Présence de l'escargot à queue cornue hôte d'Angiostrongylus cantonensis en Floride aux Etats-Unis Médecine des voyages

Publié le 6 oct. 2020 à 21h05

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Etats-Unis, le Florida Department of Agriculture and Consumer Services du comté de Miami-dade en Floride a signalé la présence de l'escargot à queue cornue (Macrochlamys indica) une espèce envahissante qui peut propager le nématode parasite Angiostrongylus cantonensis qui utilise le rat comme hôte définitif et les mollusques gastéropodes comme hôtes intermédiaires.

L'escargot a été découvert par un amateur de gastéropodes de Coconut Grove un quartier de Miami qui a envoyé cet escargot inhabituel à l'Université de Floride pour identification. C'est la première fois que cet escargot a été trouvé aux États-Unis.

Après enquête, il a été trouvé sur plusieurs sites dans le comté de Miami-Dade. Dans une enquête menée dans 18 comtés, près de 23 % des rats, environ 16 % d'échantillons fécaux de rats et près de 2 % des escargots terrestres testés sont positifs pour le nématode, selon les chercheurs de l'Université de Floride.

Rappels sur l'angiostrongylose

L'angiostrongylose est causée par un nématode (Angiostrongylus cantonensis). Ce parasite vit au stade adulte dans les artères pulmonaires du rat. Ses œufs éclosent in situ, donnant des larves qui passent la barrière alvéolo-capillaire et remontent la trachée, puis sont dégluties et éliminées dans le milieu extérieur par les fèces. Ces larves poursuivent leur cycle évolutif chez les mollusques gastéropodes qui représentent l'hôte intermédiaire. Elles passent ensuite chez leurs prédateurs (crustacés, poissons, batraciens et serpents de mer), qui sont des hôtes d'attente : les larves ne s'y développent plus, et sont en attente de passer chez l'hôte définitif. Le cycle se referme lorsque le rat se nourrit d'un hôte intermédiaire ou d'un hôte d'attente. L'Homme s'infeste en mangeant, crus ou peu cuits, des mollusques, des crustacés, des poissons ou des serpents porteurs de larves d'A. cantonensis.

A. cantonensis est la cause la plus courante de méningite à éosinophiles en Asie du Sud-Est, dans le bassin du Pacifique, ainsi que dans les Caraïbes.

Chez l'homme la maladie, après une incubation silencieuse de 2 à 3 semaines, est marquée par l'installation brutale d'un syndrome méningé typique (céphalées, nausées et fièvre élevée) auquel peuvent s'associer une atteinte des paires crâniennes (paralysie faciale, diplopie...) et des troubles de la sensibilité subjective (dysesthésies, paresthésies...). L'évolution se fait presque toujours vers la résolution sans séquelles en quelques semaines. Des formes graves peuvent être observées, surtout chez les enfants, pouvant aboutir au décès ou à des séquelles neurologiques importantes

Par mesure de précaution, il est très important d'éviter de manger crue les divers hôtes, principalement les crustacés, gastéropodes, batraciens et poissons en zone d'endémie.

Source : ProMED.