Augmentation des cas de leishmaniose viscérale signalés au Tchad Médecine des voyages

Publié le 30 juin 2021 à 17h07

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la leishmaniose viscérale est endémique dans certaines régions du Tchad.
Des cas sporadiques de leishmaniose ont été signalés au Tchad depuis 2018. Depuis le 1er janvier 2018 au 31 mai 2021, un total de 122 cas et 6 décès ont été signalés par trois provinces de N'Djamena, Borkou et Tibesti.

L'augmentation actuelle du nombre de cas attire l'attention et des mesures de santé publique appropriées ont été prises, notamment le renforcement de la surveillance, la mise en place d'un système de laboratoire et le dépistage de tous les cas suspects.

Rappel sur les leishmanioses viscérales :  

Les leishmanioses sont des parasitoses communes au chien et à l'homme. Il s'agit de maladies vectorielles dues à des protozoaires du genre Leishmania de la famille des Trypanosomatidae, transmises par la piqûre de certaines espèces de phlébotomes, comprenant les insectes du genre Lutzomyia dans le Nouveau Monde et Phlebotomus dans l'Ancien Monde. Elles sont présentes dans les zones tropicales et subtropicales. Les zones d'endémie sont l'Europe du sud et le pourtour du bassin méditerranéen ainsi que de nombreux pays d'Afrique de l'est, d'Asie du sud, d'Amérique du sud. Le réservoir est représenté par des animaux sauvages et domestiques (en particulier les chiens errants). Il s'agit de la deuxième cause de mortalité dans le monde après le paludisme. Il apparait que 90% des cas de leishmanioses viscérales humaines sont observées dans seulement 6 pays : Inde, Bangladesh, Soudan, Soudan du Sud, Ethiopie et Brésil.

L'infection humaine est provoquée par environ 21 des 30 espèces qui infectent les mammifères. La taxinomie des leishmanies est complexe et actuellement on reconnait  

  • le complexe de Leishmania donovani avec trois espèces (L. donovani, L. infantum et L. chagasi) ;
  • le complexe de Leishmania mexicana avec 3 espèces principales (L. mexicana, L. amazonensis et L. venezuelensis)
  • les trois espèces L. tropica ; L. major ; L. aethiopica ;
  • et le sous-genre Viannia avec quatre espèces principales (L. (V.) braziliensis, L. (V.) guyanensis, L. (V.) panamensis, L. (V.) peruviana.

L'expression clinique est variable selon le parasite en cause et les leishmanioses peuvent être considérées comme  une maladie chronique à manifestation cutanée et/ou viscérale.

La leishmaniose viscérale, après une incubation de durée variable (de 3 à 6 mois), se manifeste le plus souvent chez l'enfant par une fièvre irrégulière, une splénomégalie (grosse rate), une hépatomégalie (gros foie), des ganglions, une anémie. L'évolution spontanée est chronique, souvent mortelle, avec un risque de surinfection bactérienne. La forme viscérale peut également s'observer chez les patients présentant un déficit immunitaire. Les cas rapportés sont en général sporadiques.

Pour le voyageur, la prévention repose sur la protection personnelle anti vectorielle, les phlébotomes ayant une activité nocturne et se trouvant principalement en zone rurale.

Source : Outbreak News Today.