Nouvelles recommandations et situation épidémiologique concernant le COVID-19 Médecine des voyages

Publié le 22 fév. 2020 à 15h07

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Cette nouvelle fait le point sur les cas de COVID-19 (nom de la maladie causée par un nouveau virus appelé SARS-CoV-2). 

Le réservoir du SRAS-CoV-2 le plus probable est la chauve-souris, mais on pense que le virus a franchi la barrière d'espèce pour les humains à partir d'un autre hôte animal intermédiaire. Cet hôte animal intermédiaire pourrait être un animal sauvage ou un animal domestique qui n'a pas encore été identifié.

L'analyse de la séquence du génome du nouveau coronavirus par le Wuhan Virus Institute of the Chinese Academy of Sciences montre également que les chauves-souris du genre Rhinolophus sont les plus susceptibles d'être l'hôte naturel du SARS-CoV-2.

La découverte de plusieurs lignées de coronavirus chez le pangolin (Manis javanica) et leur similarité avec le SARS-CoV-2 suggère que les pangolins sont des hôtes intermédiaires possibles pour ce nouveau virus humain.

Situation épidémiologique internationale au 22 février 2020

  • 77 662 cas confirmés de Covid-19, dont 76 291 cas en Chine (98,4 %) et 1 371 cas hors de Chine ;
  • 2  360 décès en Chine, 1 en France, 2 à Hong-Kong, 2 en Italie, 1 au Japon, 1 aux Philippines, 2 en Iran, 2 sur le bateau de croisière "Diamond  Princess", 1 à Taïwan et 1 en Corée du Sud.

Au total, les cinq continents sont touchés :

  • Asie hors chine continentale :  532 cas
  • Europe : 47 cas
  • Amérique : 25 cas
  • Océanie : 17 cas
  • Afrique : 1 cas

Autres : 634 cas sur un bateau de croisière au large du Japon.      

Au 22 février, 12 cas ont été confirmés sur le territoire national français

Il n'y a pas de chaine de transmission active en France. La stratégie de réponse mise en œuvre au niveau national vise à freiner l'introduction et la propagation du virus sur le territoire. Elle implique pour cela la détection et la prise en charge précoce des cas et des personnes contacts.

Les évolutions épidémiologiques constatées concernant l'émergence du nouveau coronavirus Covid-19 en Chine et son extension à d'autres pays ont conduit Santé publique France à élaborer une nouvelle définition des cas avec les changements suivants : 

  • La restriction aux infections respiratoires basses pour les personnes ayant voyagé ou séjourné dans une zone d'exposition à risque a été retirée ;
  • La mention d'une zone d'exposition à risque renvoie désormais vers une liste qui sera régulièrement mise à jour ; en dehors de ces zones, une mention a été ajoutée concernant la possible prise en compte d'une exposition dans certaines situations particulières ;
  • La mention d'avoir travaillé ou séjourné dans un hôpital en Chine a été retirée de la liste des expositions à prendre en compte ;
  • La définition d'un contact étroit a été complétée ;
  • La définition d'un cas confirmé inclut dorénavant les personnes asymptomatiques.

Cas possible 

a) Toute personne présentant des signes cliniques d'infection respiratoire aiguë avec une fièvre ou une sensation de fièvre ET ayant voyagé ou séjourné dans une zone d'exposition à risque dans les 14 jours précédant la date de début des signes cliniques : 

  • Les zones d'exposition à risque sont les pays où une transmission communautaire diffuse du SARS-CoV-2 est décrite. Aujourd'hui, ces pays sont la Chine continentale, Hong Kong, Macao et Singapour.
  • Au cas par cas et après consultation de Santé publique France, une exposition avérée ou potentielle à un événement de type cluster (chaîne de transmission de taille importante), documenté hors de ces zones d'exposition à risque, pourra aussi être considérée. 

Toute personne présentant des signes cliniques d'infection respiratoire aiguë dans les 14 jours suivant l'une des expositions suivantes :

  • Contact étroit* d'un cas confirmé de COVID-19, pendant que ce dernier était symptomatique ; 
  • Personne co-exposée, définie comme ayant été soumise aux mêmes risques d'exposition (c'est-à-dire un voyage ou séjour dans une zone d'exposition à risque) qu'un cas confirmé.

