Cas humains de fièvre de la vallée du Rift au Kenya Médecine des voyages

Publié le 27 jan. 2021 à 18h17

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Kenya, alors que des foyers de fièvre de la vallée du Rift (FVR) ont été enregistrés chez des ovins et des caprins début janvier 2021 (nouvelle n°16917 du 18 janvier 2021), les autorités sanitaires du comté d'Isiolo, dans le centre du Kenya, ont été alertées en novembre 2020 du décès d'un certain nombre d'éleveurs qui présentaient un certain nombre de symptômes évocateur de FVR, notamment de la fièvre, des maux de tête, des saignements de nez et des vomissements de sang. Le virus de la fièvre de la vallée du Rift a été confirmé à la mi-décembre 2020.

Au 22 janvier 2021, on comptait quatre cas confirmés, 17 cas suspects et neuf décès (taux de létalité de 43,0 %). Toutes les personnes touchées étaient des hommes, éleveurs, âgés entre 13 et 70 ans. Deux comtés sont touchés par l'épidémie, les comtés d'Isiolo et de Garissa.
L'épidémie est actuellement limitée aux deux comtés susmentionnés, mais les mouvements potentiels de bétail et de personnes à travers les frontières présentent un risque de propagation aux niveaux national et régional.

Des épidémies ont été observées chez les animaux pendant cette période et une surveillance du bétail a été mise en place. En décembre 2020, les résultats du laboratoire vétérinaire de Kabete sur 120 prélèvements animaux ont montré que 19 moutons et un chameau étaient positifs à la FVR.
Le Kenya a déjà connu des foyers de FVR, les plus récents en juin 2018 et en novembre 2014.

Rappels sur la fièvre hémorragique de la vallée du Rift :

La fièvre de la vallée du Rift est une zoonose majeure causée par un virus du genre Phlebovirus de la famille des Bunyaviridae. Le virus affecte différentes espèces animales (buffles, chameaux, bovins, caprins et moutons) et peut être transmise à l'homme :
soit par contact direct avec le sang ou les fluides corporels animaux lors de l'abattage ou de l'ingestion de viande ou de lait d'animaux contaminés ;
soit indirectement par des piqûres d'arthropodes, en particulier par des arthropodes du genre Aedes.
La forme bénigne de fièvre de la vallée du Rift est la forme la plus fréquente chez l'homme. Elle survient après une incubation de 2 à 6 jours, et se manifeste sous la forme d'un syndrome pseudo-grippal (fièvre, de myalgies, d'arthralgies et de céphalées) qui dure de 4 à 7 jours.
Dans les formes graves on peut observer :

  • Une forme oculaire (0,5 à 2 %) avec des lésions rétiniennes qui se traduisent par une baisse de la vision ou une gêne visuelle. La maladie peut guérir spontanément sans laisser de séquelles ou provoquer une baisse définitive de leur acuité visuelle.
  • Une méningo-encéphalite (moins de 1 %) avec complications neurologiques graves courantes.
  • Une forme hémorragique (moins de 1 %): 2 à 4 jours après le début de la maladie, le patient présente les signes d'une atteinte hépatique grave avec ictère (jaunisse). Des phénomènes hémorragiques apparaissent ensuite: vomissements de sang, sang dans les selles, purpura ou ecchymoses (provoquées par des saignements cutanés internes), saignements du nez ou des gencives, hémorragies gynécologiques. Le taux de létalité pour ce syndrome hémorragique est élevé et se situe aux alentours de 50 %. Le décès survient habituellement trois à six jours après l'apparition des symptômes.

Source : Outbreak News Today.