Une épidémie de syphilis déclarée en Irlande Médecine des voyages

Publié le 12 juil. 2021 à 16h22

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Irlande, le Ireland's Health Protection Surveillance Centre (HPSC) rapporte qu'une épidémie nationale de syphilis infectieuse précoce (SIE) (forme clinique de syphilis survenant au cours de l'année qui suit l'infection) a été déclarée et fait l'objet d'une enquête en Irlande depuis juin 2021. Avant le début de la pandémie de COVID-19, le nombre de cas de SIE était en hausse et ce problème avait été identifié comme un domaine nécessitant une action urgente. Après une légère diminution des cas en 2020, coïncidant avec la première vague de COVID-19, les notifications de SIE augmentent à nouveau et dépassent les chiffres observés en 2019 et les années précédentes.

Les données pour 2021 sont incomplètes mais indiquent que les notifications SIE augmentent et dépassent celles observées les années précédentes. Il y a eu 242 cas signalés entre le 1er janvier et le 30 avril 2021. La majorité des cas continuent d'être signalés par le Health Service (HSE) East (Dublin, Kildare, Wicklow), 79 % des cas ; suivi du HSE South (Cork, Kerry) (9 % des cas) et du HSE Midwest (Limerick, Clare, Tipperary North) (4 % des cas). Si la majorité des cas continuent d'être signalés chez les hommes, on constate une augmentation des cas féminins et de la transmission hétérosexuelle.

Rappels sur la syphilis :

La syphilis est une infection sexuellement transmissible contagieuse causée par une bactérie appelée Treponema pallidum. La bactérie se transmet par des rapports sexuels non protégés (vaginal, anal ou bucco-génital), par voie sanguine (transfusion ou rarement usage de matériel souillé) et par voie transplacentaire pendant la grossesse, de la mère à l'enfant. La période d'incubation est de 3 semaines à 1 mois.

La syphilis évolue classiquement en plusieurs stades successifs :

  • Au stade primaire, la maladie n'a pas toujours de signes apparents. Quand ils existent il s'agit d'un ulcération (le chancre d'inoculation), petite plaie rosée, creuse, propre, et indolore, qui se retrouve au niveau du fourreau de la verge, sur le gland, ou au niveau du vagin ou de la vulve. Cette lésion, extrêmement contagieuse, s'accompagne d'une adénopathie importante.
  • En absence de traitement la maladie évolue vers le stade secondaire trois à dix semaines après le chancre et correspond à une diffusion générale du tréponème dans le corps, et s'accompagne d'éruptions multiples sur la peau et/ou sur les muqueuses (sans démangeaison) : c'est la roséole.
  • Le stade tertiaire, devenu très rare, n'apparaît qu'après des années de développement (3 à 15 ans en moyenne après le chancre, chez 10 % des patients non traités) et se présente avec des atteintes cardio-vasculaires, nerveuses et articulaires.
  • Remarque : Au cours de l'année qui suit le début de l'infection, la syphilis est dite précoce et comporte plusieurs stades cliniques : syphilis primaire (développement d'un chancre pas toujours visible selon sa localisation) ; syphilis secondaire (éruption cutanée) et syphilis latente précoce (sans signe clinique).

Il est fortement recommandé aux voyageurs d'utiliser un préservatif avec tout nouveau partenaire sexuel.

Source : Outbreak News Today.