L'alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI) engage 100 millions de dollars pour lutter contre la méningite A

Publié le 3 juin 2011 à 21h47

Biographie

- Professeur agrégé du Val-de-Grâce, professeur invité à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 25 novembre 2021.

L'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI) s'est engagée à verser 100 millions d'US$ pour lutter contre la méningite A au Cameroun, au Tchad et au Nigeria, en vue de sauver des dizaines de milliers de vies en Afrique grâce à l'introduction d'un nouveau vaccin, appelé MenAfriVac. Les 25 pays de la « ceinture africaine » de la méningite (encore appelée ceinture de Lapeyssonnie*), qui s'étend du Sénégal à l'ouest jusqu'à l'Ethiopie à l'est, sont frappés presque chaque année par des épidémies d'infections invasives à méningocoque. L'épidémie de 1996-1997 avait concerné près de 250.000 personnes, causant la mort de 25.000 d'entre elles. A moins de 0,50 US$ la dose, ce nouveau vaccin permet de lutter contre les épidémies de méningite à méningocoque du sérogroupe A, responsable de plus de 85 % des cas de méningite méningococcique survenant en Afrique. Il s'agit par ailleurs d'un vaccin dit "conjugué" capable, par rapport aux vaccins utilisés auparavant, de susciter une réponse immunitaire de longue durée et d'empêcher la transmission de personne à personne en supprimant le portage de la bactérie qui colonise la gorge des individus. 

Fin 2010, le vaccin a été introduit au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Selon les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de cas de méningite A recensés dans ces pays pendant la saison épidémique de 2011 est beaucoup moins élevé par rapport à la saison précédente. À la 14ème semaine de la saison épidémique, le Burkina Faso a enregistré uniquement deux cas confirmés de méningite A, contre 42 à la même période l'année dernière. Les deux cas de cette saison concernent des individus non vaccinés.

Cependant, un autre sérogroupe du méningocoque, appelé W135, est de plus en plus fréquent dans la ceinture de la méningite. Et aucun vaccin conjugué anti-méningocoque W135 n'est actuellement disponible pour les populations des pays pauvres de l'Afrique subsaharienne.

* Lapeyssonnie : nom du médecin militaire français qui a le premier décrit les épidémies de méningite cérébrospinale survenant dans cette partie du monde.

Source : Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination.