Intoxication alimentaire par du poisson à chair rouge en Syrie Médecine des voyages

Publié le 11 juil. 2021 à 22h04

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Syrie, l'hôpital national de Jableh a reçu 10 cas d'intoxication alimentaire au cours de la semaine dernière après consommation de poisson à chair rouge proche du thon, probablement un empoisonnement à l'histamine. Les patients sont âgés de 9 à 59 ans. Il est probable que le poisson appartienne à la famille des Scombridés qui sont connus pour leur teneur en histamine.

Rappel sur l'ichtyosarcotoxisme :

L'ichtyosarcotoxisme de type histaminique (ou scombrotoxisme), est une intoxication alimentaire survenant dans la plupart des cas après la consommation de scombridés, poissons bleus à chair rouge comme les thons, maquereaux, thazards et bonites, mais aussi parfois à d'autres espèces (sardines, harengs, anchois, carangues, espadons, coryphènes. L'intoxication est due à la formation d'histamine après dégradation bactérienne de l'histidine présente en grande quantité dans ces poissons. La mauvaise conservation de tranches de poisson frais est en cause dans la majorité des cas mais l'ingestion de poisson bleu congelé ou en conserve est aussi retrouvée dans de nombreuses observations

Le tableau clinique est similaire à celui d'une réaction allergique. Les symptômes se produisent habituellement quelques minutes à une heure après avoir consommé le poisson contaminé. Le diagnostic est présomptif ; en zone d'endémie, il est évoqué devant la survenue de symptômes compatibles avec une intoxication dans les suites d'un repas de poisson connu pour être potentiellement toxique :

  • signes généraux : myalgies, arthralgies, prurit, éruptions cutanées, hypersudation ;
  • signes digestifs : douleurs abdominales diffuses, nausées, vomissements, hoquet ;
  • signes neurologiques : ataxie cérébelleuse, céphalées, troubles du sommeil, syndrome dépressif, hallucinations visuelles, paresthésies, atteintes des nerfs crâniens, coma ;
  • signes cardio-vasculaires : baisse du rythme cardiaque (bradycardie), hypotension artérienne, troubles du rythme.

La plupart des patients se rétablissent sans traitement habituellement dans les 2 à 3 heures. Parfois l'évolution est plus prolongée, jusqu'à 8 à 16 heures. Cette intoxication est classiquement considérée comme bénigne mais on dénombre plusieurs cas où des signes cliniques graves sont apparus tels que collapsus cardiovasculaire et atteinte myocardique. Il s'agit d'une famille de poissons à chair rouge (les scombridés) qui regroupe principalement les maquereaux, les thazards, les bonites, le kahawai et les thons. Des bactéries provoquent l'apparition de grandes quantités de toxine, la scombrotoxine, après la mort du poisson s'il n'est pas réfrigéré ou congelé immédiatement. Le composant principal de la toxine est l'histidine responsable des symptomes de la scombroïdose.

Les symptômes de la scombroïdose se produisent généralement immédiatement après la consommation du poisson : troubles respiratoires dans les cas graves, sensation de brulure buccale, érythème du visage et du corps, prurit et urticaire, vomissements. L'apparition des symptômes se produit habituellement en quelques minutes après l'ingestion de l'aliment en cause, et la durée des symptômes varie de quelques heures à 24 h.
Le traitement repose sur les antihistaminiques.

Source : Promed.