Cas fatal de typhus des broussailles au Népal Médecine des voyages

Publié le 15 août 2020 à 16h39

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Népal une adolescente de 14 ans est décédée du typhus des broussailles dans le district de Baitadi, zone de Seti dans la région ouest à la frontière avec l'Inde. La patiente résidait dans la municipalité rurale de Dogadakedar-3, Shreekot. D'abord hospitalisée dans un hôpital de Dhangadhi, elle est décédée au cours de son transfert pour traitement complémentaire vers un hôpital de Kohalpur.

Le diagnostic de typhus des broussailles au Népal a augmenté depuis 2015 avec 101 cas de typhus des broussailles en 2015, 831 cas en 2016, et 1435 cas en 2017-2018. Cela avait été attribué aux personnes vivant dans des abris temporaires après le séisme de 2015.

Rappels sur le typhus de broussailles :

Le typhus des broussailles, appelé également tsutsugamushi, est une infection bactérienne causée par Orientia tsutsugamushi anciennnement nommée Rickettsia tsutsugamushi ou Rickettsia orientalis), qui appartient à l'ordre des Rickettsiales de la famille des Rickettsiaceae. L'homme est un hôte accidentel de ces bactéries, le réservoir de l'infection est animal (rongeurs, lapins, porcs). La transmission se fait par piqûre de larves de trombiculidés (Leptotrombidium deliense). Ces acariens proches des aoutats vivent habituellement dans des zones broussailleuses des zones montagneuses.

Le typhus des broussailles s'observe essentiellement en Extrême-Orient est généralement une maladie fébrile aiguë qui se caractérise par un chancre d'inoculation de la peau associé à une éruption (apparition de boutons) de l'ensemble du corps avec une inflammation des ganglions lymphatiques et une fièvre de deux à quatre semaines. Elle peut impliquer plusieurs organes si le malade n'est pas traité et l'encéphalite constitue une manifestation tardive avec une mortalité élevée. Le traitement repose sur l'antibiothérapie (tétracycline ou rifampicine dans les formes résistantes). La mortalité est susceptible d'atteindre 25 % des cas qui ne sont pas traités par la doxycycline et éventuellement la rifampicine.

Conséquences pour le voyageur : Le risque est faible pour les voyageurs mais ceux qui campent ou pratiquent le trekking peuvent être exposés. Pour éviter les piqûres de tiques, le voyageur doit prendre certaines précautions :

  • rester sur des sentiers balisés et et éviter de s'asseoir dans l'herbe ou de passer à travers les buissons, zones boisées et humides ;
  • préférer des vêtements couvrants (pantalon, manches longues, chaussures fermées et chaussettes remontant sur le bas des pantalons) imprégnés d'un insecticide ;
  • traiter éventuellement les vêtements avec un insecticide ;
  • protéger les zones de peau exposées avec un répulsif à base de DEET ;
  • en fin d'activité, inspecter toutes les parties du corps, afin d'enlever une éventuelle tique dès que possible ;
  • il faut extraire la tique à l'aide d'un tire-tique disponible en pharmacie, ou d'une pince-à-épiler ;
  • il faut éviter d'écraser la tique, de la brûler ou d'appliquer diverses substances.

Pour le voyageur, en cas de fièvre, de rougeur de la peau ou d'autres symptômes nouveaux après une piqûre de tique, consulter rapidement un médecin.

Source : Promed.