Scombrotoxisme en Suède par consommation de thon importé du Viêt Nam Médecine des voyages

Publié le 15 mai 2020 à 19h53

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Suède, selon l'Agence suédoise de l'alimentation (Livsmedelsverket), une trentaine de personnes sont tombées malades d'une intoxication scombroïde ou ichtyosarcotoxisme de type histaminique après avoir mangé du thon congelé importé du Vietnam, via les Pays-Bas, au début du mois de mai 2020.

Selon l'Agence suédoise de l'alimentation, une trentaine de personnes ont présenté des symptômes typiques d'un empoisonnement à l'histamine (oedème, urticaire, rythme cardiaque irrégulier, nausées, diarrhée et vomissements) mais qu'aucun décès n'a été signalé. Tous les cas signalés avaient consommé un plat avec du thon dans le même restaurant. L'épidémie s'est déclarée début mai. Le lien avec les longes de thon est basé sur l'enquête épidémiologique sur l'épidémie. Des échantillons ont été prélevés du lot incriminé, mais les résultats sont en attente.

La distribution des lots de thon congelés comprenait également l'Autriche, Chypre, l'Allemagne, la Hongrie, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie.

Rappel sur l'ichtyosarcotoxisme

L'ichtyosarcotoxisme de type histaminique, est une intoxication alimentaire survenant dans la plupart des cas après la consommation de scombridés, poissons bleus à chair rouge comme les thons, maquereaux, thazards et bonites, mais aussi parfois à d'autres espèces (sardines, harengs, anchois, carangues, espadons, coryphènes). 

L'intoxication est due à la formation d'histamine après dégradation bactérienne de l'histidine présente en grande quantité dans ces poissons. La mauvaise conservation de tranches de poisson frais est en cause dans la majorité des cas mais l'ingestion de poisson bleu congelé ou en conserve est aussi retrouvée dans de nombreuses observations
Le tableau clinique est similaire à celui d'une réaction allergique. 

Les symptômes se produisent habituellement quelques minutes à une heure après avoir consommé le poisson contaminé.  

Le diagnostic est présomptif : en zone d'endémie, c'est la survenue de symptômes compatibles avec une intoxication dans les suites d'un repas de poisson connu pour être potentiellement toxique :

  • signes généraux : myalgies, arthralgies, prurit, éruptions cutanées, hypersudation ;
  • signes digestifs : douleurs abdominales diffuses, nausées, vomissements, hoquet ;
  • signes neurologiques : ataxie cérébelleuse, céphalées, troubles du sommeil, syndrome dépressif, hallucinations visuelles, paresthésies, atteintes des nerfs crâniens, coma ;
  • signes cardio-vasculaires : baisse du rythme cardiaque (bradycardie), hypotension artérienne, troubles du rythme.

La plupart des patients se rétablissent sans traitement habituellement dans les 2 à 3 heures. Parfois l'évolution est plus prolongée, jusqu'à 8 à 16 heures.

Cette intoxication est classiquement considérée comme bénigne mais on dénombre plusieurs cas où des signes cliniques graves sont apparus tels que collapsus cardiovasculaire et atteinte myocardique.

Source : Food Safety News.