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Cas de syndrome de Guillain-Barré après vaccination contre le virus H1N1 : une liaison incertaine

Publié le 13 nov. 2009 à 11h18

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 10 décembre 2018.

MesVaccins.net.

Un cas «probable» de syndrome de Guillain-Barré, une maladie inflammatoire du système nerveux périphérique, a été signalé mardi en France après une vaccination contre la grippe H1N1. Il s'agirait d'une jeune femme médecin, qui a présenté des signes neurologiques périphériques six jours après avoir reçu une injection de Pandemrix (vaccin anti-H1N1 2009 de la firme GlaxoSmithKline). Les symptômes étaient bénins (fourmillements, perte de sensibilité) et ont régressé. Il n'est pas certain qu'il s'agisse d'un effet indésirable lié au vaccin, et ce d'autant plus que le délai d'apparition des signes de la maladie est habituellement plus tardif.

L’association entre la vaccination antigrippale et la survenue d’un syndrome de Guillain-Barré a été évoquée pour la première fois en 1976 aux Etats-Unis, lors de la campagne de vaccination contre le virus A/New Jersey /H1N1. Cependant, les expertises réalisées postérieurement n’ont pas établi de façon certaine ce lien. Le vaccin utilisé était alors un vaccin entier inactivé. Depuis, les vaccins grippaux utilisés ne sont plus entiers mais fractionnés (sélection des antigènes utiles pour la vaccination). Plusieurs études portant sur la vaccination antigrippale saisonnière avec des vaccins fragmentés ont été conduites : la plupart d’entre elles n’ont pas montré d’association. Seule une étude conduite aux Etats-Unis sur deux périodes de grippe saisonnière a mis en évidence un risque très faible d’environ un cas pour 1 million de vaccinés. Par contre on estime qu'en France, où environ 1.700 patients sont hospitalisés chaque année pour un syndrome de Guillain-Barré, 4 à 7 cas de cette maladie surviennent pour 100.000 sujets grippés. Au total, le risque avéré de syndrome de Guillain-Barré découlant de la grippe est donc au moins cinquante fois supérieur au risque incertain de survenue d’un tel syndrome du fait de la vaccination.

En conclusion, étant donnés la surveillance rigoureuse des effets indésirables qui a été mise en place par l'AFSSAPS (les patients y concourant eux-mêmes au côté des médecins) et le nombre important de personnes vaccinées, des manifestations pathologiques survenant par coïncidence après la vaccination seront immanquablement rapportées. Mais cela ne suffira pas pour autant à les imputer systématiquement au vaccin qui, lui, permettra d'éviter de manière certaine des cas graves et des décès.