Cas de typhus murin en Californie, Etats-Unis Médecine des voyages

Publié le 11 nov. 2020 à 10h07

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Etats-Unis, dans le sud de la Californie un homme de 25 ans, dresseur de chiens, a été testé pour la covid-19 en raison de maux de tête, fièvre, frissons et douleurs musculaires en juillet 2020. Le patient a été testé négatif. Un second test, également négatif, a été réalisé trois semaines plus tard devant la persistance des symptômes. Par contre le laboratoire a confirmé le diagnostic de typhus murin. Il a été traité avec de l'azithromycine et des analgésiques.

Rappels sur le typhus murin :

Le typhus murin est une zoonose ubiquitaire due a une rickettsie, Rickettsia typhi. La puce du rat, Xenopsylla cheopis, vecteur principal, contamine l’homme par ses déjections qui pénètrent l’organisme par des lésions de grattage, par voie muqueuse ou par inhalation, et peut-être par piqûre. Les réservoirs de la maladie sont les rongeurs Rattus rattus et R. norvegicus. D’autres vertébrés, tels que les souris, les opossums, les musaraignes ou les chats, peuvent être porteurs de R. typhi. Les rickettsies peuvent d’autre part rester infectantes des années dans les poussières de déjections des puces dans l’habitat des rats. Enfin, d’autres arthropodes (autres espèces de puces comme Ctenocephalides felis, puce du chat, et Leptopsylla segnis, puce de souris, poux, acariens) peuvent être vecteurs de la maladie en conditions de laboratoire.

Aux États-Unis, la plupart des cas se produisent au Texas, en Californie et à Hawaï avec une moyenne de 300 cas par an. Ces dernières années, le nombre de cas signalés a augmenté au Texas et en Californie. Le Texas a signalé plus de 500 cas en 2017, soit le nombre le plus élevé aux États-Unis depuis les années 1940, lorsque le typhus était très répandu. La Californie a enregistré en moyenne 70 cas de typhus transmis par les puces par an entre 2009 et 2014, 98 entre 2015 et 2017, et un nombre record de 174 cas en 2018. En Californie, quatre juridictions sanitaires sont considérées comme des zones endémiques pour le typhus transmis par les puces : le comté de Los Angeles, les villes de Pasadena et de Long Beach, et le comté d'Orange. Des cas isolés ont également été rapporté des comtés de San Diego et de San Bernardino. Une étude menée au Texas a montré l'implication de l'opossum comme réservoir de la bactérie et le rôle potentiel de Ctenocephalides felis comme vecteur.

Le typhus murin est sous-diagnostiqué en particulier en zone tropicale. Les symptômes peuvent commencer 6 à 14 jours après l'exposition à une puce infectée, et comprennent une fièvre (38 – 40°), des maux de tête, des frissons, des courbatures et des douleurs. Un rash cutané sur la face, la poitrine, le dos, les paumes des mains et les plantes des pieds, peut survenir.

Les tétracycline sont le traitement de référence (doxycycline en une prise unique). Le traitement est prolongé sur 7 jours dans les formes graves.

Il n'existe pas de vaccin pour prévenir le typhus murin;

Pour éviter la contamination il est recommandé :

  • un contrôle efficace des puces sur les animaux domestiques en utilisant des produits anti-puces ;
  • d'éliminer la nidification des rats et d'empêcher l'introduction des rongeurs, opossums, ou chats sauvages dans la maison ou les vides sanitaires ;
  • avant de nettoyer les aires de nidification, appliquer un répulsif efficace contre les insectes (à base de DEET) et utiliser un masque à particules de poussière, des lunettes et des gants
  • d'éviter les piqûres de puces : en cas d'activités comme le camping, la randonnée, utiliser des produits anti-puces à base de perméthrine pour traiter les vêtements ; ne pas nourrir ni caresser les animaux errants ou sauvages.

Source : British Medical Journal.