Extension de la méningo-encéphalite amibienne aux Etats-Unis Médecine des voyages

Publié le 21 déc. 2020 à 21h29

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Etats-Unis, 120 cas de méningo-encéphalite amibienne primaire (MAM) ont été signalés aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC)  entre 1978 et 2018; Quatre-vingt cinq patients au total ont eu une exposition connue ou suspectée à l'eau à des fins récréatives : 69 patients dans un lac, un étang ou un réservoir ; 14 patients dans une rivière ou un ruisseau ; et 2 patients dans un lieu aquatique extérieur. Trente-cinq patients qui avaient été exposés à des canaux, des flaques d'eau ou des fossés, à de l'eau chauffée par géothermie ou à l'eau du robinet, à des endroits non précisés ou à de multiples endroits distants de plus de 80 km ont été exclus de l'analyse. 

L'incidence des MAM associées à l'exposition à l'eau de loisirs a varié de 0 à 6 cas par an entre 1978 et 2018 aux États-Unis. Parmi les 85 cas, 74 se sont produits dans le Sud, 5 dans l'Ouest et 6 sont survenus dans le Midwest, dont cinq après 2010 (Minnesota [2010], Kansas [2011], Minnesota [2012], Indiana [2012] et Kansas [2014]. L'augmentation du nombre de cas dans la région du Midwest après 2010 et les augmentations des latitudes des cas de PAM suggèrent une expansion vers le nord des expositions à Neigleria fowleri via les eaux de loisir. Par ailleurs, les cas semblent associés à des températures plus élevées que la moyenne habituelle des zones de contamination.
Référence : Gharpure R, et al. Geographic range of recreational water-associated primary amebic meningoencephalitis, United States, 1978–2018. Emerg Infect Dis. 2021 Jan [date cited].

Rappel sur la méningo-encéphalite amibienne :

La méningo-encéphalite amibienne primitive est due à une amibe libre de l'espèce Naegleria fowleri, qui vit dans les lacs, marais, piscines mal entretenues et la terre humide : la méningo-encéphalite amibienne primitive est une maladie d'origine hydrique.
Le parasite se transmet par contact avec de l'eau douce et chaude particulièrement en pratiquant de la plongée en apnée sans masque. Il pénètre dans l'encéphale à partir des fosses nasales en traversant l'épithélium olfactif, provoquant une réaction inflammatoire.

La méningo-encéphalite amibienne primitive entraîne l'apparition brutale de maux de têtes, une fièvre modérée, des nausées parfois associée à une irritation de la gorge et une rhinite. Peuvent ensuite survenir une léthargie, une raideur de la nuque, une photophobie, diverses atteintes oculaires (mydriase, nystagmus, sensibilité à la pression) et des convulsions involontaires. La maladie évolue rapidement vers un syndrome confusionnel, une hyperthermie (39 à 41 °C), des vomissements et des crises épileptiformes. Un coma irréversible suivi de la mort de la personne par dépression respiratoire survient après moins d'une à deux semaines d'évolution.
L'infection est de pronostic catastrophique en une semaine environ.

Source : Emerging Infectious Diseases.