* Un contact étroit est une personne qui a partagé le même lieu de vie (par exemple : famille, même chambre) que le cas confirmé ou a eu un contact direct avec lui, en face à face, à moins d'1 mètre du cas et/ou pendant plus de 15 minutes, au moment d'une toux, d'un éternuement ou lors d'une discussion ; flirt ; amis intimes ; voisins de classe ou de bureau ; voisins du cas dans un moyen de transport de manière prolongée ; personne prodiguant des soins à un cas confirmé ou personnel de laboratoire manipulant des prélèvements biologiques d'un cas confirmé, en l'absence de moyens de protection adéquats.

Cas confirmé

Toute personne, symptomatique ou non, avec un prélèvement confirmant l'infection par le SARS-CoV-2.

Ces définitions sont susceptibles d'évoluer à tout moment en fonction des informations disponibles. 

Afin de préparer l'ensemble du système de santé français au risque épidémique de Covid-19, le ministère chargé de la santé a rédigé un guide méthodologique destiné à l'ensemble des professionnels de santé. Ce document a pour objectif d'accompagner les acteurs du système de santé dans leur démarche locale pour se préparer à la prise en charge de patients classés cas suspect, possible ou confirmé de COVID-19.

Il est rappelé à tout professionnel de santé prenant en charge un patient suspect de COVID-19 de prendre contact avec le Samu-Centre 15 pour analyse, classement et mise en place des premières mesures de prise en charge.

En cas de difficulté de classement, le Samu-Centre 15 pourra se rapprocher de l'Agence régionale de santé (ARS) qui fera appel si besoin à l'expertise de Santé publique France.

Objectifs stratégiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)

Limiter la transmission inter-humaine, notamment en réduisant les infections secondaires parmi les contacts étroits et les travailleurs de la santé, la prévention des événements d'amplification de la transmission et la prévention de propagation de Chine ;

  • identifier, isoler et soigner les patients tôt, y compris en fournissant des soins optimisés aux patients infectés ;
  • identifier et réduire la transmission à partir de la source animale ;
  • traiter les inconnues cruciales concernant la gravité clinique, l'étendue de la transmission et de l'infection, le traitement et accélérer le développement de diagnostics, de thérapies et de vaccins ;
  • communiquer les informations critiques sur les risques et les événements à toutes les communautés et lutter contre la désinformation ;
  • minimiser l'impact social et économique grâce à des partenariats multi-sectoriels.

* Ceci peut être réalisé grâce à une combinaison de mesures de santé publique, telles que l'identification rapide, le diagnostic et prise la en charge des cas, identification et suivi des contacts, prévention et contrôle des infections dans les établissements de soins de santé, mise en œuvre de mesures de santé pour les voyageurs, sensibilisation de la population et communication des risques.

Recommandations et conseils pour le public

Lors d'épidémies précédentes dues à d'autres coronavirus tels que le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) et le Syndrome respiratoire aigu (SRAS), la transmission interhumaine s'est produite par des gouttelettes ou le contact à des surfaces contaminées, suggérant que le mode de transmission du COVID-19 pourrait être similaire. Les principes de base pour réduire le risque général de transmission d'infections respiratoires aiguës sont les suivants :

  • éviter tout contact étroit avec des personnes souffrant d'infections respiratoires aiguës ;
  • lavage fréquent des mains, en particulier après un contact direct avec des personnes malades ou leur environnement ;
  • éviter tout contact non protégé avec des animaux d'élevage ou sauvages ;
  • les personnes présentant des symptômes d'infection respiratoire aiguë doivent pratiquer les mesures contre la toux (se maintenir à distance d'autres personnes, couvrir toux et éternuements avec des mouchoirs ou des vêtements jetables et se laver fréquemment les mains) ;
  • dans les établissements de santé, améliorer les pratiques standard de prévention et de contrôle des infections dans les hôpitaux, en particulier dans les services d'urgence.

Devant l'évolution de la situation internationale il est recommandé aux voyageurs d'éviter tout voyage dans une région où la transmission communautaire est élevée (province de Hubei en Chine, les villages de la Lombardie en Italie touchés par un foyer de transmission).

Sources : Santé publique France ; Organisation mondiale de la santé ; Flu Trackers ; promed ; Coronavirus COVID-19 Global Cases by Johns Hopkins CSSE.