Épidémie de fièvre de Lassa au Liberia, mortalité plus élevée Médecine des voyages

Publié le 30 juil. 2021 à 20h42

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Le Libéria a signalé un taux de létalité plus élevé parmi les cas confirmés de fièvre de Lassa cette année à ce jour par rapport aux cinq années précédentes, selon l'Organisation mondiale de la santé.

Entre le 1er janvier et le 18 juillet 2021, 71 cas suspects au total ont été signalés, dont 13 (18,3 %) ont été confirmés ; 9 cas confirmés sont décédés (69 %). Les cas confirmés provenaient de quatre comtés, à savoir Bong (3), Grand Bassa (4), Montserrado (1) et Nimba (5).

Le Liberia est l'un des pays d'Afrique occidentale où la fièvre de Lassa est endémique, avec la Sierra Leone, la Guinée et le Nigeria. Des cas confirmés de fièvre de Lassa ont déjà été signalés au Liberia depuis plus de cinq ans. Entre 2016 et 2020, un total de 168 cas confirmés dont 70 décès ont été signalés (taux de létalité de 42%) dans 7 des 15 comtés du Liberia. Au cours de la même période, le nombre de cas par an a varié de 14 en 2016 à 52 en 2020.

Rappels sur la fièvre de Lassa :

La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique causée par un Arénaviridae le virus Lassa. Celui-ci est endémique dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, au Nigeria, en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, où des flambées épidémiques surviennent régulièrement et touche de 100 à 300 000 personnes par an dont 5 à 6000 succombent.

Le principal réservoir du virus Lassa est un petit rongeur péri-domestique appelé Mastomys natalensis. Le virus se transmet à l'homme par contact avec les excréments de l'animal (urines, fécès). Un grand nombre de ces rongeurs vivent à proximité, voire à l'intérieur des habitations, et leur taux d'infection peut aller jusqu'à 80%. Les contacts entre l'homme et le réservoir infecté sont donc très fréquents dans les villages. Le virus peut également se transmettre d'homme à homme, principalement dans un contexte hospitalier, par contacts cutané-muqueux avec les fluides biologiques d'un patient.

Le tableau clinique de la fièvre de Lassa est variable, depuis l'infection asymptomatique, très fréquente (80% des cas) à une fièvre hémorragique foudroyante. La maladie débute 6 à 21 jours après l'infection par des signes cliniques peu spécifiques : fièvre, vomissements, nausées, douleurs abdominales, céphalées, myalgies, arthralgies, asthénie. Dans les cas sévères, les symptômes s'aggravent ensuite, avec l'apparition d'oedèmes, de signes hémorragiques, d'épanchements péricardiques et pleuraux, et plus rarement d'encéphalites. Le patient décède dans un contexte de choc hypotensif et hypovolémique et de défaillances rénale et hépatique.

La fièvre de Lassa est d'une extrême gravité pour la femme enceinte, conduisant fréquemment au décès de la mère et systématiquement à celui du fœtus.

Source : Outbreak News Today.