Un cas d'ichtyosarcotoxisme signalé à Hong Kong Médecine des voyages

Publié le 24 avr. 2020 à 14h02

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Hong Kong, le 24 avril 2020, le Centre for Health Protection (CHP) du Department of Health  a notifié un cas suspect d'empoisonnement par consommation de poisson-globe, et a donc rappelé au public de ne pas consommer de poisson-globe.

Le patient est un homme de 65 ans, qui a développé un engourdissement du visage, une faiblesse généralisée et une insuffisance respiratoire environ deux heures après avoir consommé du poisson-globe cuit, pêché par lui-même dans les eaux locales, pour le déjeuner à la maison. Il a été admis en unité de soins intensifs à l'hôpital Prince of Wales (PWH) le même jour où il est dans un état critique.
La consommation de poisson-globe est la principale cause d'intoxication alimentaire à la tétrodotoxine ou ichtyosarcotoxisme. La tétrodotoxine est une neurotoxine hydrosoluble puissante qui peut affecter le système nerveux central.

Rappel sur l'ichtyosarcotoxisme

L'ichtyosarcotoxisme de type histaminique, est une intoxication alimentaire survenant dans la plupart des cas après la consommation de scombridés, poissons bleus à chair rouge comme les thons, maquereaux, thazards et bonites, mais aussi parfois à d'autres espèces (sardines, harengs, anchois, carangues, espadons, coryphènes). 

L'intoxication est due à la formation d'histamine après dégradation bactérienne de l'histidine présente en grande quantité dans ces poissons. La mauvaise conservation de tranches de poisson frais est en cause dans la majorité des cas mais l'ingestion de poisson bleu congelé ou en conserve est aussi retrouvée dans de nombreuses observations
Le tableau clinique est similaire à celui d'une réaction allergique. 

Les symptômes se produisent habituellement quelques minutes à une heure après avoir consommé le poisson contaminé.  

Le diagnostic est présomptif : en zone d'endémie, c'est la survenue de symptômes compatibles avec une intoxication dans les suites d'un repas de poisson connu pour être potentiellement toxique :

  • signes généraux : myalgies, arthralgies, prurit, éruptions cutanées, hypersudation ;
  • signes digestifs : douleurs abdominales diffuses, nausées, vomissements, hoquet ;
  • signes neurologiques : ataxie cérébelleuse, céphalées, troubles du sommeil, syndrome dépressif, hallucinations visuelles, paresthésies, atteintes des nerfs crâniens, coma ;
  • signes cardio-vasculaires : baisse du rythme cardiaque (bradycardie), hypotension artérienne, troubles du rythme.

La plupart des patients se rétablissent sans traitement habituellement dans les 2 à 3 heures. Parfois l'évolution est plus prolongée, jusqu'à 8 à 16 heures.

Cette intoxication est classiquement considérée comme bénigne mais on dénombre plusieurs cas où des signes cliniques graves sont apparus tels que collapsus cardiovasculaire et atteinte myocardique.

Source : Centre for Health Protection, Department of Health, The Government of the Hong Kong special administrative region.