EtatsUnis : augmentation de l'incidence de l'anaplasmose en Pennsylvanie Médecine des voyages

Publié le 28 juil. 2021 à 23h37

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Etats-Unis, en Pennsylvanie il a été rapporté un nombre croissant de cas d'anaplamose une infection bactérienne relativement nouvelle dans la région et qui est transmise par des tiques. Depuis le début de l'année il a été enregistré 18 cas d'anaplamose dans le comté de Butler.

En 2019, le département  de la Santé n'avait relevé aucun cas d'anaplasmose dans le comté de Butler et avait rapporté 7 cas en 2020. Cette incidence accrue d'anaplasmose peut être due soit à une véritable augmentation du nombre de cas, ou à une meilleure reconnaissance et déclaration de la maladie.

Rappel sur l'anaplasmose humaine :

L'anaplasmose humaine est une zoonose émergente pouvant être transmise à l'homme par morsure de tique. Elle est due aux bactéries du genre Anaplasma connues pour être des agents pathogènes tant humains que vétérinaires. L'espèce Anaplasma phagocytophilum est la principale espèce responsable de l'anaplasmose humaine. Cette bactérie Gram négatif, obligatoirement intracellulaires (elle infecte les polynucléaires neutrophiles), appartient à l'ordre des Rickettsiales. Découverte en 1994, elle avait été initialement rattachée au genre Ehrlichia.

La bactérie est maintenue dans la nature grâce à un cycle impliquant les tiques et de nombreuses espèces d'animaux vertébrés (ruminants et rongeurs, chevaux, animaux carnivores (chiens, chats) ou insectivores). La transmission à l'homme se fait à l'occasion d'une piqûre par une tique infectée appartenant au genre Ixodes : Ixodes scapularis et Ixodes pacificus sont les espèces vectrices les plus fréquentes en Amérique du Nord ; en Europe il s'agit d'Ixodes ricinus.

L'apparition des symptômes se produit 1 à 2 semaines après l'exposition, et environ 75 % des malades signalent une morsure de tique. Les symptômes peuvent consister en des symptômes généraux de type rhume ou commencer plus brusquement par des symptômes de type grippal. L'atteinte du système nerveux central est possible comme la survenue d'une éruption cutanée généralisée. Des formes graves sont possibles, en particulier chez l'immunodéprimé. La différence entre les études de séroprévalence et les cas déclarés laisse penser que les formes pauci- voire asymptomatiques sont fréquentes. Le taux de létalité a été estimé à 0,3 % aux Etats-Unis. Sur le plan biologique, à la phase aigüe de l'infection, on note une diminution modérée du nombre de globules blancs et de plaquettes sanguines, une augmentation des enzymes hépatiques et un syndrome inflammatoire.

La méthode la plus sensible et la plus spécifique pour faire le diagnostic de l'infection est la PCR sur un échantillon de sang qui doit être prélevé le plus tôt possible par rapport au début des signes de l'infection. L'examen d'un frottis de sang au microscope après coloration peut montrer la présence d'amas de bactéries dans les polynucléaires neutrophiles. Le traitement repose sur la doxycycline qui doit être poursuivie pendant au moins trois jours après la disparition de la fièvre.

Recommandations pour le voyageur :

En l'absence de vaccin, la meilleure méthode pour éviter d'être infecté est de limiter l'exposition aux tiques. A. phagocytophilum pouvant être transmis dans les quelques heures qui suivent la fixation de la tique, même un retrait rapide peut ne pas empêcher l'infection.
Les zones à risque comprennent les zones boisées, les landes, les parcs et les jardins avec des animaux sauvages ; les tiques sont plus fréquentes d'avril à octobre. Des activités telles que le camping, les pique-niques, la randonnée pédestre et le cyclisme peuvent augmenter les risques.
La prophylaxie de cette maladie  à transmission vectorielle repose uniquement sur la prévention des piqûres de tique :

  •  Port de vêtements longs, au mieux imprégnés d'un pyréthrinoïde de synthèse ;
  •  Utilisation des répulsifs cutanés, principalement à base de DEET à une concentration supérieure à  20% ;
  •  Surveillance corporelle systématique au retour de promenade en campagne pour retirer les tiques. 

Source : ProMED.