Le botulisme est suspecté chez 35 personnes en Italie Médecine des voyages

Publié le 6 oct. 2020 à 18h35

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Plus de 30 personnes ont dû être hospitalisées en Italie pour une intoxication suspecte de botulisme. Les 35 patients vus au service des urgences de l'hôpital de la Fondation Giglio à Cefalù, une ville du nord de la Sicile, ont pris le même repas dans une cantine. Actuellement, 24 patients sont pris en charge dans trois hôpitaux siciliens, dont sept en soins intensifs et quatre en observation dans un service d'urgence. Les admissions ont commencé mercredi de la semaine 2020-40.


Les patients sont des ouvriers du bâtiment employés de la société Toto Costruzioni Generali. Les premières enquêtes indiquent ma consommation partagée d'une salade contenant du thon, de la tomate et de la mozzarella. La cantine du chantier, qui a été approvisionnée en repas par un service de restauration, fait l'objet d'une enquête par les autorités sanitaires de Palerme et la police locale.


Des échantillons prélevés sur les patients aux urgences ont été envoyés pour confirmation du diagnostic à l'Istituto Superiore di Sanità à Rome.


L'Italie est le pays européen qui compte le plus grand nombre de cas de botulisme. De 1986 à juin 2019, 342 cas de botulisme impliquant 501 personnes ont été confirmés par des tests de laboratoire, selon les données communiquées par le Centre national de référence pour le botulisme (CNRB).


Rappels sur le botulisme.


L'agent pathogène impliqué dans le botulisme est une bactérie appelée Clostridium botulinum. C'est la toxine extrêmement puissante qu'elle synthétise qui est responsable de la maladie. Sur les sept types de botulisme connus aujourd'hui, quatre (les types A, B, E et plus rarement F) affectent l'homme. 


La toxine se développe notamment dans les aliments mal conservés, et la maladie résulte en général d'une intoxication alimentaire. Si le botulisme est rare, sa mortalité reste élevée quand le traitement n'est pas immédiat.


Le botulisme se déclare après une incubation de quelques heures à quelques jours, en fonction du mode de contamination. En général, les personnes ayant partagé les mêmes aliments manifestent des symptômes identiques, mais avec une gravité variable. Ceux-ci débutent par une atteinte oculaire (défaut d'accommodation, vision floue), une sécheresse de la bouche accompagnée d'un défaut de déglutition voire d'élocution, puis d'une parésie à une paralysie des muscles. Dans les formes avancées, ils évoluent vers une paralysie descendante des membres et des muscles respiratoires. C'est cette insuffisance respiratoire qui entraîne le décès. 


Le traitement du botulisme est essentiellement symptomatique et requiert, dans les formes sévères, des soins respiratoires intensifs avec ventilation assistée. 


La prévention du botulisme alimentaire repose sur l'application de bonnes pratiques dans la préparation des aliments, notamment pour ce qui concerne la conservation et l'hygiène. Le botulisme peut être prévenu par l'inactivation des spores bactériennes dans les produits ou les conserves stérilisés à la chaleur (par autoclavage, par exemple) ou encore par inhibition de la croissance bactérienne dans d'autres produits. La pasteurisation à chaud industrielle (produits pasteurisés conditionnés sous vide, produits fumés à chaud) peut ne pas suffire pour détruire toutes les spores.


Source : Food Safety News.