Mise à jour sur la situation de Monkeypox en République Démocratique du Congo Médecine des voyages

Publié le 1 oct. 2020 à 22h38

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Du 1er janvier au 13 septembre 2020, un total de 4 594 cas suspects de Monkeypox (dit "variole du singe"), dont 171 décès (taux de létalité de 3,7 %), ont été signalés dans 127 zones de santé de 17 des 26 provinces de la République démocratique du Congo. Au cours de la même période en 2019, 3 794 cas suspects (taux de létalité de 1,9 %) avaient été signalés dans 120 zones de santé de 16 provinces, tandis qu'un total de 2 850 cas suspects (taux de létalité de 2,1 %) avaient été signalés en 2018.

Le premier pic épidémique a été observé au début du mois de mars 2020 (semaine 10), avec 136 cas hebdomadaires. Du 1er janvier au 7 août, l'Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) a reçu 80 échantillons (4 issus de lésions cutanées et 76 échantillons sanguins) de cas suspects de variole du singe, dont 39 ont été confirmés positifs en PCR. Il n'y a pas d'autres informations pour le moment concernant le résultat de ces 80 patients dont les échantillons ont été testés. Les tests de confirmation sont toujours en cours.

Sur la période du 1er janvier au 13 septembre :

  • Les provinces qui ont signalé le plus grand nombre de cas suspects sont Sankuru avec 973 (21,2 %) cas, Mai-Ndombe avec 964 (21 %) cas, Equateur avec 586 (12,8 %) cas, Tshuapa avec 520 (11,3 %) cas et Mongala avec 518 (11,3 %) cas.
  • Cinquante huit % des cas suspects sont âgés de plus de cinq ans.
  • Les taux de mortalité les plus élevés ont été enregistrés dans les provinces du Kwilu, soit 16,7 % (1 décès/6 cas suspects), de Tshopo avec 8,1 % (17 décès/211 cas suspects) et de Mai-Ndombe avec 7,8 % (75 décès/964 cas suspects).
  •  Le taux de mortalité des malades de moins de cinq ans est de 4,2 % (80 décès/1 907 cas suspects), contre 3,4 % pour les malades de plus de cinq ans (91 décès/2 687 cas suspects) (cette différence n'est pas statistiquement significative).

Rappels sur le monkeypox

Le monkeypox est une maladie largement auto-limitante, c'est-à-dire une maladie qui se résout elle-même. Des éruptions cutanées vésiculaires généralisées, de la fièvre et un gonflement douloureux des mâchoires sont des symptômes caractéristiques associés à une infection. Bien qu'il n'y ait pas de médicament spécifique pour traiter la maladie, lorsque des soins de soutien intensifs sont fournis, pratiquement tous les patients se rétablissent complètement, comme nous l'avons vu avec la flambée actuelle.

Le virus monkeypox est un membre du genre Orthopoxvirus dans la famille des Poxviridae. Les singes ne sont pas les réservoirs du virus. Les principaux réservoirs suspects sont des rongeurs, comme les écureuils (Funisciurus sp. un rongeur arboricole), et des rongeurs terrestres (genres Cricetomys et Graphiurus).

L'infection résulte d'un contact direct avec le sang, les fluides corporels, ou des éruptions cutanées d'animaux infectés (manipulation de macaques infectés, ou de rongeurs).

La transmission secondaire d'humain à humain, résulte d'un contact étroit avec les excrétions des voies respiratoires infectées, avec les lésions de la peau d'une personne infectée ou avec des objets contaminés récemment.

Après une période d'incubation de 6 à 16 jours, la période de l'invasion (0-5 jours), est caractérisée par de la fièvre, des maux de tête intenses, une lymphadénopathie (gonflement des ganglions lymphatiques), des douleurs musculaires. Puis survient une éruption cutanée sur le visage (dans 95% des cas), sur les paumes des mains et la plante des pieds (75%) et presque simultanément sur le corps. L'éruption se manifeste par des maculopapules (lésions avec un fond plat), puis des vésicules (petites cloques remplies de liquide), et des pustules, suivies par des croûtes. Les symptômes de la variole du singe durent habituellement de 14 à 21 jours.

Le virus est transmis par un animal infecté ou par contacts avec des éruptions cutanées, du sang ou les fluides corporels de l'animal. Le virus peut aussi être transmis personne à personne par contact et le contact respiratoire ou direct avec la literie ou les vêtements contaminés.

Il n'y a pas de traitement spécifique pour monkeypox.

Risque pour les voyageurs

Les voyageurs qui se rendent dans des pays d'Afrique centrale et occidentale qui signalent des cas doivent être conscients du risque d'infection. Cependant, très peu de visiteurs en Afrique seraient atteints du Monkeypox et le risque encouru par la grande majorité des voyageurs est faible. Le principal risque concerne les résidents à long terme des zones touchées.

Le voyageur des pays d'Afrique Centrale ou occidentale sont invités à :

  • éviter tout contact avec les singes et les rongeurs :
  • évitez de consommer de la viande insuffisamment cuite provenant de ces sources ou de toute autre source ;
  • porter des vêtements de protection, y compris des gants, s'il est impliqué dans l'abattage ou le soin des animaux dans les pays touchés ;
  • respecter une hygiène méticuleuse des mains (y compris des gants) s'il visite ou prend soin d'amis et de sa famille malades dans les pays touchés ;
  • consulter un médecin en cas de fièvre ou d'éruption cutanée pendant ou après le voyage dans les pays touchés.

Source : Organisation Mondiale de la Santé (OMS).