Premier isolement de virus West Nile, en 2020, chez un moustique, en Louisiane, aux Etats-Unis Médecine des voyages

Publié le 19 mar. 2020 à 08h59

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Etats-Unis, un premier échantillon positif pour le virus West Nile (WN ou virus du Nil occidental) a détecté le 1er mars 2020 en Louisiane chez un moustique capturé dans un piège non loin de la Claiborne Elementary school à Baton Rouge. 

Habituellement les isolements sont plus tardifs dans cette zone. Les autorités sanitaires exhortent les résidents à commencer à prendre les précautions nécessaires pour éviter les piqûres de moustiques. 

En 2019, 20 résidents de la Louisiane ont été infectés par le virus West Nile,  2 sont décédés. 

Rappels sur le virus West Nile

Le virus West Nile est considéré aujourd'hui comme le flavivirus le plus répandu après celui de la dengue. 

West Nile appartient à la famille des Flaviviridae du genre flavivirus. Ce sont les oiseaux migrateurs qui jouent le rôle d'animaux réservoirs de virus. La transmission du virus se fait via la piqûre de moustiques du genre Culex : après avoir piqué des oiseaux infectés, les femelles moustiques deviennent compétentes pour la transmission du virus aux humains lors d'un repas sanguin. 

Dans la majorité des cas (80 %), l'infection par virus West Nile est asymptomatique. Les formes symptomatiques de la maladie se caractérisent par l'apparition brutale d'une fièvre importante après 3 à 6 jours d'incubation. Cette fièvre est accompagnée de maux de tête et de dos, de douleurs musculaires, d'une toux, d'adénopathies du cou, et souvent d'une éruption cutanée, de nausées, de douleurs abdominales, de diarrhées et de symptômes respiratoires.

Des complications neurologiques (méningite, encéphalite) surviennent dans moins de 1% des cas. Plus rarement encore, d'autres complications (hépatite, pancréatite ou myocardite) peuvent apparaître. Généralement, le malade récupère spontanément, parfois avec séquelles. Mais l'infection virale peut s'avérer mortelle principalement chez les adultes séniors.

Pour se protéger il est conseillé au voyageur :

  • de réduire le temps passé à l'extérieur pendant les heures de pointe du moustique (entre le crépuscule et l'aube) ;
  • de porter des vêtements de couleur claire avec des manches longues, pantalons et chaussettes dans les zones où les moustiques sont présents ;
  • de se protéger des piqûres de moustiques en utilisant un insectifuge contenant du DEET ; 
  • de nettoyer les gouttières et vider régulièrement les bains d'oiseaux et autres objets susceptibles de recueillir de l'eau ;
  • de s'assurer que les barils de pluie sont recouverts de moustiquaires ou qu'ils sont étroitement scellés autour du tuyau de descente des eaux de pluies ;
  • d'améliorer l'aménagement paysager pour empêcher l'eau stagnante autour de la maison.

Conformément à la directive 2014/110/UE de la Commission européenne, les donneurs potentiels de produits sanguins doivent être différés de 28 jours après avoir quitté une zone de risque d'infections acquises localement, à moins que les résultats d'un test individuel d'acide nucléique ne soient négatifs.

Source : Promed.