signalée en Malaisie ou à Singapour depuis 1999. 

Le virus a été reconnu pour la première fois en Inde et au Bangladesh en 2001. Depuis lors, des épidémies presque annuelles se sont produites au Bangladesh. La maladie a été identifiée périodiquement en Inde orientale (2001, 2007). 

Une transmission interhumaine du virus limitée peut se produire parmi les membres de la famille non protégés et les agents de santé qui traitent des patients infectés.  

Le virus Nipah appartient au genre Hepinavirus, de la famille des Paramyxoviridae. Après une phase d'incubation de 4 à 45 jours, il provoque chez l'homme une maladie caractérisée par de la fièvre et des céphalées qui peut évoluer vers des formes graves comme une encéphalite (inflammation du cerveau) ou une pneumopathie atypique. Le virus infecte les porcs et peut être transmis à l'homme par voie directe du porc à l'homme ou d'homme à homme, ou de façon indirecte par l'intermédiaire de fruits souillés par les déjections de chauves-souris.

Il n'y a pas de traitement ni de vaccin disponible, que ce soit pour les personnes ou les animaux.

Les chauves-souris du genre Pteropus sont les réservoirs naturels de virus. Plusieurs voies de transmission sont possibles : consommation de fruits contaminés par la salive des chauves-souris infectées, contact direct avec des chauves-souris infectées, contact avec les excréments ou urines de celles-ci ; une transmission interhumaine par contact étroit non protégé avec un patient infecté dans son entourage ou à l'hôpital est également possible. De nombreux cas identifiés dans l'épidémie actuelle ont été infectés lors de contacts directs non protégés avec d'autres personnes infectées. 

Conseils de l'Organisation mondiale de la santé.

Sur la base des informations actuellement disponibles sur cet événementL'Organisation mondiale de la santé déconseille les restrictions de voyage en Inde ou de commerce avec ce pays . 

Des soins intensifs sont nécessaires et recommandés pour traiter les complications respiratoires et neurologiques graves. 

L'infection à virus Nipah peut être prévenue par les mesures suivantes :

  • en évitant l'exposition aux chauves-souris et aux porcs malades dans les zones d'endémie ;
  • en évitant de consommer des fruits partiellement consommés par les chauves-souris infectées ou en buvant de la sève ou du jus de palmier dattier ;
  • le risque de transmission internationale via des fruits contaminés par de l'urine ou de la salive de chauves-souris infectées peut être évité en les lavant soigneusement et en les épluchant avant leur consommation ;
  • les fruits présentant des signes de piqûres de chauve-souris doivent être jetés. 

Dans les établissements de soins, le personnel doit systématiquement mettre en œuvre des mesures standard de prévention et de contrôle des infections lors de la prise en charge des patients afin de prévenir les infections nosocomiales (infections liées aux soins survenant à l'hôpital). 

Les travailleurs de la santé qui soignent un patient suspect d'avoir la fièvre à virus Nipah doivent immédiatement contacter des experts locaux et nationaux pour obtenir des conseils et organiser des tests de laboratoire. 

Source : Outbreak News Today.