Panama rapporte 11 cas d'infection à Hantavirus depuis le début de l'année, dont un décès Médecine des voyages

Publié le 21 juin 2021 à 16h29

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Panama, depuis le début de 2021, 11 cas d'infection à Hantavirus ont été enregistrés dont 6 cas (3 hommes et 3 femmes de 18 à 55 ans) ont été classés comme syndrome cardiopulmonaire dû à l'hantavirus (SCPH) et 5 cas comme fièvre à hantavirus (FH), a rapporté le département d'épidémiologie du ministère de la Santé.

  • Les régions qui ont été touchées par le SCPH ont été le district de Tonosí dans la province de Los Santos, qui rapporte 3 cas, 1 cas est enregistré dans le district de Parita dans la province de Herrera, 1 cas à Chepo dans la région de Panama Est. Dans le même temps, le premier décès en 2021 dû à cette pathologie a été enregistré parmi les cas. Il s'agit d'une personne de sexe masculin originaire du district d'Aguadulce dans la province de Coclé.
  • Parmi les 5 cas (5 hommes de 19 à 80 ans) qui ont été classés comme fièvre à hantavirus (FH),) 4 cas proviennent du district de Tonosí, et 1 cas dans le district de Soná dans la province de Veraguas.

Rappels sur les Hantavirus du Nouveau Monde :

Les hantavirus sont des virus de la famille des Bunyaviridae et sont présents sur tous les continents. Ils ont pour réservoir naturels des rongeurs (une espèce est spécifique d'un type d'hantavirus) qui une fois infectés sont des porteurs sains qui éliminent le virus dans leurs excrétas. La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et d'aérosols, contaminées par les excrétas des animaux infectés. D'autres modes de transmission plus rares sont possibles : par morsure ; par la consommation d'aliments contaminés par l'urine, les excréments ou la salive d'un rongeur infecté ; si on touche un objet contaminé par l'urine, les excréments ou la salive d'un rongeur, puis si l'on se touche le nez ou la bouche. Aucune transmission interhumaine n'a été décrite à ce jour, excepté pour l'hantavirus sud-américain Andes.

Chez l'homme, l'infection de gravité variable, se présente sous deux formes cliniques (Clin Microbiol and Infect. 2019  21  e6-e16) :

  • la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) due aux hantavirus de l'Ancien monde qui circulent en Europe et en Asie ;
  • le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (SCPH) du aux hantavirus du Nouveau monde qui circulent sur le continent Nord et Sud-américain (les virus les plus fréquents sont le virus Sin Nombre sur le continent nord-américain et le virus Andes sur le continent sud-américain ; le virus  Choclo est décrit au Panama…).

Après une période d'incubation d'une à 8 semaines, le SCPH évolue généralement en trois phases : 

  • une phase prodromique : elle associe une forte fièvre, des frissons, des myalgies, des nausées, des maux de tête, des vomissements, des douleurs abdominales et des diarrhées ;
  • une phase cardiopulmonaire : elle est d'apparition brutale avec une toux progressive, un essoufflement et une tachycardie ; les patients développent un œdème pulmonaire aigu, provoquant une insuffisance respiratoire  avec un taux de décès qui peut atteindre  40% ;
  • une phase de convalescente : les patients qui survivent à la phase aiguë de la maladie entrent dans la phase polyurique, qui s'accompagne de la résolution de l'œdème pulmonaire ; la convalescence est lente et la récupération est généralement complète, sans aucune séquelle.

Il est probable que les hantavirus causent des infections asymptomatiques ou subcliniques et qu'existent des tableaux cliniques ou les deux syndromes se chevauchent partiellement.

Il n'y a pas de traitement spécifique des infections à hantavirus, ni de vaccination.

Les mesures de prévention :

  • Éviter la contamination respiratoire
    • Ne pas pénétrer dans des locaux fermés ou abandonnés
    • Porter un masque, aérer et asperger d'eau (ou mieux, de désinfectant ou d'eau de javel) avant de nettoyer les sols des locaux longtemps fermés ou inoccupés (cabanes, greniers, granges, caves, etc.)
    • Aérer les locaux fermés avant et pendant leur nettoyage
    • Utiliser l'aspirateur plutôt que le balai
    • Ne pas utiliser de jets d'eau à haute pression.
  • Lutter contre la présence des rongeurs dans les locaux
    • Dératiser les habitations situées en forêt ou en bordure de forêt, ainsi que les granges, caves, remises…
    • Empêcher l'accès des rongeurs aux habitations
    • Éviter de les attirer : mettre les aliments dans des endroits fermés et inaccessibles aux rongeurs
    • Éliminer les abris utilisables par les rongeurs (stockage de bois…).
  • Éviter les contacts avec les excrétas des rongeurs
    • Mettre un pansement sur une blessure avant de manipuler du bois ou de travailler la terre.
    • Éviter de manipuler des rongeurs vivants ou morts ou leurs nids. Porter des gants en caoutchouc ou en latex.

Source : Outbreak News Today.