Un cas d'infection à Hantavirus détecté à Taïwan Médecine des voyages

Publié le 8 mai 2020 à 16h38

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

A Taïwan, un homme d'environ 40 ans de la ville de Keelung a été diagnostiqué positif par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) de Taïwan le 27 avril 2020 pour une infection à Hantavirus.

C'est le premier cas détecté dans le nord de Taiwan cette année et le 4e dans le pays.

Le patient est un employé de restaurant dans la ville portuaire qui a développé des symptômes de la maladie (fièvre, diarrhée, et douleurs musculaires) le 10 avril. Il a rapporté avoir vu des rats, les porteurs du virus, à son lieu de travail, mais a dit qu'il n'a pas été mordu. 

Les autorités sanitaires de Keelung ont exhorté les restaurants, les hôtels, les marchés, les stands de nourriture, et les usines alimentaires pour renforcer les mesures contre les rongeurs. 

Taiwan a connu des cas sporadiques d'infection à Hantavirus au cours des dernières années. 

En Asie, 5 hantavirus sont présents : le virus Hantaan (réservoir rongeur Apodemus agrarius), le virus Amour (Apodemus Peninsulae), le virus Thaïlande (Bandicota de indica), le virus Séoul (le rat brun, Rattus norvegicus), et le virus Muju (Myodes regulus). 

Le virus très probablement impliqué dans ce cas  à Taiwan est le virus Séoul comme cela a été le cas en 2010.

La fièvre hémorragique avec syndrome rénal correspond à plusieurs affections cliniquement proches dues à des hantavirus appartenant à la famille des Bunyaviridae (notamment les virus Hantaan, Séoul, Puumala et Dobrava-Belgrade). Ces virus ont également été identifiés en Asie et en Afrique.

La transmission par aérosol des excréments de rongeurs, hôte réservoir de virus, reste le seul moyen connu de transmission du virus à l'homme.

L'incubation de la maladie est de une à deux semaines, mais peut atteindre 8 semaines dans certains cas.

La maladie comprend cinq phases :

  • Phase fébrile. Elle est accompagnée habituellement d'un syndrome grippal et de signes digestifs. Elle dure trois à sept jours.
  • Phase hypotensive. Les signes observés sont une tachycardie, une hypoxémie et une baisse des plaquettes (thrombopénie). Cette phase peut durer deux jours.
  • Phase oligurique (trois à sept jours). Atteinte rénale (insuffisance rénale et protéinurie).
  • Phase diurétique (quelques jours à plusieurs semaines). Elle est caractérisée par une diurèse abondante (polyurie) de trois à six litres par jour.
  • Phase de convalescence. Les symptômes s'atténuent, annonçant la guérison.

La gravité de la maladie varie en fonction du virus responsable de l'infection. Les virus Hantaan et Dobrava sont responsables des formes les plus graves, tandis que les virus Séoul, Saaremaa et Puumala sont généralement responsables de manifestations plus modérées. La guérison complète peut prendre des semaines ou des mois.

Les voyageurs doivent éviter tout contact avec les rongeurs. Le port de masque et de gants est indispensable pour manipuler un animal mort. Les campeurs et éco-touristes doivent éviter les contacts avec des rongeurs dans leur tente ou habitation et protéger leur nourriture de toute contamination.

Source : Promed.