Intoxications à l'histamine (scombrotoxisme) par consommation de poisson en Nouvelle-Zélande Médecine des voyages

Publié le 12 nov. 2020 à 21h18

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Nouvelle-Zélande, la société HelloFresh, une société de préparation et livraison de plats cuisinés, rappelle certains lots de poissons après le signalement d'au moins 3 cas d'empoisonnement à l'histamine

Ce rappel concerne des filets les de carangue en raison de leur teneur élevée en histamine. Des filets de 280 et 560 grammes ont été inclus dans les livraisons des clients de la société HelloFresh impliqués, du 7 novembre à aujourd'hui. Le produit rappélé était vendu en ligne dans des emballages en plastique dans le cadre d'une boîte de repas et a été distribué dans toute la Nouvelle-Zélande entre le 10 et le 13 novembre 2020.

Rappel sur l'ichtyosarcotoxisme

L'ichtyosarcotoxisme de type histaminique (ou scombrotoxisme), est une intoxication alimentaire survenant dans la plupart des cas après la consommation de scombridés, poissons bleus à chair rouge comme les thons, maquereaux, thazards et bonites, mais aussi parfois à d'autres espèces (sardines, harengs, anchois, carangues, espadons, coryphènes).L'intoxication est due à la formation d'histamine après dégradation bactérienne de l'histidine présente en grande quantité dans ces poissons. La mauvaise conservation de tranches de poisson frais est en cause dans la majorité des cas mais l'ingestion de poisson bleu congelé ou en conserve est aussi retrouvée dans de nombreuses observations

Le tableau clinique est similaire à celui d'une réaction allergique. Les symptômes se produisent habituellement quelques minutes à une heure après avoir consommé le poisson contaminé. Le diagnostic est présomptif ; en zone d'endémie, il est évoqué devant la survenue de symptômes compatibles avec une intoxication dans les suites d'un repas de poisson connu pour être potentiellement toxique :

  • signes généraux : myalgies, arthralgies, prurit, éruptions cutanées, hypersudation ;
  • signes digestifs : douleurs abdominales diffuses, nausées, vomissements, hoquet ;
  • signes neurologiques : ataxie cérébelleuse, céphalées, troubles du sommeil, syndrome dépressif, hallucinations visuelles, paresthésies, atteintes des nerfs crâniens, coma ;
  • signes cardio-vasculaires : baisse du rythme cardiaque (bradycardie), hypotension artérienne, troubles du rythme.

La plupart des patients se rétablissent sans traitement habituellement dans les 2 à 3 heures. Parfois l'évolution est plus prolongée, jusqu'à 8 à 16 heures. Cette intoxication est classiquement considérée comme bénigne mais on dénombre plusieurs cas où des signes cliniques graves sont apparus tels que collapsus cardiovasculaire et atteinte myocardique.

Source : Food Safety News.