Foyer d'infections à Vibrio parahaemolyticus lié aux crustacés au Canada Médecine des voyages

Publié le 25 sept. 2020 à 11h45

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Canada, dans la province du Nouveau-Brunswick, un foyer d'infections à Vibrio parahaemolyticus, lié à la consommation de crustacés, a été déclaré à la suite de 9 cas confirmés. Ces cas ont été signalés dans les parties nord et est de la province. Le Nouveau-Brunswick enregistre en moyenne deux à trois cas d'infections à Vibrio parahaemolyticus par an ; elles sont couramment associées à la consommation et à la manipulation de crustacés crus tels que les huîtres, les palourdes et les moules.

Rappel sur Vibrio parahemolyticus.

Vibrio parahaemolyticus, une bactérie de la famille des Vibrionaceae, est présent dans le monde entier, principalement chez des animaux filtreurs, dont les coquillages (moules, palourdes et huitres notamment) et chez certains poissons. Elle est naturellement présente dans les eaux marines, en particulier l'été lorsque la température de l'eau augmente, et ne traduit pas une contamination des eaux usées.

C'est une source d'infection alimentaire. La gastro-entérite (70 à 80 % des cas) représente le tableau clinique le plus fréquent et s'accompagne de symptômes tels qu'une diarrhée (parfois sanguinolente et liquide), de crampes abdominales, de nausées et vomissements, de maux de tête et d'une fièvre. L'infection est en général spontanément résolutive et d'intensité modérée. Elle dure environ 3 jours chez les patients immunocompétents. Une infection de plaie ou une septicémie peuvent survenir après exposition à la bactérie.

Les infections se manifestent habituellement selon trois principaux syndromes cliniques :

  • gastroentérite (60 à 80 % des cas) avec diarrhée, crampes abdominales, nausées, vomissements ;
  • infection de plaies (34 %) spontanément résolutive ;
  • septicémie (5 %) en particulier chez des patients immunodéprimés ou présentant un maladie chronique préexistante.

Le risque pour les voyageurs est faible et la maladie peut être évitée si les aliments sont cuits avant d'être consommés.

Source : Outbreak News Today.