Etas-Unis : cluster de légionellose dans le New Jersey Médecine des voyages

Publié le 17 mar. 2021 à 08h05

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Etats-Unis, dans une nouvelle publiée le 2 mars 2021, le Department of Health du New Jersey (NJDOH) informe qu'il enquête sur des cas groupés de légionellose dans le comté d'Union. Le NJDOH a eu connaissance de 14 cas confirmés de légionellose, dont un décès (un homme de 60 ans), parmi des personnes qui vivent ou passent du temps dans le comté. Les cas ont été signalés au département entre le 3 et le 26 février 2021. Le NJDOH travaille avec les services de santé locaux du comté d'Union pour enquêter sur ce cluster. 

Dans le cadre de l'enquête en cours, le Ministère mène des enquêtes épidémiologiques et environnementales pour identifier les sources possibles d'exposition à la bactérie, effectue des prélèvements environnementaux pour détecter la présence de Legionella et en recommande des stratégies d'assainissement de l'environnement pour empêcher une nouvelle transmission de Legionella. Certaines sources potentielles ont été identifiées et les mesures correctives ont commencé sur ces sites, mais d'autres sources pourraient être identifiées dans le cadre de l'enquête en cours.

Le risque de maladie des légionnaires parmi les résidents ou les visiteurs récents du comté d'Union est considéré comme faible. 

Rappels sur la légionellose :

La légionellose est une infection respiratoire provoquée par une bactérie du genre Legionella qui se développe dans les milieux aquatiques naturels ou artificiels.
Le genre Legionella est constitué de 53 espèces. En Europe et aux États-Unis, Legionella pneumophila de sérogroupe 1 représente 90% des cas de légionellose chez l'homme. Legionella longbeachae, fréquemment isolée dans les composts et terreaux, est responsable d'au moins 30% des légionelloses en Australie, Nouvelle Zélande, Nouvelle Calédonie et Thaïlande.

Les légionella sont retrouvées de manière ubiquitaire dans les eaux douces naturelles et les sols humides. Ces bactéries se développent dans des eaux de température comprise entre 20 et 50°C et son détruites au-delà des 60°C. A partir du milieu naturel, elles peuvent coloniser les sites hydriques artificiels et y proliférer si les conditions sont réunies. Elles peuvent alors être dispersées par aérosols et contaminer une personne qui y serait exposée. Les sources d'infections les plus fréquemment en cause sont les réseaux intérieurs de distribution d'eau chaude sanitaire (aérosols produits en particulier lors de douches) et les tours aéroréfrigérantes à partir desquelles les légionelles peuvent être diffusées dans l'environnement. Plus rarement d'autres installations ont été mises en cause : bains à remous, brumisateurs, humidificateurs, appareils à oxygénothérapie et apnée du sommeil, fontaines décoratives, etc... Il n'y a pas de transmission interhumaine des légionelles.

Les Légionella sont responsables de deux formes de maladie chez l'homme :

  • La fièvre de Pontiac qui a une allure de syndrome grippal, ne s'accompagne pas de pneumonie et ne met pas le pronostic vital en jeu. La guérison est habituellement spontanée en 2 à 5 jours. Cette maladie passe inaperçue dans la majorité des cas
  • La légionellose, qui se caractérise par une infection pulmonaire aiguë. La durée d'incubation est de 2 à 10 jours. Le taux de décès était de 10% en France en 2019 mais il peut être plus élevé quand existent des facteurs de risque et/ou un retard de prise en charge adaptée.

Un certain nombre de facteurs de risque sont associés à la maladie : l'âge supérieur à 50 ans, le tabagisme, le diabète, les pathologies chroniques cardiaques, pulmonaires ou rénales, une hémopathie maligne ou un cancer évolutif, un antécédent de transplantation ou de greffe d'organe,  un traitement par corticoïdes ou par immunosuppresseur.

Le traitement d'une légionellose confirmée repose dans les formes non graves sur une antibiothérapie par macrolides (azithromycine) ; dans les formes graves on utilisera une fluoroquinolone (levofloxacine ou  ofloxacine ou ciprofloxacine) qui pourra être associée à un macrolide.
Il n'existe pas de vaccin contre la légionellose. La prévention de cette maladie repose sur la surveillance des eaux chaudes sanitaires et des tours aéroréfrigérantes qui s'inscrit dans un cadre réglementaire.

Source : Outbreak News Today.