Foyer de fièvre de la vallée du Rift chez le bétail au Kenya Médecine des voyages

Publié le 17 jan. 2021 à 18h36

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Kenya, le State Department of Livestock, Ministry of Agriculture, Livestock and Fisheries a notifié le 15 janvier 2021 à l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) 3 foyers de fièvre de la vallée du Rift (RVF) qui ont touché :

  • depuis le 19 novembre 2020 le bétail dans la zone de Eresa Boru, quartier de Sericho, dans le comté d'Isiolo où les communautés pratiquent un élevage extensif. Depuis le début 14 caprins sur 6000 têtes sont morts et 10 ovins sur 4000. Les communautés de cette région vivent dans des villages et le bétail est mis à paître dans des zones de pâturage communales. Des inondations ont eu lieu le long du bassin de l'Ewaso en raison des fortes pluies qui se sont abattues sur la région du Mont Kenya depuis octobre 2020. Le bétail a migré pour paître dans les zones marécageuses vertes le long des berges du fleuve. La surveillance du bétail a été motivée par les soupçons de RVF chez l'homme.
  • la zone de Danyere, Balambala, circonscription de Balambala, dans le comté comté de Garissa où 1 ovin sur 7000 têtes est mort le 7 décembre 2020. 
  • la zone de Qalaqal, Masalani, circonscription d'Ijara, dans le comté de Garissa où 2 caprins sur 4000 bêtes et 1 ovin sur 3000 sont morts le 7 décembre.

La maladie a touché les ovins et les caprins à Ijara et Balambala dans le comté de Garissa suite aux inondations le long du bassin de l'Ewaso. Le comté de Garissa est une zone pastorale où les communautés pratiquent un système d'élevage extensif avec des zones de pâturage communales.

Le diagnostic a été confirmé par technique immunoenzymatique (immunocapture des IgM par ELISA) et par biologie moléculaire (RT-PCR en temps réel) au Laboratoire Régional de recherche vétérinaire, Garissa (Laboratoire local) et au Laboratoire vétérinaire central, Kabete (Laboratoire national).

La maladie est transmissible à l'homme.

Rappels sur la fièvre hémorragique de la vallée du Rift :

La fièvre de la vallée du Rift est une zoonose majeure causée par un virus du genre Phlebovirus de la famille des Bunyaviridae. Le virus affecte différentes espèces animales (buffles, chameaux, bovins, caprins et moutons) et peut être transmise à l'homme :

  • soit par contact direct avec le sang ou les fluides corporels animaux lors de l'abattage ou de l'ingestion de viande ou de lait d'animaux contaminés ;
  • soit indirectement par des piqûres d'arthropodes, en particulier par des arthropodes du genre Aedes.

La forme bénigne de fièvre de la vallée du Rift est la forme la plus fréquente chez l'homme. Elle survient après une incubation de 2 à 6 jours, et se manifeste sous la forme d'un syndrome pseudo-grippal (fièvre, de myalgies, d'arthralgies et de céphalées) qui dure de 4 à 7 jours.

Dans les formes graves on peut observer :

  • Une forme oculaire (0,5 à 2 %) avec des lésions rétiniennes qui se traduisent par une baisse de la vision ou une gêne visuelle. La maladie peut guérir spontanément sans laisser de séquelles ou provoquer une baisse définitive de leur acuité visuelle.
  • Une méningo-encéphalite (moins de 1 %) avec complications neurologiques graves courantes.
  • Une forme hémorragique (moins de 1 %): 2 à 4 jours après le début de la maladie, le patient présente les signes d'une atteinte hépatique grave avec ictère (jaunisse). Des phénomènes hémorragiques apparaissent ensuite: vomissements de sang, sang dans les selles, purpura ou ecchymoses (provoquées par des saignements cutanés internes), saignements du nez ou des gencives, hémorragies gynécologiques. Le taux de létalité pour ce syndrome hémorragique est élevé et se situe aux alentours de 50 %. 
  • Le décès survient habituellement trois à six jours après l'apparition des symptômes.

Source : Organisation mondiale de la santé animale (OIE).