Foyer de botulisme au Danemark Médecine des voyages

Publié le 17 mar. 2021 à 08h07

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Trois cas confirmés de botulisme d'origine alimentaire sont en cours d'investigation au Danemark. L'épidémie s'est produite au début le 3 mars 2021 à la suite d'une soirée privée au sud du Danemark. Six personnes avaient mangé ensemble et trois avaient initialement développé des symptômes et ont été hospitalisées. Deux autres personnes ont depuis montré des signes évocateurs bénins et des échantillons sont en cours d'étude. L'analyse des selles d'un patient montre qu'il s'agit d'une toxine de type B.

Fødevarestyrelsen (l'Administration vétérinaire et alimentaire danoise), le National Food Institute (DTU-Food) et le Statens Serum Institut tentent d'identifier la source de l'infection, les ingrédients et les restes d'aliments sont en cours d'étude.

Aguston A/S, le producteur a rappelé des bocaux d'oeufs de poisson en raison d'un risque de contamination de certains pots par des toxines de Clostridium botulinum. Le Tatens Serum Institut (SSI) a détecté la toxine dans un pot presque vide.

Rappels sur le botulisme :

L'agent pathogène impliqué dans le botulisme est une bactérie appelée Clostridium botulinum. C'est la toxine extrêmement puissante qu'elle synthétise qui est responsable de la maladie. Sur les sept types de botulisme connus aujourd'hui, quatre (les types A, B, E et plus rarement F) affectent l'homme.
La toxine se développe notamment dans les aliments mal conservés, et la maladie résulte en général d'une intoxication alimentaire. Si le botulisme est rare, sa mortalité reste élevée quand le traitement n'est pas immédiat.

Le botulisme se déclare après une incubation de quelques heures à quelques jours, en fonction du mode de contamination. En général, les personnes ayant partagé les mêmes aliments manifestent des symptômes identiques, mais avec une gravité variable. Ceux-ci débutent par une atteinte oculaire (défaut d'accommodation, vision floue), une sécheresse de la bouche accompagnée d'un défaut de déglutition voire d'élocution, puis d'une parésie à une paralysie des muscles. Dans les formes avancées, ils évoluent vers une paralysie descendante des membres et des muscles respiratoires. C'est cette insuffisance respiratoire qui entraîne le décès.
Le traitement du botulisme est essentiellement symptomatique et requiert, dans les formes sévères, des soins respiratoires intensifs avec ventilation assistée.

La prévention du botulisme alimentaire repose sur l'application de bonnes pratiques dans la préparation des aliments, notamment pour ce qui concerne la conservation et l'hygiène. Le botulisme peut être prévenu par l'inactivation des spores bactériennes dans les produits ou les conserves stérilisés à la chaleur (par autoclavage, par exemple) ou encore par inhibition de la croissance bactérienne dans d'autres produits. La pasteurisation à chaud industrielle (produits pasteurisés conditionnés sous vide, produits fumés à chaud) peut ne pas suffire pour détruire toutes les spores.

Source : Food Safety News.